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ServiceNow accélère sur l’IA générative et les agents pour les entreprises

ServiceNow renforce l’IA générative et les agents intelligents pour automatiser les services d’entreprise. La promesse : traiter plus vite les demandes, mieux orienter les équipes et libérer du temps pour les tâches complexes. Mais ces outils exigent des données fiables, des règles de sécurité et un contrôle humain.

Employés suivant des demandes de support automatisées par un assistant intelligent en entreprise.
Illustration : Actu.ai

Dans les entreprises, une demande aussi banale qu’un accès à un logiciel, un ordinateur en panne ou une facture à valider peut encore déclencher une longue chaîne de messages, de formulaires et de relances. C’est sur ce terrain très concret que ServiceNow veut pousser l’intelligence artificielle générative et les agents intelligents. L’enjeu n’est pas seulement de faire converser un salarié avec un assistant : il s’agit d’accélérer et de mieux organiser les processus qui relient les équipes informatiques, les ressources humaines, le service client et les fonctions administratives.

Publié le 30 janvier 2025, cet article s’inscrit dans une phase où les entreprises cherchent à passer de démonstrations conversationnelles à des usages intégrés dans leurs outils de travail. ServiceNow affirme renforcer ses capacités d’IA afin de rationaliser les flux, d’offrir des services plus personnalisés et de réduire le poids des tâches répétitives. Cette ambition doit toutefois être lue avec une règle simple : dans un environnement professionnel, l’utilité d’un agent ne se mesure pas seulement à la fluidité de ses réponses, mais aussi à sa capacité à respecter les procédures, les droits d’accès et les données confiées à la plateforme.

Pourquoi ServiceNow mise sur l’IA générative

ServiceNow est une plateforme utilisée pour organiser des processus de service au sein des organisations. Son rôle historique est notamment associé à la gestion des services informatiques : lorsqu’un collaborateur rencontre un problème ou formule une demande, celle-ci peut être enregistrée, attribuée, suivie et résolue dans un même système. Au fil des usages, cette logique de flux de travail s’est étendue à d’autres services internes.

L’IA générative apporte une couche supplémentaire à ce type de plateforme. Là où l’automatisation traditionnelle applique des règles fixées à l’avance, un modèle de langage peut reformuler une demande, en extraire les informations importantes, résumer un historique d’échanges ou proposer une première réponse. Cela peut réduire le temps consacré à des opérations administratives, à condition que l’outil reçoive un contexte pertinent et que ses propositions soient vérifiées lorsque la situation l’exige.

Dans la publication d’origine, ServiceNow annonce l’intégration de fonctionnalités avancées d’intelligence artificielle afin de transformer les processus d’affaires et l’expérience utilisateur. L’objectif présenté est double : aider les équipes à traiter davantage de demandes et rendre le parcours de l’utilisateur moins dépendant de la connaissance des rouages internes de l’entreprise.

De la demande au traitement : quels flux peuvent être optimisés ?

La promesse de ServiceNow porte particulièrement sur le traitement des demandes et la gestion des incidents. Un incident désigne, par exemple, une panne affectant un poste de travail, une application ou un service numérique. Dans ces cas, les équipes doivent comprendre le problème, identifier sa priorité, trouver la bonne procédure et informer la personne concernée.

Les algorithmes de machine learning, ou apprentissage automatique, peuvent aider à repérer des récurrences dans les demandes passées. L’IA générative peut ensuite servir à formuler un résumé, suggérer une marche à suivre ou préparer une réponse adaptée au langage de l’utilisateur. Il ne s’agit pas nécessairement de laisser la machine décider seule : elle peut aussi préparer le travail pour un agent humain, qui conserve la responsabilité de la validation et de l’action.

Étape d’un flux de serviceApport possible de l’IA générative et du machine learningBénéfice recherché
Réception d’une demandeComprendre le texte libre et repérer le sujet principalÉviter les formulaires mal orientés
Qualification d’un incidentRésumer les symptômes et rapprocher des cas similairesAccélérer le diagnostic initial
Réponse à l’utilisateurProposer une explication ou les étapes de résolutionRéduire l’attente sur les questions courantes
Suivi du dossierSynthétiser l’historique des échanges et actionsFaciliter les reprises par les équipes
Clôture et analyseIdentifier les problèmes répétitifs dans les données disponiblesAméliorer les processus au fil du temps

Les assistants virtuels déjà évoqués dans l’article répondent à cette logique. Ils peuvent résoudre un ensemble de requêtes quotidiennes sans que l’utilisateur ait à connaître l’équipe compétente ou à naviguer dans une base documentaire complexe. Mais leur périmètre doit être clairement défini : une réponse sur le rétablissement d’un mot de passe n’emporte pas les mêmes risques qu’une action sur des données clients, une paie ou un accès sensible.

Que recouvre la notion d’agent intelligent ?

