Assistants IA : 42 % des 18 à 25 ans les utilisent chaque jour
Les assistants d’intelligence artificielle se sont installés dans les habitudes numériques des 18 à 25 ans. Selon une étude de l’agence Heaven, 42 % les utilisent quotidiennement, d’abord pour s’informer, étudier ou travailler. Mais cette adoption rapide s’accompagne aussi de doutes sur la fiabilité des réponses et les risques de tricherie.

Les assistants d’intelligence artificielle ne sont plus seulement des outils que l’on essaie par curiosité. Pour une part croissante des jeunes adultes, ils deviennent un réflexe : une question à vérifier, une idée à organiser, un devoir à préparer, une sortie à imaginer ou un achat à comparer. Cette présence dans les gestes ordinaires est l’un des enseignements marquants d’une étude réalisée par l’agence Heaven auprès des 18 à 25 ans.
Le chiffre le plus frappant est celui de l’usage quotidien : 42 % des jeunes de cette tranche d’âge disent utiliser un assistant IA au moins une fois par jour. Cette proportion a doublé par rapport à l’année précédente. Près de 80 % des répondants y recourent au moins chaque semaine. L’IA générative s’installe donc moins comme une nouveauté technique que comme une couche supplémentaire de la vie numérique, au même titre que le moteur de recherche, la messagerie ou les réseaux sociaux.
Une adoption devenue très large chez les 18 à 25 ans
L’étude mesure une diffusion particulièrement rapide de ces services. 93 % des jeunes interrogés déclarent avoir utilisé un assistant tel que ChatGPT au cours des six derniers mois. Ce niveau de contact ne signifie pas que tous les usages se ressemblent ni que chaque personne s’en sert avec la même intensité. Il montre en revanche que ces outils ont largement franchi le cercle des technophiles.
Les écarts entre les sexes apparaissent limités dans les résultats communiqués : 93 % des garçons et 94 % des filles disent avoir interagi avec ce type de service au cours de cette période. L’adoption n’est donc pas décrite comme un phénomène réservé à un profil unique. Elle concerne autant celles et ceux qui cherchent un appui ponctuel que les utilisateurs réguliers.
Cette banalisation tient aussi à la promesse centrale des assistants : obtenir rapidement une réponse rédigée, une synthèse, des idées ou une marche à suivre. Contrairement à un moteur de recherche classique, qui présente surtout une liste de résultats, un assistant conversationnel formule directement une réponse. Cette simplicité peut faire gagner du temps, mais elle rend aussi la vérification indispensable, car une réponse fluide n’est pas automatiquement exacte.
Rechercher, apprendre et travailler : les usages qui dominent
La première fonction des assistants IA chez les jeunes est claire : 92 % des utilisateurs les emploient pour rechercher des informations. Ils peuvent demander une explication, reformuler une question, obtenir un résumé ou explorer un sujet en conversation. Pour beaucoup, l’intérêt réside dans la possibilité d’affiner une demande en plusieurs échanges plutôt que de recommencer une recherche depuis le début.
Le cadre scolaire ou professionnel arrive juste derrière. 84,4 % des jeunes interrogés intègrent les assistants IA dans ces activités. Le chiffre recouvre des situations très différentes : préparer une structure de texte, clarifier une notion, reformuler un passage, trouver des pistes de travail ou organiser des idées. L’outil ne remplace pas nécessairement le travail intellectuel, mais il peut modifier la façon de démarrer une tâche et d’accéder à une première synthèse.
| Usage ou indicateur mesuré | Part des jeunes concernés |
|---|---|
| Recherche d’informations avec un assistant IA | 92 % |
| Usage dans un cadre scolaire ou professionnel | 84,4 % |
| Bénéfices reconnus en matière de temps | 81 % |
| Utilisation quotidienne d’un assistant IA | 42 % |
| Usage hebdomadaire | Près de 80 % |
Cette recherche d’efficacité ressort fortement. 81 % des jeunes reconnaissent les bénéfices de ces outils pour gagner du temps. Dans un autre indicateur communiqué, 71 % affirment que les assistants IA leur font gagner du temps dans leurs tâches quotidiennes. L’intérêt pratique est donc au cœur de l’adoption : l’assistant est sollicité non seulement pour « savoir », mais aussi pour aller plus vite.
