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Uncanny Valley : Natasha Lyonne prépare un film de SF avec l’IA générative

Natasha Lyonne va réaliser et jouer dans Uncanny Valley, un film de science-fiction développé avec des éléments visuels créés par IA générative. Coécrit avec Brit Marling et élaboré avec le pionnier de la réalité virtuelle Jaron Lanier, le projet mise sur un modèle entraîné à partir de contenus sous licence.

Une adolescente équipée d’un casque de réalité virtuelle face à un univers numérique qui envahit une pièce.
Illustration : Actu.ai

Un film de science-fiction qui interroge les mondes virtuels en s’appuyant lui-même sur l’intelligence artificielle générative : c’est le pari d’Uncanny Valley, le nouveau projet de Natasha Lyonne. L’actrice de Poker Face doit à la fois réaliser et jouer dans ce long métrage, développé avec la société Asteria. L’annonce est notable, moins parce qu’elle promet un film « fait par une IA » que parce qu’elle place la question des droits des créateurs au cœur de son dispositif.

Au 29 avril 2025, le projet reste à un stade précoce et de nombreux paramètres, du calendrier de production au mode de diffusion, ne sont pas publics. Mais les principaux noms créatifs sont connus : Natasha Lyonne coécrit le scénario avec Brit Marling, qui doit aussi partager l’affiche, et travaille avec Jaron Lanier, figure pionnière de la réalité virtuelle. Leur ambition est de construire un récit de science-fiction en utilisant des éléments générés par IA, tout en revendiquant un approvisionnement en données sous licence.

Natasha Lyonne passe derrière la caméra pour un projet de science-fiction

Avec Uncanny Valley, Natasha Lyonne ajoute une nouvelle fonction à son parcours : elle assurera la réalisation du film en plus de son rôle à l’écran. Le titre associe une actrice identifiée pour des personnages à la présence très singulière à un sujet directement lié aux mutations technologiques qui traversent le cinéma.

Le scénario est signé avec Brit Marling, actrice, scénariste et réalisatrice dont le travail explore régulièrement des récits spéculatifs et des réalités déstabilisées. Marling doit également apparaître dans le film. Le troisième nom central est Jaron Lanier, souvent décrit comme l’un des pionniers de la réalité virtuelle. Sa participation donne au projet une résonance particulière : le film raconte précisément l’irruption d’un univers numérique immersif dans la vie d’une adolescente.

Cette réunion ne signifie pas que la technologie remplace l’écriture ou la mise en scène. Elle dessine plutôt un projet où le scénario, le jeu et la réalisation restent portés par des artistes, tandis que l’IA générative est envisagée comme un outil de fabrication d’éléments visuels. C’est une nuance importante dans une industrie où l’expression « film créé avec l’IA » peut recouvrir des réalités très différentes.

Natasha Lyonne a décrit son travail avec Brit Marling et Jaron Lanier comme une expérience « endlessly inspiring », soit une source d’inspiration sans fin. À ce stade, aucune indication détaillée n’a été donnée sur la forme précise des séquences qui recourront à l’IA.

De quoi parle Uncanny Valley ?

Le récit d’Uncanny Valley suit une adolescente dont la vie est bouleversée par un jeu de réalité virtuelle populaire. Le synopsis annoncé s’arrête là, mais son point de départ ouvre un terrain familier de la science-fiction : que devient la vie quotidienne lorsque l’expérience numérique gagne en intensité, en séduction et en influence ?

La réalité virtuelle désigne une expérience informatique immersive, généralement vécue au moyen d’un casque ou d’interfaces permettant à l’utilisateur d’évoluer dans un environnement simulé. Elle se distingue de la réalité augmentée, qui superpose des informations ou des objets numériques au monde réel. Pour Uncanny Valley, le cadre communiqué est bien celui d’un jeu de réalité virtuelle.

Le titre renvoie aussi à une idée connue dans les domaines de la robotique, de l’animation et de l’image de synthèse. La « vallée de l’étrange » désigne le malaise que peut produire une représentation presque humaine, mais pas tout à fait convaincante. Il ne permet pas, à lui seul, de deviner l’intrigue du film. En revanche, il s’accorde avec un récit susceptible d’explorer les frontières troubles entre expérience réelle, personnage simulé et présence numérique.

