Trois actions liées à l’IA à surveiller en 2025 : Upstart, Lemonade et Revolve
L’intelligence artificielle ne se résume pas aux fabricants de puces et aux grands modèles de langage. Upstart, Lemonade et Revolve l’emploient dans le crédit, l’assurance et le commerce de mode. À l’aube de 2025, ces trois entreprises illustrent autant le potentiel de l’IA appliquée que les risques d’actions encore très volatiles.

L’essor de l’intelligence artificielle en Bourse ne profite pas uniquement aux groupes qui conçoivent des puces, exploitent des centres de données ou développent des modèles conversationnels. L’IA peut aussi transformer des entreprises beaucoup plus proches du quotidien, en accélérant une décision de prêt, en automatisant une étape de souscription d’assurance ou en personnalisant une expérience d’achat en ligne.
À la date du 1er janvier 2025, trois sociétés américaines illustrent cette autre facette de l’économie de l’IA : Upstart Holdings, dans le crédit, Lemonade, dans l’assurance, et Revolve Group, dans la vente de mode sur internet. Elles n’ont ni le même modèle économique ni le même degré de maturité. Leur point commun est d’utiliser les données et les algorithmes comme un levier de différenciation dans des marchés déjà très concurrentiels.
Il faut toutefois éviter un raccourci : ces entreprises ne sont pas des producteurs de modèles d’IA généralistes. Leur avenir dépend d’abord de leur capacité à gagner des clients, maîtriser leurs coûts et dégager des bénéfices. L’IA est un outil stratégique, pas une garantie de réussite boursière.
Trois entreprises de secteurs très différents
Les trois titres cités appartiennent à des activités où la vitesse de décision, la qualité des données et la relation numérique avec le client peuvent faire une différence. Mais les risques ne sont pas interchangeables : le crédit est sensible aux taux d’intérêt et au défaut de paiement, l’assurance au coût des sinistres, tandis que la mode dépend largement des envies des consommateurs et de la capacité à renouveler l’offre.
| Entreprise | Secteur | Usage de l’IA mis en avant | Indicateur cité pour 2024 ou antérieur | Principal point de vigilance |
|---|---|---|---|---|
| Upstart Holdings | Crédit | Évaluation du risque de crédit | Action en hausse de 271 % en 2021 | Taux d’intérêt, qualité des prêts et rentabilité |
| Lemonade | Assurance | Souscription, tarification et gestion numérique | Action en hausse de 144 % en 2024 | Ratio de pertes et capacité à générer des bénéfices |
| Revolve Group | Commerce de mode en ligne | Plateforme numérique, données et médias sociaux | Chiffre d’affaires en hausse de 10 % et revenu net de 238 % en 2024 | Demande des consommateurs et pression concurrentielle |
Cette diversité est essentielle pour comprendre ce que recouvre l’expression « actions d’intelligence artificielle ». Elle peut désigner une entreprise dont le produit est l’IA, mais aussi une entreprise qui s’appuie sur cette technologie pour optimiser une activité existante. Dans le second cas, l’investisseur doit mesurer si l’avantage technologique produit réellement une amélioration durable des résultats.
Upstart veut moderniser l’évaluation du crédit
Upstart Holdings propose une approche technologique de l’évaluation du crédit. L’objectif affiché est d’utiliser des algorithmes avancés afin d’accueillir davantage de consommateurs dans le processus de prêt, tout en limitant le risque assumé par les établissements prêteurs. Là où une analyse traditionnelle s’appuie sur un nombre limité de critères, une plateforme fondée sur l’IA ambitionne d’exploiter davantage de signaux pour produire une décision plus fine.
Cette promesse répond à une difficulté structurelle du marché du crédit : un prêteur doit trouver un équilibre entre l’accès au financement et le risque de non-remboursement. Accorder trop facilement des prêts peut dégrader la qualité du portefeuille. À l’inverse, des critères trop stricts peuvent priver certains emprunteurs solvables d’un financement. C’est précisément dans cet arbitrage qu’Upstart cherche à faire valoir ses modèles.
Le parcours boursier de l’entreprise rappelle cependant combien ce type de modèle est dépendant du contexte économique. L’action avait enregistré un rendement de 271 % en 2021. Puis l’inflation élevée et des conditions macroéconomiques défavorables ont pesé sur ses résultats. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le coût d’un emprunt progresse, la demande de crédit peut ralentir et les prêteurs deviennent généralement plus prudents.
À l’approche de 2025, le scénario favorable évoqué repose sur plusieurs éléments : l’arrivée de nouveaux partenaires, le lancement de nouveaux produits et un environnement de taux d’intérêt moins contraignant. Une amélioration des revenus, voire un retour à un revenu net positif, est envisagée dans ce cadre. Mais cette trajectoire demeure conditionnelle. Les analystes de Wall Street apparaissent partagés, certains voyant un potentiel de hausse de 40 %, d’autres appelant à la prudence face aux pertes possibles.
