Huawei envoie les premiers échantillons de l’Ascend 910C pour défier Nvidia
Huawei a commencé à faire tester l’Ascend 910C, une puce d’intelligence artificielle que le groupe chinois présente comme une rivale de la H100 de Nvidia. Derrière cette offensive se joue bien plus qu’un duel de performances : la capacité des entreprises chinoises à s’équiper localement malgré les restrictions américaines.

Fin septembre 2024, Huawei fait monter la pression dans la bataille mondiale des puces pour l’intelligence artificielle. Le groupe chinois a commencé à envoyer des échantillons de son Ascend 910C à des entreprises afin qu’elles puissent l’évaluer, notamment dans le secteur des télécommunications en Chine. Cette étape ne garantit pas encore un succès commercial, mais elle marque une ambition claire : proposer une alternative crédible aux accélérateurs de Nvidia dans un marché devenu stratégique.
L’initiative intervient dans un contexte particulier. Les restrictions américaines pèsent sur l’accès de Huawei à certaines technologies avancées, tandis que les entreprises chinoises cherchent des solutions locales pour entraîner et exploiter leurs systèmes d’IA. Pour Huawei, réussir avec l’Ascend 910C ne consiste donc pas seulement à produire une puce puissante. Il faut aussi convaincre des clients, fournir les outils logiciels nécessaires et pouvoir livrer à grande échelle.
L’Ascend 910C, une puce conçue pour les besoins de l’IA
L’Ascend 910C est un processeur destiné aux charges de calcul intensives de l’intelligence artificielle. Ces puces spécialisées sont utilisées dans les centres de données pour traiter de très grands volumes d’informations et effectuer une immense quantité d’opérations en parallèle. Elles servent en particulier à l’entraînement des modèles, c’est-à-dire la phase durant laquelle un système apprend à partir de données, mais aussi à l’exécution des modèles une fois ceux-ci déployés.
Huawei a envoyé les premiers échantillons de sa puce afin que des clients potentiels puissent mener leurs propres essais. Cette phase est essentielle dans l’industrie des semi-conducteurs : avant d’adopter un nouveau composant, une entreprise doit vérifier sa stabilité, sa consommation, ses performances dans ses propres logiciels et sa capacité à fonctionner avec les serveurs déjà utilisés.
Les informations disponibles indiquent que des entreprises chinoises des télécommunications ont testé la puce. Elles ne donnent toutefois ni résultats chiffrés, ni détail technique sur les conditions de ces essais. Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur ses performances effectives en situation réelle.
| Période | Étape annoncée ou observée | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Fin septembre 2024 | Envoi d’échantillons de l’Ascend 910C | Des clients peuvent évaluer la puce avant un éventuel déploiement |
| Octobre 2024 | Début des livraisons prévu, selon le Wall Street Journal | Huawei vise le passage de la phase de test à la fourniture de produits |
| 2024 | Tests auprès d’acteurs chinois des télécommunications | Le marché domestique constitue le premier terrain de validation |
| 2024 | Partenariat stratégique évoqué avec Baidu | Les clients et l’écosystème logiciel sont déterminants pour l’adoption |
Huawei vise la H100 de Nvidia, mais la comparaison reste à démontrer
Huawei place explicitement l’Ascend 910C face à la série H100 de Nvidia. La H100 est l’une des références du marché des accélérateurs destinés à l’IA, un segment où Nvidia occupe une position dominante. La société chinoise affirme que l’efficacité d’entraînement de sa nouvelle puce pourrait être équivalente, voire supérieure, à celle de son concurrent américain.
Cette promesse doit être lue avec prudence. Comparer deux puces d’IA ne revient pas à comparer deux chiffres isolés. Les résultats dépendent notamment du modèle utilisé, de la précision de calcul retenue, du nombre de puces réunies dans un serveur, du réseau qui les relie et des logiciels employés. Une puce peut exceller dans une tâche donnée sans reproduire le même avantage dans tous les usages.
À la date de publication, aucun benchmark indépendant détaillé n’est mentionné pour permettre de vérifier l’affirmation de Huawei. Les essais menés par les clients potentiels seront donc déterminants. Ils devront établir si l’Ascend 910C offre non seulement de bonnes performances brutes, mais aussi une expérience d’utilisation suffisamment fiable pour des infrastructures critiques.
Ascend 910C et H100 : ce que l’on sait fin septembre 2024
Huawei Ascend 910C
- Échantillons envoyés à des entreprises chinoises, dont des acteurs des télécommunications.
