OpenAI prépare avec Jony Ive un appareil d’IA sans écran qui ne se porte pas
OpenAI prépare un appareil d’intelligence artificielle compact, sans écran et pensé pour ne pas être porté sur soi. Avec le rachat annoncé de la start-up io, cofondée par Jony Ive, l’entreprise de Sam Altman veut imaginer un troisième objet informatique aux côtés du smartphone et de l’ordinateur.

Le prochain grand produit d’OpenAI ne devrait ressembler ni à une montre connectée, ni à des lunettes, ni à un nouveau téléphone. Le 21 mai 2025, l’entreprise à l’origine de ChatGPT a annoncé son intention de racheter io, une jeune pousse cofondée par le célèbre designer Jony Ive. L’objectif est ambitieux : créer un appareil d’intelligence artificielle inédit, sans écran et conçu pour accompagner l’utilisateur au quotidien sans être porté sur le corps.
Le projet reste entouré de nombreuses inconnues, à commencer par son nom, son prix et sa date de commercialisation. Mais les premiers éléments attribués à Sam Altman dessinent déjà une stratégie claire. OpenAI ne cherche pas simplement à placer un assistant conversationnel dans un objet existant. L’entreprise veut tenter d’installer une nouvelle catégorie de matériel, pensée dès l’origine autour de l’IA.
Ce que l’on sait du projet d’appareil d’OpenAI
Au 22 mai 2025, OpenAI n’a pas présenté de prototype au public. Les informations disponibles décrivent toutefois un objet compact et dépourvu d’écran, qui pourrait être posé sur un bureau ou emporté dans une poche. Sam Altman l’aurait qualifié de « troisième appareil central », après un ordinateur portable tel qu’un MacBook Pro et un smartphone tel qu’un iPhone.
Cette formule ne signifie pas qu’OpenAI entend remplacer immédiatement ces deux équipements. Ordinateur et téléphone restent les interfaces dominantes pour travailler, communiquer, consulter des documents ou profiter de contenus visuels. L’ambition affichée est plutôt de proposer un objet complémentaire, capable de rendre l’IA plus accessible dans les moments où sortir son téléphone ou ouvrir son ordinateur n’est pas la solution la plus naturelle.
Le terme « non portable » mérite une précision importante en français. Il ne faut pas comprendre que l’objet serait impossible à transporter. Au contraire, il pourrait tenir dans une poche. Ici, il s’agit de la traduction de l’idée de wearable : OpenAI ne miserait pas sur un objet porté sur le corps, comme une montre, un bracelet, des écouteurs ou des lunettes.
| Élément | Ce qui est connu au 22 mai 2025 | Ce qui n’est pas confirmé |
|---|---|---|
| Format | Un appareil compact, qui pourrait tenir dans une poche ou reposer sur un bureau | Ses dimensions, son poids et ses matériaux |
| Interface | Le produit serait sans écran | Son mode d’interaction précis, vocal, tactile ou autre |
| Positionnement | Un « troisième appareil central » aux côtés du téléphone et de l’ordinateur | Les usages exacts et les applications proposées |
| Rapport à l’environnement | L’objet serait conçu pour être conscient du contexte de l’utilisateur | Les capteurs employés et les données collectées |
| Lancement | OpenAI travaille sur le projet avec l’équipe d’io | Une date, un prix et les pays concernés |
Pourquoi OpenAI écarte les lunettes et les objets portés
Le choix de ne pas lancer un objet à porter sur soi est notable. Depuis plusieurs années, les géants de la technologie explorent cette piste : montres connectées, écouteurs enrichis de fonctions d’assistance, lunettes de réalité augmentée ou encore pendentifs capables d’enregistrer et de traiter l’environnement. Ces formats promettent une présence constante, mais ils soulèvent aussi des contraintes pratiques et sociales.
Un objet accroché au corps doit être léger, suffisamment autonome et acceptable dans tous les contextes. Les lunettes, par exemple, doivent satisfaire à la fois des exigences de confort, de style, d’optique et de confidentialité. Les utilisateurs doivent aussi accepter d’avoir sur eux un produit potentiellement muni de capteurs. Ces difficultés expliquent en partie pourquoi l’idée d’un assistant IA toujours présent ne s’est pas encore imposée comme un usage de masse.
Le projet d’OpenAI semble prendre un autre chemin. Un petit objet que l’on pose, que l’on garde à proximité ou que l’on glisse dans sa poche peut être disponible sans devenir un accessoire vestimentaire. Cela ne résout pas toutes les difficultés, notamment celles liées à l’autonomie, à la qualité de l’interaction ou à la protection de la vie privée. Mais cela déplace le compromis : l’appareil chercherait à être présent sans être constamment visible sur l’utilisateur.
