OpenAI pourrait racheter io Products, la startup d’IA de Jony Ive et Sam Altman
OpenAI envisagerait de reprendre io Products, une jeune pousse de matériel d’intelligence artificielle associée à Jony Ive et Sam Altman. Une opération d’environ 500 millions de dollars est évoquée, sans confirmation officielle. Au-delà du montant, le projet pose une question centrale : comment concevoir un appareil d’IA moins envahissant que le smartphone ?

Un nouveau front pourrait s’ouvrir pour OpenAI : celui des objets physiques. L’entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle générative envisagerait de racheter io Products, une startup de matériel d’IA associée à Jony Ive, l’ancien responsable du design d’Apple, et à Sam Altman, le dirigeant d’OpenAI. Le montant évoqué, environ 500 millions de dollars, place ce projet encore discret parmi les opérations stratégiques les plus scrutées du secteur.
Au 7 avril 2025, rien n’indique toutefois qu’un accord définitif ait été conclu. Plusieurs options seraient sur la table, dont une acquisition complète ou une collaboration plus étroite. Mais l’intérêt même d’OpenAI pour cette équipe est révélateur : après avoir placé des modèles comme ChatGPT au cœur des usages numériques, l’entreprise pourrait vouloir réfléchir à la manière dont l’IA prend forme dans nos mains, nos poches ou notre environnement quotidien.
Une opération potentielle autour de 500 millions de dollars
Les discussions rapportées portent sur une possible acquisition d’io Products par OpenAI. Le chiffre de 500 millions de dollars doit être lu avec prudence : il correspond à l’évaluation ou au montant envisagé pour une transaction potentielle, et non à une opération officiellement annoncée. Ni les contours juridiques, ni le calendrier, ni les modalités de financement n’ont été rendus publics.
L’information importante est donc moins la certitude d’un rachat que la nature du rapprochement envisagé. OpenAI est surtout connu pour ses logiciels et ses modèles d’IA accessibles dans le cloud, via une application, un navigateur web ou des interfaces intégrées à d’autres services. Mettre la main sur une équipe tournée vers le design industriel marquerait un élargissement potentiel de son champ d’action.
| Élément | Ce qui est rapporté au 7 avril 2025 | Ce qui reste inconnu |
|---|---|---|
| Nature de l’opération | OpenAI envisagerait d’acquérir io Products | La forme finale de l’accord et sa signature |
| Montant évoqué | Environ 500 millions de dollars | Le prix définitif, s’il y a une transaction |
| Alternative étudiée | Un partenariat entre les deux entités serait possible | La répartition des rôles et des actifs |
| Projet de la startup | Des concepts d’appareils intégrant l’IA | Le produit exact, ses fonctions et sa date de lancement |
| Financement d’io Products | Des fonds ont été levés, dont auprès d’Emerson Collective | Le montant total et la valorisation de la startup |
Dans une acquisition, OpenAI pourrait intégrer directement une équipe, ses travaux de conception et ses actifs. Dans un partenariat, les deux structures pourraient plutôt partager compétences et ressources tout en conservant une autonomie plus grande. Ces deux scénarios n’ont pas la même portée pour les salariés, les investisseurs et les futurs produits, mais ils peuvent répondre au même objectif : associer une IA conversationnelle ou générative à une expérience matérielle pensée dès l’origine pour elle.
io Products, un projet porté par Jony Ive et Sam Altman
Le nom de Jony Ive donne une résonance particulière à ce dossier. Longtemps responsable du design chez Apple, il a participé à la conception de produits devenus emblématiques, parmi lesquels l’iMac, l’iPod, l’iPhone, l’iPad et l’Apple Watch. Il a quitté Apple en 2019 pour créer son studio de design, LoveFrom.
En 2024, Jony Ive a confirmé sa collaboration avec Sam Altman sur ce projet centré sur l’intelligence artificielle. io Products est présentée comme une startup cofondée par les deux hommes. Cette association fait se rencontrer deux expertises très différentes et complémentaires : d’un côté, le design de produits grand public et la réflexion sur les usages ; de l’autre, le développement et la diffusion de modèles d’intelligence artificielle de très grande taille.
La jeune pousse disposerait d’une équipe resserrée incluant Tang Tan et Evans Hankey, eux aussi anciens designers d’Apple. Leur présence compte, car la conception d’un objet technologique ne consiste pas seulement à dessiner son apparence. Elle suppose de décider comment l’utilisateur le tient, le transporte, le recharge, le comprend, le paramètre, lui fait confiance et le répare éventuellement.
io Products a déjà levé des fonds, pour un montant qui n’a pas été divulgué. Parmi les soutiens cités figure Laurene Powell Jobs, via l’organisation d’investissement et de plaidoyer Emerson Collective. Ce financement confirme que le projet a attiré l’attention avant même la présentation publique d’un produit identifiable.
Quel appareil d’intelligence artificielle prépare io Products ?