Un agent intelligent est souvent présenté comme l’étape suivante après le chatbot. Un chatbot répond essentiellement à une question. Un agent, lui, est conçu pour poursuivre un objectif à travers plusieurs étapes : consulter des informations autorisées, appliquer une procédure, demander une validation si nécessaire, puis rendre compte de l’action effectuée.

Dans le cas de ServiceNow, ces agents sont décrits comme capables d’interagir de façon proactive avec les utilisateurs. Ils doivent analyser le contexte d’une demande et fournir une réponse appropriée en temps réel. Cette contextualisation est importante : la même phrase, « je n’ai plus accès », peut concerner un compte, une application, un fichier ou un bâtiment. Sans contexte, un assistant risque de produire une réponse générique, voire inadaptée.

Le terme « intelligent » ne signifie cependant pas que l’outil comprend l’entreprise comme le ferait un salarié expérimenté. Son fonctionnement dépend de règles, de données, d’intégrations techniques et de permissions définies par l’organisation. Il peut être très utile pour enchaîner des tâches connues, mais il doit savoir s’arrêter lorsqu’il manque une information, lorsqu’une action sort de son autorisation ou lorsqu’une décision humaine est requise.

Automatisation classique et agents intelligents

Automatisation classique

  • Suit des règles et des scénarios définis à l’avance.
  • Convient aux processus stables, répétitifs et très balisés.
  • Produit un résultat prévisible si les données d’entrée sont correctes.
  • Transfère les cas non prévus à une équipe humaine.

Agents intelligents

  • Interprètent des requêtes formulées en langage naturel.
  • Peuvent mobiliser le contexte et enchaîner plusieurs étapes autorisées.
  • Aident à traiter les demandes plus variées ou incomplètes.
  • Exigent des permissions précises, des contrôles et une supervision humaine.

Automatisation classique ou agent : une différence de degré et de contrôle

L’automatisation classique reste particulièrement efficace lorsqu’un processus est stable et parfaitement balisé. Elle applique une suite d’instructions préétablies. Les agents enrichis par l’IA générative visent plutôt les situations où les utilisateurs s’expriment librement, où il faut interpréter un contexte ou proposer une prochaine étape.

Cette évolution peut rendre les interfaces plus naturelles, mais elle ne rend pas les règles métier inutiles. Au contraire, plus un agent peut déclencher d’actions, plus l’entreprise doit préciser ce qu’il a le droit de consulter, de modifier ou de transmettre. L’interface conviviale mise en avant par ServiceNow n’est donc qu’une partie de l’équation : l’architecture de contrôle reste déterminante.

Des partenariats pour renforcer la plateforme

La publication d’origine indique que ServiceNow a noué des partenariats avec des entreprises de premier plan afin de renforcer ses capacités en matière d’IA. La logique est compréhensible : l’IA générative en entreprise ne repose pas sur un seul composant. Elle suppose des modèles, des capacités de traitement, des outils de sécurité, des connecteurs avec les logiciels existants et des méthodes de gouvernance.

Ces collaborations sont présentées comme un moyen d’intégrer des technologies innovantes et de développer des solutions plus robustes et évolutives. La publication d’origine ne précise toutefois ni les noms des partenaires, ni la nature technique ou commerciale de ces accords. Il serait donc imprudent d’en déduire un produit précis, une exclusivité ou des capacités qui ne seraient pas explicitement documentées.

Pour les clients, l’essentiel se situera moins dans l’annonce d’un partenariat que dans ses conséquences pratiques : quelles données peuvent circuler entre les outils, quelles garanties entourent leur traitement, quelles fonctionnalités sont réellement disponibles et à quel niveau de contrôle.

Le gain de productivité de 30 % doit être remis en perspective

L’un des arguments les plus souvent associés à l’IA en entreprise est la productivité. En automatisant les tâches répétitives, les équipes peuvent théoriquement consacrer davantage de temps à l’analyse, à la relation avec les utilisateurs ou à la résolution de problèmes complexes. Pour des services saturés par un grand volume de demandes semblables, l’intérêt est particulièrement évident.

La publication d’origine évoque des améliorations qui pourraient accroître l’efficacité de plus de 30 % dans de nombreuses organisations, en référence à de « dernières études ». Ce chiffre doit être interprété avec prudence : ni l’étude, ni le périmètre mesuré, ni la méthode de calcul ne sont indiqués. Il ne peut donc pas être considéré comme une promesse applicable à toutes les entreprises.

Un gain peut désigner des réalités très différentes : moins de temps de saisie, un délai de réponse raccourci, davantage de demandes résolues au premier contact ou une baisse du volume de tickets transmis à un expert. À l’inverse, la préparation des données, la configuration des processus, la formation des équipes et les contrôles de qualité demandent aussi du temps. La bonne mesure consiste à comparer une situation précise avant et après le déploiement, avec des indicateurs compréhensibles par les équipes concernées.

Données, transparence et supervision : les conditions de la confiance

ServiceNow indique traiter les questions éthiques liées au développement de l’IA avec attention, en mettant en avant la transparence de ses algorithmes et le respect des réglementations de protection des données. Ces principes sont centraux dans les logiciels d’entreprise, qui peuvent manipuler des informations sur les salariés, les clients, les contrats, les incidents de sécurité ou les opérations internes.