Il serait toutefois réducteur d’assimiler ce gain de temps à une réponse toujours prête à l’emploi. Plus une question est précise, locale, récente ou importante, plus la réponse doit être confrontée à des sources identifiables. L’assistant peut aider à comprendre ou à préparer une démarche, mais il ne dispense pas de relire, de vérifier les faits et de garder la responsabilité finale d’un travail rendu ou d’une décision prise.
ChatGPT en tête, mais un paysage déjà diversifié
Parmi les services cités, ChatGPT s’impose nettement : 84,6 % des répondants déclarent l’utiliser. Cette position explique en partie pourquoi le nom de l’outil est souvent devenu, dans la conversation courante, un raccourci pour désigner les assistants génératifs dans leur ensemble. Pourtant, les pratiques ne se limitent déjà plus à un seul service.
My AI, l’assistant associé à Snapchat, est utilisé par 43,4 % des jeunes interrogés. L’IA de Meta atteint pour sa part 35,6 %. Copilot et Character.ai font également partie des solutions citées. Chacun propose une expérience légèrement différente, qu’il s’agisse d’être intégré à une application déjà utilisée, de privilégier la conversation, d’aider à certaines tâches ou de proposer des interactions plus ludiques.
Cette diversité compte, car elle montre que l’adoption ne passe pas uniquement par un site ou une application dédiée. Les assistants arrivent là où les jeunes se trouvent déjà : dans des plateformes sociales, des services de messagerie ou des outils de travail. Le choix d’un assistant peut ainsi dépendre moins de ses performances globales que de son accessibilité immédiate et de son intégration dans une routine numérique.
Les échanges vocaux progressent aussi : 19 % des usages réguliers passent par la voix. Cette pratique rapproche l’assistant de l’idée familière d’un interlocuteur disponible à la demande. Elle rend l’outil plus pratique dans certaines situations, mais elle invite également à la prudence : dicter une demande à voix haute peut exposer des informations personnelles à des personnes présentes autour de soi.
Le smartphone, porte d’entrée principale des assistants
La mobilité est un élément déterminant de ces nouveaux usages. 88,1 % des jeunes utilisent les assistants IA sur mobile, contre 69,1 % sur ordinateur. Le smartphone est donc le support le plus répandu, sans faire disparaître le PC, qui garde une place importante pour les tâches plus longues, scolaires ou professionnelles.
| Appareil utilisé pour accéder aux assistants IA | Part des jeunes concernés |
|---|---|
| Mobile | 88,1 % |
| Ordinateur | 69,1 % |
Le téléphone favorise les demandes brèves et immédiates : vérifier une information, obtenir une recommandation, préparer un message ou poser une question au fil d’une conversation. L’ordinateur reste adapté aux usages nécessitant davantage de lecture, de comparaison ou de rédaction. Ces deux accès peuvent naturellement être employés par la même personne selon le moment et le besoin.
Cette disponibilité permanente transforme le rapport à la recherche d’information. Au lieu d’ouvrir plusieurs pages, de lire puis de reformuler sa question, l’utilisateur peut demander une réponse en langage courant. L’avantage est évident pour une demande simple. Mais la facilité d’accès peut aussi encourager à accepter trop vite une formulation convaincante, surtout lorsque l’outil ne détaille pas clairement l’origine de ses affirmations.
Une source d’information appréciée, sans être infaillible
Les jeunes interrogés classent l’IA comme la quatrième source d’information la plus fiable, devant Wikipédia et les influenceurs. Ce résultat traduit une confiance croissante envers les assistants, notamment parce qu’ils donnent l’impression de traiter rapidement une grande quantité d’informations et de répondre de façon personnalisée.
