LinkedIn : comment refuser l’usage de vos données pour entraîner son IA
À partir du 3 novembre 2025, LinkedIn prévoit d’exploiter certaines données de ses membres européens pour améliorer ses outils d’IA. La plateforme propose un réglage d’opposition. Voici où le trouver, quelles informations sont concernées et ce que ce choix permet réellement de contrôler.

Un profil LinkedIn ressemble souvent à un curriculum vitæ enrichi et mis à jour en continu : parcours professionnel, compétences, réseau, publications, parfois recherches d’emploi et échanges avec la plateforme. Ces informations ont une valeur évidente pour un réseau social professionnel. Elles peuvent aussi servir à améliorer des outils d’intelligence artificielle. C’est précisément l’évolution que LinkedIn annonce pour ses membres européens, avec une entrée en application prévue le 3 novembre 2025.
Au moment de la publication de cet article, le 21 septembre 2025, il reste donc possible de vérifier le réglage prévu par la plateforme et, si on le souhaite, de s’opposer à cet usage. Le sujet ne se résume pas à une case technique : il concerne la façon dont une grande plateforme justifie l’emploi de données personnelles pour développer des fonctionnalités d’IA générative.
Le 3 novembre 2025, un changement annoncé pour les membres européens
LinkedIn indique modifier la manière dont il emploie certaines données afin d’améliorer ses outils d’intelligence artificielle. La plateforme affiche un bandeau d’information dans son interface et renvoie à un avis de confidentialité spécifique à la région européenne.
Le calendrier communiqué est le suivant :
| Date ou étape | Ce que LinkedIn indique | Ce que l’utilisateur peut faire |
|---|---|---|
| 21 septembre 2025 | Un bandeau d’information et un avis de confidentialité présentent le changement annoncé. | Lire l’information affichée et vérifier ses réglages de confidentialité. |
| Avant le 3 novembre 2025 | La plateforme propose une option d’opposition à l’entraînement de modèles d’IA de création de contenu. | Désactiver ce réglage si l’on ne souhaite pas que ses données servent à cet usage. |
| À compter du 3 novembre 2025 | LinkedIn prévoit d’utiliser les données visées pour améliorer ses outils d’IA. | Continuer à contrôler régulièrement ses préférences et les informations présentes sur son profil. |
Cette précision géographique compte. Les conditions présentées par une plateforme peuvent varier selon la région de résidence, notamment en raison du Règlement général sur la protection des données, le RGPD, applicable dans l’Union européenne.
Quelles données LinkedIn prévoit-il d’utiliser pour son IA ?
L’avis de confidentialité destiné à la région européenne décrit un ensemble étendu de données susceptibles d’être prises en compte. Il ne s’agit pas seulement de ce que l’on publie volontairement dans un post : le profil, l’activité de navigation sur le service et certaines informations déduites figurent également parmi les catégories citées.
| Catégorie de données | Exemples mentionnés par LinkedIn | Pourquoi les regarder de près |
|---|---|---|
| Données de profil | Nom, photo, poste actuel, formation, compétences | Elles dessinent le parcours professionnel et l’identité affichée sur le réseau. |
| Contenu publié | Publications, articles et commentaires | Ces textes peuvent contenir des opinions, des expériences ou des informations sur un employeur. |
| Historique d’activité | Interactions avec le fil, visites de pages, recherches d’emploi | Ces signaux renseignent sur les usages et les centres d’intérêt professionnels. |
| Données techniques | Adresse IP, identifiant d’appareil, type de navigateur | Elles sont liées à l’accès au service et à son utilisation sur différents appareils. |
| Données déduites | Tranche d’âge, genre, localisation, centres d’intérêt | Elles ne sont pas toujours saisies telles quelles par l’utilisateur, mais inférées à partir d’autres signaux. |
| Données de vérification | Informations sur l’employeur, coordonnées fournies | Elles servent à établir ou à consolider certains éléments déclarés sur le compte. |
| Saisies dans les outils d’IA | Textes, CV, objectifs renseignés dans des fonctions basées sur l’IA | Elles peuvent contenir des éléments particulièrement détaillés sur une situation professionnelle. |
| Retours adressés à LinkedIn | Avis et commentaires sur les outils et fonctionnalités | Ces retours peuvent servir à évaluer et améliorer les services proposés. |
La présence des saisies réalisées dans les outils d’IA mérite une attention particulière. Lorsqu’un utilisateur confie un CV, une formulation de message ou un objectif de carrière à une fonction d’assistance, il ne fournit pas seulement des données de profil déjà visibles sur son compte. Il peut aussi transmettre un contexte précis sur une candidature, une reconversion, une négociation ou son entreprise.
