Larry Ellison dépasse Elon Musk : comment Oracle l’a porté au sommet des fortunes
Le 10 septembre 2025, Larry Ellison est passé devant Elon Musk dans le classement des plus grandes fortunes mondiales. La hausse de 41 % du titre Oracle a porté sa richesse estimée à 393 milliards de dollars. Derrière ce basculement, le marché mise sur l’essor du cloud et de l’intelligence artificielle.

Le sommet du classement des grandes fortunes mondiales a changé de visage en quelques heures. Le 10 septembre 2025, Larry Ellison, cofondateur et principal actionnaire d’Oracle, a dépassé Elon Musk après une envolée spectaculaire du titre de l’éditeur américain. Selon les estimations publiées par Bloomberg, sa fortune a alors atteint 393 milliards de dollars, contre 385 milliards de dollars pour le patron de Tesla et de X.
Ce basculement ne raconte pas seulement la rivalité, très commentée, entre deux figures de la Silicon Valley. Il traduit surtout la place prise par les infrastructures informatiques dans la course à l’intelligence artificielle. Oracle, longtemps identifié par le grand public à ses logiciels de gestion et à ses bases de données, est désormais valorisé par les marchés pour ses ambitions dans le cloud, un secteur devenu essentiel pour faire fonctionner les services d’IA à grande échelle.
Une hausse boursière hors norme propulse Larry Ellison
Le déclencheur est simple à identifier : l’action Oracle a gagné 41 % sur les marchés. Pour la plupart des investisseurs, une telle séance se traduit par une hausse, ou une baisse, de la valeur d’un portefeuille. Pour Larry Ellison, qui possède plus de 41 % du capital d’Oracle, le mouvement a eu une ampleur tout autre : sa richesse estimée a bondi d’environ 101 milliards de dollars.
Les classements de fortunes ne correspondent pas à un compte bancaire rempli de liquidités. Ils évaluent principalement la valeur des actions, parts d’entreprises et autres actifs détenus par une personne, à partir de cours de marché qui évoluent en permanence. Lorsqu’une société cotée gagne brusquement de la valeur, son actionnaire majoritaire ou très important peut donc voir sa fortune théorique augmenter de plusieurs dizaines de milliards de dollars, sans avoir vendu une seule action.
| Indicateur au 10 septembre 2025 | Valeur rapportée |
|---|---|
| Fortune estimée de Larry Ellison | 393 milliards de dollars |
| Fortune estimée d’Elon Musk | 385 milliards de dollars |
| Écart estimé entre les deux fortunes | 8 milliards de dollars |
| Hausse de l’action Oracle | 41 % |
| Participation de Larry Ellison dans Oracle | Plus de 41 % |
| Prévision de revenus cloud d’Oracle d’ici à 2030 | 144 milliards de dollars |
L’écart de 8 milliards de dollars avec Elon Musk paraît considérable à l’échelle d’un ménage ou d’une entreprise. À l’échelle des patrimoines liés à des actions très volatiles, il rappelle aussi le caractère mouvant de ce type de palmarès. Une variation de cours de Bourse, une annonce de résultats ou une perspective de contrat peuvent modifier rapidement l’ordre établi.
Pourquoi le cloud est devenu central dans la course à l’IA
L’enthousiasme boursier autour d’Oracle est lié à ses perspectives dans le cloud. L’entreprise a annoncé viser 144 milliards de dollars de revenus issus de ses activités cloud d’ici à 2030. Cette projection place le groupe au cœur d’un marché devenu stratégique avec l’essor de l’intelligence artificielle générative.
Le terme cloud désigne, dans ce contexte, la location à distance de ressources informatiques : puissance de calcul, stockage de données, réseaux et logiciels. Plutôt que d’acheter et d’entretenir leurs propres serveurs, les entreprises peuvent utiliser des centres de données exploités par de grands fournisseurs. Elles paient alors pour les capacités consommées.
Cette infrastructure est particulièrement importante pour l’IA. Entraîner un grand modèle, traiter de très gros volumes de données ou répondre à des millions de requêtes demande des serveurs spécialisés et une alimentation électrique considérable. La demande ne porte donc pas uniquement sur les assistants conversationnels visibles du public : elle concerne aussi l’épine dorsale matérielle et logicielle qui permet de les faire fonctionner.
Oracle veut ainsi se mesurer aux acteurs déjà très présents sur ce terrain, notamment Amazon et Microsoft. Pour les investisseurs, la question est moins de savoir si l’IA va transformer l’informatique que de déterminer quels fournisseurs capteront la plus grande part des dépenses en infrastructures. Les perspectives communiquées par Oracle ont manifestement convaincu le marché que le groupe pouvait prendre une place plus importante dans cette nouvelle phase de croissance.
