Entreprises et marchés

Nvidia et OpenAI : le partenariat à 10 gigawatts qui électrise les marchés

Nvidia et OpenAI ont dévoilé un partenariat d’infrastructure hors norme : au moins 10 gigawatts de systèmes Nvidia doivent soutenir les futurs centres de données du créateur de ChatGPT. L’annonce, assortie d’un investissement annoncé de 100 milliards de dollars, a fait bondir l’action Nvidia et entraîné l’ensemble du secteur technologique.

Des ingénieurs inspectent des serveurs et les infrastructures électriques d’un vaste centre de données d’IA.
Illustration : Actu.ai

L’intelligence artificielle se joue aussi dans des bâtiments remplis de serveurs, de câbles et de systèmes de refroidissement. Le 22 septembre 2025, Nvidia et OpenAI ont donné une nouvelle mesure de cette course aux infrastructures en annonçant un partenariat destiné à déployer au moins 10 gigawatts de systèmes Nvidia. L’ampleur du projet, accompagnée d’un investissement annoncé de 100 milliards de dollars, a immédiatement enthousiasmé les investisseurs.

L’action Nvidia a gagné 5 % après l’annonce. L’effet ne s’est pas limité au fabricant américain de processeurs graphiques : AMD et Taiwan Semiconductor Manufacturing, deux entreprises centrales de la chaîne mondiale des semi-conducteurs, ont également progressé. Le mouvement a contribué à porter le S&P 500 vers un nouveau record, tandis que le Nasdaq Composite gagnait près de 1 %.

Derrière la réaction boursière se dessine une réalité industrielle : pour entraîner et exploiter des modèles d’IA toujours plus ambitieux, OpenAI entend disposer de capacités de calcul à une échelle inédite. Nvidia, dont les puces sont devenues une référence pour ces usages, se place au cœur de cet effort.

Un partenariat fondé sur 10 gigawatts de systèmes Nvidia

L’accord annoncé par les deux entreprises prévoit qu’OpenAI déploie au moins 10 gigawatts de systèmes conçus par Nvidia. Cette capacité doit être installée dans plusieurs centres de données d’IA, autrement dit des infrastructures spécialisées dans les opérations de calcul extrêmement intensives nécessaires aux modèles d’intelligence artificielle avancés.

Le chiffre de 10 gigawatts donne une indication de l’échelle énergétique et industrielle visée. Un gigawatt correspond à un milliard de watts. Dans l’univers des centres de données, cette unité sert à appréhender l’importance de la puissance électrique mobilisée par les équipements informatiques, ainsi que par les installations indispensables à leur fonctionnement, comme l’alimentation électrique et le refroidissement.

Il ne faut pas confondre cette mesure avec un nombre de puces ou de serveurs : l’annonce ne détaille pas combien de processeurs graphiques seront installés. Elle fixe en revanche un objectif de capacité considérable pour les infrastructures qui utiliseront les technologies de Nvidia.

Jensen Huang, directeur général de Nvidia, était présent à Pékin lors d’un événement où l’alliance a été dévoilée. Pour son groupe, ce partenariat conforte une position stratégique : Nvidia ne fournit plus seulement des composants à des entreprises technologiques, il devient l’un des piliers des gigantesques installations sur lesquelles repose l’essor de l’IA générative.

Pourquoi OpenAI veut bâtir une telle puissance de calcul

OpenAI est connu du grand public pour ChatGPT, mais le fonctionnement de ses outils repose sur une infrastructure informatique massive. Les grands modèles de langage doivent d’abord être entraînés sur de très grandes quantités de données, une opération qui mobilise d’immenses ressources de calcul. Ils doivent ensuite répondre aux requêtes de millions d’utilisateurs et d’entreprises, ce qui exige aussi des capacités importantes au quotidien.

Les nouveaux centres de données annoncés doivent servir cet objectif. OpenAI veut développer des systèmes d’intelligence artificielle avancée et considère l’infrastructure de calcul comme une condition de cette ambition. Sam Altman, son directeur général, a affirmé que cette infrastructure constituerait la base de l’économie future.

Le calendrier annoncé comporte une première étape concrète : le premier gigawatt doit être déployé sur la plateforme Vera Rubin de Nvidia au cours du premier semestre 2026. Vera Rubin désigne une plateforme de nouvelle génération de Nvidia. Elle doit donc jouer un rôle central dans le démarrage du programme.

La construction de capacités de calcul de cette taille répond à une logique de long terme. Les entreprises du secteur cherchent à sécuriser à l’avance les puces, les réseaux, les terrains, les raccordements électriques et les partenaires industriels dont elles auront besoin. Ces éléments ne se mettent pas en place en quelques semaines : ils nécessitent des investissements lourds et une planification sur plusieurs années.