Cette confiance doit être comprise avec nuance. Un assistant IA est conçu pour générer une réponse plausible et utile à partir de la demande qui lui est adressée. Il peut se tromper, simplifier excessivement un sujet ou présenter une information erronée avec assurance. L’étude indique d’ailleurs que les jeunes ont conscience de ce risque, malgré leur intérêt pour les outils.
La bonne pratique consiste à distinguer les usages à faible enjeu, par exemple demander des idées de recettes ou une reformulation, des sujets qui exigent une vérification rigoureuse. Pour une information médicale, juridique, financière, administrative ou d’actualité, il est préférable de contrôler la réponse auprès de sources compétentes et datées. L’IA peut servir de point de départ, pas de garantie automatique.
À l’école et au travail, l’utilité se heurte à la question de la tricherie
L’usage scolaire et professionnel constitue l’un des terrains les plus sensibles. Alors que 84,4 % des répondants disent utiliser l’IA dans ce cadre, 48 % craignent qu’elle puisse relever de la tricherie ou du plagiat. Cette hésitation révèle une réalité plus complexe que l’opposition entre « pour » et « contre » l’IA : les jeunes cherchent à tirer parti de l’outil tout en essayant de comprendre les limites acceptables de son emploi.
Dans les résultats communiqués, 54 % estiment qu’il est essentiel d’utiliser ces outils pour ne pas être désavantagés. Cette perception peut s’expliquer par la diffusion très rapide des assistants : lorsque l’outil semble accessible à tous, ne pas y recourir peut être perçu comme un handicap dans la gestion du temps, la préparation d’un travail ou la recherche d’idées.
La frontière éthique dépend pourtant du contexte et des règles fixées. Utiliser un assistant pour expliquer une notion, proposer un plan ou améliorer la clarté d’un texte ne pose pas les mêmes questions que rendre un contenu généré sans l’avoir compris ni retravaillé. Dans tous les cas, l’enjeu est de conserver une contribution personnelle, de maîtriser le résultat et de respecter les consignes de l’établissement ou de l’employeur.
Des recommandations qui influencent aussi les dépenses
Les assistants IA dépassent le champ de l’information et de la productivité. 41 % des jeunes les consultent pour obtenir des conseils sur des sorties ou des voyages. L’outil peut aider à établir une liste d’options, à imaginer un itinéraire ou à comparer des critères exprimés en langage naturel, comme un budget, une durée ou des préférences personnelles.
Un jeune sur trois indique avoir utilisé des recommandations issues de l’IA pour prendre une décision d’achat. Plus concrètement, 15 % déclarent avoir déjà effectué une acquisition sur la base d’une telle suggestion. L’assistant ne devient pas pour autant un prescripteur neutre ou infaillible. Une recommandation dépend de la formulation de la question, des informations dont dispose l’outil et, selon le service, des contenus auxquels il peut accéder.
Avant d’acheter, la démarche la plus sûre reste de vérifier le prix, la disponibilité, les caractéristiques du produit et les conditions de vente sur des sources directes. Pour un voyage ou une sortie, les horaires, les dates et les conditions d’accès doivent également être contrôlés. L’IA peut réduire le temps de préparation, mais elle ne remplace pas la vérification finale.
Ce que les chiffres permettent, et ne permettent pas, de conclure
L’étude dessine le portrait d’une génération qui a très vite intégré les assistants IA à ses habitudes. Elle établit une forte fréquence d’usage, une présence sur mobile, une domination de ChatGPT et une extension des pratiques vers l’école, le travail, les loisirs et la consommation. Elle montre aussi que la prudence n’a pas disparu : les jeunes reconnaissent à la fois l’utilité des outils et leurs zones de risque.
Il faut toutefois éviter de transformer ces résultats en portrait uniforme de toute une classe d’âge. Les éléments disponibles ne précisent pas ici la taille de l’échantillon, les modalités de recrutement des répondants ni les dates précises de terrain. Ces données sont essentielles pour apprécier la représentativité d’une enquête. Elles n’annulent pas les tendances observées, mais elles invitent à les lire comme un indicateur des usages déclarés, non comme une description exhaustive de chaque jeune adulte.
