Ana Bakshi prend la direction du centre d’entrepreneuriat du MIT
Le Martin Trust Center for MIT Entrepreneurship accueille Ana Bakshi comme directrice exécutive à l’automne 2025. Forte d’une expérience à Oxford, King’s College London et dans une start-up d’IA, elle rejoint un centre qui forme les étudiants du MIT à transformer la recherche en entreprises.

À Cambridge, dans le Massachusetts, le MIT veut continuer à faire de l’entrepreneuriat un prolongement concret de la recherche et de l’enseignement. C’est dans cette perspective qu’Ana Bakshi a pris ses fonctions de directrice exécutive du Martin Trust Center for MIT Entrepreneurship, au début du semestre d’automne 2025. Elle travaillera aux côtés de Bill Aulet, professeur et directeur du centre, figure reconnue de l’enseignement entrepreneurial au MIT.
Cette nomination intervient alors que l’intelligence artificielle modifie à la fois les outils disponibles pour créer une entreprise et les problèmes auxquels les jeunes pousses prétendent répondre. Prototyper un service, analyser un marché ou automatiser certaines tâches est devenu plus accessible. Mais cette accélération ne dispense pas les fondateurs de comprendre leurs clients, de bâtir une équipe et de mesurer les conséquences de leurs choix. C’est précisément sur cette articulation entre technologie, méthode et impact que le centre entend renforcer son action.
Une dirigeante rompue à l’éducation entrepreneuriale
Ana Bakshi arrive au MIT avec un parcours centré sur la structuration de programmes d’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur. Avant cette prise de fonctions, elle a contribué à créer des centres dédiés à l’entrepreneuriat à King’s College London et à l’université d’Oxford. Elle a également exercé comme directrice des opérations, ou COO, de Quench.ai, une start-up d’intelligence artificielle primée.
Son expérience ne se limite donc pas à l’accompagnement individuel de projets. Elle porte aussi sur la construction d’institutions capables de faire travailler ensemble étudiants, chercheurs, entrepreneurs et partenaires extérieurs. Pour une université technologique comme le MIT, ce rôle est stratégique : une découverte scientifique ou une nouvelle méthode de calcul ne devient pas automatiquement un produit, un service ou une organisation utile à la société.
Bill Aulet a souligné que sa nouvelle collègue apportait des compétences complémentaires et un fort engagement en faveur de l’enseignement de l’entrepreneuriat. L’enjeu sera de les mettre au service d’une communauté d’étudiants aux profils très variés, des sciences du vivant à l’informatique, en passant par l’ingénierie, le design et les sciences humaines.
Ce que son expérience à Oxford et à King’s College apporte au MIT
À Oxford, Ana Bakshi a notamment dirigé des travaux visant à évaluer l’efficacité des programmes entrepreneuriaux. Son étude, intitulée Universities: Drivers of Prosperity and Economic Recovery, a proposé un cadre pour mesurer les résultats des initiatives universitaires dans ce domaine. Cette logique d’évaluation est importante : le nombre de projets créés ne suffit pas à juger la qualité d’un programme. Il faut aussi s’intéresser aux entreprises qui survivent, aux emplois créés, aux financements obtenus et, plus largement, à l’utilité des solutions développées.
Elle a par ailleurs fondé Oxford Foundry, une plateforme d’entrepreneuriat interuniversitaire. Selon les éléments communiqués à l’occasion de sa nomination, cette structure a attiré des investissements de la part d’acteurs tels que LinkedIn et Twitter, aujourd’hui connu sous le nom de X. Les start-ups soutenues par Oxford Foundry et King’s College ont, sous sa direction, levé plus de 500 millions de dollars et créé près de 3 000 emplois dans différents secteurs innovants.
