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Apple et Gemini : pourquoi les discussions sur Siri font grimper Alphabet en bourse

Un rapport évoquant l’utilisation des modèles Gemini pour moderniser Siri a fait progresser de plus de 3 % l’action d’Alphabet. Apple chercherait un modèle sur mesure pour son assistant, potentiellement disponible en 2026, tandis que ses accords historiques avec Google sont examinés dans un contexte antitrust délicat.

Un smartphone avec assistant vocal relié à des contenus photo, vidéo, texte et audio illustrant une IA multimodale.
Illustration : Actu.ai

Un possible rapprochement entre deux concurrents historiques suffit à déplacer les marchés. Le 22 août 2025, l’action d’Alphabet, maison mère de Google, a gagné plus de 3 % en une séance après un rapport indiquant qu’Apple étudierait l’emploi des modèles d’intelligence artificielle Gemini afin de renouveler Siri. L’enjeu dépasse l’assistant vocal de l’iPhone : il touche à la capacité d’Apple à rattraper son retard perçu dans l’IA générative, et à la place que Google entend occuper dans les produits de ses rivaux.

Il convient toutefois de distinguer les faits établis des hypothèses de marché. Le projet décrit est celui de discussions autour d’un modèle Gemini sur mesure pour un futur Siri. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une fonction déjà proposée aux utilisateurs. Une disponibilité est évoquée pour 2026, sous réserve que ces échanges débouchent sur un accord et sur un produit finalisé.

Une hausse de plus de 3 % qui mesure les attentes des investisseurs

La réaction de Wall Street traduit l’intérêt des investisseurs pour une éventuelle extension de Gemini au vaste écosystème Apple. Alphabet est déjà un acteur majeur de la recherche en ligne et de l’IA, mais voir ses modèles retenus pour l’assistant d’Apple constituerait une validation commerciale particulièrement visible.

Pour Google, un tel accord pourrait créer un débouché supplémentaire pour ses modèles, au-delà de ses propres services et appareils. Pour Apple, il offrirait un moyen d’accéder à des capacités de langage et d’analyse multimodale développées sur plusieurs années, sans devoir attendre que tous les composants nécessaires soient disponibles en interne.

La progression boursière n’est pas la preuve qu’un contrat est signé ni qu’un nouveau Siri est imminent. Elle reflète plutôt l’anticipation de revenus potentiels, de visibilité accrue pour Gemini et d’un partenariat susceptible de rebattre les cartes entre les grands groupes technologiques.

ÉlémentCe qui est évoqué au 22 août 2025Ce que cela ne permet pas d’affirmer
Collaboration Apple-GoogleDes discussions sur un modèle Gemini adapté à SiriQu’un accord définitif a été conclu
Calendrier produitUn lancement potentiel du nouvel assistant en 2026Qu’une date de sortie est arrêtée
Réaction du marchéL’action Alphabet a progressé de plus de 3 % en une journéeQue le projet sera nécessairement rentable ou déployé
Accords de rechercheGoogle verse des milliards de dollars par an pour ces accordsQue leur maintien est garanti par la justice américaine

Pourquoi Apple chercherait un modèle Gemini pour Siri

Siri est l’un des assistants vocaux les plus connus du grand public, mais l’essor des assistants conversationnels a changé les attentes. Les utilisateurs ne demandent plus seulement d’exécuter une action simple, comme programmer une alarme ou envoyer un message. Ils attendent d’un assistant qu’il comprenne une requête formulée naturellement, conserve le fil d’un échange et traite plusieurs types de contenus.

C’est précisément le terrain des grands modèles de langage. Ces systèmes apprennent à produire et à interpréter du texte à partir de très grands volumes de données. Lorsqu’ils sont multimodaux, ils peuvent également recevoir, selon leurs capacités, de la voix, une image, une photo ou une vidéo. La promesse est de pouvoir raisonner sur une demande plus riche : commenter un document, résumer une séquence vidéo ou répondre à une question qui combine une instruction orale et une image.

Gemini est présenté comme un modèle capable de gérer du texte, des photos, des vidéos et de la voix, ainsi que de résumer des vidéos. Cette diversité d’entrées est un avantage potentiel face aux fonctions traditionnelles d’un assistant vocal. Elle ne garantit pas à elle seule une expérience parfaite : la pertinence des réponses, la vitesse, la protection des données et l’intégration aux applications sont tout aussi déterminantes.

