OpenAI prévoit d’acquérir io de Jony Ive pour imaginer un nouveau matériel IA
OpenAI a annoncé vouloir acquérir io, jeune entreprise cofondée par Jony Ive, dans une opération en actions valorisée à près de 6,5 milliards de dollars. L’ancien responsable du design d’Apple et son collectif LoveFrom doivent guider le travail créatif, sans qu’aucun appareil précis n’ait encore été dévoilé.

En quelques lignes, l’annonce a rapproché deux noms qui ont profondément marqué la technologie grand public, mais à des époques différentes : OpenAI, devenu l’un des visages de l’intelligence artificielle générative avec ChatGPT, et Jony Ive, le designer associé à certains des produits les plus emblématiques d’Apple. Le 21 mai 2025, OpenAI a annoncé son intention d’acquérir io, la jeune entreprise cofondée par Ive, dans une opération évaluée à près de 6,5 milliards de dollars. Le projet ne porte pas seulement sur une équipe de design : il traduit une ambition beaucoup plus vaste, celle d’imaginer de nouveaux objets et de nouvelles interactions pour l’ère de l’IA.
Au 9 juin 2025, cette acquisition n’est toutefois pas finalisée. Elle reste soumise aux autorisations réglementaires et aux conditions habituelles de clôture. Surtout, aucun appareil concret n’a encore été présenté. Ni téléphone, ni lunettes, ni assistant vocal, ni ordinateur de bureau : OpenAI et io entretiennent volontairement le flou sur la forme que prendra leur premier produit.
Ce qu’OpenAI a réellement annoncé
OpenAI prévoit d’acquérir io dans le cadre d’une transaction entièrement réglée en actions. Cette précision est importante : les 6,5 milliards de dollars correspondent à la valeur attribuée à l’opération, et non à un chèque de ce montant versé en liquide par OpenAI.
La société d’intelligence artificielle détenait déjà une participation minoritaire dans io depuis 2024. La valorisation annoncée intègre cette relation antérieure. Il serait donc inexact d’additionner cette prise de participation passée aux 6,5 milliards de dollars ou d’imaginer qu’OpenAI engage la totalité de cette somme en nouvelles liquidités.
| Élément | Ce qui a été annoncé au 9 juin 2025 |
|---|---|
| Entreprise concernée | io, une entreprise de produits et d’ingénierie cofondée par Jony Ive |
| Acheteur | OpenAI, dirigé par son cofondateur Sam Altman |
| Valorisation de l’opération | Près de 6,5 milliards de dollars |
| Mode de paiement | Transaction intégralement réalisée en actions |
| Calendrier envisagé | Clôture attendue pendant l’été 2025, sous réserve des autorisations et conditions habituelles |
| Ambition affichée | Créer une nouvelle génération d’expériences et de produits informatiques fondés sur l’IA |
L’annonce officialise une collaboration entamée plus tôt entre Sam Altman et Jony Ive. Les deux hommes expliquent avoir travaillé pendant plusieurs années sur des idées liées aux usages de l’intelligence artificielle. La création de io devait donner une structure industrielle et technique à cette réflexion, avant son rapprochement complet avec OpenAI.
Qui est Jony Ive et quel sera son rôle ?
Jony Ive est surtout connu pour son parcours chez Apple, où il a occupé des responsabilités centrales dans le design pendant plus de deux décennies. Il a contribué à façonner l’identité de produits comme l’iPhone, l’iPad et l’Apple Watch, en défendant une approche où l’apparence, les matériaux, l’ergonomie, le logiciel et la simplicité d’utilisation sont pensés ensemble.
Après son départ d’Apple en 2019, il a fondé le collectif créatif LoveFrom. C’est avec cette structure qu’il poursuivra sa collaboration avec OpenAI. Une nuance mérite d’être soulignée : Jony Ive ne rejoint pas OpenAI comme salarié occupant un poste classique de directeur du design. LoveFrom reste indépendant, tout en assumant des responsabilités créatives et de design approfondies auprès d’OpenAI et de io.
io a été cofondée par Jony Ive avec Scott Cannon, Evans Hankey et Tang Tan, tous issus de l’univers de la conception de produits technologiques. L’équipe de io doit rejoindre OpenAI après la finalisation de l’acquisition. Cette réunion vise à combiner des savoir-faire qui sont rarement réunis au sein d’une même entreprise : recherche en IA, conception de logiciels, ingénierie matérielle, développement de produits et design industriel.
Cette logique explique l’intérêt stratégique du rapprochement. Un modèle d’IA performant ne suffit pas, à lui seul, à convaincre le grand public d’adopter une nouvelle catégorie d’appareils. L’objet doit également être compréhensible, fiable, discret dans la vie quotidienne et suffisamment simple pour ne pas imposer une nouvelle courbe d’apprentissage. C’est précisément sur ce terrain que l’expérience de Jony Ive est recherchée.
