Entreprises et marchés

Stargate : OpenAI et Oracle ajoutent 4,5 GW de capacité IA aux États-Unis

OpenAI et Oracle annoncent un accord destiné à ajouter 4,5 gigawatts de capacité de centres de données au projet Stargate aux États-Unis. Avec le site déjà en construction à Abilene, au Texas, l’initiative dépasse désormais 5 gigawatts prévus et pourrait soutenir plus de deux millions de puces de calcul.

Techniciens et ouvriers installent des serveurs dans un grand centre de données dédié à l’intelligence artificielle.
Illustration : Actu.ai

L’intelligence artificielle ne se joue plus uniquement dans les laboratoires et les interfaces conversationnelles. Elle se joue aussi dans des bâtiments de la taille d’usines, remplis de serveurs, reliés à des réseaux électriques considérables et conçus pour faire tourner des millions de composants spécialisés. C’est dans cette course à l’infrastructure qu’OpenAI et Oracle viennent de franchir une nouvelle étape avec Stargate, leur projet de très grands centres de données aux États-Unis.

En juillet 2025, les deux entreprises ont annoncé un accord visant à développer 4,5 gigawatts supplémentaires de capacité pour Stargate. Additionné au site déjà en construction à Abilene, au Texas, ce programme porte à plus de 5 gigawatts la capacité de centres de données envisagée par OpenAI dans le cadre de cette initiative. À cette échelle, l’enjeu dépasse largement le stockage de données : il s’agit de fournir l’électricité, les puces et les réseaux nécessaires à l’entraînement et à l’utilisation des modèles d’IA les plus exigeants.

Un accord de 4,5 gigawatts pour étendre Stargate

L’accord entre OpenAI et Oracle porte sur la construction de nouvelles capacités de calcul aux États-Unis. Oracle doit fournir l’infrastructure physique nécessaire à ces installations, tandis qu’OpenAI compte y déployer les ressources informatiques requises pour ses futurs travaux d’intelligence artificielle.

Le chiffre de 4,5 gigawatts donne la mesure de l’ambition. Un gigawatt équivaut à un milliard de watts : c’est une unité habituellement employée pour décrire la puissance de grandes installations de production ou de consommation électrique. Dans un centre de données d’IA, cette énergie ne sert pas seulement aux processeurs. Elle alimente aussi les systèmes de mémoire, les équipements réseau, le refroidissement et l’ensemble des services qui permettent de maintenir des milliers de machines en fonctionnement continu.

OpenAI présente cette extension comme une réponse à la hausse très rapide des besoins de calcul. Les modèles d’IA générative demandent de très grandes quantités de puissance, d’abord pour être entraînés sur d’immenses ensembles de données, puis pour répondre aux requêtes des utilisateurs. Cette seconde étape est appelée l’inférence : c’est le moment où un modèle déjà entraîné génère un texte, une image, une analyse ou une réponse.

Ce que représentent les chiffres annoncés

Le partenariat ne remplace pas le projet déjà lancé au Texas : il l’élargit. Stargate doit ainsi dépasser le seuil des 5 gigawatts de capacité prévue, une fois combinées les installations d’Abilene et celles développées avec Oracle.

IndicateurCe qui est annoncé en juillet 2025Ce que cela signifie
Nouvelle capacité liée à l’accord Oracle4,5 GWDe nouveaux centres de données Stargate à développer aux États-Unis
Capacité totale de Stargate avec AbilenePlus de 5 GWL’addition du chantier texan et des nouvelles capacités prévues
Puces de calcul envisagéesPlus de 2 millionsL’échelle de matériel que cette capacité pourrait soutenir
Emplois attendusPlus de 100 000Des postes de construction, d’exploitation et des emplois indirects aux États-Unis
Matériel déjà livré à AbilenePremières baies Nvidia GB200Le démarrage concret de l’équipement du premier site

Le nombre de plus de deux millions de puces donne une autre lecture de la puissance visée. Dans les centres de données dédiés à l’IA, ces composants ne sont pas des puces ordinaires de PC. Ils sont conçus pour effectuer en parallèle un très grand nombre de calculs, notamment ceux nécessaires aux réseaux de neurones. Leur déploiement exige des infrastructures particulièrement denses : alimentation électrique robuste, connexions réseau très rapides et refroidissement adapté à une chaleur importante.

Ce volume ne signifie pas que tous ces composants sont déjà installés. Il correspond à l’ambition de capacité affichée pour l’ensemble du programme. Les annonces ne détaillent pas, à ce stade, l’emplacement de tous les futurs sites ni le calendrier de construction de chaque installation.