Les chiffres à retenir de l’annonce

ÉlémentCe qui est annoncé le 22 septembre 2025Ce que cela signifie
Capacité prévueAu moins 10 gigawatts de systèmes NvidiaUne expansion majeure des infrastructures d’IA d’OpenAI
Investissement de Nvidia100 milliards de dollarsUn engagement financier exceptionnel en faveur de l’initiative
Première étape1 gigawatt au premier semestre 2026Le lancement doit s’appuyer sur Vera Rubin, la prochaine plateforme de Nvidia
Réaction de l’action Nvidia+ 5 %Les investisseurs ont salué l’accord et les perspectives de demande
Réaction des indicesNasdaq Composite : près de + 1 %Les valeurs liées à l’IA ont tiré le marché technologique vers le haut

L’annonce ne détaille ni le découpage précis de l’investissement de 100 milliards de dollars, ni le calendrier complet de réalisation des 10 gigawatts. Ces paramètres seront déterminants pour juger, dans le temps, de la vitesse réelle de déploiement et de l’ampleur effective du programme.

Partenariat Nvidia-OpenAI : promesse annoncée et étapes à confirmer

Ce qui est annoncé

  • Au moins 10 gigawatts de systèmes Nvidia pour OpenAI.
  • Un investissement de 100 milliards de dollars par Nvidia.
  • Plusieurs centres de données consacrés à l’intelligence artificielle.
  • Un premier gigawatt sur la plateforme Vera Rubin au premier semestre 2026.

Ce qui reste à suivre

  • Le calendrier précis du déploiement des 10 gigawatts.
  • Les modalités détaillées de l’investissement annoncé.
  • La construction et l’alimentation électrique des centres de données.
  • La disponibilité des puces et l’évolution des règles d’exportation.

Pourquoi l’annonce a fait bondir Nvidia en Bourse

Les marchés ont interprété ce partenariat comme un signal clair : la demande pour les infrastructures d’IA ne semble pas faiblir. Plus tôt en 2025, des interrogations avaient émergé sur la soutenabilité des dépenses engagées par les grands groupes technologiques dans les centres de données et les processeurs spécialisés. L’accord avec OpenAI a apporté une réponse spectaculaire à ces doutes.

Pour Nvidia, l’enjeu dépasse la vente ponctuelle de puces. Un engagement de déploiement d’au moins 10 gigawatts dessine un débouché à grande échelle pour ses systèmes. Les investisseurs y voient donc un indicateur de la solidité de la demande future, dans un secteur où la capacité à produire et livrer du matériel de pointe demeure décisive.

La hausse a aussi gagné d’autres entreprises exposées à la chaîne de valeur de l’IA :

  • Advanced Micro Devices a vu son action monter de 3 %.
  • Taiwan Semiconductor Manufacturing a progressé de 4 %.
  • Le S&P 500 a atteint un nouveau record.
  • Le Nasdaq Composite a augmenté de près de 1 %.

Ce mouvement illustre l’interdépendance du secteur. Nvidia conçoit des systèmes utilisés par les centres de données, TSMC fabrique notamment des puces avancées, tandis qu’AMD est un concurrent important sur le marché des accélérateurs destinés à l’IA. Lorsqu’un acteur majeur annonce un projet d’infrastructure de grande ampleur, c’est toute cette chaîne industrielle qui peut être revalorisée par les marchés.

Un accord qui renforce les deux entreprises

Le partenariat sert les intérêts des deux groupes, mais de manière différente. OpenAI cherche un accès à des capacités de calcul considérables afin de poursuivre le développement de ses systèmes. Nvidia, de son côté, consolide la place de ses technologies dans les infrastructures utilisées par l’un des acteurs les plus visibles de l’IA générative.

Cette relation met aussi en lumière un changement de nature du marché. Pendant plusieurs années, l’attention s’est concentrée sur les assistants conversationnels et sur les modèles capables de générer du texte, des images ou du code. Désormais, la compétition se joue autant dans les infrastructures physiques nécessaires pour faire tourner ces services à grande échelle.

Posséder un modèle performant ne suffit pas. Il faut également pouvoir l’entraîner, le mettre à jour et le proposer de manière fiable à un grand nombre d’utilisateurs. Les centres de données, les processeurs graphiques, les interconnexions réseau et l’énergie deviennent ainsi des avantages concurrentiels majeurs.

L’accord donne aussi de la visibilité à l’écosystème industriel de Nvidia. La société est régulièrement confrontée à des concurrents qui cherchent à réduire leur dépendance à ses produits. Amazon développe notamment sa puce Trainium, souvent citée comme une solution susceptible de contester la suprématie de Nvidia dans l’IA. La compétition ne disparaît donc pas, mais l’annonce avec OpenAI rappelle la force de frappe commerciale et technologique du groupe américain.

L’énergie, la production et les exportations au cœur des défis

Annoncer 10 gigawatts de systèmes est une chose, les installer en est une autre. Un tel programme suppose de réunir des composants complexes, de construire ou d’adapter des centres de données et de les raccorder à des sources d’électricité capables d’assurer une alimentation stable. La disponibilité énergétique est devenue un sujet concret pour l’expansion de l’IA.