C’est la principale zone d’ombre du dossier. io Products travaillerait sur plusieurs concepts de dispositifs intégrant l’intelligence artificielle, mais aucun appareil précis, aucune fiche technique et aucune date de commercialisation n’ont été dévoilés. Il serait donc prématuré d’imaginer un smartphone, des lunettes, une enceinte, un accessoire porté sur soi ou tout autre format particulier.
L’ambition rapportée est néanmoins claire : créer des produits moins socialement perturbateurs que l’iPhone. Cette formule mérite d’être expliquée, car elle ne décrit pas une fonction technique mesurable. Elle renvoie plutôt à une interrogation sur la place qu’occupent les écrans et les notifications dans les interactions humaines, le travail, l’attention et la vie familiale.
Le smartphone a rendu possibles d’innombrables usages, de la communication instantanée à la navigation en passant par l’accès à des services essentiels. Mais il a aussi instauré un rapport très fréquent, parfois compulsif, à l’écran. Pour un futur appareil d’IA, la difficulté serait d’être utile sans créer une nouvelle couche de sollicitations, de dépendance ou de surveillance.
Concrètement, les choix de conception pourraient porter sur des questions simples en apparence : faut-il un écran ? Quand l’appareil doit-il intervenir ? Comment signaler qu’il écoute ou qu’il traite une demande ? Quelles données restent sur l’appareil et lesquelles sont envoyées à des serveurs distants ? À ce stade, il s’agit de questions de design et de société, pas de caractéristiques annoncées par io Products.
Pourquoi OpenAI s’intéresserait au matériel
Pour une entreprise d’IA, développer ou contrôler une expérience matérielle présente un intérêt évident. Un logiciel peut être distribué sur de nombreux appareils, mais il doit alors composer avec les règles, les limites techniques et les interfaces conçues par d’autres entreprises. Un produit pensé autour de l’IA dès le départ permettrait, en théorie, de mieux harmoniser le matériel, le système et les interactions avec le modèle.
Cette perspective ne signifie pas qu’OpenAI prépare nécessairement un appareil grand public à court terme. Les discussions évoquées ne détaillent ni une feuille de route commerciale ni une catégorie de produit. Elles suggèrent toutefois qu’OpenAI voit dans l’expertise de Jony Ive et de son équipe un complément possible à ses capacités logicielles.
Le passage du logiciel au matériel reste exigeant. Il faut fabriquer en volume, sécuriser les composants, assurer la qualité, organiser la distribution, prévoir l’assistance après-vente et maintenir les produits pendant plusieurs années. L’IA ajoute d’autres contraintes : consommation d’énergie, rapidité de réponse, coût du calcul, connexion au réseau et protection des échanges de l’utilisateur.
Un appareil réussi devrait aussi démontrer son utilité face au téléphone, qui concentre déjà les applications, les capteurs, la connectivité et les habitudes des utilisateurs. Le défi d’io Products ne serait donc pas seulement de proposer une nouvelle technologie, mais de justifier l’existence d’un nouvel objet.
Rachat ou partenariat : ce que chaque option changerait
Acquisition d’io Products
- OpenAI intégrerait directement l’équipe et ses travaux de conception.
- La stratégie matérielle pourrait être alignée plus étroitement avec les modèles d’OpenAI.
- La startup perdrait potentiellement son autonomie comme entreprise distincte.
- L’opération évoquée serait valorisée autour de 500 millions de dollars.
Partenariat entre les deux entités
- io Products pourrait conserver une structure et une identité plus autonomes.
- OpenAI et la startup partageraient certaines ressources et expertises.
- Les deux parties pourraient explorer le projet sans rachat complet immédiat.
- Les modalités concrètes, notamment technologiques et commerciales, restent inconnues.
Acquisition ou partenariat : deux chemins très différents
Une acquisition donnerait à OpenAI un contrôle plus direct sur io Products. L’équipe pourrait être intégrée, les décisions de produit alignées avec les modèles d’OpenAI et les travaux de conception rapprochés de la stratégie de l’entreprise. Pour OpenAI, ce serait une façon de constituer rapidement une compétence matérielle de haut niveau, sans partir de zéro.
Un partenariat serait une démarche moins engageante. Il permettrait à OpenAI de contribuer à la technologie, aux ressources de calcul ou à l’expertise produit, tandis qu’io Products conserverait potentiellement une structure distincte. Cette solution peut offrir davantage de souplesse, notamment pour explorer plusieurs idées avant de s’arrêter sur une direction industrielle.
Pour le grand public, la différence ne serait pas seulement financière. Elle pourrait déterminer l’identité future de l’objet. Un produit entièrement intégré à OpenAI pourrait être plus étroitement lié à ses services. Une collaboration entre deux structures pourrait, elle, laisser davantage de place à une approche de design autonome. Aucune de ces conséquences n’est confirmée, puisque l’issue des discussions reste inconnue.
