OpenAI et Jony Ive préparent io, un nouvel appareil pensé pour l’IA
OpenAI a annoncé l’acquisition de io, la jeune entreprise créée avec Jony Ive, ancien responsable du design d’Apple. L’opération, valorisée à 6,5 milliards de dollars, doit aboutir à une nouvelle famille de produits centrés sur l’intelligence artificielle. Mais, au 23 mai 2025, le format et les fonctions du premier appareil restent largement secrets.

L’intelligence artificielle s’est imposée dans les téléphones, les ordinateurs et les moteurs de recherche. OpenAI veut désormais contribuer à inventer l’objet qui pourrait l’accueillir autrement. Le 21 mai 2025, l’entreprise à l’origine de ChatGPT a annoncé l’acquisition de io, une jeune société créée autour de Jony Ive, l’ancien responsable du design d’Apple. Leur ambition est considérable, mais le produit lui-même reste, à ce stade, presque entièrement à découvrir.
L’annonce a immédiatement alimenté les projections sur un possible « super-gadget » d’IA. Il convient pourtant de distinguer le projet industriel officiellement confirmé des suppositions sur sa forme. OpenAI n’a montré aucun appareil, n’a communiqué ni dimensions, ni écran, ni prix, ni fonctionnalités précises. Ce que l’entreprise a bien dévoilé, en revanche, est une alliance inhabituelle entre un laboratoire d’IA devenu géant technologique et l’un des designers les plus influents de l’électronique grand public.
OpenAI acquiert io pour bâtir une nouvelle famille de produits
OpenAI a annoncé un accord pour acquérir io, une société née de la collaboration entre Jony Ive et son collectif créatif LoveFrom. L’opération, réalisée en actions, valorise io à 6,5 milliards de dollars, en incluant l’investissement déjà détenu par OpenAI dans l’entreprise.
Le nom io, très court et volontairement abstrait, ne désigne pas un produit déjà vendu. La société travaillait discrètement sur le développement, l’ingénierie et la fabrication d’une « nouvelle famille de produits », selon les termes d’OpenAI. Son équipe doit rejoindre OpenAI afin de réunir, au sein d’un même projet, les compétences de conception matérielle, de logiciel, d’interface et d’intelligence artificielle.
Cette acquisition ne signifie pas que Jony Ive devient salarié d’OpenAI au sens classique. Son studio LoveFrom doit rester une structure indépendante. En revanche, Jony Ive et LoveFrom assumeront des responsabilités créatives et de design approfondies auprès d’OpenAI comme de io. Pour Sam Altman, dirigeant d’OpenAI, ce rapprochement prolonge une relation commencée il y a plusieurs années avec le designer britannique.
| Ce qui est confirmé au 23 mai 2025 | Ce qui n’est pas encore connu |
|---|---|
| OpenAI acquiert io dans une opération valorisée à 6,5 milliards de dollars. | Le nom commercial du premier appareil. |
| Jony Ive participe au projet avec LoveFrom. | La forme de l’objet : boîtier, écouteur, accessoire, écran ou autre format. |
| io travaille sur une nouvelle famille de produits. | Les fonctions exactes disponibles pour les utilisateurs. |
| LoveFrom reste indépendant, tout en travaillant avec OpenAI et io. | Le prix, les pays de lancement et le mode de distribution. |
| OpenAI prévoit de partager son travail en 2026. | Une date ferme de présentation ou de commercialisation. |
Que sait-on réellement du futur appareil d’OpenAI ?
La réponse la plus honnête est simple : peu de choses. OpenAI parle de produits capables d’inspirer et d’aider les personnes à créer des choses auparavant inimaginables. Cette formulation donne une direction, celle d’une interaction plus naturelle avec l’informatique, mais elle ne décrit pas une fonction précise.
Le projet est parfois présenté comme un appareil compagnon, susceptible de fonctionner aux côtés d’un téléphone ou d’un ordinateur portable. Cette hypothèse paraît cohérente avec les habitudes numériques actuelles, mais elle n’a pas été confirmée par OpenAI. De même, aucune information officielle ne permet d’affirmer que le produit sera une paire de lunettes intelligentes, un objet sans écran, un assistant vocal ou un accessoire portable.
Des comparaisons avec l’iPod Shuffle, notamment pour son minimalisme supposé, circulent dans les discussions technologiques. Elles relèvent davantage de l’imaginaire associé à Jony Ive que d’indices concrets. L’ancien responsable du design d’Apple a participé à la conception de produits aussi différents que l’iMac, l’iPod, l’iPhone, l’iPad et l’Apple Watch. Son parcours nourrit donc des attentes très fortes, sans révéler la nature de ce que prépare io.
OpenAI indique espérer montrer le fruit de ses travaux en 2026. Cela ne garantit pas qu’un produit sera commercialisé cette année-là : entre une démonstration, une annonce et une mise en vente à grande échelle, les étapes sont nombreuses, en particulier pour un appareil inédit.
