Oracle dopé par l’IA, Larry Ellison aux portes du sommet des fortunes
Oracle a vu ses contrats liés notamment au cloud et à l’intelligence artificielle passer de 138 à 455 milliards de dollars entre juin et août 2025. La réaction spectaculaire de la Bourse propulse la valorisation du groupe et rapproche son cofondateur, Larry Ellison, d’Elon Musk dans le classement des plus grandes fortunes.

Oracle n’est plus seulement le grand nom des bases de données d’entreprise. En septembre 2025, la société américaine se retrouve au cœur de la bataille mondiale pour les infrastructures d’intelligence artificielle. L’ampleur des contrats annoncés, notamment dans le cloud, a déclenché une réaction rare à Wall Street et replacé Larry Ellison, cofondateur et figure historique du groupe, dans la course au titre symbolique d’homme le plus riche du monde.
Le phénomène se joue à deux niveaux. Il y a d’abord un carnet de contrats qui a bondi de 138 milliards à 455 milliards de dollars entre juin et août 2025. Il y a ensuite la lecture qu’en font les marchés financiers : après les résultats du premier trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026, l’action Oracle a progressé de 39 %. La hausse a ajouté 257 milliards de dollars à la valorisation de l’entreprise, désormais supérieure à 937 milliards de dollars.
Ces chiffres donnent la mesure de l’appétit des grandes organisations pour la puissance de calcul et les services capables de faire tourner l’IA à grande échelle. Ils rappellent aussi une réalité moins visible : dans cette nouvelle ruée technologique, ceux qui fournissent les centres de données, les puces, les réseaux et les logiciels d’entreprise peuvent capter une part considérable de la valeur.
Des contrats qui changent d’échelle pour Oracle
Le principal chiffre qui retient l’attention est celui de 455 milliards de dollars de contrats fermes, contre 138 milliards de dollars quelques semaines plus tôt, en juin. L’augmentation atteint donc 317 milliards de dollars. En valeur, ce montant est plus de trois fois supérieur au niveau communiqué précédemment.
Pour Oracle, la dynamique provient notamment de l’activité cloud et de la mise à disposition de capacités de calcul destinées à l’entraînement des modèles d’IA. Cette activité est devenue stratégique : les modèles génératifs ne peuvent pas être développés ou exploités à très grande échelle sur de simples serveurs classiques. Ils exigent d’immenses volumes de calcul, de stockage, de réseau et d’électricité, regroupés dans des centres de données spécialisés.
| Indicateur cité | Niveau de départ | Niveau atteint | Ce que cela indique |
|---|---|---|---|
| Contrats fermes d’Oracle | 138 milliards de dollars en juin 2025 | 455 milliards de dollars en août 2025 | Une demande anticipée très élevée pour les services du groupe |
| Cours de l’action Oracle après les résultats | Non précisé | +39 % | Une réévaluation brutale des perspectives de croissance par le marché |
| Valorisation boursière d’Oracle | Non précisée | Plus de 937 milliards de dollars | La valeur totale des actions Oracle a fortement progressé |
| Gain de valorisation attribué à la hausse | Non précisé | 257 milliards de dollars | L’ampleur financière de la réaction des investisseurs |
Le mot « contrats » est ici essentiel. Une commande ferme peut s’étaler sur plusieurs années et prévoir l’accès à des infrastructures ou à des services dont l’exécution sera progressive. Elle signale un revenu potentiel très important, mais ne signifie pas que la totalité des 455 milliards de dollars est déjà facturée, ni encaissée.
Pourquoi le cloud est devenu indispensable à l’intelligence artificielle
L’essor de l’IA générative est souvent raconté à travers les assistants conversationnels et les images créées à la demande. Pourtant, la partie la plus coûteuse et la plus déterminante se trouve en amont : l’infrastructure informatique.
Entraîner un grand modèle consiste à lui faire analyser d’énormes quantités de données afin d’ajuster ses paramètres. Cette opération mobilise des processeurs spécialisés et des milliers de serveurs travaillant en parallèle. Une fois le modèle entraîné, son utilisation quotidienne par des millions de personnes nécessite encore de la puissance de calcul pour produire des réponses, des textes, du code ou des images. C’est ce que les entreprises du cloud vendent : l’accès à ces ressources, à la demande ou par contrat.
Oracle s’appuie depuis longtemps sur sa présence dans les systèmes d’information des entreprises. Ses bases de données, ses logiciels de gestion et ses services cloud lui donnent une relation établie avec des clients qui doivent moderniser leurs infrastructures sans interrompre leurs activités. L’IA représente donc pour le groupe une opportunité de faire évoluer cette clientèle vers davantage de capacités de calcul et de services hébergés.
