Outils et applications

CES 2025 : les innovations à suivre pour rendre l’entreprise plus efficace

Le CES 2025, organisé à Las Vegas du 7 au 10 janvier, a mis en lumière des outils destinés aux professionnels mobiles, aux équipes hybrides et aux secteurs industriels. Écrans extensibles, recharge de batteries, lunettes connectées, machines autonomes et puces graphiques : leur intérêt dépend moins de l’effet nouveauté que des usages réels de chaque organisation.

Une équipe examine un écran de réunion, un ordinateur extensible et une station de batteries.
Illustration : Actu.ai

Le CES est souvent associé aux téléviseurs spectaculaires et aux objets connectés du quotidien. Pourtant, l’édition CES 2025, tenue à Las Vegas du 7 au 10 janvier 2025, a aussi donné à voir une autre facette de l’innovation : des outils pensés pour supprimer de petites frictions très concrètes dans le travail. Recharger un appareil sans immobiliser un collaborateur, gagner de l’espace d’affichage dans un train, mieux communiquer dans une langue étrangère ou superviser des machines depuis un seul poste : voilà les promesses mises en avant.

Pour une entreprise, l’enjeu n’est pas d’adopter chaque nouveauté aperçue dans les allées du salon. Beaucoup de produits sont encore coûteux, nouveaux ou soumis à des conditions réglementaires. En revanche, ces démonstrations dessinent des directions utiles : des équipements plus mobiles, des interfaces plus flexibles, une automatisation davantage pilotée par les données et une informatique capable d’exécuter des tâches graphiques ou d’intelligence artificielle plus lourdes.

Les principales innovations utiles aux organisations en un regard

Toutes les annonces du CES ne se situent pas au même stade de maturité, ni ne répondent aux mêmes besoins. Certaines peuvent concerner rapidement les équipes de terrain ou les travailleurs hybrides. D’autres relèvent d’investissements industriels plus lourds, à examiner au regard des processus existants.

Innovation présentéeUsage professionnel envisagéPoint d’attention avant adoption
Station de recharge et d’échange de batteriesMaintenir l’activité d’équipes mobiles équipées d’appareils compatiblesPrix annoncé de 450 dollars et compatibilité à vérifier
Ordinateur portable à écran extensibleTravailler sur plusieurs fenêtres sans écran externeErgonomie, robustesse et gain réel selon les métiers
Écran déroulant de 100 poucesRéunions, présentations et démonstrations chez un clientTransport, installation et pertinence face à un vidéoprojecteur
Lunettes connectées et aides auditives intégréesAccessibilité, traduction et notifications pour les professionnels mobilesApprobations réglementaires et protection des informations affichées
Machines agricoles autonomesSuperviser plusieurs opérations de plantation ou de récolteConnectivité, sécurité et formation des opérateurs
GeForce RTX série 50Création visuelle, conception et charges de calcul IABesoins logiciels, puissance électrique et coût total

Recharger et repartir : le pari de l’échange de batteries

Parmi les objets les plus singuliers du salon figurait un dispositif comparé à un grille-pain pour batteries. Son principe est simple : il peut recharger jusqu’à cinq batteries à la fois et permettre de remplacer une batterie déchargée en quelques secondes. Pour un salarié itinérant, cela évite en théorie de transporter plusieurs batteries externes ou de surveiller les cycles de recharge de ses appareils.

L’intérêt se comprend particulièrement dans les métiers où une interruption, même brève, pose problème : maintenance, événementiel, logistique, vente sur le terrain ou interventions techniques. Une batterie prête à l’emploi peut préserver la continuité de l’accès à un terminal, à un outil connecté ou à un équipement de communication.

Le prix annoncé de 450 dollars appelle toutefois à la prudence. Une entreprise ne doit pas seulement comparer ce tarif à celui d’une batterie externe. Elle doit calculer le coût de l’équipement compatible, le nombre de collaborateurs concernés, l’organisation de la recharge, la disponibilité des batteries et les minutes réellement économisées. Pour un petit effectif sédentaire, des prises bien placées et une politique de recharge suffiront souvent. Pour une flotte mobile, l’échange rapide peut en revanche avoir davantage de sens.