Ce qui est annoncéCe qui reste inconnu au 29 avril 2025
Un long métrage de science-fiction intitulé Uncanny ValleyLa date de début de production
Natasha Lyonne à la réalisation et à l’afficheLa date de sortie
Un scénario coécrit par Natasha Lyonne et Brit MarlingLe distributeur et le pays de diffusion
Brit Marling à l’écran et Jaron Lanier associé au projetL’ampleur exacte des séquences créées avec l’IA
Des éléments visuels générés avec l’appui de l’IAUne sortie en salles, en streaming ou les deux

Asteria et Marey, le choix revendiqué de données sous licence

Le projet est développé par Asteria, société de production cofondée par Natasha Lyonne et Bryn Mooser. Son positionnement repose sur l’idée d’un usage plus responsable de l’IA dans la création audiovisuelle. Pour Uncanny Valley, Asteria prévoit de s’appuyer sur Marey, un modèle d’intelligence artificielle présenté comme entraîné exclusivement à partir de contenus sous licence.

Cette précision est au cœur de l’annonce. Les systèmes d’IA générative apprennent des régularités à partir de vastes ensembles de données, par exemple des images ou des vidéos. Ils peuvent ensuite produire de nouveaux contenus à partir d’instructions. Or, l’origine des matériaux utilisés à l’entraînement est devenue l’un des sujets les plus contestés du secteur culturel : artistes, auteurs, photographes, musiciens et studios cherchent à savoir si leurs œuvres ont été utilisées, avec quelle autorisation et selon quelle rémunération.

Selon l’approche mise en avant par Asteria, Marey s’appuie sur des matériaux pour lesquels des licences ont été obtenues, afin que les créateurs d’origine soient rémunérés. L’objectif affiché est de proposer aux équipes de cinéma un outil dont la provenance des données serait plus claire que celle de certains modèles généralistes.

Il faut néanmoins distinguer le principe annoncé de ses applications concrètes. L’IA générative peut servir, selon les productions, à imaginer des pistes visuelles, préparer des maquettes, créer des arrière-plans ou produire certaines images. Pour Uncanny Valley, les responsables du projet confirment l’utilisation d’éléments générés par IA, mais n’ont pas précisé quels plans, quelles séquences ou quelles étapes de fabrication seront concernés.

Deux approches de l’IA générative pour la création audiovisuelle

Approche revendiquée par Asteria

  • Marey est présenté comme entraîné sur des contenus sous licence.
  • La rémunération des créateurs d’origine fait partie du principe affiché.
  • L’IA doit générer certains éléments visuels du film.
  • La réalisation, l’écriture et l’interprétation restent attribuées à des humains.

Craintes souvent exprimées dans le secteur

  • La provenance des données d’entraînement peut être difficile à vérifier.
  • Des œuvres peuvent être exploitées sans consentement clair de leurs auteurs.
  • Les artistes redoutent une pression sur leur rémunération et leurs emplois.
  • Les répliques numériques soulèvent des questions de contrôle de l’image des interprètes.

Pourquoi l’IA au cinéma reste un sujet sensible à Hollywood

L’annonce intervient alors qu’Hollywood débat vivement de la place de l’IA générative. La question ne se limite pas à l’efficacité ou au coût de production. Elle concerne les conditions dans lesquelles les œuvres existantes peuvent nourrir des modèles, le consentement des interprètes, la protection de leur image et le partage de la valeur créée.

Les grèves de 2023 à Hollywood ont notamment mis en lumière les inquiétudes des scénaristes et des comédiens face aux usages possibles de l’IA. Parmi les sujets discutés figuraient la protection du travail écrit, la possibilité de recourir à des répliques numériques d’interprètes et les conditions d’autorisation liées à ces usages. Même lorsqu’une technologie n’est utilisée que pour une partie du processus, elle peut donc soulever des questions très concrètes sur les contrats et les crédits.

Dans ce climat, plus de 400 artistes ont signé une lettre ouverte critiquant la position d’entreprises d’IA, parmi lesquelles OpenAI, sur les questions de droit d’auteur. Cette mobilisation reflète une préoccupation plus large : l’innovation ne peut pas être évaluée seulement à l’aune de la qualité des images produites. Elle doit aussi être jugée sur la manière dont elle traite les personnes et les œuvres qui ont rendu ces systèmes possibles.

C’est ce qui rend le choix d’Asteria significatif. Revendiquer un modèle entraîné sur des contenus sous licence ne résout pas automatiquement toutes les questions artistiques, juridiques ou économiques. Les licences peuvent avoir des périmètres, des durées et des modalités de rémunération différentes. Mais cette approche tente de répondre à l’une des critiques les plus récurrentes : l’opacité sur la provenance des données.

Un film « conçu avec l’IA » est-il réalisé par une IA ?

Non. La formule peut être trompeuse si elle laisse entendre qu’un logiciel écrit, dirige et finalise seul le film. Les informations disponibles indiquent que Natasha Lyonne réalisera Uncanny Valley et qu’elle en coécrit le scénario avec Brit Marling. Jaron Lanier est associé au projet, tandis qu’Asteria pilote son développement. L’IA intervient comme technologie de génération d’éléments visuels.