Abilene, premier chantier visible du programme

Le site d’Abilene, au Texas, constitue le premier signe tangible de Stargate. OpenAI indique que les premières baies équipées de systèmes Nvidia GB200 y sont arrivées. L’entreprise a également commencé à y exécuter des charges de travail initiales destinées à l’entraînement et à l’inférence.

Le Nvidia GB200 est une plateforme pensée pour les charges de calcul d’IA à très grande échelle. Dans ce type d’architecture, les puces ne travaillent pas de façon isolée. Elles sont regroupées dans des serveurs et des baies, puis interconnectées afin de répartir les calculs d’un même modèle sur un très grand nombre de machines. Plus un modèle est vaste, plus la vitesse de communication entre les composants devient déterminante.

La livraison de ces premières baies marque donc un passage important : celui qui sépare le projet immobilier et énergétique de l’usage effectif de matériel de calcul. OpenAI ne donne pas de date d’achèvement complète pour Abilene ni pour les nouvelles capacités annoncées avec Oracle. Le déploiement doit se faire par phases, à mesure que les installations sont construites et équipées.

Qui fait quoi dans l’initiative Stargate ?

L’annonce illustre la multiplication des alliances nécessaires pour bâtir l’infrastructure de l’IA. OpenAI apporte la demande de calcul liée à ses modèles et à ses services. Oracle prend en charge une part centrale du déploiement de la capacité de centres de données. SoftBank participe à la vision industrielle du projet Stargate et à son financement. Microsoft reste le partenaire technologique d’OpenAI.

Stargate avait été présenté en janvier 2025 comme une nouvelle entreprise d’infrastructure destinée à investir jusqu’à 500 milliards de dollars aux États-Unis sur quatre ans. À ce stade, il s’agit d’un objectif d’investissement annoncé, et non d’une somme déjà engagée ou dépensée. Les partenaires initiaux cités lors du lancement étaient SoftBank, OpenAI, Oracle et MGX.

Cette organisation reflète la complexité du secteur. Construire un grand centre de données pour l’IA ne consiste pas simplement à acheter des serveurs. Il faut réunir plusieurs compétences rarement concentrées chez un seul acteur : accès au foncier et à l’énergie, construction industrielle, exploitation de centres de données, fourniture de puces, logiciels de cloud, réseaux et développement des modèles d’IA.

Dans ce partage des rôles, Oracle renforce sa position dans l’informatique en nuage et les infrastructures destinées aux entreprises. Pour OpenAI, l’accord vise surtout à réduire l’écart entre ses ambitions en matière de modèles et la disponibilité réelle de puissance de calcul.

Plus de 100 000 emplois annoncés, mais un chiffre à lire comme une projection

OpenAI estime que le développement de ces centres de données pourrait créer plus de 100 000 emplois aux États-Unis. Ce total comprend des emplois directs et indirects, notamment dans la construction et l’exploitation des installations.

Dans l’immédiat, un projet de cette nature mobilise des métiers très variés : ouvriers du bâtiment, ingénieurs, électriciens, techniciens des réseaux, spécialistes du refroidissement, équipes de sécurité et professionnels chargés de l’exploitation quotidienne des sites. Une fois la construction achevée, les centres de données continuent de nécessiter des équipes pour surveiller les équipements, intervenir en cas de panne et garantir la disponibilité des services.

Il faut toutefois distinguer les emplois créés pendant les chantiers de ceux qui demeurent sur place une fois un centre de données opérationnel. Le chiffre avancé par OpenAI est une prévision liée à l’ensemble du programme et à ses retombées, pas le nombre de salariés qui travailleront en permanence dans un seul bâtiment.

Pour les territoires concernés, ces projets peuvent apporter des investissements importants et des emplois qualifiés. Ils posent aussi une question d’aménagement très concrète : comment assurer l’accès durable à une électricité abondante, à des réseaux adaptés et à des systèmes de refroidissement efficaces, sans fragiliser les infrastructures locales ? L’accord annoncé ne précise pas les réponses techniques qui seront retenues site par site.

Pourquoi l’IA réclame-t-elle autant d’infrastructures ?

La puissance de calcul est devenue l’une des ressources les plus stratégiques de l’IA. Les entreprises qui conçoivent des modèles de pointe cherchent à disposer de suffisamment de puces pour mener plusieurs travaux en parallèle : entraîner de nouveaux modèles, les évaluer, corriger leurs défauts, assurer leur sûreté et répondre aux utilisateurs des produits déjà commercialisés.

