Finales NBA : une pub IA de Kalshi produite en deux jours pour 2 000 dollars
Pour les finales NBA, la plateforme Kalshi a misé sur un spot de 30 secondes conçu avec l’IA générative. Réalisée en deux jours par PJ Accetturo et produite pour 2 000 dollars, la publicité illustre la vitesse et le faible coût qu’apportent les nouveaux outils vidéo, sans supprimer le travail humain de création et de montage.

Le contraste est saisissant : alors que les grandes retransmissions sportives sont traditionnellement associées à des films publicitaires coûteux et soigneusement préparés, Kalshi a choisi une voie beaucoup plus légère. Le 11 juin 2025, pendant les finales NBA, la plateforme a diffusé un spot de 30 secondes dont les images ont été produites avec l’intelligence artificielle, pour un coût de création annoncé de seulement 2 000 dollars.
La publicité n’est pas pour autant le résultat d’un bouton sur lequel il suffirait d’appuyer. Derrière elle se trouve le réalisateur PJ Accetturo, qui a écrit, testé, sélectionné et monté les séquences. Mais l’expérience donne une mesure concrète de ce que des générateurs vidéo comme Veo 3, le modèle de Google, peuvent changer pour les marques : réduire fortement les dépenses de tournage, accélérer les essais créatifs et permettre à une très petite équipe de produire un contenu destiné à une vaste audience.
Un spot Kalshi diffusé pendant les finales NBA
Kalshi est une plateforme sur laquelle les utilisateurs peuvent prendre position sur l’issue d’événements. Son spot s’appuie logiquement sur l’idée du pari, mais en la poussant dans une direction volontairement absurde. En trente secondes, le film montre des Américains pariant sur des sujets très différents : le prix des œufs, le nombre d’ouragans au cours de l’année ou les résultats des finales NBA.
Ce décalage constitue le cœur du message. Plutôt que de présenter son service dans un décor lisse et prévisible, la marque enchaîne des scènes étonnantes, conçues pour arrêter le regard et se prêter au partage sur les réseaux sociaux. Le clip revendique une ambiance influencée par le jeu vidéo GTA, une référence citée par PJ Accetturo pour décrire son approche visuelle.
La diffusion télévisée a été complétée par une circulation en ligne. Sur X, la publicité a dépassé les 2,6 millions de vues. Ce chiffre ne mesure pas à lui seul l’efficacité commerciale de la campagne, mais il montre que le format et son mode de fabrication ont suscité une curiosité qui dépasse largement le temps d’antenne initial.
Comment le spot a-t-il été fabriqué avec l’IA ?
PJ Accetturo a réalisé le projet en deux jours. Son travail a commencé par l’écriture d’un script. Celui-ci a ensuite été développé avec Gemini, le chatbot de Google, afin de décliner les scènes et de préparer les instructions, souvent appelées prompts, destinées à l’outil de génération vidéo.
Ces instructions décrivent notamment l’action, les personnages, le décor et l’ambiance attendus dans chaque plan. Veo 3 produit alors des séquences à partir de ces indications. Toutefois, un générateur vidéo ne fournit pas nécessairement un résultat utilisable dès le premier essai. Cadrage imprécis, mouvement incohérent, détail indésirable ou rythme insuffisant : la production repose aussi sur une succession d’essais, de corrections et de choix humains.
Dans ce cas, environ 300 à 400 générations ont été nécessaires pour retenir 15 séquences finalisables. Les images sélectionnées ont ensuite été assemblées avec des logiciels de montage courants, parmi lesquels CapCut, Final Cut Pro et Premiere Pro. Le résultat final est donc hybride : l’IA sert à fabriquer la matière visuelle, tandis que le réalisateur conserve le contrôle du scénario, de la sélection des prises et du rythme du film.
| Étape de production | Méthode utilisée pour le spot Kalshi | Ce qu’elle permet |
|---|---|---|
| Écriture | Script initial conçu par PJ Accetturo | Donner une direction narrative et humoristique |
| Préparation des scènes | Déclinaisons avec Gemini | Transformer une idée générale en instructions détaillées |
| Création des plans | Générations avec Veo 3 | Produire de nombreuses variantes visuelles sans tournage classique |
| Sélection | 300 à 400 générations pour 15 séquences retenues | Écarter les résultats inutilisables et conserver les meilleurs plans |
| Montage | CapCut, Final Cut Pro et Premiere Pro | Construire un film cohérent de 30 secondes |
Une économie importante, mais un coût à interpréter avec prudence
Le montant de 2 000 dollars frappe parce qu’il est très éloigné des sommes souvent associées à la production publicitaire. La société Yum Yum Videos estime qu’un film de 30 secondes conçu par des moyens conventionnels peut coûter entre 10 000 et 100 000 dollars. Dans ce cadre, l’opération de Kalshi semble démontrer qu’un outil de génération vidéo peut faire baisser très fortement le ticket d’entrée.
