Schneider Electric engage 700 millions de dollars aux États-Unis face au boom de l’IA
Schneider Electric prévoit d’investir plus de 700 millions de dollars dans ses activités américaines d’ici à 2027. Le groupe français veut répondre aux besoins croissants en énergie, automatisation et infrastructures numériques, notamment ceux provoqués par l’essor de l’intelligence artificielle, tout en créant plus de 1 000 emplois.

L’intelligence artificielle ne se joue pas seulement dans les laboratoires qui entraînent les grands modèles de langage. Elle se joue aussi dans les usines, les réseaux électriques, les bâtiments et les centres de données qui doivent fournir l’énergie et les équipements nécessaires à cette révolution numérique. C’est sur ce terrain que Schneider Electric entend renforcer sa présence aux États-Unis, avec un programme de plus de 700 millions de dollars d’ici à 2027.
Le groupe français, spécialiste de la gestion de l’énergie et de l’automatisation, a annoncé cet investissement dans un contexte de forte demande pour les infrastructures capables d’alimenter et d’exploiter les outils d’IA. Le projet doit également se traduire par la création de plus de 1 000 emplois sur le territoire américain. Derrière ce chiffre se dessine un enjeu industriel plus large : la croissance de l’IA dépend directement de la disponibilité d’une électricité fiable, pilotée efficacement et consommée avec le moins de pertes possible.
Plus de 700 millions de dollars pour les activités américaines
Schneider Electric prévoit donc d’engager plus de 700 millions de dollars dans ses opérations aux États-Unis jusqu’en 2027. L’annonce porte sur les activités du groupe liées à l’énergie, à l’automatisation et aux technologies numériques qui permettent de superviser ces systèmes.
Ce montant ne doit pas être lu comme un investissement dans un nouveau modèle d’IA comparable à ceux développés par OpenAI, Google ou Anthropic. Schneider Electric ne se positionne pas ici comme un concepteur de modèles conversationnels destinés au grand public. Son rôle se situe en amont : fournir les équipements physiques, les systèmes de contrôle et les logiciels qui aident entreprises et infrastructures à produire, distribuer, mesurer et consommer l’énergie.
L’essor des applications d’IA donne une importance nouvelle à ce métier. Entraîner et faire fonctionner des modèles nécessite des serveurs, des processeurs spécialisés, des systèmes de refroidissement et une alimentation électrique continue. Les centres de données deviennent ainsi des clients stratégiques pour les fournisseurs de solutions énergétiques et d’automatisation.
| Élément annoncé | Contenu |
|---|---|
| Montant | Plus de 700 millions de dollars |
| Période | Jusqu’en 2027 |
| Pays concerné | États-Unis |
| Emploi | Plus de 1 000 nouveaux emplois prévus |
| Domaines visés | Énergie, automatisation, logiciels et infrastructures liées à l’IA |
| Objectif financier communiqué | Marge opérationnelle ajustée entre 18,1 % et 18,3 % sur l’exercice |
Pourquoi l’IA accroît-elle les besoins en énergie ?
Un système d’IA n’existe pas seulement sous la forme d’une application accessible depuis un navigateur ou un téléphone. Derrière chaque requête se trouvent des machines installées dans des centres de données. Ces installations concentrent des serveurs qui consomment de l’électricité et dégagent de la chaleur. Il faut donc à la fois les alimenter, les protéger contre les interruptions, surveiller leur fonctionnement et les refroidir.
La montée en puissance de l’IA générative accentue ces contraintes. Les entreprises veulent développer des services fondés sur des modèles de langage, de vision ou de prédiction. Elles cherchent également à intégrer l’IA dans leurs opérations industrielles. Cette double tendance augmente les besoins en capacité informatique et, avec eux, les besoins en équipements électriques et en logiciels de pilotage.
Pour Schneider Electric, l’enjeu consiste à accompagner cette demande avec des solutions d’efficacité énergétique et d’automatisation. Dans une usine, par exemple, les outils numériques peuvent aider à surveiller des machines, ajuster certains paramètres de production et détecter des anomalies. Dans un bâtiment ou un centre de données, la gestion fine de l’alimentation et du refroidissement peut contribuer à limiter les pertes d’énergie.
L’objectif n’est pas de prétendre que l’IA réduit mécaniquement la consommation électrique. Son déploiement crée aussi de nouveaux besoins importants. L’enjeu est plutôt de réduire l’énergie nécessaire à un service donné, d’éviter le gaspillage et de mieux anticiper les pics de demande. C’est précisément dans cette optimisation que l’automatisation, les capteurs et les logiciels de supervision prennent leur place.
Un programme industriel et un enjeu d’emploi
Le programme annoncé doit créer plus de 1 000 emplois aux États-Unis. Cette donnée illustre la dimension concrète de l’investissement : répondre à la demande liée à l’IA suppose de disposer de sites, d’équipements, de techniciens, d’ingénieurs et de spécialistes des logiciels industriels.
Dans les secteurs de l’énergie et de l’automatisation, la chaîne de valeur ne s’arrête pas à la fabrication d’un produit. Les clients ont besoin de conception, d’installation, de maintenance, de cybersécurité, de gestion de projet et de mise à jour logicielle. Les compétences recherchées peuvent donc couvrir des métiers très différents, du personnel de production aux ingénieurs en systèmes électriques et aux experts du numérique industriel.
