IA : 93 % des 18-25 ans l’ont utilisée, un usage désormais quotidien
L’intelligence artificielle s’installe dans les habitudes des 18-25 ans. D’après le rapport Born AI 2025 de l’agence Heaven, 93 % d’entre eux ont utilisé un service d’IA au cours des six derniers mois, et 42 % y recourent chaque jour. Recherche, études, travail et création sont les principaux terrains d’usage.

L’intelligence artificielle n’est plus seulement une nouveauté que les jeunes testent par curiosité. Pour une grande partie des 18-25 ans, elle est devenue un réflexe : poser une question à un assistant conversationnel, demander une synthèse, corriger un texte, traduire un document ou générer une image. Le rapport Born AI 2025 de l’agence Heaven décrit une adoption très rapide, portée autant par les besoins pratiques que par la présence croissante de l’IA dans les services déjà utilisés au quotidien.
Le chiffre le plus marquant est le suivant : 93 % des 18-25 ans interrogés déclarent avoir utilisé un service reposant sur l’intelligence artificielle au cours des six derniers mois. Ce résultat ne signifie pas que 93 % des jeunes utilisent tous les jours un chatbot tel que ChatGPT. Il montre, en revanche, que les outils intégrant de l’IA sont désormais largement entrés dans leur environnement numérique, entre assistants de discussion, fonctionnalités de réseaux sociaux et outils de création.
Ce que mesure réellement le chiffre de 93 %
Parler d’« adoption » peut donner l’impression que tous les jeunes ont remplacé leurs méthodes de travail ou de recherche par l’IA. Le rapport mesure plus précisément le fait d’avoir eu recours, au moins une fois pendant les six derniers mois, à un service s’appuyant sur cette technologie. C’est un indicateur de diffusion très élevé, mais il faut le distinguer de la fréquence d’usage et de l’intensité des pratiques.
L’écart entre les sexes apparaît faible dans les résultats communiqués : 94 % des filles et 93 % des garçons disent avoir expérimenté un service d’IA. L’intelligence artificielle ne semble donc pas cantonnée à un profil d’utilisateur très technique ou à un seul groupe social. Elle est accessible depuis des applications et des plateformes déjà familières aux jeunes adultes.
Le rapport ne fournit pas, dans les éléments rendus publics, les détails méthodologiques permettant d’évaluer la taille de l’échantillon ou sa représentativité. Les chiffres doivent donc être lus comme le portrait des répondants à l’enquête, tout en révélant une tendance nette : l’IA est devenue une expérience quasi généralisée chez les 18-25 ans interrogés.
L’usage quotidien de l’IA a doublé en un an
Le changement le plus parlant ne tient pas seulement à la proportion de jeunes ayant déjà essayé l’IA, mais à sa place dans leur routine. En 2024, 21 % des jeunes l’utilisaient quotidiennement. Dans l’édition 2025 du rapport, cette part atteint 42 %. Elle a donc doublé en un an.
Ce basculement est important. Un usage ponctuel correspond par exemple à la découverte d’un générateur d’images ou à une demande isolée de correction. Un usage journalier suggère au contraire que l’outil est intégré à une série de petites tâches : comprendre un cours, organiser une idée, reformuler un message, préparer un entretien ou trouver rapidement une information.
| Indicateur relevé dans le rapport Born AI | Résultat |
|---|---|
| Jeunes ayant utilisé un service d’IA sur les six derniers mois | 93 % |
| Filles ayant expérimenté un service d’IA | 94 % |
| Garçons ayant expérimenté un service d’IA | 93 % |
| Usage quotidien de l’IA en 2024 | 21 % |
| Usage quotidien de l’IA en 2025 | 42 % |
| Usage au moins hebdomadaire | Environ 35 % |
| Jeunes estimant que l’IA leur fait gagner du temps | 71 % |
Environ 35 % des répondants déclarent aussi employer ces outils une fois par semaine, une fréquence présentée comme stable. Ces usages ne s’excluent pas tous nécessairement, mais ils dessinent une réalité simple : une part considérable des jeunes ne voit plus l’IA comme un outil exceptionnel, réservé à une tâche complexe.
Cette progression tient aussi à la simplicité d’accès. Il n’est plus nécessaire de connaître la programmation, d’installer un logiciel spécialisé ou de suivre une formation. Une question formulée en langage courant suffit souvent à obtenir une réponse, un plan, une traduction ou une proposition de texte. Cette facilité explique la rapidité de l’appropriation, mais elle rend aussi indispensable l’apprentissage de la vérification.
