Apple étudie Perplexity, une acquisition à 14 milliards pour accélérer dans l’IA
Apple examinerait le rachat de Perplexity, le moteur de recherche propulsé par l’IA, selon Bloomberg. Valorisé à 14 milliards de dollars, l’opération pourrait transformer la stratégie du groupe dans Siri et Safari, alors que la concurrence s’intensifie et que son accord de recherche avec Google est fragilisé par l’antitrust.

Apple chercherait-il une voie plus rapide pour rattraper son retard perçu dans l’intelligence artificielle générative ? Selon un rapport de Bloomberg, les dirigeants du groupe étudient la possibilité d’acquérir Perplexity, jeune entreprise devenue l’un des visages les plus visibles de la recherche assistée par IA. L’hypothèse est majeure, tant par son coût potentiel que par ce qu’elle dit des priorités d’Apple : améliorer ses services de recherche, renforcer Siri et préparer un avenir où Google pourrait ne plus occuper la même place dans ses appareils.
À ce stade, il ne s’agit pas d’un accord annoncé. Les échanges décrits seraient préliminaires et pourraient n’aboutir à aucune offre. Mais l’intérêt prêté à Apple pour Perplexity souligne une réalité stratégique : dans la bataille des assistants et des moteurs de recherche, disposer d’une interface convaincante ne suffit pas. Il faut aussi réunir des modèles d’IA, des données récentes, une expérience produit soignée et une distribution à très grande échelle.
Ce qu’Apple étudierait avec Perplexity
Perplexity propose un moteur de recherche conversationnel. Plutôt que de livrer principalement une liste de liens, son service formule une réponse synthétique à la demande de l’utilisateur et affiche les sources sur lesquelles cette réponse s’appuie. L’idée est de combiner la recherche sur le Web et l’aisance d’un assistant conversationnel.
Pour Apple, une telle technologie pourrait présenter un intérêt sur plusieurs fronts. Elle apporterait un produit déjà identifié par le public comme un outil de recherche par IA, avec une expérience susceptible d’être adaptée à Safari, au système d’exploitation et, potentiellement, à Siri. Elle donnerait aussi au groupe une option stratégique dans un marché dominé par les grands acteurs de l’IA, notamment OpenAI et Microsoft.
Les discussions internes évoquées par Bloomberg porteraient autant sur une acquisition que sur d’autres formes de relation commerciale. Cette distinction est essentielle. Racheter Perplexity donnerait à Apple le contrôle de l’entreprise, de ses équipes et de sa feuille de route. Un partenariat permettrait, lui, d’intégrer certaines fonctionnalités plus vite, sans absorber l’ensemble de l’activité ni prendre le risque financier et réglementaire d’une très grande acquisition.
| Repère | Ce qui est évoqué au 21 juin 2025 | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Valorisation de Perplexity | 14 milliards de dollars | Elle place toute acquisition potentielle dans une tout autre catégorie que les rachats habituels d’Apple. |
| Acquisition de Beats par Apple | 3 milliards de dollars en 2014 | Jusqu’ici, Beats constituait la plus grande acquisition connue d’Apple. |
| Paiement associé au moteur Google par défaut | 20 milliards de dollars | Cette relation commerciale est fragilisée par le contexte antitrust américain. |
| Horizon d’intégration évoqué | 2026 | Les évolutions de Safari et Siri dépendraient d’un éventuel accord et de son calendrier. |
Pourquoi l’opération serait hors norme pour Apple
Si Apple rachetait Perplexity autour de sa valorisation de 14 milliards de dollars, l’opération dépasserait largement les 3 milliards de dollars versés pour Beats en 2014. Cette acquisition avait permis à Apple de consolider son offre musicale, notamment autour d’Apple Music. Le contraste illustre l’ampleur du pari potentiel : Perplexity ne serait pas un achat ciblé destiné à enrichir une fonction précise, mais un investissement susceptible d’affecter plusieurs produits centraux.
Apple a historiquement privilégié de nombreux rachats de taille plus modeste, souvent centrés sur des technologies ou des équipes spécialisées. Une acquisition de cette ampleur poserait donc des questions concrètes : comment intégrer une entreprise opérant un service de recherche ouvert au Web dans un écosystème réputé très contrôlé ? Comment préserver la simplicité et la confidentialité mises en avant par Apple ? Et comment gérer les coûts considérables liés à la recherche en ligne et aux réponses générées par IA ?
Le modèle de Perplexity ne se réduit pas à une simple fenêtre de discussion. Pour répondre à une question d’actualité ou à une demande complexe, un moteur de recherche par IA doit retrouver des informations, les sélectionner, les synthétiser puis les restituer clairement. Chaque étape soulève des défis de qualité. Une réponse peut être convaincante tout en comportant une erreur, mal interpréter une source ou omettre une nuance importante. L’affichage de références aide l’utilisateur à vérifier, mais ne dispense pas d’un contrôle critique.