Ces chiffres ne signifient pas que tous les projets accompagnés deviennent des réussites commerciales. Ils illustrent plutôt l’ampleur que peut prendre un écosystème universitaire lorsque l’enseignement, le mentorat, l’accès à des réseaux et le suivi des résultats sont réunis dans une même démarche.
| Repère | Ce que l’on sait |
|---|---|
| 1990 | Création du Martin Trust Center for MIT Entrepreneurship. |
| Avant 2025 | Ana Bakshi participe à la création de centres d’entrepreneuriat à Oxford et à King’s College London. |
| Avant son arrivée au MIT | Les jeunes pousses soutenues par Oxford Foundry et King’s College lèvent plus de 500 millions de dollars et créent près de 3 000 emplois. |
| Automne 2025 | Ana Bakshi devient directrice exécutive du Martin Trust Center. |
| Au MIT | Le centre offre plus de 60 cours, ainsi que des activités et programmes extrascolaires. |
Le Martin Trust Center, un pont entre campus et création d’entreprise
Fondé en 1990, le Martin Trust Center a pour mission de soutenir les étudiants du MIT, quelle que soit leur discipline. Cette ouverture est essentielle dans un établissement où l’innovation naît souvent au croisement des spécialités : une équipe peut réunir, par exemple, un ingénieur, une spécialiste de la santé, un chercheur en matériaux et un étudiant en gestion.
Le centre propose plus de 60 cours et de nombreuses activités hors cursus. Parmi elles figure delta v, son accélérateur académique. Un accélérateur aide généralement les porteurs de projet à transformer une intuition en démarche structurée : préciser le problème traité, rencontrer des clients potentiels, construire une première version du produit et vérifier qu’un marché existe réellement.
Les programmes s’appuient sur la méthode de Disciplined Entrepreneurship, ou entrepreneuriat discipliné. L’expression peut sembler paradoxale, tant l’image de l’entrepreneur reste associée à l’audace et à l’improvisation. Elle désigne pourtant une idée simple : l’innovation gagne à suivre un processus reproductible. Au lieu de commencer par la technologie disponible, les équipes sont encouragées à partir d’un problème précis et d’un public clairement identifié.
Deux leviers pour former des entrepreneurs au MIT
L’expérience apportée par Ana Bakshi
- Création de structures d’entrepreneuriat à Oxford et à King’s College London.
- Expérience de l’évaluation des résultats des programmes universitaires.
- Fondation d’Oxford Foundry, une plateforme interuniversitaire.
- Expérience opérationnelle comme COO de la start-up d’IA Quench.ai.
Les ressources déjà présentes au MIT
- Un centre d’entrepreneuriat créé en 1990 et ouvert à toutes les disciplines.
- Plus de 60 cours consacrés à l’entrepreneuriat.
- L’accélérateur académique delta v pour accompagner les projets étudiants.
- La méthode Disciplined Entrepreneurship comme cadre d’apprentissage.
- L’intégration annoncée d’outils d’IA tels qu’Orbit et JetPack.
Pourquoi l’IA oblige à repenser la formation des fondateurs
L’arrivée d’Ana Bakshi se produit dans un contexte où l’IA occupe une place grandissante dans les stratégies de création d’entreprise. Les modèles génératifs permettent désormais de produire du code, des contenus, des synthèses ou des maquettes à une vitesse inédite. Pour de nombreux entrepreneurs, ces outils réduisent le coût et le délai nécessaires pour tester une idée.
Mais l’IA rend aussi le paysage plus concurrentiel. Lorsqu’il est plus facile de construire une démonstration, la différence se joue davantage sur la qualité du problème choisi, l’accès à des données pertinentes, la confiance des utilisateurs, la maîtrise des risques et la capacité à faire évoluer un produit. Une entreprise fondée sur l’IA doit notamment s’interroger sur la fiabilité de ses résultats, la protection des données, la propriété intellectuelle et les biais éventuels de ses systèmes.
Le Martin Trust Center indique vouloir intégrer de nouveaux outils d’IA, dont Orbit et JetPack, à son approche pédagogique. Les informations disponibles ne détaillent pas leurs fonctionnalités précises. L’objectif affiché est néanmoins de faire évoluer la manière dont l’entrepreneuriat est enseigné et pratiqué, afin d’aider les étudiants à créer des entreprises tournées vers l’innovation.
De la recherche à l’impact réel, le défi central du MIT
Le MIT est reconnu pour l’intensité de sa recherche scientifique et technologique. Pour le Martin Trust Center, le défi consiste à aider les étudiants à traduire cette capacité d’invention en solutions concrètes. Cela peut prendre plusieurs formes : une entreprise commerciale, un projet à impact social, une technologie destinée à être licenciée ou encore une initiative menée au sein d’une organisation existante.