Un PC qui s’agrandit pour limiter le recours au second écran

Le travail sur ordinateur repose de plus en plus sur la consultation simultanée de plusieurs sources : un tableur et une messagerie, un document et une visioconférence, une interface de conception et une bibliothèque de fichiers. Le portable déployable présenté au CES 2025 répond à ce besoin avec un écran de 14 pouces dont la surface peut être étendue jusqu’à 50 % grâce à une interface tactile.

L’idée n’est pas de remplacer intégralement une installation de bureau dotée de deux ou trois moniteurs. Elle est plutôt de rendre cette souplesse accessible hors du bureau. Un consultant chez un client, un commercial en déplacement, un cadre voyageant fréquemment ou un créatif travaillant ponctuellement depuis différents lieux peut avoir besoin d’afficher plus d’éléments sans emporter de moniteur portable.

Cette évolution mérite cependant un test en conditions réelles. Le gain de surface annoncé ne dit rien, à lui seul, du confort de lecture, de la luminosité, de l’autonomie ou de la fiabilité mécanique sur plusieurs années. Une direction informatique doit aussi vérifier la compatibilité avec les outils de l’entreprise et la capacité de réparation. L’innovation est intéressante lorsqu’elle remplace effectivement un écran additionnel, pas lorsqu’elle s’ajoute à un matériel déjà redondant.

Le CES a également présenté un écran déroulant de 100 pouces, doté de haut-parleurs Harman Kardon et conçu pour être rangé discrètement dans un meuble. Dans une salle de réunion sans installation fixe, dans un espace de démonstration ou lors d’une présentation itinérante, un très grand affichage peut améliorer la visibilité d’un plan, d’une maquette ou de données partagées. Mais son utilité dépendra de la fréquence de ces usages et des contraintes logistiques, plus que de sa seule taille.

Lunettes intelligentes : accessibilité, traduction et discrétion

Les lunettes connectées ont été largement mises en avant au CES 2025. Leur intérêt pour le travail ne tient pas seulement aux notifications : certains modèles cherchent à répondre à des besoins d’accessibilité. Des lunettes intégrant des fonctions d’aide auditive ont ainsi été montrées pour les personnes rencontrant des difficultés d’audition. Elles amplifient les sons en fonction de la direction vers laquelle l’utilisateur regarde, avec l’ambition de fournir une alternative plus discrète aux appareils auditifs traditionnels.

Leur commercialisation reste conditionnée à une approbation réglementaire. C’est un point essentiel : dès qu’un produit touche à l’audition ou à la santé, une démonstration technologique ne doit pas être confondue avec un dispositif médical disponible et validé. En entreprise, l’accessibilité ne consiste d’ailleurs pas à imposer un équipement, mais à laisser un salarié choisir des aménagements adaptés à sa situation.

Les lunettes Halliday ont de leur côté été présentées avec des fonctions de traduction en temps réel, de réception de notifications et d’aide à la navigation. Sur le papier, cette combinaison peut aider une personne se déplaçant à l’international ou intervenant dans un environnement multilingue. Une traduction instantanée ne remplace néanmoins ni un interprète dans une négociation délicate, ni la maîtrise d’un vocabulaire métier précis. Elle peut servir d’appui pour une indication, une conversation simple ou une compréhension immédiate, à condition de connaître ses limites.

Agriculture autonome : l’opérateur devient superviseur

L’autonomie ne signifie pas nécessairement l’absence d’humain. Les tracteurs et camions autonomes présentés par John Deere illustrent plutôt un changement de rôle : grâce à des capteurs avancés, un seul employé peut piloter ou superviser plusieurs machines pendant certaines opérations de plantation et de récolte.

Dans l’agriculture, cette évolution répond à des contraintes très concrètes. Les fenêtres d’intervention sont parfois courtes, les exploitations sont vastes et certaines tâches requièrent une précision répétable. Des équipements capables de suivre un itinéraire, de percevoir leur environnement et de remonter des informations peuvent contribuer à optimiser l’usage du temps et des machines.