Pour Apple, qui place la confiance et la protection des données au centre de son discours produit, la fiabilité d’un tel système serait déterminante. Une intégration à Siri ou Safari impliquerait de trouver le bon équilibre entre des réponses immédiates et la possibilité pour l’utilisateur de consulter directement les pages d’origine.
Siri et Safari, les deux produits au cœur de la réflexion
L’intérêt potentiel d’Apple pour Perplexity intervient dans un contexte délicat pour Siri. Un recours déposé par un actionnaire d’Apple a mis en avant les retards et les limites perçues autour des nouvelles fonctions annoncées pour l’assistant. Cette procédure ne tranche pas la qualité réelle des produits, mais elle reflète les attentes très élevées suscitées par l’IA générative et les conséquences financières que peuvent avoir des annonces jugées trop ambitieuses.
Siri bénéficie d’une présence incomparable sur les appareils Apple, mais l’essor des assistants conversationnels a changé les critères d’évaluation. Les utilisateurs ne comparent plus seulement la capacité d’un assistant à lancer un minuteur, rédiger un message ou contrôler un appareil connecté. Ils attendent aussi qu’il explique, résume, raisonne sur une demande et, lorsque c’est nécessaire, retrouve une information récente sur le Web.
Perplexity pourrait répondre plus directement à cette dernière attente. Dans Safari, son approche pourrait servir à proposer des réponses de recherche enrichies. Dans Siri, elle pourrait contribuer à rendre certaines requêtes plus informatives et mieux sourcées. Le rapport évoque des ajouts pouvant être livrés en 2026, mais ce calendrier reste conditionné à l’issue des discussions et aux choix techniques d’Apple.
Il ne faut pas en déduire qu’un seul rachat résoudrait tous les défis d’Apple en IA. Un assistant intégré à un téléphone doit fonctionner de façon cohérente avec les applications, les réglages, les données personnelles et les demandes du quotidien. La recherche Web n’est qu’une pièce de cet ensemble. Elle est néanmoins devenue une pièce stratégique, car elle relie l’utilisateur à une information qui évolue continuellement.
Racheter Perplexity ou conclure un partenariat : deux options pour Apple
Acquisition
- Apple contrôlerait la technologie, les équipes et la feuille de route de Perplexity.
- L’opération pourrait atteindre environ 14 milliards de dollars, selon la valorisation évoquée.
- Perplexity deviendrait une brique potentiellement centrale de Siri et Safari.
- L’intégration serait plus profonde, mais aussi plus complexe sur les plans financier et réglementaire.
Partenariat
- Apple pourrait intégrer certaines fonctions sans acheter l’entreprise.
- Le déploiement dans Safari ou Siri pourrait être ciblé et progressif.
- Cette solution limiterait l’investissement initial et préserverait davantage de souplesse.
- Apple dépendrait toutefois d’un partenaire externe pour une fonction stratégique de recherche par IA.
Un partenariat plutôt qu’un rachat reste possible
Le rachat n’est pas la seule issue envisagée. Si Perplexity ne souhaitait pas être acquise, ou si Apple décidait qu’une opération complète est trop coûteuse ou complexe, les deux entreprises pourraient nouer un partenariat. Cette option paraît d’autant plus crédible qu’Eddy Cue, responsable des services chez Apple, a reconnu lors du procès antitrust de Google que le groupe était en discussion avec Perplexity.
Cette déclaration est importante, mais elle doit être lue avec prudence. Être en pourparlers avec une entreprise ne signifie pas qu’un contrat est signé, encore moins qu’une acquisition est engagée. Les grands groupes discutent régulièrement avec des startups pour évaluer une technologie, négocier un accès à un service ou explorer un accord de distribution.
Craig Federighi, vice-président senior de l’ingénierie logicielle, a également indiqué que des collaborations étaient envisagées. Pour Apple, une stratégie de partenariats pourrait permettre de tester différentes briques technologiques tout en gardant la maîtrise de l’expérience utilisateur. Elle donnerait aussi davantage de souplesse dans un domaine où les modèles, les produits et les usages progressent à grande vitesse.
Une intégration limitée à Safari serait ainsi très différente d’un déploiement profond dans Siri. Dans le premier cas, Perplexity pourrait enrichir une recherche avec des réponses synthétiques. Dans le second, il faudrait traiter des questions beaucoup plus sensibles : accès éventuel au contexte personnel, niveau d’autonomie de l’assistant, transparence sur l’origine des réponses et comportement en cas d’incertitude.