Le défi industriel est tout aussi important. Les puces avancées exigent des procédés de fabrication sophistiqués et une chaîne d’approvisionnement mondiale. La progression de TSMC après l’annonce montre que les marchés ont bien perçu ce lien entre les concepteurs de systèmes d’IA et les fabricants de semi-conducteurs.

Le contexte géopolitique ajoute une autre dimension. Les exportations de processeurs graphiques avancés vers la Chine font l’objet de discussions et de restrictions aux États-Unis. La position de Nvidia est donc scrutée non seulement par les investisseurs et ses concurrents, mais aussi par les autorités américaines. Les règles appliquées aux technologies les plus performantes peuvent influencer les débouchés internationaux des fabricants de puces.

Pour OpenAI comme pour Nvidia, l’enjeu consiste dès lors à concilier vitesse d’expansion, accès aux équipements et contraintes réglementaires. L’IA apparaît comme un secteur logiciel pour les utilisateurs, mais son développement dépend profondément de choix industriels, énergétiques et politiques.

Ce qu’il faut surveiller après l’annonce

La première échéance est le déploiement du premier gigawatt sur Vera Rubin au premier semestre 2026. Cette étape permettra de mesurer le passage de l’annonce à l’exécution. La capacité d’OpenAI et de Nvidia à respecter cette feuille de route sera particulièrement observée, compte tenu de la taille de l’investissement annoncé.

Les marchés suivront aussi les détails qui restent à préciser : rythme de construction des autres centres de données, modalités de l’investissement de Nvidia, disponibilité des équipements et montée en puissance de l’infrastructure. Dans un marché très sensible aux annonces liées à l’IA, ces éléments peuvent peser autant que le chiffre global de 10 gigawatts.

Enfin, la concurrence restera un facteur clé. AMD, les puces Trainium d’Amazon et d’autres solutions spécialisées cherchent à capter une part des dépenses consacrées au calcul d’IA. Le partenariat Nvidia-OpenAI n’efface pas cette compétition, mais il établit une référence particulièrement ambitieuse pour les projets d’infrastructure à venir.

Au 22 septembre 2025, l’accord envoie surtout un message : malgré les doutes sur l’ampleur et le rythme des investissements dans l’IA, les grandes entreprises du secteur continuent de parier sur des capacités de calcul toujours plus vastes. Cette conviction explique la réaction enthousiaste de Wall Street, tout en plaçant Nvidia et OpenAI face à un défi d’exécution hors norme.

Questions fréquentes

Quel est le partenariat entre Nvidia et OpenAI annoncé en septembre 2025 ?

Nvidia et OpenAI ont annoncé un partenariat pour déployer au moins 10 gigawatts de systèmes Nvidia dans de nouveaux centres de données d’intelligence artificielle. Nvidia a également annoncé un investissement de 100 milliards de dollars dans l’initiative. L’objectif est de fournir à OpenAI des capacités de calcul massives pour développer et exploiter ses systèmes d’IA avancés.

Pourquoi l’action Nvidia a-t-elle gagné 5 % après l’annonce avec OpenAI ?

Les investisseurs ont vu dans cet accord un signe de demande durable pour les infrastructures d’intelligence artificielle de Nvidia. Un projet représentant au moins 10 gigawatts de systèmes suggère des besoins considérables en équipements de calcul. La hausse reflète donc une anticipation de revenus et de demande futurs, et non la réalisation déjà achevée des centres de données.

Que représentent 10 gigawatts pour des centres de données d’IA ?

Un gigawatt équivaut à un milliard de watts. Dans le contexte des centres de données, cette mesure permet d’appréhender l’ampleur de la puissance électrique nécessaire aux systèmes informatiques et aux équipements associés, notamment le refroidissement. L’annonce ne précise pas le nombre de puces concernées, mais elle fixe un objectif d’infrastructure particulièrement élevé.

Quand le premier centre de données du partenariat Nvidia-OpenAI doit-il être opérationnel ?

La première étape annoncée est le déploiement d’un gigawatt de capacité sur la plateforme Vera Rubin de Nvidia au cours du premier semestre 2026. L’annonce ne fournit pas de calendrier complet pour les 10 gigawatts prévus. Cette première échéance constituera donc un indicateur important de la mise en œuvre effective du partenariat.

Quelles entreprises ont profité de l’annonce Nvidia et OpenAI en Bourse ?

Au-delà de Nvidia, dont l’action a pris 5 %, Advanced Micro Devices a progressé de 3 % et Taiwan Semiconductor Manufacturing de 4 %. Le Nasdaq Composite a gagné près de 1 % et le S&P 500 a atteint un nouveau record. Ces hausses soulignent le rôle de l’ensemble de la chaîne des semi-conducteurs dans l’essor de l’IA.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Nvidia, annonce du partenariat stratégique avec OpenAInvidianews.nvidia.com/news/nvidia-openai-strategic-partnership
  2. OpenAI, présentation du partenariat avec Nvidiaopenai.com/index/nvidia-partnership