Pourquoi OpenAI s’intéresse au matériel informatique
Jusqu’ici, la plupart des utilisateurs accèdent à l’intelligence artificielle générative depuis un navigateur, une application mobile ou un ordinateur existant. ChatGPT fonctionne ainsi sur des appareils conçus bien avant l’arrivée des grands modèles de langage. OpenAI semble vouloir explorer une autre voie : concevoir dès l’origine une expérience informatique pensée autour de l’IA.
Cette ambition ne signifie pas nécessairement qu’OpenAI entend remplacer le smartphone ou l’ordinateur personnel. Aucun élément public ne permet de l’affirmer. Elle suggère plutôt une volonté de repenser la manière dont une personne formule une demande, reçoit une réponse, travaille avec du texte, de la voix, des images ou des informations contextuelles.
Un appareil centré sur l’IA pourrait, en théorie, privilégier des interactions plus conversationnelles que les menus et les icônes traditionnels. Mais cette promesse soulève aussi des difficultés concrètes : comment l’utilisateur garde-t-il le contrôle ? Comment éviter les réponses erronées ? Comment protéger les données personnelles si le produit utilise un microphone, une caméra ou des informations de contexte ? Et comment proposer un objet utile sans ajouter un écran ou un gadget de plus à un marché déjà encombré ?
La réponse d’OpenAI ne sera pas uniquement technique. Elle devra être aussi industrielle. Concevoir un appareil implique de maîtriser l’approvisionnement en composants, la fabrication, les réparations, la distribution, le service après-vente et les contraintes réglementaires, bien au-delà du lancement d’une nouvelle fonction dans une application.
Ce qui est confirmé et ce qui reste à inventer
Les éléments confirmés
- OpenAI prévoit d’acquérir io dans une transaction en actions valorisée à près de 6,5 milliards de dollars.
- Jony Ive, LoveFrom et l’équipe de io participeront aux travaux créatifs et de conception liés à OpenAI.
- LoveFrom conservera son indépendance malgré sa collaboration approfondie avec OpenAI.
- La finalisation est attendue pendant l’été 2025, sous réserve des autorisations nécessaires.
Les inconnues majeures
- Aucun appareil, format, nom de produit ou date de lancement n’a été révélé.
- OpenAI n’a pas indiqué si le projet prendra la forme d’un objet autonome ou d’un accessoire.
- Aucune modification précise de ChatGPT ou de son interface n’a été annoncée.
- Le prix, les marchés visés et les modalités de protection des données restent inconnus.
Une opération en actions, dans un contexte de valorisation élevée
Le montant de 6,5 milliards de dollars donne la mesure de l’importance stratégique accordée à io. Il ne doit pas, pour autant, être confondu avec la valorisation générale d’OpenAI. Au printemps 2025, OpenAI avait été valorisée autour de 300 milliards de dollars à l’occasion d’une importante opération de financement. L’acquisition de io s’inscrit dans ce contexte de forte expansion, mais elle n’est pas à l’origine de cette valorisation.
Le choix d’une transaction en actions permet à OpenAI de préserver ses liquidités tout en associant les détenteurs de io à la valeur future de l’entreprise. Pour les fondateurs et les membres clés de l’équipe, ce montage aligne l’intérêt financier de l’opération sur la réussite des futurs produits et d’OpenAI dans son ensemble.
L’enjeu économique dépasse donc le seul coût affiché. OpenAI investit dans une capacité à concevoir des expériences matérielles distinctives, à un moment où la concurrence dans l’IA se joue à la fois sur les modèles, les centres de données, les applications et les interfaces. Les entreprises qui contrôlent l’interface avec l’utilisateur disposent souvent d’un avantage durable : elles peuvent décider de la manière dont une technologie devient concrète dans la vie quotidienne.
L’accord doit encore franchir l’étape réglementaire
OpenAI et io anticipent une finalisation pendant l’été 2025, à condition d’obtenir les approbations requises et de satisfaire aux conditions habituelles de clôture. Cette étape est normale pour une opération de cette ampleur, notamment lorsque l’acquéreur est déjà un acteur majeur d’un secteur stratégique et que l’opération touche potentiellement au matériel informatique.
Au 9 juin 2025, il ne faut donc pas présenter io comme une filiale déjà intégrée. L’annonce fixe une intention et une feuille de route, mais la clôture juridique reste à venir. Les éventuelles autorités compétentes peuvent examiner les effets de l’opération sur la concurrence, sans que cela préjuge de leur décision finale.
Cette attente réglementaire n’empêche pas les équipes de préparer leur rapprochement, mais elle limite ce qui peut être dévoilé publiquement. Elle explique aussi en partie la prudence d’OpenAI sur les détails des produits à venir.