Cette mission suppose de ne pas réduire l’entrepreneuriat à la seule levée de fonds. Le financement est souvent nécessaire pour développer une jeune entreprise, mais il n’est pas une preuve suffisante d’utilité ou de solidité. Former des entrepreneurs implique aussi d’apprendre à abandonner une piste qui ne répond pas à un besoin, à changer de direction lorsque les faits le commandent et à considérer les effets sociaux d’une innovation.
C’est sur ce point que le parcours d’Ana Bakshi, mêlant pilotage de programmes universitaires, mesure de l’impact et expérience opérationnelle dans une start-up d’IA, prend tout son sens. Sa mission annoncée est d’élargir le soutien offert aux talents entrepreneuriaux du MIT, dans un environnement où les opportunités technologiques se multiplient rapidement.
Ce qu’il faut surveiller
Les prochains mois permettront d’observer comment cette nouvelle direction se traduira dans les cours, l’accélérateur delta v et l’usage des outils d’IA cités par le centre. La question ne sera pas seulement de savoir si davantage d’étudiants lancent des projets, mais quels problèmes ils choisissent de résoudre, avec quelles méthodes et pour quels résultats.
L’évolution de l’enseignement entrepreneurial est également un sujet plus large pour les universités. Face aux défis économiques, climatiques, sanitaires et technologiques, elles sont de plus en plus attendues sur leur capacité à faire circuler les idées entre laboratoires, entreprises et société. En confiant la direction exécutive de son centre à Ana Bakshi, le MIT affirme vouloir faire de cette formation un levier de transformation concret, tout en conservant l’exigence méthodologique qui fait la spécificité de son approche.
Questions fréquentes
Qui est Ana Bakshi, nouvelle directrice du Martin Trust Center du MIT ?
Ana Bakshi est une dirigeante spécialisée dans l’éducation à l’entrepreneuriat. Avant de rejoindre le MIT à l’automne 2025, elle a contribué à créer des centres d’entrepreneuriat à l’université d’Oxford et à King’s College London. Elle a aussi été directrice des opérations de Quench.ai, une start-up d’intelligence artificielle primée.
Qu’est-ce que le Martin Trust Center for MIT Entrepreneurship ?
Le Martin Trust Center est le centre d’entrepreneuriat du MIT. Créé en 1990, il accompagne les étudiants de toutes disciplines à travers plus de 60 cours, des activités extrascolaires et l’accélérateur delta v. Son objectif est d’aider les porteurs de projets à transformer une idée ou une innovation scientifique en solution viable.
Qu’est-ce que la méthode Disciplined Entrepreneurship du MIT ?
Disciplined Entrepreneurship est un cadre méthodologique utilisé au Martin Trust Center pour enseigner la création d’entreprise. Son principe est de structurer le parcours entrepreneurial, depuis l’identification d’un problème et d’un client jusqu’aux tests de marché et au modèle économique. L’approche privilégie les retours concrets plutôt que les seules intuitions.
Quels résultats Ana Bakshi a-t-elle obtenus à Oxford et à King’s College London ?
Selon les éléments présentés lors de sa nomination, les start-ups soutenues par Oxford Foundry et King’s College sous sa direction ont levé plus de 500 millions de dollars et créé près de 3 000 emplois. Elle a aussi fondé Oxford Foundry et mené des travaux sur l’évaluation des programmes universitaires d’entrepreneuriat.
Comment le MIT compte-t-il utiliser l’intelligence artificielle dans l’enseignement entrepreneurial ?
Le Martin Trust Center prévoit d’intégrer des outils d’IA, dont Orbit et JetPack, à ses programmes. L’ambition est de faire évoluer l’apprentissage et la pratique de l’entrepreneuriat à mesure que ces technologies se diffusent. Les informations disponibles à l’automne 2025 ne précisent toutefois pas les fonctionnalités exactes de ces outils.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- MIT Entrepreneurship, site officiel du Martin Trust Center for MIT Entrepreneurshipentrepreneurship.mit.edu
- MIT Sloan School of Management, établissement auquel est rattaché l’enseignement entrepreneurial du MITmitsloan.mit.edu
- Oxford Foundry, plateforme d’entrepreneuriat de l’université d’Oxfordwww.oxfordfoundry.ox.ac.uk