La transparence ne signifie pas nécessairement qu’un modèle devient entièrement explicable dans chacun de ses calculs. Elle suppose au minimum que l’organisation sache quelles données sont utilisées, dans quel but, qui y accède et comment les réponses ou actions de l’outil peuvent être contrôlées. Les utilisateurs doivent aussi être informés lorsqu’ils dialoguent avec un assistant automatisé, surtout si celui-ci formule des recommandations ou intervient dans une procédure sensible.

Avant de déployer un agent, une entreprise devrait notamment se poser plusieurs questions concrètes :

  • Quelles sources d’information l’agent peut-il consulter ?
  • Les droits d’accès existants sont-ils appliqués à chaque étape ?
  • Quelles actions peuvent être réalisées automatiquement, et lesquelles exigent une validation humaine ?
  • Comment signaler une réponse erronée ou un comportement inattendu ?
  • Comment conserver une trace utile des interventions de l’agent ?

Ces garde-fous ne sont pas des freins à l’innovation. Ils conditionnent l’acceptation de l’outil par les salariés et la capacité de l’entreprise à en faire un usage durable.

Ce qu’il faut surveiller dans la montée des agents intelligents

La stratégie de ServiceNow illustre une évolution plus large : les plateformes de travail cherchent à faire de l’IA non plus un outil isolé, mais une composante des processus quotidiens. Pour les entreprises, le véritable test ne sera pas la qualité d’une démonstration conversationnelle. Il portera sur la fiabilité des réponses dans des situations réelles, la capacité à intégrer les procédures existantes et l’amélioration mesurable du service rendu.

À court terme, les usages les plus pertinents devraient rester ceux où le cadre est clair : orienter une demande, résumer un dossier, retrouver une procédure, préparer une réponse ou assister un opérateur. Les tâches à fort impact, ambiguës ou sensibles nécessiteront une supervision humaine renforcée.

L’ambition affichée par ServiceNow est d’installer les agents intelligents au cœur de services d’entreprise plus réactifs et personnalisés. Son succès dépendra d’un équilibre exigeant entre automatisation, sécurité des données, transparence et maîtrise par les équipes qui utilisent la plateforme au quotidien.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que ServiceNow et à quoi sert sa plateforme ?

ServiceNow est une plateforme de gestion des flux de travail et des services d’entreprise. Elle est notamment utilisée pour enregistrer, suivre et traiter les demandes adressées aux équipes informatiques. Son principe peut aussi s’appliquer à d’autres fonctions, comme les ressources humaines ou le service client, afin d’organiser les processus et les échanges dans un même environnement.

Comment l’IA générative de ServiceNow peut-elle aider les équipes ?

Selon la publication d’origine, l’IA générative peut aider à automatiser des tâches répétitives, analyser le contenu d’une demande, suggérer une réponse, résumer un historique ou orienter l’utilisateur. L’objectif est d’accélérer le traitement des tickets et de dégager du temps pour les tâches complexes. Les résultats dépendent néanmoins des données, du paramétrage et des procédures de chaque entreprise.

Quelle différence entre un chatbot et un agent intelligent ServiceNow ?

Un chatbot répond principalement à une question. Un agent intelligent vise à aller plus loin en tenant compte du contexte et en réalisant, dans un cadre autorisé, plusieurs étapes d’un processus. Il peut par exemple orienter une demande, consulter des informations disponibles et proposer une action. Cela ne le dispense pas de contrôles humains pour les décisions ou actions sensibles.

ServiceNow promet-il réellement plus de 30 % de productivité grâce à l’IA ?

La publication d’origine évoque un gain d’efficacité potentiellement supérieur à 30 % dans de nombreuses organisations. Il ne fournit toutefois ni l’étude citée, ni le périmètre, ni la méthode de mesure. Ce chiffre ne doit donc pas être interprété comme une garantie. Une entreprise doit mesurer ses propres indicateurs, comme les délais de résolution ou le volume de demandes traitées.

Comment protéger les données lors de l’usage d’agents IA dans ServiceNow ?

La protection passe notamment par une définition stricte des données accessibles à l’agent, le respect des droits d’accès existants, la traçabilité des actions et la validation humaine pour les opérations sensibles. ServiceNow met en avant la transparence et le respect des règles de protection des données. Chaque organisation doit néanmoins configurer ces principes selon ses propres processus et obligations.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. ServiceNow, présentation officielle de Now Assist et de ses fonctions d’IAwww.servicenow.com/products/now-assist.html
  2. ServiceNow, page officielle sur l’intelligence artificielle responsablewww.servicenow.com/company/trust/responsible-ai.html
  3. ServiceNow, présentation de la gestion des services informatiqueswww.servicenow.com/products/itsm.html
  4. ServiceNow, salle de presse officiellewww.servicenow.com/company/media/press-room.html