Le poids du contrat avec Google et de l’antitrust
La réflexion d’Apple ne peut pas être séparée de sa relation avec Google. Google verse à Apple une rémunération de 20 milliards de dollars pour rester le moteur de recherche proposé par défaut sur ses appareils. Cet arrangement est particulièrement lucratif pour Apple et procure à Google une place essentielle sur l’iPhone, l’iPad et le Mac.
Or, le procès antitrust visant Google aux États-Unis remet cette relation sous pression. Les autorités examinent notamment les accords qui assurent à Google le statut de moteur par défaut. Si les mesures prises à l’issue de cette affaire modifiaient ou empêchaient cet accord, Apple pourrait voir disparaître une source de revenus considérable et devrait repenser l’accès à la recherche dans son écosystème.
C’est dans ce cadre que Perplexity prend une dimension qui dépasse la seule course à l’IA. Disposer d’un partenaire, ou d’une technologie interne, dans la recherche conversationnelle permettrait à Apple de préparer plusieurs scénarios. Le groupe ne deviendrait pas automatiquement un concurrent direct de Google sur tous les segments de la recherche, mais il réduirait sa dépendance à un modèle unique.
Ce qu’il faut surveiller
Le premier point à suivre est la nature exacte d’un éventuel accord. Une acquisition à 14 milliards de dollars marquerait un changement notable dans la politique de rachats d’Apple. Un partenariat commercial, plus facile à mettre en œuvre, serait moins spectaculaire mais pourrait avoir des conséquences visibles pour les utilisateurs de Safari et de Siri dès lors qu’il se traduirait par des fonctions concrètes.
Le deuxième enjeu est celui du calendrier. L’horizon de 2026 évoqué pour de possibles améliorations ne vaut pas engagement. Entre des discussions préliminaires, une négociation, une intégration technique et le déploiement auprès de centaines de millions d’appareils, les étapes sont nombreuses. Apple devra aussi démontrer que ses fonctions répondent à des exigences élevées de qualité, de confidentialité et de clarté.
Enfin, le dossier Google reste déterminant. Le devenir de l’accord sur le moteur par défaut influencera l’urgence avec laquelle Apple cherchera des alternatives. Dans un marché où la recherche traditionnelle et les assistants conversationnels convergent, Perplexity pourrait représenter pour Apple à la fois une technologie, un partenaire potentiel et une assurance stratégique. Mais au 21 juin 2025, la seule certitude est que les discussions rapportées restent ouvertes, et que leur issue demeure incertaine.
Questions fréquentes
Apple a-t-il officiellement annoncé le rachat de Perplexity ?
Non. Au 21 juin 2025, aucune acquisition n’a été annoncée par Apple ou Perplexity. Bloomberg rapporte des discussions préliminaires au sein d’Apple autour d’une possible offre. Ces réflexions peuvent déboucher sur un rachat, un partenariat plus limité ou ne produire aucun accord.
Pourquoi Apple s’intéresse-t-il à Perplexity ?
Perplexity est connu pour son moteur de recherche conversationnel, qui fournit des réponses synthétiques et cite des sources. Apple pourrait s’appuyer sur cette approche pour enrichir Safari et améliorer les réponses de Siri, tout en renforçant sa position dans l’IA générative face aux grands acteurs du secteur.
Combien coûterait le rachat de Perplexity par Apple ?
Perplexity est valorisée à environ 14 milliards de dollars. Ce chiffre ne correspond pas nécessairement au prix qu’Apple paierait lors d’une éventuelle acquisition, mais il donne un ordre de grandeur. À ce niveau, l’opération dépasserait les 3 milliards de dollars versés par Apple pour Beats en 2014.
Perplexity pourrait-il être intégré à Siri ou Safari ?
C’est l’une des pistes évoquées. La technologie de Perplexity pourrait améliorer les résultats de recherche dans Safari et apporter à Siri des réponses plus riches sur des informations issues du Web. Le rapport mentionne un horizon possible en 2026, sans calendrier officiel ni garantie d’intégration.
Quel lien entre Perplexity et l’accord entre Apple et Google ?
Google verse à Apple 20 milliards de dollars pour être le moteur de recherche proposé par défaut. Cet accord est fragilisé par la procédure antitrust visant Google aux États-Unis. Une solution de recherche par IA, développée avec Perplexity ou acquise, offrirait à Apple une option si cette relation devait évoluer.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Bloomberg, informations sur les discussions d’Apple autour de Perplexitywww.bloomberg.com/technology
- Apple Newsroom, présentation d’Apple Intelligencewww.apple.com/newsroom/2024/06/introducing-apple-intelligence-for-iphone-ipad-and-mac
- Département de la Justice des États-Unis, dossier antitrust contre Googlewww.justice.gov/atr/case/us-and-plaintiff-states-v-google-llc
- Perplexity, présentation du moteur de recherche assisté par IAwww.perplexity.ai