Projet io : l’ambition affichée et les inconnues à lever
L’ambition d’OpenAI et de io
- Concevoir une nouvelle famille de produits pensée autour de l’intelligence artificielle.
- Réunir expertise en modèles d’IA, ingénierie matérielle et design d’interface.
- Proposer des outils capables de stimuler la création et de simplifier certaines interactions numériques.
- Faire évoluer la relation entre l’utilisateur et l’informatique au-delà des applications traditionnelles.
Les questions sans réponse
- Le format exact du premier appareil n’a pas été dévoilé.
- Aucune fonctionnalité, aucun prix et aucune date de vente ne sont confirmés.
- Le niveau de dépendance au smartphone ou au cloud reste inconnu.
- La confidentialité, l’autonomie et la fiabilité devront être démontrées en usage réel.
Pourquoi Jony Ive est un choix stratégique pour OpenAI
Dans le monde des objets technologiques, la qualité d’un modèle d’IA ne suffit pas. L’utilisateur doit comprendre à quoi sert l’appareil, savoir quand lui faire confiance et pouvoir l’utiliser sans devoir apprendre une série de commandes complexes. C’est précisément sur cette frontière entre puissance technique et simplicité apparente que Jony Ive a construit sa réputation.
Chez Apple, le design ne consistait pas seulement à donner une apparence reconnaissable à un objet. Il concernait aussi la prise en main, les matériaux, les boutons, les gestes, les emballages et la manière dont le logiciel accompagne le matériel. OpenAI cherche vraisemblablement à appliquer une attention comparable à l’IA générative, une technologie puissante mais encore souvent perçue comme abstraite, imprévisible ou difficile à paramétrer.
Le défi est plus profond qu’il n’y paraît. Une application conversationnelle comme ChatGPT s’utilise déjà sur un téléphone ou un ordinateur. Pour convaincre le public d’adopter un appareil supplémentaire, OpenAI et io devront démontrer un avantage clair : une interaction plus rapide, plus personnelle ou plus utile que celle offerte par les appareils existants.
Le vrai défi : faire mieux qu’un smartphone et ses applications
Le téléphone est un concurrent redoutable pour toute nouvelle catégorie de matériel. Il possède déjà un écran, un microphone, une caméra, une connexion internet, une boutique d’applications et une place centrale dans les usages quotidiens. De nombreux assistants IA peuvent être lancés en quelques secondes depuis cet appareil que les utilisateurs ont déjà dans leur poche.
Un futur produit de io devra donc éviter deux écueils. Le premier serait de reproduire, sous une autre forme, des fonctions déjà accessibles par une application. Le second serait de demander trop d’efforts à l’utilisateur pour des bénéfices incertains. Une interface réellement convaincante devrait réduire les frictions : moins de navigation dans des menus, moins de saisie répétitive, davantage de compréhension du contexte, tout en évitant les réponses erronées ou envahissantes.
La confidentialité sera également décisive. Un objet pensé pour être un assistant du quotidien pourrait traiter des demandes vocales, des habitudes, des rendez-vous, des messages ou des informations liées à l’environnement de son propriétaire. Or, plus l’IA est contextuelle, plus elle a potentiellement besoin de données. Le produit devra donc rendre lisibles les autorisations accordées, les informations enregistrées et les moyens de les supprimer.
L’autonomie, la connectivité et la fiabilité compteront tout autant. Un assistant vocal ou contextuel qui ne fonctionne que dans des conditions idéales ne peut pas devenir un outil central. De même, la promesse d’une interaction fluide se heurte aux limites des modèles d’IA : ils peuvent mal interpréter une demande, manquer une information ou produire une réponse inexacte. Le design devra aussi organiser ces limites, pas seulement masquer la technologie.
Une annonce dans une compétition accélérée par l’IA
Le rapprochement entre OpenAI et Jony Ive intervient dans une semaine particulièrement dense pour l’industrie. Les 20 et 21 mai 2025, la conférence Google I/O a été l’occasion pour Google de détailler ses avancées autour de Gemini, de la recherche assistée par IA et de ses outils de création. Le message est clair : les grands groupes ne se contentent plus de développer des modèles, ils cherchent à les intégrer dans toutes les interfaces utilisées au quotidien.
Google dispose d’Android, de Chrome, de son moteur de recherche et d’une large gamme de services. Apple, de son côté, contrôle l’iPhone, le Mac, l’Apple Watch et une relation matérielle très forte avec ses clients. Microsoft s’appuie sur Windows, ses logiciels professionnels et son partenariat étroit avec OpenAI. Dans ce paysage, OpenAI possède une marque grand public puissante grâce à ChatGPT, mais ne commercialise pas encore son propre matériel.
L’acquisition de io peut donc se lire comme une tentative de ne pas dépendre uniquement des écrans et des plateformes conçus par d’autres. Elle offre à OpenAI la possibilité de réfléchir à une interface matérielle conçue dès l’origine autour de l’IA, plutôt que d’adapter ses services aux règles d’un téléphone ou d’un ordinateur existant.