ChatGPT domine, les assistants intégrés gagnent du terrain
Dans le classement des outils les plus populaires auprès de cette tranche d’âge, ChatGPT arrive très largement en tête : 84,6 % des répondants disent l’avoir utilisé. Ce résultat illustre la place prise par les assistants conversationnels généralistes, capables de répondre à des questions, de produire des textes, de résumer des documents ou d’aider à préparer un travail.
Derrière lui, les jeunes utilisent aussi des outils présents dans les applications qu’ils fréquentent déjà. My AI de Snapchat est cité par 43,4 % des répondants, et Meta AI par 35,6 %. Gemini figure également parmi les services les plus utilisés dans le palmarès évoqué par l’étude.
La différence entre ces outils est importante. ChatGPT est généralement utilisé avec une intention explicite : l’utilisateur ouvre le service pour demander une aide. My AI ou Meta AI peuvent, eux, être rencontrés dans une messagerie ou sur une plateforme sociale, ce qui abaisse encore le seuil d’entrée. L’IA devient alors moins identifiable comme un outil distinct et davantage comme une fonctionnalité parmi d’autres.
Cette diversité explique pourquoi la notion d’usage de l’IA s’élargit. Certains jeunes la sollicitent pour écrire un texte long, d’autres pour obtenir une idée de recette, un conseil de révision, une recommandation ou une réponse à une question de culture générale. Les pratiques sont multiples, même lorsque le point d’entrée est le même : une conversation avec une machine.
Recherche, études et travail : pourquoi les jeunes utilisent-ils l’IA ?
La première motivation déclarée est la recherche d’informations, qui représente 68 % des usages. Cette donnée souligne un changement d’habitude : pour une partie des jeunes, l’assistant conversationnel devient une porte d’entrée vers l’information, au même titre qu’un moteur de recherche ou qu’une recherche sur les réseaux sociaux.
La différence est que l’outil ne se contente pas de proposer des résultats : il formule directement une réponse, peut l’adapter au niveau demandé et poursuivre l’échange. Cette fluidité est utile pour obtenir une explication simple ou une synthèse rapide. Elle ne garantit cependant pas l’exactitude. Une IA générative peut produire une réponse convaincante tout en comportant des erreurs, des imprécisions ou des références inexistantes. Pour un devoir, une démarche administrative, une question médicale ou une actualité, vérifier l’information reste indispensable.
Les usages liés aux études ou au travail arrivent juste après, avec 61 % des répondants. Les cinq pratiques les plus fréquentes citées par le rapport sont :
- la rédaction de textes ;
- la recherche d’informations ;
- la correction de documents ;
- la traduction ;
- la synthèse d’informations.
Ces tâches ont un point commun : elles sont souvent longues, répétitives ou difficiles à amorcer. L’IA peut aider à produire un premier brouillon, proposer une structure, détecter une formulation maladroite ou condenser un document. Utilisée ainsi, elle peut faire gagner du temps sans nécessairement se substituer au jugement de la personne qui l’emploie.
Les recommandations personnalisées sont également citées par 41 % des répondants. Elles renvoient à une autre facette de l’IA, moins scolaire et moins visible : la capacité d’un service à suggérer un produit, un contenu ou une idée selon les demandes et les interactions de l’utilisateur.
L’IA à l’école : une aide utile, mais une frontière éthique instable
Les chiffres de l’étude révèlent une tension forte dans le monde étudiant. D’un côté, l’IA est perçue comme un levier d’efficacité. De l’autre, elle bouscule les règles de l’évaluation et de l’intégrité académique. 48 % des étudiants interrogés reconnaissent avoir triché en utilisant l’intelligence artificielle.
Le terme recouvre vraisemblablement des situations diverses, que les éléments disponibles du rapport ne détaillent pas : rendre un texte généré sans le signaler, faire produire tout ou partie d’un devoir, contourner une consigne ou utiliser un assistant pendant un travail qui devait être réalisé seul. Dans tous les cas, le chiffre montre que les règles ne sont pas toujours claires, comprises ou appliquées de la même manière.
Parallèlement, 54 % des jeunes estiment que le fait de ne pas utiliser l’IA les placerait en situation de désavantage dans leurs études ou leur environnement professionnel. Ce sentiment est révélateur d’une nouvelle norme en formation : quand un outil accélère la rédaction, la recherche ou la préparation d’un dossier, renoncer à cet outil peut sembler pénalisant face à ceux qui l’emploient.
Pour les établissements et les employeurs, l’enjeu est donc moins de nier l’existence de l’IA que de préciser les usages autorisés. Demander d’indiquer quand un assistant a été utilisé, évaluer davantage le raisonnement ou organiser des travaux oraux sont autant de pistes pour distinguer l’aide à la production d’une délégation complète du travail.