- Huawei affirme viser une efficacité d’entraînement égale ou supérieure à la H100.
- Livraisons prévues à partir d’octobre 2024 selon le Wall Street Journal.
- Peut répondre au besoin d’une alternative locale en Chine.
- Aucun résultat indépendant détaillé n’est mentionné à ce stade.
Nvidia H100
- Référence de marché visée par Huawei pour la comparaison de performances.
- Nvidia demeure dominant dans les processeurs dédiés à l’IA.
- Les entreprises chinoises font face à un contexte réglementaire plus contraignant.
- Son environnement logiciel est un élément majeur de son adoption.
- Les informations disponibles ne fournissent pas de comparaison indépendante complète avec l’Ascend 910C.
Pourquoi les logiciels comptent autant que le matériel
Dans l’IA de pointe, la puce n’est qu’une partie de l’équation. Les entreprises qui entraînent de grands modèles utilisent des bibliothèques, des outils de programmation, des systèmes de gestion de serveurs et des logiciels d’optimisation adaptés à leur matériel. Changer de fournisseur peut demander du temps, de la formation et parfois une réécriture partielle des programmes.
C’est l’un des atouts historiques de Nvidia : sa domination ne repose pas uniquement sur ses processeurs, mais aussi sur un environnement logiciel largement utilisé par les développeurs et les opérateurs de centres de données. Huawei doit donc faire plus que proposer un composant comparable sur le papier. Le groupe doit rendre son offre exploitable dans les projets des entreprises chinoises, avec une intégration suffisamment simple et des performances reproductibles.
Le partenariat stratégique évoqué entre Huawei et Baidu prend ici tout son sens. Huawei doit fournir des processeurs graphiques spécialisés pour les applications d’IA de Baidu. Pour un fabricant de puces, travailler avec un grand acteur de l’Internet et de l’IA permet de confronter ses produits à des besoins concrets : entraînement d’algorithmes, traitement de données à grande échelle et déploiement dans des infrastructures complexes.
Les sanctions américaines renforcent l’enjeu d’une alternative locale
Huawei poursuit cette stratégie alors que les sanctions américaines compliquent son accès à des technologies avancées. Ces restrictions constituent un défi industriel majeur : concevoir une puce, la fabriquer, l’intégrer dans des serveurs et en assurer l’approvisionnement suppose une chaîne de compétences et de partenaires particulièrement vaste.
Pour Huawei, développer l’Ascend 910C répond donc à une contrainte autant qu’à une opportunité. Le groupe cherche à poursuivre son innovation malgré un environnement d’approvisionnement plus difficile. Cela implique de renforcer la recherche et le développement de solutions alternatives, tout en démontrant que ces solutions peuvent répondre aux attentes des utilisateurs professionnels.
La capacité à livrer est un point aussi important que la capacité à concevoir. Selon le Wall Street Journal, Huawei prévoyait de commencer les livraisons en octobre 2024. Entre une annonce, des échantillons de test et une production capable de répondre durablement à la demande, l’écart peut être considérable. Les volumes effectivement disponibles ne sont pas précisés dans les informations connues à ce stade.
Le marché chinois, premier terrain de la confrontation
La Chine représente un marché déterminant pour Huawei. De nombreuses entreprises y développent ou déploient des applications d’intelligence artificielle dans les télécommunications, les services en ligne, l’industrie ou la recherche. Or, le recours à des composants produits localement peut gagner en importance lorsque l’accès aux fournisseurs étrangers devient plus incertain.
Nvidia reste un acteur majeur, mais doit composer avec une pression réglementaire croissante et avec les contraintes qui s’appliquent à ses ventes vers le marché chinois. Dans ce contexte, Huawei se positionne comme une option nationale pour les entreprises cherchant à réduire leur dépendance à des fournisseurs étrangers.
Le prix pourrait participer à cette décision. Les informations évoquées indiquent que les nouvelles puces IA de Huawei seraient proposées à un niveau similaire à celui des produits de Nvidia. À prix comparable, le choix des entreprises ne reposera pas uniquement sur le coût d’achat. Elles regarderont également les performances réellement obtenues, la disponibilité des composants, la compatibilité avec leurs logiciels, l’assistance technique et le coût de migration de leurs infrastructures.
Une concurrence qui dépasse le seul face-à-face Huawei-Nvidia
L’arrivée de l’Ascend 910C s’inscrit dans une compétition plus large. Intel a lui aussi récemment dévoilé de nouvelles puces d’IA, ajoutant une dimension supplémentaire à un secteur où chaque entreprise cherche à répondre à l’explosion des besoins de calcul. L’entraînement de modèles de plus en plus complexes, mais aussi leur usage quotidien par des millions d’utilisateurs, rendent les accélérateurs IA centraux pour les grandes plateformes technologiques.