Mais automatiser une opération agricole suppose un environnement technique solide. Il faut une connectivité suffisante, une cartographie et un paramétrage fiables, des procédures de sécurité, ainsi qu’une personne capable de reprendre la main lorsque la situation l’exige. La valeur ne vient donc pas uniquement du véhicule autonome. Elle repose sur l’ensemble formé par la machine, les capteurs, les logiciels, les données et l’organisation du travail.

Le robot-photographe GENCY PB illustre une autre voie de l’automatisation. Destiné aux entreprises produisant du contenu visuel, il revendique une efficacité supérieure de 60 % à celle d’un photographe humain. Ce chiffre doit être lu comme une promesse de performance dans un contexte donné, pas comme une comparaison universelle. Photographier des produits de manière répétable dans un studio et réaliser un reportage, diriger une personne ou construire une intention éditoriale sont des activités très différentes. Un tel outil pourrait accélérer les tâches standardisées, tandis que l’expertise humaine resterait déterminante pour la direction artistique et les images non prévisibles.

Les cartes graphiques RTX 50, une infrastructure pour l’IA et la création

Le CES 2025 a aussi été marqué par l’annonce de la série GeForce RTX 50 de Nvidia. Les cartes graphiques ne sont plus réservées au jeu vidéo : elles sont devenues des composants importants pour le rendu 3D, la vidéo, la conception assistée par ordinateur et certaines charges liées à l’intelligence artificielle.

Dans une entreprise, leur intérêt dépend étroitement des logiciels utilisés. Une équipe de design, d’architecture, d’animation, de production audiovisuelle ou d’ingénierie peut tirer parti d’un gain de performances pour afficher des scènes complexes, générer des rendus ou accélérer certains traitements. Pour les usages d’IA, les GPU sont particulièrement adaptés aux calculs parallèles nécessaires à l’entraînement ou à l’exécution de certains modèles.

Il ne faut pas pour autant réduire une stratégie d’IA à l’achat de matériel graphique récent. Avant d’investir, une organisation doit préciser si elle exécute réellement des traitements en local, si ses logiciels exploitent le GPU, si le cloud répond déjà à ses besoins et quelles données elle souhaite conserver dans son propre environnement. La puissance disponible n’a de valeur que si elle est utilisée.

Innovation spectaculaire ou outil professionnel pertinent ?

Ce que promettent les nouveautés

  • Réduire les interruptions grâce à des batteries immédiatement disponibles.
  • Offrir davantage d’espace de travail sans moniteur externe.
  • Faciliter certaines communications grâce à la traduction et aux aides auditives.
  • Automatiser des opérations répétitives et superviser plusieurs machines.
  • Accélérer les calculs graphiques et certains traitements d’intelligence artificielle.

Ce qu’il faut vérifier

  • La compatibilité avec les appareils, logiciels et processus existants.
  • Le coût total, incluant maintenance, formation et renouvellement.
  • La fiabilité dans des conditions de travail réelles, hors démonstration.
  • La sécurité des données et la visibilité des informations sensibles.
  • La place indispensable d’un opérateur humain en cas d’incident.

Comment passer de la démonstration au bon investissement ?

Face aux annonces du CES, une méthode simple permet d’éviter l’achat dicté par la nouveauté. La première étape consiste à partir d’un irritant identifié. Une équipe perd-elle réellement du temps à trouver une prise ? Travaille-t-elle régulièrement sur un seul petit écran en déplacement ? Une opération agricole souffre-t-elle d’un manque de disponibilité ou d’une difficulté de supervision ? La réponse doit être précise.

La deuxième étape est le test limité. Plutôt que d’équiper immédiatement tous les collaborateurs, l’entreprise peut confier quelques unités à un groupe volontaire et mesurer des critères concrets : temps gagné, taux d’utilisation, incidents, satisfaction, besoins de support informatique et effets sur les processus. Un équipement utilisé deux fois par an n’a pas la même valeur qu’un outil qui évite chaque jour une perte de temps.