La prudence reste donc simple : ne renseigner dans un outil que ce qui est nécessaire à la tâche demandée. Cela ne consiste pas à renoncer à tous les services numériques, mais à éviter de déposer spontanément des coordonnées privées, des données concernant des tiers ou des informations confidentielles d’employeur lorsqu’elles ne sont pas indispensables.
Où trouver l’option pour s’opposer à l’entraînement de l’IA ?
LinkedIn indique proposer une possibilité d’opposition, souvent appelée opt-out. Le terme signifie que l’usage est activé dans le cadre décrit par la plateforme, mais que le membre peut demander à en être exclu via un réglage.
L’option à rechercher porte l’intitulé suivant : « Utiliser mes données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu ». Elle se trouve dans les paramètres de confidentialité du compte LinkedIn.
Voici une méthode pratique pour procéder sans se perdre dans les menus :
- Connectez-vous à votre compte LinkedIn depuis l’interface que vous utilisez habituellement.
- Ouvrez les paramètres du compte, puis la partie consacrée à la confidentialité.
- Repérez le réglage relatif à l’utilisation de vos données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu.
- Désactivez l’option si vous souhaitez vous opposer à cet usage.
- Vérifiez que votre choix est bien enregistré, puis relisez les autres paramètres de confidentialité importants pour votre situation.
La formulation exacte et l’emplacement des menus peuvent évoluer avec les mises à jour de l’application ou du site. L’essentiel est de rechercher le réglage qui mentionne explicitement les modèles d’IA de création de contenu, plutôt que de supposer qu’un paramètre général de visibilité du profil couvre automatiquement cet usage.
Il est aussi utile de distinguer plusieurs questions qui sont souvent confondues : rendre son profil moins visible, supprimer une publication, fermer son compte et s’opposer à un traitement précis sont des actions différentes. Le réglage annoncé par LinkedIn porte sur l’entraînement de modèles d’IA de création de contenu. Il ne doit donc pas être interprété comme un bouton universel qui effacerait toutes les données du service ou désactiverait tous les traitements nécessaires au fonctionnement du réseau.
Le réglage LinkedIn : ce qu’il change, et ce qu’il ne remplace pas
Si l’option reste activée
- LinkedIn prévoit d’utiliser les données visées pour améliorer ses modèles d’IA de création de contenu.
- Les catégories citées incluent le profil, les publications, l’activité, des données techniques et des informations déduites.
- Les textes, CV et objectifs saisis dans les fonctions d’IA font aussi partie des données mentionnées.
- Le traitement est présenté par LinkedIn comme reposant sur l’intérêt légitime.
Si l’option est désactivée
- Vous vous opposez à l’utilisation décrite pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu.
- Le choix concerne ce réglage précis, et non l’ensemble des traitements nécessaires au fonctionnement de LinkedIn.
- Il ne dispense pas de revoir les informations visibles sur le profil et dans les publications.
- Il reste utile de vérifier périodiquement les paramètres, car les interfaces et politiques peuvent évoluer.
Pourquoi LinkedIn invoque-t-il l’intérêt légitime ?
LinkedIn fonde cette utilisation sur l’intérêt légitime. En droit européen, cette base juridique peut permettre le traitement de données personnelles sans recueillir un consentement explicite au cas par cas. Elle ne donne toutefois pas à une entreprise un droit illimité sur les données de ses utilisateurs.
Pour invoquer un intérêt légitime, une organisation doit notamment identifier l’intérêt poursuivi, vérifier que le traitement est nécessaire et mettre cet intérêt en balance avec les droits et libertés des personnes concernées. Elle doit également informer ces personnes de façon claire. Le RGPD prévoit par ailleurs un droit d’opposition dans certaines situations lorsque le traitement repose sur cette base.
C’est là que se situe une part importante du débat. Pour une entreprise, l’amélioration d’un service peut constituer l’intérêt avancé. Pour les utilisateurs, la question est de savoir si l’information est suffisamment compréhensible, si le réglage d’opposition est réellement accessible et si l’équilibre entre innovation et protection de la vie privée est respecté.
Le bandeau d’information annoncé par LinkedIn et l’existence d’une option d’opposition répondent à une exigence de transparence. Mais la visibilité concrète de cette option reste déterminante : un droit difficile à repérer ou formulé dans des termes trop techniques est moins facile à exercer au quotidien.
Cinq réflexes pour garder la main sur son identité professionnelle
La désactivation de l’option consacrée à l’IA est un geste utile pour les personnes qui souhaitent s’y opposer. Elle gagne à s’inscrire dans une hygiène numérique plus large, particulièrement sur un réseau où l’on publie des éléments de carrière sur la durée.
1. Vérifier le réglage dédié à l’IA
C’est la première action à effectuer avant l’échéance annoncée du 3 novembre 2025. Recherchez l’option citée par LinkedIn dans les paramètres de confidentialité et contrôlez son état.