Apple a déjà fait savoir, par la voix de Craig Federighi, responsable de ses systèmes d’exploitation, que sa plateforme Apple Intelligence pourrait accueillir des modèles d’IA spécialisés. Dans ce cadre, un Gemini personnalisé pourrait servir de moteur à certaines requêtes complexes, tout en laissant à Apple la maîtrise de l’interface et de l’expérience proposée à ses clients.

Siri actuel et intégration potentielle de Gemini

Siri et Apple Intelligence aujourd’hui

  • Apple veut enrichir sa plateforme avec des modèles d’IA spécialisés.
  • Siri doit répondre à des attentes croissantes en matière de conversation et de compréhension du contexte.
  • La stratégie d’Apple dans l’IA générative reste en cours de définition.
  • L’expérience utilisateur dépend des fonctions qu’Apple choisit d’intégrer à ses systèmes.

Le scénario Gemini évoqué

  • Google fournirait un modèle Gemini conçu sur mesure pour un futur Siri.
  • Le modèle pourrait traiter du texte, de la voix, des photos et des vidéos.
  • Il pourrait apporter des capacités de résumé et des échanges plus naturels.
  • Un lancement potentiel est évoqué pour 2026, sans confirmation de déploiement effectif.

Siri et Gemini : ce que changerait réellement cette association

L’intérêt d’Apple pour Gemini ne signifie pas que Siri deviendrait une copie de l’assistant de Google. Le scénario évoqué repose au contraire sur un modèle conçu pour les besoins d’un nouvel assistant Siri. Dans l’IA générative, le modèle est une brique essentielle, mais il n’est pas le produit complet. La manière dont il est sollicité, les outils auxquels il accède, les limites qui lui sont imposées et son intégration au système façonnent l’expérience finale.

Pour Apple, choisir un partenaire externe pourrait répondre à une difficulté stratégique : l’entreprise cherche encore à établir une identité claire dans un secteur où Google, OpenAI et Anthropic ont pris une place très visible. Les performances de Gemini dans les évaluations de modèles ont contribué à le placer parmi les solutions les plus surveillées du marché. Ces benchmarks sont utiles pour comparer certaines compétences, mais ils ne résument pas l’usage quotidien d’un assistant, qui dépend aussi de la compréhension du contexte et de la fiabilité des réponses.

Pour Google, fournir Gemini à Apple représenterait une reconnaissance de ses progrès dans l’IA conversationnelle. Le groupe y gagnerait potentiellement une présence indirecte auprès d’utilisateurs d’iPhone, même si l’interface restait celle de Siri. Cette position serait stratégique à l’heure où les assistants deviennent une nouvelle porte d’entrée vers l’information, les services et les applications.

Un partenariat qui s’inscrit dans la bataille des modèles d’IA

Apple ne semble pas vouloir dépendre d’un seul fournisseur. Les informations disponibles indiquent que l’entreprise explore aussi des partenariats avec OpenAI et Anthropic. Cette pluralité d’options est cohérente avec un marché où les modèles progressent rapidement et possèdent des atouts différents : certains sont particulièrement performants dans la conversation, d’autres dans le code, le raisonnement, l’analyse de documents ou les interactions multimodales.

Une stratégie à plusieurs partenaires permettrait à Apple de sélectionner un modèle en fonction de l’usage recherché. Elle peut aussi renforcer son pouvoir de négociation et éviter qu’une fonction centrale de ses appareils ne repose entièrement sur une technologie extérieure unique. En revanche, elle complique l’intégration : les réponses doivent rester cohérentes pour l’utilisateur, quel que soit le modèle sollicité en arrière-plan.

Cette situation illustre une transformation plus large de l’industrie. Pendant des années, la valeur des smartphones s’est jouée sur le matériel, le système d’exploitation, les applications et les services. Désormais, les modèles d’IA deviennent à leur tour une infrastructure stratégique. Ils peuvent alimenter des assistants, des outils de recherche, des fonctions de création ou de résumé, et influencer la façon dont les utilisateurs accèdent au numérique.

Les accords de recherche entre Google et Apple sous pression

L’éventuelle coopération sur Gemini intervient alors que la relation entre Apple et Google est déjà étroitement liée à la recherche en ligne. Google a conclu des accords pour être présent de manière privilégiée dans les appareils Apple et Samsung. Ces arrangements représentent pour Google des milliards de dollars par an.

Or, ces accords sont examinés dans le cadre des procédures américaines portant sur les pratiques de concurrence de Google dans la recherche. Un juge américain doit se prononcer sur les conséquences des accusations de monopole. Parmi les questions en jeu figure la viabilité des mécanismes qui assurent à Google une position privilégiée sur certains appareils et navigateurs.