Cela ne signifie pas qu’Oracle devient nécessairement un créateur de modèles d’IA comparable aux laboratoires qui développent directement les assistants génératifs. Son rôle, dans le scénario qui se dessine, est surtout celui d’un fournisseur d’infrastructure : un acteur qui rend possible l’entraînement et le déploiement de systèmes d’IA par d’autres entreprises.
Une envolée boursière qui dépasse les résultats trimestriels
La hausse de 39 % de l’action Oracle après la publication des résultats du premier trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026 dépasse largement la réaction habituelle à un rapport financier. Les marchés n’ont pas seulement salué une performance récente : ils ont réévalué la capacité supposée d’Oracle à profiter durablement de la demande liée à l’IA.
L’ajout de 257 milliards de dollars à la valorisation boursière du groupe illustre le mécanisme à l’œuvre. La capitalisation boursière correspond à la valeur de toutes les actions d’une entreprise au prix fixé par le marché. Elle ne représente ni son chiffre d’affaires, ni son bénéfice, ni la quantité d’argent disponible dans ses comptes. Elle reflète une anticipation collective sur son avenir, qui peut évoluer très vite lorsque de nouvelles informations apparaissent.
Ce type de mouvement s’inscrit dans une séquence plus large pour la technologie américaine. Le lancement de ChatGPT par OpenAI, soutenu par son partenaire stratégique Microsoft, a accéléré la prise de conscience du potentiel commercial de l’IA générative. Les investisseurs se sont ensuite intéressés à toute la chaîne technique nécessaire à son fonctionnement.
Nvidia est devenu l’un des symboles de cette dynamique, notamment après avoir connu une progression de 277 milliards de dollars de sa valorisation boursière en une seule journée. Dans le cas d’Oracle, le marché met en avant une autre brique de la même chaîne : la capacité à héberger et à fournir les ressources de calcul dont les projets d’IA ont besoin.
Larry Ellison, grand gagnant de la hausse d’Oracle
Cette flambée boursière a une conséquence directe pour Larry Ellison. Le cofondateur d’Oracle possède 41 % du capital de l’entreprise. Une variation importante de l’action se répercute donc mécaniquement sur la valeur de sa participation, qui constitue le cœur de sa fortune.
Selon l’estimation citée de Bloomberg, Larry Ellison dispose alors d’une fortune de 295 milliards de dollars. La progression d’Oracle le rapproche d’Elon Musk dans le classement des plus grandes fortunes mondiales, au point de le placer en position de pouvoir le dépasser.
Il faut toutefois lire ce classement pour ce qu’il est : un instantané. La fortune des grands actionnaires est estimée à partir de la valeur de leurs titres, auxquels peuvent s’ajouter d’autres actifs. Elle peut varier fortement d’une séance boursière à l’autre. Le statut d’homme le plus riche du monde dépend donc à la fois de l’évolution d’Oracle et de celle des entreprises détenues par les autres milliardaires.
La position d’Ellison reste néanmoins singulière. Il ne bénéficie pas de la vague de l’IA comme un investisseur extérieur ayant pris une participation limitée dans une jeune pousse. En tant que cofondateur et actionnaire de contrôle très influent, il est associé depuis des décennies aux choix industriels d’Oracle. La transformation de l’entreprise vers le cloud et les capacités de calcul pour l’IA prend ainsi une dimension patrimoniale exceptionnelle.
L’IA, un nouveau terrain de compétition pour les géants technologiques
La montée en puissance d’Oracle illustre un déplacement majeur de la concurrence technologique. Pendant des années, le groupe a été principalement identifié à ses bases de données et à ses applications destinées aux entreprises. L’IA oblige désormais tous les grands fournisseurs informatiques à revoir leurs priorités : puissance de calcul, capacité des centres de données, rapidité des réseaux, disponibilité des puces et outils permettant aux entreprises d’intégrer l’IA à leurs systèmes existants.
Cette compétition ne se résume pas à la performance technique. Les clients attendent aussi des garanties opérationnelles : leurs données doivent être protégées, les systèmes doivent rester disponibles et les coûts doivent être maîtrisés. Pour une banque, un hôpital, un industriel ou une administration, adopter l’IA suppose de pouvoir l’intégrer à des logiciels déjà en place, avec des contraintes de confidentialité et de conformité souvent élevées.
Le défi d’Oracle consiste donc à convertir l’enthousiasme suscité par ses contrats en services effectivement livrés. Fournir de la capacité cloud à grande échelle demande des investissements matériels considérables et une exécution sans faille. L’entreprise doit simultanément faire face à une concurrence intense de la part des autres grands acteurs du cloud et de l’IA.