D’une entreprise de bases de données à un groupe convoité pour ses infrastructures
Larry Ellison a cofondé Oracle en 1977. À 81 ans, il reste indissociable de l’entreprise qu’il a contribué à bâtir, à la fois par son rôle dirigeant historique et par l’ampleur de sa participation au capital. Il a occupé plusieurs fonctions majeures au sein du groupe, notamment celles de dirigeant, de président et de président exécutif du conseil d’administration.
La trajectoire d’Oracle éclaire le rebond de sa valorisation. L’entreprise s’est historiquement imposée grâce aux bases de données et aux logiciels utilisés par de grandes organisations. Ces outils servent à gérer des informations essentielles : fichiers clients, transactions, stocks, données comptables ou activités administratives. Ils sont moins visibles que les applications grand public, mais ils occupent une place critique dans le fonctionnement quotidien des entreprises et des administrations.
Avec le cloud, Oracle cherche à prolonger cette présence auprès de ses clients, en leur proposant aussi l’infrastructure nécessaire pour héberger et exploiter leurs données et leurs applications. La vague de l’IA accélère cette stratégie : les entreprises qui souhaitent déployer des outils d’IA doivent disposer de capacités de calcul importantes, tout en conservant une maîtrise rigoureuse de leurs données.
Cette évolution explique pourquoi une annonce sur des revenus futurs peut avoir autant d’effet sur la Bourse. Les marchés valorisent les résultats présents, mais aussi les perspectives de croissance. Lorsque les investisseurs anticipent que les revenus et la rentabilité d’une activité pourraient changer d’échelle, la valeur d’une entreprise peut être réévaluée très rapidement.
Ce que la première place de Larry Ellison reflète réellement
Ce qu’elle montre
- L’action Oracle a progressé de 41 % sur les marchés.
- Le cloud est devenu un moteur majeur de la valorisation d’Oracle.
- Les investisseurs accordent du crédit à l’objectif de 144 milliards de dollars de revenus cloud d’ici à 2030.
- La participation de plus de 41 % de Larry Ellison amplifie l’effet boursier sur sa fortune.
Ce qu’elle ne prouve pas
- La fortune estimée ne correspond pas à des liquidités immédiatement disponibles.
- Une hausse boursière exprime aussi des anticipations sur des résultats futurs.
- L’objectif de revenus cloud à 2030 devra encore être atteint.
- La première place peut changer rapidement avec les variations de marché.
Ce que le classement dit, et ne dit pas, sur Oracle
Le passage de Larry Ellison en tête des fortunes mondiales est un signal fort pour Oracle. Il montre que les marchés accordent une valeur considérable aux ambitions cloud du groupe et à son exposition à la demande générée par l’IA. Il ne signifie toutefois pas qu’Oracle est devenu, du jour au lendemain, le leader incontesté de toutes les technologies d’intelligence artificielle.
D’abord, une hausse de cours reflète une anticipation. La prévision de 144 milliards de dollars de revenus cloud à l’horizon 2030 reste un objectif futur, dont la réalisation dépendra de la capacité d’Oracle à développer ses infrastructures, à attirer des clients et à faire face à la concurrence. Ensuite, le cloud est un secteur où les investissements sont lourds : centres de données, équipements informatiques, réseaux, maintenance et énergie sont nécessaires pour répondre à une demande croissante.
Enfin, la richesse de Larry Ellison est particulièrement concentrée dans Oracle. Cette concentration explique l’ampleur de son enrichissement lorsque le titre progresse, mais elle implique aussi une forte exposition aux retournements de marché. Une fortune liée à une action cotée peut monter très vite, et reculer selon la même logique.
Larry Ellison, une figure singulière de la Silicon Valley
La personnalité de Larry Ellison dépasse largement les résultats d’Oracle. Il incarne depuis des décennies une forme de Silicon Valley volontiers conquérante, marquée par de fortes ambitions et une proximité avec les grands rapports de force économiques. En 2012, il a acquis 98 % de l’île de Lana’i, la sixième plus grande île d’Hawaï, une opération devenue l’un des symboles les plus connus de sa fortune.
Ses relations s’étendent aussi au monde politique. Sympathisant républicain, Larry Ellison a soutenu Donald Trump lors de la campagne présidentielle américaine de 2016. Dans l’économie technologique américaine, ces liens sont scrutés car les décisions publiques peuvent peser sur les marchés : règles de concurrence, contrats informatiques, fiscalité, commerce international, réglementation des données ou construction d’infrastructures.
Sa relation avec Elon Musk ajoute une dimension particulière à leur duel financier. Larry Ellison a parfois présenté Musk comme un « mentor ». Il a également siégé au conseil d’administration de Tesla et a investi 1 milliard de dollars dans X, anciennement Twitter, lors de son acquisition par Elon Musk. Les deux hommes peuvent donc être associés dans certaines opérations, tout en se retrouvant concurrents dans le classement des plus grandes fortunes.