Le futur appareil d’OpenAI face aux équipements actuels
Projet d’OpenAI
- Objet compact qui ne serait pas porté sur le corps
- Appareil annoncé comme dépourvu d’écran
- Pourrait rester sur un bureau ou tenir dans une poche
- Pensé comme un compagnon IA conscient du contexte
- Fonctions, prix et date de sortie encore inconnus
Smartphone et ordinateur
- Écrans au centre de l’expérience utilisateur
- Applications et interfaces visuelles déjà établies
- Objets adaptés à lire, écrire et consulter des contenus
- Usages et écosystèmes largement maîtrisés par le public
- Peuvent rester nécessaires pour les tâches demandant un affichage
Un « troisième appareil » : quelle place dans le quotidien ?
L’expression employée par Sam Altman est volontairement forte. Aujourd’hui, le smartphone concentre une grande partie des gestes numériques rapides : rechercher une information, envoyer un message, s’orienter, photographier ou payer. L’ordinateur reste l’outil privilégié pour la production de documents, le travail complexe et les usages nécessitant un écran large. Pour se faire une place entre ces deux objets, le futur appareil d’OpenAI devra donc apporter une expérience réellement différente.
L’hypothèse la plus plausible, au regard des éléments communiqués, est celle d’un compagnon IA contextuel. Au lieu de demander à l’utilisateur d’ouvrir une application, de formuler une requête puis de lire une réponse sur un écran, l’objet pourrait rendre l’assistance plus immédiate. Le projet serait également conçu pour être conscient de l’environnement et de la vie quotidienne de son propriétaire.
Cette promesse doit toutefois être interprétée avec prudence. Être « conscient » du contexte peut recouvrir des réalités très différentes : comprendre une demande formulée à voix haute, utiliser une localisation avec accord de l’utilisateur, ou analyser ce qui se passe autour de l’appareil. OpenAI n’a pas détaillé les capteurs prévus, le fonctionnement du traitement des données, ni les possibilités de désactivation. Ces questions détermineront largement l’utilité et l’acceptabilité du produit.
L’absence d’écran peut aussi être une force comme une limite. Elle pourrait éviter la distraction permanente associée aux notifications et aux flux d’applications. En revanche, de nombreuses tâches ont besoin d’un retour visuel : vérifier une information, relire un texte, consulter une carte, comparer des options ou corriger une erreur. Le défi sera donc de savoir à quel moment l’appareil agit seul, à quel moment il répond simplement, et à quel moment il renvoie l’utilisateur vers son téléphone ou son ordinateur.
Le rôle décisif de Jony Ive et de la start-up io
Pour mener cette ambition matérielle, OpenAI s’appuie sur io, une start-up cofondée par Jony Ive. Ancien responsable du design d’Apple, celui-ci a contribué à façonner l’apparence et l’usage de produits devenus emblématiques, dont l’iMac, l’iPod, l’iPhone et l’iPad. Son arrivée dans l’orbite d’OpenAI donne au projet une dimension inhabituelle pour une entreprise surtout connue jusqu’ici pour ses modèles d’IA et ses services logiciels.
L’accord annoncé valorise l’opération à 6,5 milliards de dollars en actions. Il ne s’agit pas seulement de recruter un designer renommé. OpenAI cherche à intégrer une équipe habituée à penser l’objet dans son ensemble : forme, prise en main, matériaux, fabrication, logiciel et relation émotionnelle avec l’utilisateur. Dans le matériel grand public, cette cohérence est souvent aussi importante que la performance technique.
Jony Ive et son collectif de design LoveFrom doivent conserver leur indépendance tout en prenant des responsabilités créatives et de conception importantes auprès d’OpenAI. Cette organisation suggère que l’entreprise veut s’appuyer sur leur culture du produit sans faire de l’IA un simple argument ajouté après coup à un gadget existant.
Les 1 000 milliards de dollars évoqués par Sam Altman
Sam Altman aurait présenté ce projet comme une opportunité capable d’ajouter jusqu’à 1 000 milliards de dollars de valeur de marché à OpenAI. Ce chiffre ne correspond ni à un chiffre d’affaires annoncé, ni à une prévision de ventes, ni à la taille garantie d’un marché. Il s’agit d’une estimation très ambitieuse de la valeur que pourrait créer une nouvelle catégorie de produits si elle rencontrait un succès massif.
Pourquoi un tel potentiel attire-t-il les entreprises d’IA ? Les assistants logiciels peuvent être installés sur des milliards de téléphones et d’ordinateurs, mais ils dépendent encore des plateformes et des systèmes d’exploitation contrôlés par d’autres groupes. Un appareil conçu autour de l’IA donnerait à OpenAI une relation plus directe avec ses utilisateurs et davantage de contrôle sur l’expérience proposée.
Le pari reste considérable. Le marché de l’électronique grand public est exigeant : un produit doit fonctionner de façon fiable, justifier son prix, être facile à comprendre et offrir une raison durable de l’utiliser. L’histoire récente montre que l’intérêt pour les assistants IA ne garantit pas l’adoption d’un nouvel objet. Un format inédit doit convaincre non seulement par sa technologie, mais aussi par sa simplicité et sa place dans la vie réelle.