Les limites derrière les chiffres spectaculaires
Les montants annoncés donnent une image impressionnante de la demande, mais ils ne suppriment pas les risques propres au secteur. D’abord, l’IA est une industrie à très forte intensité capitalistique. Les contrats doivent être accompagnés de centres de données, de matériels et d’infrastructures réseau capables de délivrer la puissance promise. Le rythme de construction et de déploiement devient donc aussi important que la signature commerciale elle-même.
Ensuite, les attentes des investisseurs sont désormais très élevées. Lorsque la valeur d’une entreprise progresse de plusieurs centaines de milliards de dollars, le marché suppose qu’elle sera capable de maintenir une croissance très rapide. Toute difficulté d’exécution, tout ralentissement de la demande ou tout décalage dans la mise à disposition de capacités peut alors provoquer une réaction inverse sur le cours de Bourse.
Enfin, la question de la responsabilité de l’IA ne disparaît pas parce que l’activité est d’abord liée au cloud. Les entreprises qui hébergent ou rendent possible le fonctionnement de ces systèmes doivent répondre à des préoccupations concrètes : cybersécurité, protection des données, contrôle des accès, fiabilité des outils et respect des réglementations qui se développent dans de nombreux pays.
Ce qu’il faut surveiller pour Oracle et Larry Ellison
La trajectoire d’Oracle dépendra désormais de sa capacité à transformer ses engagements commerciaux en revenus récurrents et en infrastructures opérationnelles. Les prochains résultats financiers permettront de suivre l’exécution des contrats, l’évolution de la demande cloud et le poids réel de l’IA dans la croissance du groupe.
Pour Larry Ellison, la question du classement des fortunes mondiales restera étroitement liée à cette trajectoire. Avec 41 % du capital, chaque mouvement significatif de l’action Oracle peut modifier en quelques heures l’estimation de son patrimoine. Mais le titre d’homme le plus riche du monde, s’il est très visible, demeure moins important que le signal industriel derrière cette hausse : Oracle est désormais jugé comme l’un des bénéficiaires majeurs de l’investissement mondial dans l’intelligence artificielle.
La véritable épreuve commencera après l’annonce. Le marché attendra non seulement des contrats toujours plus ambitieux, mais aussi des preuves que le groupe peut délivrer la puissance de calcul promise, préserver la confiance de ses clients et défendre sa place dans une compétition technologique devenue mondiale.
Questions fréquentes
Pourquoi l’action Oracle a-t-elle bondi de 39 % en septembre 2025 ?
L’action Oracle a bondi après la publication des résultats du premier trimestre de l’exercice fiscal 2025-2026 et l’annonce d’une forte hausse de ses contrats, notamment dans le cloud et l’IA. Les investisseurs ont interprété ces engagements comme le signe d’une croissance future très importante, ce qui a ajouté 257 milliards de dollars à la valorisation du groupe.
Les 455 milliards de dollars d’Oracle sont-ils du chiffre d’affaires ?
Non, ce montant correspond aux contrats fermes évoqués pour Oracle, et non à des revenus déjà comptabilisés. Un contrat peut être exécuté sur plusieurs années, avec des services cloud délivrés progressivement. Le chiffre indique donc le niveau des engagements commerciaux et des revenus potentiels, mais pas l’argent immédiatement encaissé par l’entreprise.
Comment l’intelligence artificielle enrichit-elle Larry Ellison ?
Larry Ellison détient 41 % du capital d’Oracle. Lorsque les perspectives liées au cloud et à l’IA font monter le cours de Bourse, la valeur de cette participation augmente mécaniquement. Sa fortune, estimée à 295 milliards de dollars par Bloomberg dans les données citées, dépend donc largement de la valorisation d’Oracle.
Que vend Oracle aux entreprises qui développent de l’IA ?
Oracle propose notamment des services cloud et des capacités de calcul. Ces infrastructures permettent d’entraîner des modèles d’IA et de les faire fonctionner à grande échelle. L’entreprise peut ainsi profiter de la demande en puissance informatique sans devoir être elle-même à l’origine de tous les modèles d’intelligence artificielle utilisés par ses clients.
Larry Ellison est-il devenu l’homme le plus riche du monde ?
La hausse d’Oracle rapproche Larry Ellison d’Elon Musk et le place en situation de pouvoir le dépasser, selon les estimations mentionnées. Mais ce classement change avec les marchés financiers : la valeur de ses actions Oracle, comme celle des actifs détenus par les autres milliardaires, peut varier rapidement d’un jour à l’autre.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Oracle, espace investisseurs et résultats financierswww.oracle.com/investor
- Bloomberg Billionaires Index, classement des grandes fortuneswww.bloomberg.com/billionaires
- Oracle, actualités de l’entreprisewww.oracle.com/news