Que changera cette acquisition pour les utilisateurs de ChatGPT ?
À court terme, aucun changement précis de ChatGPT n’a été annoncé. Il serait donc prématuré de promettre une refonte de l’interface, de nouvelles fonctions ou un appareil compagnon. L’accord donne à LoveFrom des responsabilités créatives auprès d’OpenAI, ce qui pourrait à terme influencer les logiciels existants comme les futurs produits, mais la nature de cette influence n’a pas été détaillée.
Pour les utilisateurs, le signal le plus concret est ailleurs : OpenAI ne se voit plus seulement comme l’éditeur d’un assistant conversationnel. L’entreprise cherche à intervenir dans la façon même dont les personnes utilisent l’informatique. Si cette ambition aboutit, l’enjeu ne sera pas uniquement de rendre ChatGPT plus agréable à utiliser. Il pourrait s’agir de proposer de nouveaux gestes, de nouveaux formats d’assistance et une relation plus directe entre l’IA et l’utilisateur.
Cette stratégie comporte aussi un risque. Le matériel est un métier exigeant, dans lequel les retards, les défauts de fabrication et les usages mal compris peuvent compromettre une bonne idée. L’excellence reconnue de Jony Ive dans le design ne garantit pas, à elle seule, le succès commercial d’une nouvelle catégorie de produits. OpenAI devra prouver qu’un objet pensé pour l’IA répond à un besoin réel que les téléphones, ordinateurs et applications actuels ne satisfont pas déjà.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois
Les premiers éléments à observer seront d’abord réglementaires : la transaction est-elle bien finalisée pendant l’été 2025 ? Viendront ensuite les décisions d’organisation, notamment la manière dont l’équipe de io sera intégrée et la place concrète de LoveFrom dans les projets d’OpenAI.
La question décisive restera celle du produit. OpenAI devra préciser le problème qu’elle cherche à résoudre, le public visé et la manière dont l’IA fonctionnera au quotidien. Un appareil réellement novateur ne se distinguera pas seulement par son design ou par la puissance de son modèle : il devra être utile, digne de confiance et suffisamment intuitif pour s’imposer sans effort.
L’acquisition de io place ainsi OpenAI à un tournant. L’entreprise dispose de modèles d’IA connus du grand public et s’allie désormais à l’une des figures les plus influentes du design technologique. Entre cette promesse et un produit adopté à grande échelle, il reste cependant tout le travail le plus difficile : transformer une vision en objet concret, fiable et désiré.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que io, la start-up acquise par OpenAI ?
io est une jeune entreprise de produits et d’ingénierie cofondée par Jony Ive avec Scott Cannon, Evans Hankey et Tang Tan. Son objectif public est de travailler sur de nouvelles expériences informatiques. OpenAI a annoncé vouloir l’acquérir pour rapprocher ses compétences en intelligence artificielle d’une expertise en matériel, logiciel et design.
OpenAI a-t-il payé 6,5 milliards de dollars en espèces pour io ?
Non. L’opération annoncée est intégralement réalisée en actions. Les près de 6,5 milliards de dollars correspondent à la valeur attribuée à la transaction, pas à une somme versée comptant. OpenAI détenait déjà une participation minoritaire dans io, acquise en 2024, et cette relation est prise en compte dans l’opération.
Jony Ive devient-il le directeur du design d’OpenAI ?
Jony Ive ne rejoint pas OpenAI comme salarié dans un poste traditionnel de direction. Son collectif créatif LoveFrom reste indépendant. En revanche, LoveFrom doit assumer des responsabilités créatives et de design importantes auprès d’OpenAI et de io, tandis que l’équipe de io est appelée à rejoindre OpenAI après la clôture.
Quel appareil OpenAI et Jony Ive vont-ils lancer ?
Au 9 juin 2025, OpenAI et Jony Ive n’ont présenté aucun appareil. La forme du produit, son nom, son prix, ses fonctionnalités et sa date de sortie ne sont pas connus. Les deux parties évoquent une nouvelle génération d’expériences informatiques, mais il est impossible de savoir à ce stade s’il s’agira d’un appareil autonome ou d’un autre type de produit.
Cette acquisition va-t-elle changer ChatGPT ?
Aucune évolution précise de ChatGPT n’a été annoncée. Le rôle créatif confié à LoveFrom pourrait, à terme, influencer les produits et interfaces d’OpenAI, mais l’entreprise n’a communiqué ni calendrier ni nouvelle fonction. Les utilisateurs ne doivent donc pas s’attendre à un changement immédiat de l’application ou du service.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- OpenAI, annonce de l’intégration de io et du rôle de Jony Ive et LoveFrom, 21 mai 2025openai.com
- Reuters, rubrique Technologie, couverture du projet d’acquisition de io par OpenAIwww.reuters.com/technology