Au-delà des devoirs, l’IA s’invite dans les loisirs et les achats
L’étude montre aussi que les jeunes mobilisent ces outils dans de nombreux aspects de leur vie quotidienne. 71 % affirment que l’IA leur permet de gagner du temps. Cette perception peut venir de la rapidité avec laquelle elle résume une information, propose un texte, traduit un passage ou apporte une première réponse à une question pratique.
Les sujets les plus explorés incluent l’histoire, la pop culture et la santé. Ces thèmes illustrent la variété des requêtes : apprendre, se divertir et chercher des repères sur des préoccupations personnelles. La santé appelle toutefois une prudence particulière. Un assistant d’IA peut aider à clarifier un terme ou à préparer des questions, mais il ne peut pas établir un diagnostic fiable ni remplacer un professionnel de santé.
La création est elle aussi devenue courante. 48,5 % des répondants déclarent avoir généré une image à l’aide d’un outil d’IA, tandis que 23,2 % ont créé une vidéo. Enfin, 15 % disent avoir acheté des produits sur la base de recommandations produites par l’IA. L’influence de ces systèmes dépasse ainsi la recherche d’informations : elle touche les imaginaires, les décisions de consommation et la manière de créer du contenu.
Ce qu’il faut surveiller
Le rapport Born AI 2025 confirme que l’enjeu n’est plus de savoir si les jeunes vont rencontrer l’intelligence artificielle. Ils la rencontrent déjà, très massivement, à l’école, au travail, dans les messageries et dans leurs loisirs. La question centrale devient celle de la qualité de cet usage.
Le premier défi est celui de l’esprit critique. Plus une réponse est immédiate et bien formulée, plus il peut être tentant de la considérer comme certaine. Or l’IA ne distingue pas toujours le vrai du faux et peut simplifier à l’excès des sujets complexes. Apprendre à comparer, recouper et demander les limites d’une réponse est une compétence clé.
Le deuxième défi concerne l’équité. Si plus d’un jeune sur deux estime être désavantagé sans IA, l’accès aux outils, la maîtrise des bons usages et les règles fixées par les enseignants ou les employeurs deviennent déterminants. L’IA peut réduire certaines difficultés d’organisation ou de rédaction, mais elle peut aussi creuser les écarts entre les personnes qui savent l’utiliser avec méthode et celles qui la subissent ou s’en méfient.
Enfin, la montée des usages créatifs et des recommandations rappelle que l’IA n’est pas qu’un outil de productivité. Elle intervient dans les choix, les contenus et les habitudes culturelles. Les chiffres de l’étude dessinent donc moins une génération fascinée par une technologie qu’une génération qui l’a déjà intégrée à ses gestes ordinaires, avec les gains de temps, les opportunités et les dilemmes que cela implique.
Questions fréquentes
Quel pourcentage des 18-25 ans utilise l’intelligence artificielle en 2025 ?
D’après le rapport Born AI 2025 de l’agence Heaven, 93 % des 18-25 ans interrogés ont utilisé un service reposant sur l’intelligence artificielle au cours des six derniers mois. Ce chiffre mesure l’expérimentation ou l’usage récent d’un service d’IA, et non nécessairement un usage quotidien.
Quels outils d’IA sont les plus utilisés par les jeunes ?
ChatGPT arrive largement en tête des outils cités, avec 84,6 % des répondants. My AI de Snapchat suit avec 43,4 %, devant Meta AI à 35,6 %. Gemini fait également partie des outils les plus populaires mentionnés dans l’étude. Les assistants intégrés aux applications facilitent leur diffusion.
Pourquoi les jeunes utilisent-ils l’IA pour les études et le travail ?
Les jeunes l’emploient notamment pour rédiger, rechercher des informations, corriger des documents, traduire et synthétiser des contenus. Selon l’étude, 61 % utilisent l’IA dans un cadre scolaire ou professionnel. L’intérêt principal est le gain de temps, mais les résultats doivent être relus, vérifiés et adaptés.
Utiliser ChatGPT pour un devoir est-il considéré comme de la triche ?
Cela dépend de la consigne donnée par l’enseignant et de l’usage concret de l’outil. L’IA peut aider à comprendre un sujet, corriger une formulation ou organiser des idées. En revanche, rendre un texte produit par l’IA comme un travail entièrement personnel peut enfreindre les règles de l’établissement.
Les jeunes font-ils confiance aux recommandations de l’IA ?
Les recommandations personnalisées représentent 41 % des usages déclarés, et 15 % des répondants disent avoir acheté un produit sur la base d’une recommandation d’IA. Ces suggestions peuvent être utiles, mais elles ne sont pas neutres : il reste important de comparer les offres, les avis et les informations disponibles.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Agence Heaven, rapport Born AI 2025www.heaven.fr
- CNIL, dossier sur l’intelligence artificiellewww.cnil.fr/fr/intelligence-artificielle