Le secret commercial ne répond pas aux questions de vie privée
Sam Altman a insisté sur la nécessité de préserver le secret autour du projet jusqu’au lancement, afin d’éviter que des concurrents ne le copient. Dans un secteur où les idées de produits circulent vite, cette prudence est compréhensible. L’entreprise cherche à protéger un avantage de conception et à maîtriser le moment où elle dévoilera son appareil.
Il faut cependant distinguer deux sujets. Le secret industriel concerne les informations gardées confidentielles avant la commercialisation : design, fonctions, composants ou stratégie. La vie privée concerne, elle, ce que l’appareil saura de son utilisateur, ce qu’il pourra éventuellement capter, la durée de conservation de ces données et les moyens de contrôle laissés au public.
Pour un compagnon IA présenté comme conscient de son environnement, ces garanties seront centrales. Les futurs utilisateurs auront besoin de savoir si l’appareil écoute en permanence ou seulement après une activation, si des informations sont traitées localement ou à distance, et comment empêcher une collecte non souhaitée. À cette date, OpenAI n’a pas encore communiqué de réponses précises à ces questions.
Ce qu’il faut surveiller avant le lancement
Le projet d’OpenAI est significatif parce qu’il révèle une ambition : faire sortir l’IA générative des fenêtres de discussion et des interfaces classiques. Mais entre cette vision et un produit adopté au quotidien, les étapes sont nombreuses. Les annonces à venir devront apporter des éléments concrets sur l’interface, l’autonomie, la connexion au smartphone, les capacités réelles de l’assistant et son prix.
La première interrogation portera sur la fonction décisive de l’objet. Un troisième appareil ne peut pas seulement répéter ce que font déjà un téléphone et un ordinateur. Il devra accomplir certaines tâches plus vite, plus naturellement ou avec moins d’effort. La deuxième concernera la confiance : plus une IA est proche du contexte personnel de l’utilisateur, plus les règles de contrôle et de confidentialité doivent être claires.
Enfin, le rachat d’io sera scruté comme un test de la capacité d’OpenAI à devenir aussi une entreprise de matériel. La rencontre entre les modèles d’IA de l’entreprise et l’expérience de Jony Ive dans le design pourrait ouvrir une voie originale. Elle ne garantit pas pour autant le succès commercial. Au 22 mai 2025, la promesse est celle d’un nouvel objet informatique, pas encore celle d’un produit dont les usages sont démontrés.
Questions fréquentes
Quel appareil OpenAI prépare-t-il avec Jony Ive ?
OpenAI prépare un appareil d’intelligence artificielle compact, sans écran et non porté sur le corps. Il pourrait être posé sur un bureau ou emporté dans une poche. Sam Altman le présente comme un troisième appareil informatique central, complémentaire d’un smartphone et d’un ordinateur. Ni son nom, ni sa forme exacte, ni ses fonctions détaillées ne sont publics au 22 mai 2025.
Le futur appareil d’OpenAI sera-t-il une montre ou des lunettes connectées ?
Non, les informations disponibles indiquent précisément que le produit ne sera pas un objet porté sur soi. Il ne s’agirait donc pas de lunettes, d’une montre ou d’un bracelet connecté. Le terme peut prêter à confusion : l’appareil pourrait être transportable et tenir dans une poche, mais il ne serait pas conçu pour rester attaché au corps.
Pourquoi OpenAI rachète-t-il la start-up io de Jony Ive ?
OpenAI veut s’appuyer sur l’expertise d’io pour concevoir un nouveau type d’appareil centré sur l’IA. Jony Ive, ancien responsable du design d’Apple et cofondateur d’io, apporte une expérience majeure dans la création de produits électroniques grand public. L’opération annoncée est valorisée à 6,5 milliards de dollars, en actions.
Que signifie l’objectif de 1 000 milliards de dollars évoqué par Sam Altman ?
Sam Altman estime que cette nouvelle catégorie de matériel pourrait ajouter jusqu’à 1 000 milliards de dollars de valeur de marché à OpenAI. Il ne s’agit pas d’un chiffre d’affaires, d’un budget ou d’une prévision de ventes. C’est une projection très ambitieuse sur la valeur potentielle de l’entreprise si le produit créait un marché durable et largement adopté.
L’appareil sans écran d’OpenAI posera-t-il des questions de confidentialité ?
Oui, potentiellement. Le produit serait conçu pour comprendre le contexte et l’environnement de l’utilisateur, ce qui rend les modalités de collecte et de traitement des données particulièrement importantes. Au 22 mai 2025, OpenAI n’a pas détaillé les capteurs utilisés, les données conservées, les réglages de contrôle ou les mécanismes permettant de désactiver certaines fonctions.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- OpenAI, annonce de l’acquisition d’io et collaboration avec Jony Iveopenai.com
- The Wall Street Journal, rubrique intelligence artificielle et technologiewww.wsj.com/tech/ai