2. Relire son profil comme le ferait un inconnu
Un intitulé de poste, une formation ou une compétence peuvent être nécessaires à une recherche d’emploi. En revanche, certains détails, comme un numéro personnel, une adresse précise ou des éléments confidentiels sur des clients, n’ont souvent pas leur place dans un profil public ou semi-public.
3. Faire le tri dans ses publications et commentaires
Les posts, articles et commentaires font partie des catégories concernées. Il peut être pertinent de relire les contenus anciens, en particulier ceux qui mentionnent des situations internes à une entreprise, des collègues ou des projets non publics.
4. Limiter les détails transmis aux assistants d’IA
Un CV ou un objectif professionnel peut être utile pour demander une aide à la rédaction. Avant de le saisir dans une fonction d’IA, retirez si possible les informations inutiles à la demande : coordonnées privées, données de tiers, éléments contractuels ou informations sensibles pour votre employeur.
5. Revoir périodiquement ses paramètres
Les plateformes font évoluer leurs produits, leurs avis de confidentialité et leurs réglages. Une vérification ponctuelle est utile, mais une révision régulière permet de repérer plus tôt un nouveau paramètre ou une modification de politique.
Ce que ce changement révèle sur l’IA dans les services du quotidien
L’initiative annoncée par LinkedIn illustre une évolution plus large : les plateformes n’utilisent plus seulement les données pour afficher des contenus, mesurer une audience ou sécuriser un compte. Elles cherchent aussi à améliorer des assistants capables de rédiger, résumer, recommander ou aider à accomplir des tâches professionnelles.
Cette évolution peut produire des outils plus pertinents, notamment lorsqu’ils comprennent mieux les usages et le vocabulaire de leurs membres. Mais elle rend plus importante la question de la provenance des données employées pour développer ces systèmes. Pour les internautes, l’enjeu n’est pas uniquement de cliquer sur un réglage. Il est de comprendre quelles informations ils confient, à quel service, pour quelle finalité et avec quelles possibilités de contrôle.
Dans les prochains mois, il faudra notamment surveiller la clarté des informations proposées par LinkedIn aux membres européens, la facilité d’accès au mécanisme d’opposition et les éventuelles évolutions de l’avis de confidentialité. Le meilleur réflexe reste concret : vérifier le réglage concerné, publier avec discernement et ne considérer aucun paramètre de confidentialité comme définitivement acquis.
Questions fréquentes
Comment empêcher LinkedIn d’utiliser mes données pour entraîner son IA ?
Dans les paramètres de confidentialité de votre compte, recherchez l’option intitulée « Utiliser mes données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu ». Désactivez-la pour vous opposer à cet usage précis. LinkedIn prévoit cette possibilité dans le cadre du changement annoncé pour les membres européens à compter du 3 novembre 2025.
Quelles données LinkedIn peut-il utiliser pour améliorer ses outils d’IA ?
Les catégories mentionnées comprennent les données de profil, les publications, articles et commentaires, l’historique d’activité, des données techniques et des données déduites. LinkedIn cite aussi les informations de vérification, les retours envoyés sur les outils, ainsi que les textes, CV et objectifs saisis dans certaines fonctionnalités d’IA.
LinkedIn doit-il demander mon consentement pour entraîner son IA avec mes données ?
LinkedIn indique s’appuyer sur l’intérêt légitime plutôt que sur un consentement explicite. En Europe, cette base juridique existe dans le RGPD, mais elle doit être justifiée et mise en balance avec les droits des personnes. Elle n’empêche pas l’existence d’un droit d’opposition, que LinkedIn propose ici par un réglage dédié.
Désactiver l’option IA supprime-t-il toutes mes données de LinkedIn ?
Non. L’option vise l’utilisation de données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu. Elle ne correspond pas à une suppression complète du compte, du profil ou des publications. Pour réduire plus largement son exposition, il faut aussi examiner la visibilité du profil, les contenus publiés et les autres réglages de confidentialité disponibles.
Que faut-il éviter de saisir dans les outils d’IA de LinkedIn ?
Les saisies dans les fonctionnalités d’IA peuvent inclure des textes, des CV et des objectifs professionnels. Il est prudent de ne transmettre que les éléments nécessaires à la demande. Avant d’envoyer un document, retirez autant que possible les coordonnées privées, les informations sur des tiers et les données confidentielles liées à votre employeur ou à un recrutement.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- LinkedIn, politique de confidentialitéwww.linkedin.com/legal/privacy-policy
- LinkedIn, centre d’aidewww.linkedin.com/help/linkedin
- CNIL, les bases légales d’un traitement de donnéeswww.cnil.fr
- EUR-Lex, règlement général sur la protection des donnéeseur-lex.europa.eu/eli/reg/2016/679/oj