Pour Upstart, la question décisive ne se limite donc pas à la performance d’un algorithme. Il faudra observer la capacité de la société à convaincre durablement les partenaires prêteurs, à maintenir la qualité des crédits accordés et à transformer son expansion commerciale en profits.
Lemonade mise sur une assurance plus numérique
Lemonade applique l’IA et le machine learning au secteur de l’assurance. Son ambition est de simplifier des étapes traditionnellement complexes, notamment la souscription, la tarification et l’expérience client. Une telle approche numérique peut réduire les frictions : moins de formulaires, des réponses plus rapides et un parcours plus fluide pour les assurés.
La technologie peut également permettre de proposer des tarifs plus compétitifs que ceux de certains assureurs traditionnels, selon la stratégie mise en avant par l’entreprise. Dans l’assurance, le prix d’une police dépend de l’estimation du risque : probabilité d’un sinistre, coût potentiel de ce sinistre et comportement global d’un portefeuille de clients. Des modèles mieux calibrés peuvent, en théorie, améliorer cette évaluation.
Mais l’assurance est un domaine où les promesses technologiques se heurtent vite à la réalité financière. Une entreprise doit verser des indemnisations lorsque surviennent des sinistres. Si ces montants sont trop élevés par rapport aux primes encaissées, sa rentabilité se dégrade. Lemonade a connu des pertes significatives à ses débuts, tout en affichant une amélioration de sa trajectoire de rentabilité et une croissance de ses revenus au fil de son développement.
La hausse de 144 % de l’action Lemonade en 2024 témoigne de l’intérêt retrouvé du marché pour cette trajectoire. Elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve de rentabilité future. Les analystes estiment que l’entreprise pourrait parvenir à dégager des bénéfices si elle continue de réduire son ratio de pertes et de gagner des parts de marché.
Le ratio de pertes est un indicateur particulièrement important dans ce secteur. Il compare, de manière simplifiée, le coût des sinistres aux primes perçues. Une baisse de ce ratio peut signaler une meilleure sélection des risques, une tarification plus adaptée ou une gestion plus efficace des dossiers. Pour Lemonade, l’amélioration de cet indicateur sera un test concret de la valeur apportée par son approche fondée sur les données.
Ce que l’IA peut apporter, et ce qu’elle ne garantit pas
Les promesses opérationnelles
- Accélérer l’évaluation d’un dossier de crédit ou d’assurance.
- Personnaliser des prix, des offres et des parcours clients.
- Automatiser certaines étapes administratives répétitives.
- Mieux exploiter les données issues des usages numériques.
- Différencier une plateforme dans un marché concurrentiel.
Les limites à surveiller
- Un algorithme ne protège pas d’une hausse des défauts de paiement.
- Les sinistres peuvent dégrader rapidement les comptes d’un assureur.
- La consommation et les tendances restent décisives dans la mode.
- La croissance technologique ne garantit pas un bénéfice net positif.
- Les cours de Bourse peuvent fortement varier selon les anticipations.
Revolve combine commerce en ligne, données et médias sociaux
Revolve Group évolue dans un univers différent : celui de la mode vendue en ligne. L’entreprise s’est distinguée par une stratégie articulant commerce électronique, présence sur les médias sociaux et recours à l’IA. Dans ce secteur, la technologie ne consiste pas uniquement à automatiser une tâche administrative. Elle peut contribuer à rendre une plateforme plus intuitive, à mieux présenter les produits et à accompagner les consommateurs dans leur parcours d’achat.
La mode en ligne reste toutefois une activité exigeante. Les goûts changent vite, les collections doivent être renouvelées, les retours de produits peuvent peser sur les marges et la concurrence est intense. Une plateforme numérique performante ne suffit pas si les consommateurs réduisent leurs dépenses ou si l’offre ne correspond plus aux tendances recherchées.
Après plusieurs années de turbulences économiques, Revolve a affiché des signes de redressement. Pour 2024, son chiffre d’affaires a progressé de 10 % par rapport à l’année précédente, tandis que son revenu net a augmenté de 238 %. Ces données reflètent un retournement sensible par rapport à 2023 et suggèrent une amélioration de l’efficacité financière de l’entreprise.
La dynamique des commandes et de leur valeur moyenne est également présentée comme un élément favorable. Une hausse du nombre de commandes indique que la plateforme attire davantage d’acheteurs. Une progression du panier moyen peut, elle, soutenir les revenus sans exiger une augmentation proportionnelle du nombre de clients. Ces deux variables doivent néanmoins être lues avec prudence : elles peuvent évoluer rapidement dans un marché très sensible au pouvoir d’achat et aux tendances.