Dans le cinéma, une image générée ne fait pas disparaître les décisions artistiques. Il faut définir une intention, sélectionner un résultat, l’intégrer à un découpage, travailler le rythme, le son, le jeu des acteurs et le montage. La promesse d’un outil comme Marey porte donc moins sur l’automatisation totale de la création que sur l’ajout de possibilités dans une chaîne de fabrication qui demeure collective.

La vraie question sera de savoir si cette utilisation apporte quelque chose au récit. Pour un film centré sur la réalité virtuelle et les limites entre le réel et le simulé, le recours à des images générées peut avoir une cohérence thématique. Mais cette cohérence ne préjuge pas du résultat artistique : elle dépendra de la mise en scène et de la façon dont la technologie sera effectivement employée.

Quelle date de sortie pour Uncanny Valley ?

Aucune date de production ou de sortie n’a été annoncée au 29 avril 2025. Le projet n’a pas non plus confirmé s’il serait destiné en priorité aux salles de cinéma, à une plateforme de streaming ou à une diffusion combinant plusieurs modes d’exploitation.

Cette absence de calendrier invite à la prudence. Elle ne permet ni d’anticiper une fenêtre de sortie, ni de connaître l’ampleur du budget, ni d’établir la liste complète des collaborateurs. Elle rappelle surtout qu’entre l’annonce créative d’un film et sa disponibilité pour le public, plusieurs étapes restent à franchir : préparation, financement, fabrication, postproduction et distribution.

Ce qu’il faudra surveiller avant la sortie

Les prochaines informations sur Uncanny Valley seront scrutées à deux titres. Sur le plan cinématographique, le public cherchera à comprendre comment Natasha Lyonne, Brit Marling et Jaron Lanier traduiront à l’écran leur réflexion sur les univers virtuels. Le synopsis pose une question de science-fiction classique, mais la présence d’outils génératifs pourrait donner à son univers visuel une place particulière.

Sur le plan industriel, le film sera un test pour le modèle défendu par Asteria. Les éléments les plus importants à connaître seront la nature des contenus générés, les conditions de licence associées aux données d’entraînement, la place des artistes dans la fabrication et la transparence offerte au public comme aux professionnels.

Uncanny Valley ne tranchera pas à lui seul le débat sur l’IA à Hollywood. Il pourrait en revanche illustrer une voie que l’industrie cherche encore à définir : utiliser de nouveaux outils de création sans effacer l’auteur, l’interprète, ni les droits attachés aux œuvres qui alimentent ces technologies.

Questions fréquentes

De quoi parle le film Uncanny Valley de Natasha Lyonne ?

Uncanny Valley est un film de science-fiction centré sur une adolescente dont la vie est bouleversée par un jeu de réalité virtuelle populaire. Le synopsis diffusé au 29 avril 2025 ne révèle pas davantage l’intrigue, ni le rôle exact de Natasha Lyonne ou de Brit Marling dans cette histoire.

Natasha Lyonne réalise-t-elle vraiment Uncanny Valley ?

Oui. Natasha Lyonne est annoncée comme réalisatrice et interprète du film. Elle coécrit également le scénario avec Brit Marling, qui doit partager l’affiche avec elle. Jaron Lanier, pionnier de la réalité virtuelle, est aussi associé au projet développé par la société de production Asteria.

Comment l’intelligence artificielle sera-t-elle utilisée dans Uncanny Valley ?

Le projet prévoit d’employer l’IA générative pour créer certains éléments visuels. Les détails opérationnels ne sont pas publics : on ignore quelles séquences ou quels plans seront concernés. Le film n’est pas présenté comme étant entièrement créé par IA, mais comme une œuvre réalisée par Natasha Lyonne avec l’appui de cet outil.

Pourquoi le modèle Marey est-il au cœur du projet ?

Asteria prévoit d’utiliser Marey, un modèle présenté comme entraîné exclusivement sur des contenus sous licence. Cette caractéristique vise à répondre aux inquiétudes sur le droit d’auteur et la rémunération des créateurs, dans un secteur où l’origine des données utilisées par certains modèles d’IA suscite de vifs débats.

Quand sortira Uncanny Valley au cinéma ou en streaming ?

Au 29 avril 2025, aucune date de tournage ou de sortie n’a été communiquée. Le projet n’a pas davantage annoncé s’il sera distribué en salles, sur une plateforme de streaming ou selon un modèle mixte. Il est donc trop tôt pour connaître sa disponibilité pour le public.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Variety, annonce du projet Uncanny Valley avec Natasha Lyonnevariety.com
  2. Asteria, société de production cofondée par Natasha Lyonnewww.asteria.film
  3. Moonvalley, présentation de ses outils d’IA générative, dont Mareywww.moonvalley.ai