Le matériel d’IA, une promesse qui doit encore trouver sa forme
Le projet intervient dans un moment où l’IA générative s’est d’abord installée sous forme de services : assistants conversationnels, outils de création, moteurs de recherche augmentés ou fonctionnalités ajoutées aux logiciels existants. Cette diffusion a un avantage, elle s’appuie sur les appareils que les utilisateurs possèdent déjà. Mais elle laisse ouverte une question : l’interface du smartphone et de l’ordinateur est-elle la meilleure manière d’utiliser une intelligence artificielle capable de dialoguer, de résumer, de créer ou d’assister ?
La réponse ne dépendra pas uniquement de la puissance des modèles. Les utilisateurs jugeront un éventuel appareil sur des critères très concrets : comprend-il correctement les demandes ? Respecte-t-il la vie privée ? Fonctionne-t-il vite ? Peut-on s’en passer sans difficulté ? Son prix est-il justifié ? Et surtout, rend-il réellement un service que le téléphone ne rend pas déjà ?
L’objectif revendiqué d’un produit moins perturbateur que l’iPhone fixe une barre particulièrement haute. Il ne suffit pas de retirer l’écran ou de déplacer les interactions vers la voix pour améliorer une expérience sociale. Un appareil qui capte en permanence son environnement, sollicite l’utilisateur trop souvent ou manque de transparence sur ses données pourrait au contraire renforcer les inquiétudes.
Ce qu’il faudra surveiller dans les prochains mois
Le premier élément à suivre sera une éventuelle confirmation officielle d’un rachat ou d’un partenariat. Elle permettrait de savoir si OpenAI choisit d’intégrer io Products ou de travailler avec la startup sans l’absorber. Le second sera la présentation d’un produit concret. Tant que les concepts ne sont pas détaillés, il est impossible d’évaluer la promesse technique ou l’ambition sociale du projet.
Il faudra également observer la place réellement donnée au design dans cette initiative. L’expérience de Jony Ive, Tang Tan et Evans Hankey peut apporter une exigence particulière sur la simplicité et la cohérence d’usage. Mais la réussite dépendra aussi de paramètres moins visibles : autonomie, confidentialité, accessibilité, coût et durabilité.
Enfin, ce dossier rappelle que la prochaine étape de l’IA ne se jouera peut-être pas seulement dans la course aux modèles. Si OpenAI et io Products concrétisent leur rapprochement, ils devront répondre à une interrogation plus vaste : comment concevoir une technologie suffisamment présente pour aider, sans devenir une présence de plus qui fragmente l’attention et les relations sociales ?
Questions fréquentes
OpenAI va-t-il réellement racheter io Products ?
Au 7 avril 2025, l’acquisition n’est pas confirmée. Des informations de presse font état de discussions entre OpenAI et io Products autour d’une éventuelle opération. Un partenariat, plutôt qu’un rachat complet, serait également envisagé. Il faut donc considérer ce dossier comme un projet en cours d’examen, pas comme une transaction finalisée.
Quel serait le prix du rachat d’io Products par OpenAI ?
Le montant évoqué pour une éventuelle acquisition est d’environ 500 millions de dollars. Ce chiffre n’a pas été confirmé officiellement par OpenAI ou io Products et les conditions précises d’une transaction ne sont pas connues. Il peut s’agir d’une estimation rapportée, susceptible d’évoluer si les discussions aboutissent.
Qui est Jony Ive et quel est son rôle dans io Products ?
Jony Ive est l’ancien responsable du design d’Apple, où il a contribué à des produits comme l’iMac, l’iPod, l’iPhone, l’iPad et l’Apple Watch. Après son départ d’Apple en 2019, il a créé LoveFrom. Il collabore avec Sam Altman sur io Products, une startup qui explore des appareils intégrant l’intelligence artificielle.
Quel produit d’intelligence artificielle prépare io Products ?
io Products travaillerait sur plusieurs concepts d’appareils dotés d’intelligence artificielle, mais aucun produit précis n’a été annoncé publiquement. Les informations disponibles ne permettent pas d’identifier son format, ses fonctions, son prix ou sa date de sortie. L’ambition rapportée est de créer des produits moins socialement perturbateurs que l’iPhone.
Pourquoi OpenAI voudrait-il créer ou racheter du matériel ?
OpenAI développe principalement des modèles et des services logiciels. S’intéresser au matériel pourrait lui permettre de penser l’usage de l’IA dans un objet conçu spécifiquement pour elle, avec une interface et une expérience plus cohérentes. Cela ne garantit toutefois pas qu’un produit grand public soit imminent, car les contours du projet restent confidentiels.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- The Information, informations sur les discussions entre OpenAI et io Productswww.theinformation.com
- The New York Times, informations sur l’ambition de produits moins perturbateurs que l’iPhonewww.nytimes.com
- LoveFrom, studio de design fondé par Jony Ivewww.lovefrom.com