Cette demande est particulièrement forte pour les modèles dits de fondation, capables de générer ou d’analyser différents types de contenus. Leur entraînement nécessite de traiter de très grandes quantités d’informations et d’ajuster des milliards, voire des centaines de milliards, de paramètres mathématiques. Même après l’entraînement, servir des réponses à grande échelle reste coûteux en calcul.

Pour OpenAI, l’objectif affiché est de disposer de la puissance nécessaire afin de rendre une IA avancée plus largement accessible. Cette promesse ne signifie pas automatiquement que chaque utilisateur bénéficiera immédiatement de modèles plus puissants ou moins chers. Entre la construction d’un centre de données et l’arrivée de nouveaux services, il reste de nombreuses étapes : installation du matériel, mise au point des systèmes, entraînement, évaluation de la sûreté et choix commerciaux.

L’annonce confirme en revanche une tendance nette : la concurrence dans l’IA se déplace aussi vers la capacité à sécuriser des infrastructures physiques. Les modèles, les données et les logiciels restent essentiels, mais ils dépendent désormais d’installations industrielles dont la taille et le coût sont sans précédent pour le secteur numérique.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

La première question portera sur le calendrier. OpenAI et Oracle ont précisé l’ampleur de la capacité visée, mais pas la liste complète des futurs sites ni les échéances détaillées de leur mise en service. L’avancement d’Abilene offrira un premier indicateur concret de la vitesse à laquelle Stargate peut passer de l’annonce à l’exploitation.

Il faudra aussi observer la disponibilité du matériel. Le programme repose sur une très grande quantité de puces de calcul, dans un marché où les composants les plus performants sont particulièrement recherchés. L’arrivée des premières baies Nvidia GB200 au Texas montre que l’équipement a commencé, sans préjuger du rythme des livraisons futures.

Enfin, la question énergétique sera centrale. Les plus de 5 gigawatts de capacité prévus placent Stargate parmi les projets d’infrastructure numérique les plus ambitieux annoncés aux États-Unis. La capacité à construire ces sites, les raccorder au réseau et les exploiter de manière fiable déterminera autant la portée du projet que les progrès des modèles d’OpenAI eux-mêmes.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le projet Stargate d’OpenAI ?

Stargate est une initiative d’infrastructure présentée en janvier 2025 pour développer de très grands centres de données d’intelligence artificielle aux États-Unis. OpenAI, SoftBank, Oracle et MGX figurent parmi ses partenaires initiaux. Le projet vise jusqu’à 500 milliards de dollars d’investissements sur quatre ans, un objectif annoncé qui doit se déployer progressivement.

Que signifie l’accord de 4,5 GW entre OpenAI et Oracle ?

L’accord prévoit le développement de 4,5 gigawatts supplémentaires de capacité de centres de données Stargate aux États-Unis. Ce chiffre désigne l’ampleur électrique et informatique des installations à construire. Avec le site d’Abilene, au Texas, Stargate dépasse 5 gigawatts de capacité prévue au total.

Où se trouve le premier centre de données Stargate ?

Le premier site mentionné par OpenAI se situe à Abilene, au Texas. En juillet 2025, les premières baies équipées de systèmes Nvidia GB200 y ont été livrées. OpenAI indique avoir commencé des charges initiales d’entraînement et d’inférence, sans annoncer de calendrier complet de mise en service.

Combien d’emplois Stargate peut-il créer aux États-Unis ?

OpenAI estime que le programme Stargate pourrait générer plus de 100 000 emplois aux États-Unis. Cette estimation couvre notamment les emplois liés à la construction des centres de données, à leur exploitation et aux activités indirectement associées. Il s’agit d’une projection pour l’ensemble du programme, et non du personnel permanent d’un seul site.

Pourquoi les centres de données d’IA consomment-ils autant d’électricité ?

Les modèles d’IA avancés nécessitent des milliers de puces spécialisées travaillant simultanément pour l’entraînement et l’inférence. L’électricité alimente les processeurs, les mémoires, les réseaux et les équipements de refroidissement. Plus les modèles sont vastes et plus ils répondent à de nombreux utilisateurs, plus les besoins en capacité informatique et énergétique augmentent.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. OpenAI, annonce du partenariat avec Oracle pour étendre Stargate, juillet 2025openai.com/index/openai-and-oracle-partner-to-expand-stargate
  2. OpenAI, présentation initiale du projet Stargate, janvier 2025openai.com/index/announcing-the-stargate-project