Mais une comparaison rigoureuse demande de préciser ce qui est comparé. Le chiffre de 2 000 dollars concerne la création du spot telle qu’elle a été présentée. Le détail des conditions d’achat de l’espace publicitaire pendant les finales NBA n’est pas fourni. Or, la fabrication d’un film et sa diffusion télévisée sont deux postes différents : une création peu coûteuse peut être associée à une diffusion onéreuse, selon la chaîne, l’horaire et l’audience visée.
Les budgets classiques recouvrent également des réalités très variables. Ils peuvent inclure l’écriture, les cachets, le tournage, les décors, le matériel, les effets visuels, la musique, les assurances ou les droits nécessaires à l’exploitation d’une campagne. Un film produit avec l’IA ne supprime pas systématiquement ces dépenses, mais il peut éviter certains postes, en particulier lorsque le concept ne nécessite ni acteurs filmés ni décors physiques.
Production publicitaire classique et méthode utilisée par Kalshi
Production conventionnelle
- Budget estimé entre 10 000 et 100 000 dollars pour un spot de 30 secondes selon Yum Yum Videos.
- Tournage, décors, équipes techniques et postproduction constituent habituellement des postes majeurs.
- Les modifications importantes exigent souvent de nouvelles prises ou des effets visuels supplémentaires.
- Le processus est adapté aux productions complexes nécessitant un contrôle précis de chaque détail.
Méthode IA de Kalshi
- Coût de création annoncé de 2 000 dollars pour un spot de 30 secondes.
- Script, préparation avec Gemini, générations avec Veo 3 et montage logiciel.
- Environ 300 à 400 générations ont été nécessaires pour sélectionner 15 séquences.
- La rapidité et le faible coût facilitent les essais, mais ne dispensent pas d’un travail de réalisation.
Pourquoi l’IA ne remplace pas simplement un tournage traditionnel
Cette campagne montre que l’IA générative est particulièrement adaptée à certains formats : publicités volontairement décalées, séries de contenus sociaux, prototypes rapides ou idées qui seraient difficiles à tourner avec un budget limité. Elle offre une capacité de variation inhabituelle. Là où une prise classique suppose de réunir une équipe, du matériel et des lieux, un créateur peut demander plusieurs versions d’une même scène en modifiant ses instructions.
Pour autant, la technologie ne transforme pas toute publicité en exercice automatique. Produire plusieurs centaines de générations pour n’en retenir que quinze rappelle que la vidéo générative reste imprévisible. Il faut du temps pour évaluer les résultats, reformuler les demandes et résoudre les défauts éventuels. Une bonne idée, un sens du rythme et une compréhension de la marque demeurent essentiels.
L’enjeu est aussi esthétique. Une image techniquement réussie n’est pas nécessairement mémorable, ni adaptée à un annonceur. Dans le cas de Kalshi, le style inspiré de GTA et l’accumulation de paris improbables donnent une ligne claire au film. Sans ce parti pris, la seule mention de Veo 3 n’aurait probablement pas suffi à créer l’attention.
PJ Accetturo défend le modèle des petites équipes
PJ Accetturo se présente sur les réseaux sociaux comme un « réalisateur IA ». Son discours est moins celui d’une production sans créateurs que celui d’une production plus compacte. « Le futur ce sont de petites équipes qui font du contenu viral hebdomadaire », affirme-t-il.
Cette vision repose sur la fréquence autant que sur le coût. Une marque capable de tester rapidement des concepts pourrait publier davantage de contenus et identifier plus vite ceux qui trouvent leur public. La logique diffère de celle d’un grand film publicitaire conçu plusieurs mois à l’avance, dont le budget rend chaque changement plus difficile.
Le réalisateur explore déjà ce terrain dans d’autres vidéos aux concepts improbables. Il a par exemple imaginé des personnages de la Bible devenus influenceurs ou un Seigneur des Anneaux réalisé à la manière du Studio Ghibli. Il a aussi partagé sur sa chaîne YouTube un faux making-of de la publicité Kalshi, lui-même généré avec Veo 3. Ces expériences illustrent le potentiel de l’IA pour mettre rapidement en images des associations culturelles difficiles à produire autrement.