La concurrence ne se limite pas à la vitesse d’un processeur. Elle concerne la capacité à réunir des puces dans de grands systèmes, à assurer leur alimentation électrique et leur refroidissement, à fournir des serveurs et à proposer un environnement logiciel complet. Dans ce domaine, les entreprises disposent rarement d’une solution interchangeable du jour au lendemain.
Pour la Chine, l’enjeu est également stratégique. Disposer de fournisseurs locaux capables de répondre à une partie de la demande nationale réduirait l’exposition aux décisions commerciales et réglementaires prises à l’étranger. Pour Huawei, cette situation ouvre une fenêtre, mais elle impose aussi une forte exigence : ses produits devront être assez solides pour gagner la confiance des utilisateurs, pas seulement bénéficier d’un contexte favorable.
Ce qu’il faut surveiller après les premiers échantillons
Les semaines suivant l’envoi des échantillons seront décisives pour l’Ascend 910C. Le premier indicateur sera la confirmation des livraisons annoncées pour octobre 2024. Le deuxième concernera les retours des entreprises qui testent la puce : leurs décisions d’achat permettront de savoir si les promesses de Huawei se traduisent dans les usages réels.
Il faudra également suivre la capacité de Huawei à construire un écosystème autour de son matériel. Le partenariat avec Baidu est significatif, car il montre que l’adoption passe par des collaborations avec des utilisateurs de grande taille. D’autres déploiements, s’ils étaient confirmés, aideraient à mesurer la place que la puce peut prendre dans les centres de données chinois.
Enfin, les restrictions américaines resteront un facteur structurant. Elles peuvent compliquer l’évolution des produits et l’approvisionnement de Huawei, mais elles renforcent en même temps l’intérêt de la Chine pour des solutions conçues localement. L’Ascend 910C est ainsi à la fois un produit technologique et un test de la capacité de Huawei à s’imposer dans une industrie où le matériel, les logiciels et la géopolitique sont désormais étroitement liés.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la puce Ascend 910C de Huawei ?
L’Ascend 910C est une puce destinée aux calculs d’intelligence artificielle dans les centres de données. Huawei la propose pour des tâches exigeantes, notamment l’entraînement d’algorithmes et de modèles. Fin septembre 2024, le groupe a commencé à en envoyer des échantillons à des entreprises chinoises afin qu’elles puissent la tester dans leurs propres infrastructures.
L’Ascend 910C est-elle aussi puissante que la H100 de Nvidia ?
Huawei affirme que l’efficacité d’entraînement de l’Ascend 910C pourrait égaler, voire dépasser, celle de la H100 de Nvidia. Cette déclaration n’est cependant pas accompagnée, dans les informations disponibles, de résultats indépendants détaillés. Les performances réelles dépendront aussi des logiciels, des serveurs, du réseau et des modèles d’IA utilisés lors des tests.
Quand Huawei doit-il livrer l’Ascend 910C ?
Selon le Wall Street Journal, Huawei prévoyait de commencer les livraisons de l’Ascend 910C en octobre 2024. Cette échéance vient après une phase d’envoi d’échantillons et de tests auprès de clients potentiels. Les informations disponibles fin septembre ne précisent ni les volumes de production prévus ni la liste complète des premiers acheteurs.
Pourquoi la puce de Huawei est-elle importante pour la Chine ?
L’Ascend 910C pourrait offrir aux entreprises chinoises une solution locale dans un secteur dominé par Nvidia. Son lancement intervient alors que les sanctions américaines compliquent l’accès de Huawei aux technologies avancées. Pour les clients, l’intérêt potentiel porte autant sur la continuité d’approvisionnement et l’intégration logicielle que sur la seule puissance de calcul.
Quel rôle joue Baidu dans la stratégie IA de Huawei ?
Huawei a établi un partenariat stratégique avec Baidu pour fournir des processeurs graphiques spécialisés destinés à des applications d’intelligence artificielle. Cette collaboration est importante parce qu’un fabricant de puces doit démontrer que son matériel répond aux besoins de grands utilisateurs. Elle peut aussi contribuer à développer les outils et les usages nécessaires autour de l’écosystème Ascend.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- The Wall Street Journal, rubrique technologiewww.wsj.com/tech
- Huawei, site international du groupewww.huawei.com/en
- Baidu, site officielwww.baidu.com