Au-delà du gadget, une bataille pour l’interface
Les entreprises de l’IA se livrent aujourd’hui à une bataille qui dépasse les performances des modèles. Il s’agit aussi de savoir où les utilisateurs poseront leurs questions, créeront des documents, organiseront leur journée et demanderont de l’aide. Le moteur de recherche, le navigateur, le système d’exploitation, l’application de messagerie et le téléphone constituent autant de points d’entrée vers ces usages.
Un nouvel appareil peut modifier cette répartition, mais seulement s’il apporte une expérience suffisamment différente. Le succès d’un produit ne dépend pas uniquement de son esthétique ou de la qualité de ses réponses. Il dépend d’un écosystème : compatibilité avec les contacts, les calendriers et les services courants, sécurité des comptes, assistance technique, mises à jour et capacité à évoluer sans devenir obsolète au bout de quelques mois.
Pour OpenAI, l’enjeu est aussi économique. L’entreprise s’est fait connaître par ses modèles et ses abonnements logiciels. Le matériel introduirait un autre métier, avec des chaînes d’approvisionnement, une production industrielle, une logistique mondiale et un service après-vente. L’expertise de l’équipe io est précisément censée aider à franchir cette étape, mais la route entre une vision de design et un produit diffusé à grande échelle reste longue.
Ce qu’il faudra surveiller d’ici à 2026
Les prochaines informations importantes ne seront pas nécessairement une photo de produit. Il faudra d’abord observer la manière dont OpenAI décrit le problème que io cherche à résoudre. Veut-elle rendre l’IA plus discrète, plus proactive, plus créative ou plus accessible hors de l’écran ? Cette réponse sera plus révélatrice qu’un simple slogan sur un objet révolutionnaire.
Il faudra aussi surveiller le niveau d’intégration entre ChatGPT et ce futur matériel. Un appareil autonome aurait des contraintes différentes d’un accessoire dépendant d’un téléphone. Les questions de confidentialité, de connexion permanente et de compatibilité avec les systèmes mobiles seront centrales pour les futurs utilisateurs.
Enfin, la réaction des concurrents sera déterminante. Google, Apple, Microsoft et les fabricants de smartphones disposent déjà de plateformes puissantes pour déployer l’IA. L’alliance entre OpenAI et Jony Ive ne garantit donc pas un nouveau standard. Elle signale néanmoins qu’après la course aux modèles de langage, la prochaine compétition pourrait se jouer dans la main, sur le bureau ou dans les gestes les plus ordinaires de la vie numérique.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que io, la société acquise par OpenAI ?
io est une jeune entreprise créée autour de Jony Ive et de LoveFrom pour développer, concevoir et fabriquer une nouvelle famille de produits. OpenAI a annoncé le 21 mai 2025 son acquisition dans une opération valorisée à 6,5 milliards de dollars. L’équipe de io doit rejoindre OpenAI pour travailler sur de futurs appareils centrés sur l’intelligence artificielle.
Quel appareil OpenAI et Jony Ive préparent-ils ?
Au 23 mai 2025, OpenAI n’a dévoilé ni le nom, ni l’apparence, ni les fonctions précises du premier appareil. L’entreprise évoque une nouvelle famille de produits, sans confirmer qu’il s’agira de lunettes, d’un appareil sans écran, d’un boîtier compagnon ou d’un produit destiné à remplacer le smartphone.
Quand sortira le produit conçu par OpenAI et Jony Ive ?
OpenAI a indiqué vouloir partager son travail en 2026. Cette formulation ne correspond pas à une date ferme de commercialisation. Le groupe n’a annoncé ni présentation officielle, ni prix, ni marché de lancement. Il faudra donc distinguer une éventuelle démonstration en 2026 d’une disponibilité réelle pour le grand public.
Jony Ive travaille-t-il désormais chez OpenAI ?
Jony Ive collabore étroitement avec OpenAI et doit prendre, avec LoveFrom, des responsabilités créatives et de design auprès d’OpenAI et de io. Son collectif LoveFrom doit toutefois rester indépendant. L’accord permet ainsi à OpenAI de s’appuyer sur son expertise sans absorber entièrement son studio de création.
Le futur appareil d’OpenAI peut-il remplacer un smartphone ?
Rien ne permet de l’affirmer. Les smartphones réunissent déjà écran, appareil photo, connexion, applications et services personnels. Pour les remplacer ou les compléter durablement, un nouvel objet devra offrir un usage nettement plus simple ou plus utile. OpenAI n’a pas encore expliqué comment son futur produit se positionnera face au téléphone et à l’ordinateur.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- OpenAI, annonce du partenariat avec Jony Ive et de l’acquisition de io, 21 mai 2025openai.com/index/openai-and-jony-ive-agree-to-partnership
- LoveFrom, site officiel du collectif créatif fondé par Jony Ivewww.lovefrom.com
- Google I/O 2025, site officiel de la conférenceio.google/2025