Quels débats cette publicité relance-t-elle ?
L’opération suscite naturellement l’intérêt des annonceurs, mais aussi des interrogations chez les professionnels de l’image. Si une petite équipe peut produire des campagnes visibles à faible coût, les métiers de la publicité, du tournage, des effets visuels et de la postproduction pourraient voir une partie de leurs méthodes évoluer. Cela ne signifie pas que tous les films seront générés par IA, mais les budgets et les attentes de rapidité risquent de se déplacer.
La question de l’authenticité est également posée. Les spectateurs sont-ils informés qu’un clip a été généré ? Cette information est-elle importante lorsqu’il s’agit d’une fiction absurde, ou devient-elle indispensable lorsqu’une publicité donne à voir des personnes, des produits ou des situations réalistes ? Les réponses peuvent varier selon le contexte, mais la transparence devient un sujet central à mesure que les images synthétiques gagnent en crédibilité.
Des chercheurs alertent par ailleurs sur la capacité d’outils d’IA à influencer les décisions en ligne. La publicité vise par nature à orienter l’attention et parfois l’achat. Lorsqu’elle devient moins chère à fabriquer, plus personnalisable et plus facile à multiplier, la vigilance sur les messages, leur ciblage et leur clarté prend une importance accrue.
Ce qu’il faut surveiller dans la publicité générative
Le spot de Kalshi ne prouve pas qu’une publicité à 2 000 dollars remplacera les grandes productions télévisées. Il apporte en revanche un cas concret : en deux jours, un réalisateur seul a pu créer un film court, le faire circuler largement et associer son efficacité virale à une esthétique inhabituelle.
Les prochains usages dépendront de plusieurs facteurs. Les marques devront déterminer quels formats méritent une production traditionnelle et lesquels gagnent à être testés avec l’IA. Les agences devront intégrer ces outils sans perdre leur expertise de la stratégie et de la création. Enfin, le public et les régulateurs auront à préciser les règles de transparence applicables aux contenus synthétiques.
La publicité de Kalshi montre surtout que le coût de l’expérimentation visuelle baisse rapidement. Dans un secteur où quelques secondes d’attention peuvent décider du sort d’une campagne, cette évolution pourrait donner davantage de place aux petites équipes, aux idées risquées et aux formats conçus pour circuler en ligne.
Questions fréquentes
Quelle IA a été utilisée pour la publicité de Kalshi pendant les finales NBA ?
Les séquences visuelles de la publicité ont été générées avec Veo 3, l’outil vidéo de Google. Le réalisateur PJ Accetturo a aussi utilisé Gemini pour développer son script en différentes scènes et préparer les instructions adressées au générateur. Le film final a ensuite été monté avec des logiciels de postproduction classiques.
Combien a coûté la pub IA diffusée pendant les finales NBA ?
Le coût de création annoncé pour ce spot de 30 secondes est de 2 000 dollars. Ce montant doit être lu comme un coût de production : les informations disponibles ne détaillent pas le prix de diffusion de la publicité pendant les finales NBA, qui constitue habituellement un poste distinct de l’achat d’espace médiatique.
Combien de temps faut-il pour créer une publicité avec Veo 3 ?
Dans le cas de la publicité de Kalshi, PJ Accetturo a réalisé le projet en deux jours. Cette rapidité ne signifie pas que chaque génération était utilisable : environ 300 à 400 essais ont été produits afin de sélectionner 15 séquences pouvant être intégrées au montage final de 30 secondes.
La publicité Kalshi a-t-elle été entièrement créée sans intervention humaine ?
Non. L’IA a généré les éléments visuels, mais PJ Accetturo a écrit le script initial, organisé les scènes avec Gemini, sélectionné les résultats et assuré le montage. Le cas Kalshi illustre une production assistée par IA, dans laquelle le travail humain reste décisif pour l’idée, le tri et le rythme final.
Pourquoi cette publicité IA est-elle devenue virale ?
Le spot mise sur une succession de situations absurdes autour de paris sur le prix des œufs, les ouragans ou les finales NBA. Son esthétique inspirée de GTA, son passage pendant un événement sportif majeur et la curiosité suscitée par son faible coût de production ont favorisé son partage, avec plus de 2,6 millions de vues sur X.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Google DeepMind, présentation des modèles Veodeepmind.google/models/veo
- Kalshi, site officiel de la plateformekalshi.com
- Yum Yum Videos, ressources sur les coûts de production vidéoyumyumvideos.com