L’autre point important est la différence entre avoir déjà testé un assistant et s’en remettre à lui quotidiennement. Les 93 % d’interactions sur six mois témoignent d’une diffusion très large. Les 42 % d’usages quotidiens indiquent, eux, une intégration plus profonde dans la routine. Entre les deux se trouvent des pratiques très diverses : consultation occasionnelle, aide régulière aux études, usage pour les loisirs ou recours professionnel.
Ce qu’il faut surveiller
La suite se jouera moins sur la simple présence des assistants, déjà solidement installés chez les 18 à 25 ans, que sur la qualité de leur utilisation. La capacité à formuler une demande claire, à repérer une erreur, à protéger ses données personnelles et à citer correctement son travail deviendra aussi importante que la maîtrise technique de l’outil.
Les établissements d’enseignement et les employeurs auront également un rôle décisif. Des règles compréhensibles peuvent aider à distinguer l’assistance autorisée de la tricherie, sans ignorer les gains de productivité que les jeunes perçoivent déjà. L’enjeu n’est pas de demander aux utilisateurs d’ignorer une technologie omniprésente, mais de leur permettre de l’utiliser avec méthode, esprit critique et transparence.
Au 12 juin 2025, les chiffres de Heaven montrent surtout un changement d’habitude : pour une grande part des jeunes adultes, l’assistant IA n’est plus une démonstration technologique. C’est un interlocuteur numérique mobilisé pour chercher, comprendre, produire, choisir et parfois acheter. Reste à faire en sorte que cette commodité ne prenne pas le pas sur la vérification, l’apprentissage réel et l’autonomie de jugement.
Questions fréquentes
Quel pourcentage des 18 à 25 ans utilise une IA tous les jours ?
Selon l’étude de l’agence Heaven, 42 % des 18 à 25 ans utilisent un assistant IA au moins une fois par jour. Cette proportion a doublé par rapport à l’année précédente. Près de 80 % des jeunes interrogés déclarent en faire usage au moins chaque semaine, signe d’une installation rapide de ces outils dans les habitudes numériques.
Pourquoi les jeunes utilisent-ils ChatGPT et les assistants IA ?
La recherche d’informations est le premier usage, cité par 92 % des jeunes interrogés. Les usages scolaires ou professionnels concernent 84,4 % des répondants. Les assistants servent aussi à gagner du temps, à clarifier une question, à organiser des idées, à chercher des recommandations de sorties ou de voyages, et parfois à guider une décision d’achat.
Quel assistant IA est le plus utilisé par les jeunes ?
ChatGPT arrive largement en tête dans l’étude, avec 84,6 % des répondants qui déclarent l’utiliser. My AI, l’assistant associé à Snapchat, atteint 43,4 %, tandis que l’IA de Meta est utilisée par 35,6 % des jeunes interrogés. Copilot et Character.ai figurent également parmi les outils cités.
Les jeunes font-ils confiance aux réponses des assistants IA ?
Les jeunes interrogés placent l’IA au quatrième rang de leurs sources d’information les plus fiables, devant Wikipédia et les influenceurs. Cette confiance n’efface pas les réserves : les répondants identifient le risque de réponses incorrectes. Une réponse générée par IA doit donc être vérifiée, surtout sur les sujets importants ou récents.
Utiliser une IA pour ses études est-il considéré comme de la triche ?
La perception est partagée. Dans l’étude, 48 % des jeunes estiment que l’usage des assistants IA peut constituer de la tricherie ou du plagiat, tandis que 54 % jugent essentiel de les utiliser pour ne pas être désavantagés. Tout dépend des règles fixées et de l’usage : comprendre, préparer ou reformuler ne revient pas à rendre un travail généré sans le maîtriser.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Agence Heaven, études et analyses sur les usages numériqueswww.heaven.fr
- OpenAI, présentation officielle de ChatGPTopenai.com/chatgpt