Enfin, l’évaluation doit inclure les coûts indirects : maintenance, formation, stockage, assurance, mises à jour logicielles, cybersécurité et remplacement. Les lunettes connectées nécessitent une attention particulière aux données affichées. Les matériels autonomes exigent des règles de sécurité et d’intervention. Les nouveaux PC et GPU demandent de vérifier les politiques de gestion du parc et la compatibilité des logiciels.

Ce qu’il faut surveiller après le CES 2025

Les innovations montrées à Las Vegas en janvier 2025 ne transformeront pas toutes immédiatement les organisations. Certaines attendent encore une validation réglementaire, d’autres devront démontrer leur fiabilité hors des stands du salon. Les produits les plus prometteurs seront ceux qui s’intègrent sans complexifier inutilement le quotidien des salariés.

Trois sujets seront particulièrement importants au cours de l’année. D’abord, la disponibilité réelle des équipements et leur prix final, car une annonce ne garantit pas un déploiement simple. Ensuite, l’interopérabilité : une solution de batteries, de lunettes ou de machines connectées ne vaut que si elle fonctionne avec les appareils, les logiciels et les procédures déjà en place. Enfin, la capacité des entreprises à former les équipes et à définir clairement la responsabilité humaine derrière l’automatisation.

Le CES 2025 rappelle ainsi une règle durable : la technologie devient utile lorsqu’elle laisse davantage de temps au jugement, à la relation client, à la création et à la décision. L’entreprise la plus compétitive ne sera pas celle qui accumule les nouveautés, mais celle qui choisit les outils capables de résoudre un problème réel, au bon moment et à la bonne échelle.

Questions fréquentes

Quelles innovations du CES 2025 peuvent aider une petite entreprise ?

Les outils les plus accessibles sont ceux qui répondent à un usage ciblé : recharge pour une équipe souvent en déplacement, ordinateur à écran extensible pour des commerciaux itinérants, ou grand écran pour des présentations fréquentes. Une petite entreprise doit privilégier un test sur quelques utilisateurs, puis comparer le temps gagné avec le coût réel d’équipement et de support.

À quoi sert un ordinateur portable à écran extensible ?

Un ordinateur portable à écran extensible augmente la surface de travail sans imposer le transport d’un moniteur séparé. Le modèle présenté au CES 2025 part d’un écran de 14 pouces et peut accroître son affichage jusqu’à 50 %. Il peut faciliter le multitâche en déplacement, mais ne remplace pas automatiquement une station de travail fixe à plusieurs écrans.

Les lunettes intelligentes de traduction sont-elles adaptées au travail ?

Elles peuvent être utiles comme aide ponctuelle lors d’un déplacement, pour suivre des indications ou comprendre une conversation simple dans une autre langue. Elles ne doivent pas être considérées comme un substitut systématique à un interprète ou à une bonne maîtrise du vocabulaire métier. Les entreprises doivent aussi encadrer l’affichage de notifications et de données confidentielles.

Comment les tracteurs autonomes peuvent-ils améliorer le travail agricole ?

Les machines autonomes peuvent aider un opérateur à superviser plusieurs équipements pendant des opérations comme la plantation ou la récolte. Les capteurs servent à guider et à suivre l’activité des machines. Le bénéfice dépend toutefois de la connectivité, de la préparation du terrain, de la sécurité et de la capacité d’un humain à intervenir lorsque la situation l’exige.

Pourquoi les cartes graphiques Nvidia RTX 50 intéressent-elles les entreprises ?

Les cartes RTX 50 peuvent intéresser les métiers qui utilisent des logiciels de rendu 3D, de vidéo, de conception ou certains traitements d’intelligence artificielle. Elles ne sont pas nécessaires à tous les collaborateurs. Avant un achat, il faut vérifier que les applications exploitées bénéficient réellement d’un GPU récent et comparer cette option avec les ressources informatiques disponibles dans le cloud.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Consumer Technology Association, informations officielles sur le CES 2025www.ces.tech
  2. Nvidia, gamme GeForce RTX série 50www.nvidia.com
  3. Lenovo Newsroom, annonces et produits professionnelsnews.lenovo.com
  4. John Deere, actualités et solutions agricoleswww.deere.com/en/news
  5. Halliday, informations sur les lunettes intelligenteshallidayglobal.com