Cette proximité rappelle qu’en haut de la Silicon Valley, les rivalités ne sont pas toujours frontales. Les mêmes dirigeants peuvent investir dans les entreprises les uns des autres, partager des intérêts dans une technologie, puis se disputer l’attention des marchés ou l’accès à des talents et à des infrastructures.
Elon Musk reste un rival à la fortune très volatile
Le dépassement d’Elon Musk ne clôt pas la compétition. Sa fortune était estimée à 385 milliards de dollars au moment où Larry Ellison prenait la tête du classement. Elle dépend largement, elle aussi, de la valorisation d’entreprises technologiques, au premier rang desquelles Tesla.
Un plan de rémunération de Tesla, soumis à l’approbation de ses actionnaires, pourrait à terme enrichir Elon Musk au-delà de 1 000 milliards de dollars. Cette possibilité souligne l’écart entre la fortune actuelle estimée d’un dirigeant et les mécanismes de rémunération en actions susceptibles de produire des gains futurs, sous réserve de conditions et de validations.
Il serait donc hasardeux de lire ce classement comme une hiérarchie définitive. La première place peut varier selon les séances de marché, les performances des entreprises concernées et les perspectives annoncées par leurs dirigeants. Ce qui distingue l’épisode du 10 septembre 2025 est moins la permanence supposée du titre de « plus riche du monde » que l’ampleur du mouvement d’Oracle et le rôle de l’IA dans ce mouvement.
Ce qu’il faut surveiller pour Oracle et la course au cloud
La suite dépendra de la capacité d’Oracle à transformer ses prévisions en revenus effectifs. Les investisseurs suivront en particulier la croissance de ses activités cloud, l’augmentation de ses capacités informatiques et sa faculté à convaincre les entreprises de lui confier des charges de travail liées à l’IA.
La concurrence sera déterminante. Amazon, Microsoft et d’autres groupes technologiques disposent déjà d’une présence forte dans le cloud. Pour gagner du terrain, Oracle devra démontrer que ses infrastructures répondent aux besoins de ses clients en matière de performance, de coût, de disponibilité et de gestion des données.
Pour le grand public, cet épisode révèle une réalité souvent moins visible que les chatbots : la valeur économique de l’IA se concentre aussi dans les serveurs, les centres de données et les logiciels d’entreprise. La fortune record de Larry Ellison est ainsi devenue le symbole d’un marché où l’infrastructure, longtemps considérée comme l’arrière-plan de l’innovation numérique, se retrouve désormais au premier plan.
Questions fréquentes
Comment Larry Ellison a-t-il dépassé Elon Musk ?
Larry Ellison a dépassé Elon Musk le 10 septembre 2025 après une hausse de 41 % de l’action Oracle. Comme il détient plus de 41 % du groupe, cette progression a fait bondir la valeur de sa participation. Sa fortune a été estimée à 393 milliards de dollars, contre 385 milliards pour Elon Musk.
Quelle est la fortune de Larry Ellison en septembre 2025 ?
Au moment de son passage en tête du classement Bloomberg, le 10 septembre 2025, la fortune de Larry Ellison était estimée à 393 milliards de dollars. Ce montant est une estimation financière fondée surtout sur la valeur de ses actifs, notamment sa participation de plus de 41 % dans Oracle, et il peut varier avec les marchés.
Pourquoi l’action Oracle a-t-elle autant augmenté ?
Le marché a réagi aux ambitions d’Oracle dans le cloud, portées par les besoins croissants de l’intelligence artificielle en puissance de calcul. L’entreprise prévoit 144 milliards de dollars de revenus issus de ses activités cloud d’ici à 2030. Cette perspective a nourri les attentes des investisseurs et contribué à la hausse du titre.
Larry Ellison est-il encore dirigeant d’Oracle ?
Larry Ellison est le cofondateur d’Oracle, créée en 1977, et son principal actionnaire individuel avec plus de 41 % du capital. Au cours de sa carrière au sein du groupe, il a exercé plusieurs fonctions centrales, dont celles de dirigeant, de président et de président exécutif du conseil d’administration.
Quel est le lien entre Larry Ellison et Elon Musk ?
Les deux dirigeants entretiennent des liens professionnels malgré leur rivalité dans les classements de fortunes. Larry Ellison a siégé au conseil d’administration de Tesla, a parfois qualifié Elon Musk de mentor et a investi 1 milliard de dollars dans X, anciennement Twitter, lors de son acquisition par Musk.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Bloomberg, classement des milliardaireswww.bloomberg.com/billionaires
- Oracle, espace relations investisseursinvestor.oracle.com
- Oracle, site institutionnelwww.oracle.com