Il faut séparer ce dossier d’un éventuel usage de Gemini par Siri. Le premier concerne la distribution et le statut du moteur de recherche. Le second porterait sur l’emploi d’un modèle d’IA dans un assistant. Les deux sujets peuvent néanmoins se croiser économiquement : ils impliquent les mêmes entreprises, l’accès aux utilisateurs et le contrôle des points d’entrée vers l’information.

Des documents rendus publics au cours des procédures judiciaires ont par ailleurs montré que des échanges avaient déjà eu lieu entre dirigeants d’Apple et de Google au sujet de Gemini comme option de recherche. Cela éclaire la profondeur des discussions possibles entre les deux groupes, sans pour autant révéler les termes d’un éventuel accord pour Siri.

Ce qu’il faut surveiller d’ici à 2026

Trois éléments permettront de mesurer si cette piste devient une véritable évolution de Siri. Le premier sera la confirmation d’un accord et l’identité du ou des modèles finalement retenus. Apple peut encore privilégier Gemini, répartir les usages entre plusieurs partenaires ou modifier son approche.

Le deuxième sera le périmètre exact des fonctions. Un assistant capable de résumer une vidéo, de comprendre une image et de mener un échange suivi ne transforme l’usage quotidien que s’il répond de façon fiable, rapide et compréhensible. Les démonstrations de modèles ne suffisent pas : l’intégration aux appareils et aux services compte tout autant.

Enfin, la décision américaine sur les accords de recherche devra être suivie de près. Elle peut influer sur la relation financière et stratégique entre Apple et Google, au moment même où les deux entreprises envisagent de renforcer leur coopération dans l’IA. Pour les investisseurs comme pour les utilisateurs, l’enjeu est clair : la prochaine génération d’assistants pourrait devenir un nouveau terrain de compétition, mais aussi d’interdépendance, entre les géants de la tech.

Questions fréquentes

Apple a-t-il officiellement adopté Gemini pour Siri ?

Au 22 août 2025, les informations disponibles font état de discussions entre Apple et Google autour d’un modèle Gemini sur mesure pour Siri. Un lancement potentiel est évoqué pour 2026, mais cela ne signifie pas qu’une fonction Gemini est déjà intégrée ou proposée aux utilisateurs d’Apple.

Pourquoi l’action Alphabet a-t-elle gagné plus de 3 % ?

Les investisseurs ont réagi à la perspective que Google puisse fournir sa technologie Gemini à Apple pour moderniser Siri. Un tel accord donnerait à Gemini une vitrine considérable et pourrait renforcer la position de Google dans l’IA. Cette hausse reflète néanmoins une anticipation du marché, pas la confirmation d’un contrat final.

Quelles fonctions de Gemini pourraient améliorer Siri ?

Gemini est notamment capable de traiter plusieurs formats d’entrée, dont le texte, la voix, les photos et les vidéos. Le modèle peut aussi résumer des vidéos et mener des interactions conversationnelles. Si Apple l’intégrait à Siri, ces capacités pourraient enrichir certaines requêtes complexes, selon les fonctions finalement retenues.

Un accord Gemini pour Siri remplacerait-il Google comme moteur de recherche sur iPhone ?

Pas nécessairement. Les discussions sur Gemini concerneraient un modèle d’IA pour l’assistant Siri, alors que les accords historiques entre Google et Apple portent sur la recherche en ligne. Les deux sujets sont économiquement liés, mais ils relèvent de services distincts et peuvent être affectés différemment par les procédures antitrust américaines.

Quels autres partenaires d’IA Apple envisage-t-il ?

Apple explorerait également des partenariats avec OpenAI et Anthropic. Cette approche lui permettrait de comparer plusieurs technologies et, potentiellement, de sélectionner différents modèles selon les usages. Elle souligne surtout la volonté d’Apple de renforcer sa feuille de route dans l’intelligence artificielle sans se limiter à un seul acteur.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Alphabet, relations investisseurs et informations financièresabc.xyz/investor
  2. Apple Newsroom, présentation d’Apple Intelligencewww.apple.com/newsroom/2024/06/introducing-apple-intelligence-for-iphone-ipad-and-mac
  3. Google DeepMind, informations sur les modèles Geminideepmind.google/models/gemini
  4. Département de la Justice des États-Unis, informations sur les dossiers antitrustwww.justice.gov/atr