Comment lire ces actions sans confondre innovation et certitude
L’intérêt pour ces trois entreprises repose sur une idée simple : l’IA peut améliorer les décisions et l’expérience client dans des secteurs établis. Pourtant, analyser un titre lié à l’IA demande de regarder au-delà du discours technologique. Une entreprise peut disposer d’outils sophistiqués et rester vulnérable à des coûts élevés, à une mauvaise conjoncture ou à un modèle économique fragile.
Pour suivre Upstart, Lemonade et Revolve en 2025, plusieurs indicateurs méritent une attention particulière :
- La croissance des revenus, qui renseigne sur la capacité à développer l’activité et à trouver de nouveaux clients ou partenaires.
- La rentabilité, car une forte croissance n’a pas la même valeur selon qu’elle s’accompagne, ou non, d’une réduction des pertes.
- Les indicateurs propres à chaque secteur, comme la qualité des prêts pour Upstart, le ratio de pertes pour Lemonade ou les commandes et le panier moyen pour Revolve.
- L’environnement macroéconomique, notamment les taux d’intérêt pour le crédit et le niveau de consommation pour la mode.
- La valorisation boursière, car le cours d’une action peut déjà intégrer des attentes élevées et devenir sensible à la moindre déception.
Les performances passées citées, qu’il s’agisse des 271 % d’Upstart en 2021 ou des 144 % de Lemonade en 2024, illustrent aussi la volatilité potentielle de ces titres. Une hausse marquée peut traduire une amélioration réelle des perspectives, mais également des anticipations très fortes de la part du marché. Elle ne préjuge pas de la suite.
Ce qu’il faut surveiller en 2025
Pour Upstart, le rythme de reprise du crédit, les conditions de taux et l’élargissement du réseau de partenaires seront déterminants. L’enjeu sera de démontrer qu’une amélioration de l’activité peut s’accompagner d’un retour durable à la rentabilité.
Pour Lemonade, le point central sera la maîtrise des sinistres. La poursuite de l’amélioration du ratio de pertes et l’élargissement de sa base de clients permettront de juger si sa croissance numérique peut devenir économiquement solide.
Pour Revolve, il faudra suivre la résistance de la demande, la progression des commandes et la capacité de l’entreprise à préserver ses marges dans un secteur de la mode très compétitif. Son utilisation des données et des médias sociaux peut soutenir sa stratégie, mais elle devra continuer à se traduire dans les résultats.
Ces trois cas montrent que l’IA peut devenir un avantage opérationnel concret dans le crédit, l’assurance et le commerce. En 2025, la principale question ne sera pas seulement de savoir quelles entreprises utilisent l’intelligence artificielle, mais lesquelles réussissent à convertir cet usage en croissance rentable et durable.
Questions fréquentes
Quelles actions liées à l’IA sont citées pour 2025 ?
Les trois sociétés mises en avant sont Upstart Holdings, Lemonade et Revolve Group. Elles opèrent respectivement dans le crédit, l’assurance et le commerce de mode en ligne. Elles sont liées à l’IA parce qu’elles l’emploient dans leurs processus ou leur plateforme, et non parce qu’elles développent des modèles d’IA généralistes.
Pourquoi Upstart dépend-elle autant des taux d’intérêt ?
Upstart évolue sur le marché du crédit. Lorsque les taux d’intérêt sont élevés, emprunter devient plus coûteux et les prêteurs peuvent durcir leurs critères. Cela peut ralentir l’activité de prêt et compliquer la croissance de la plateforme. Une détente des taux pourrait au contraire soutenir la demande et les revenus, sans pour autant supprimer le risque de défaut.
Comment Lemonade utilise-t-elle l’intelligence artificielle ?
Lemonade utilise l’IA et le machine learning dans son approche de souscription, de tarification et d’expérience client. L’objectif est de simplifier les démarches et de proposer des prix compétitifs. Pour juger de l’efficacité du modèle, il faut surtout suivre la maîtrise des sinistres et l’évolution du ratio de pertes, qui conditionnent la rentabilité d’un assureur.
Revolve est-elle vraiment une action d’intelligence artificielle ?
Revolve n’est pas un fabricant de puces ni un éditeur de grands modèles de langage. L’entreprise est un détaillant de mode en ligne qui s’appuie sur une stratégie numérique, les médias sociaux et l’IA pour renforcer sa plateforme et son expérience client. Son potentiel dépend néanmoins avant tout de ses ventes, de ses marges et de la demande dans la mode.
Quels sont les principaux risques de ces trois actions en 2025 ?
Le principal risque est que les attentes liées à l’IA dépassent les résultats économiques réels. Upstart reste exposée aux taux et à la qualité des prêts, Lemonade à ses pertes et au coût des sinistres, Revolve à la consommation et aux tendances. Ces titres peuvent aussi connaître une forte volatilité boursière, notamment après des hausses déjà importantes.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Upstart Holdings, relations investisseursir.upstart.com
- Lemonade, relations investisseurswww.lemonade.com
- Revolve Group, relations investisseursinvestors.revolve.com