Les États-Unis constituent à cet égard un marché majeur. Le pays cumule une forte activité industrielle, des besoins croissants dans les infrastructures et une concentration importante d’acteurs technologiques. Les investissements annoncés par de nombreuses entreprises autour des centres de données et du calcul intensif renforcent l’intérêt de disposer localement de capacités de production et de services.
Cette stratégie répond également à une logique de proximité. Dans des projets énergétiques ou industriels, la disponibilité des équipements, l’accompagnement sur le terrain et la capacité à intervenir rapidement ont un poids important. Renforcer les opérations américaines permet à Schneider Electric de se rapprocher de ses clients dans un marché où les délais et la fiabilité des installations sont déterminants.
Les logiciels et Aveva au cœur des revenus récurrents
La stratégie de Schneider Electric ne repose pas uniquement sur la vente d’équipements. Le groupe veut aussi développer ses activités logicielles, dont celles d’Aveva, sa filiale spécialisée dans les logiciels industriels. Ces outils servent notamment à concevoir, simuler, exploiter et analyser des systèmes complexes dans l’industrie et les infrastructures.
L’un des axes mis en avant est le modèle Software as a Service, souvent abrégé en SaaS. Au lieu d’acheter une licence logicielle une fois pour toutes et de l’installer sur ses propres serveurs, le client paie généralement un abonnement donnant accès à un service hébergé et régulièrement mis à jour. Pour l’éditeur, ce modèle tend à générer des revenus plus réguliers. Pour le client, il peut simplifier les mises à jour et le déploiement de nouvelles fonctionnalités.
Dans ce contexte, l’IA peut enrichir les logiciels industriels de plusieurs façons : analyse de données issues des équipements, détection d’écarts de fonctionnement, aide à la maintenance ou optimisation de processus. Mais ces usages ne dispensent pas d’un travail de qualité sur les données, la sécurité et la validation humaine. Dans une infrastructure énergétique ou une usine, une recommandation automatisée ne peut pas être appliquée sans tenir compte des contraintes de sûreté, de production et de réglementation.
De l’équipement au service continu
La combinaison du matériel, des logiciels et des services est un point central dans la stratégie du groupe. Elle permet de relier les équipements installés sur le terrain aux informations qui servent à les exploiter au quotidien.
Concrètement, cette approche peut associer :
- des équipements de distribution et de contrôle de l’électricité ;
- des systèmes d’automatisation utilisés dans les bâtiments ou les sites industriels ;
- des logiciels de supervision et d’analyse ;
- des services numériques proposés par abonnement.
L’intérêt de cet ensemble est de donner une vision plus complète d’une installation. Un opérateur peut alors suivre les performances, repérer une consommation inhabituelle ou planifier une intervention. L’IA peut assister certaines de ces tâches, mais elle reste intégrée à un environnement technique bien plus vaste.
Ce que l’investissement finance dans l’écosystème de l’IA
Ce qu’il ne finance pas directement
- La création d’un grand modèle de langage destiné au grand public.
- La course aux assistants conversationnels ou aux applications d’IA seules.
- Un investissement présenté comme une réponse uniquement logicielle.
- Une réduction automatique de la consommation énergétique de l’IA.
Ce qu’il vise à renforcer
- Les infrastructures énergétiques nécessaires aux activités numériques et industrielles.
- L’automatisation et la supervision des installations.
- Les logiciels industriels et les revenus d’abonnement d’Aveva.
- Les capacités opérationnelles américaines et plus de 1 000 emplois.
- L’efficacité énergétique et la fiabilité des systèmes déployés.
Rentabilité et transition énergétique : un équilibre recherché
Schneider Electric associe son programme d’investissement à un objectif financier précis : une marge opérationnelle ajustée comprise entre 18,1 % et 18,3 % sur l’ensemble de l’exercice. La marge opérationnelle mesure, de manière simplifiée, la part des revenus qui demeure après les coûts directement liés à l’activité, avant certains éléments financiers et fiscaux. L’indicateur « ajusté » exclut des éléments que l’entreprise ne retient pas dans son suivi courant de la performance.
Cet objectif montre que le groupe entend financer sa croissance sans renoncer à sa discipline opérationnelle. Les investissements dans de nouvelles capacités, l’emploi et les logiciels ont un coût initial. Ils sont censés, à terme, permettre de répondre à une demande durable et d’améliorer la position du groupe sur des marchés porteurs.
La durabilité constitue l’autre volet mis en avant. Les clients de Schneider Electric sont confrontés à une double exigence : augmenter leurs capacités numériques et industrielles, tout en maîtrisant leurs dépenses énergétiques et leur impact environnemental. Les réglementations, les attentes des investisseurs et le coût de l’énergie renforcent cette pression.
Ce que révèle l’offensive américaine de Schneider Electric
L’annonce de Schneider Electric s’inscrit dans une transformation plus large du marché de l’IA. Après la course aux modèles et aux puces, l’attention se porte de plus en plus sur les contraintes physiques : électricité, foncier, refroidissement, raccordement au réseau et disponibilité des équipements. La croissance du calcul informatique dépend de ces éléments autant que des progrès logiciels.
Pour un acteur de la gestion de l’énergie, cette évolution ouvre des perspectives commerciales importantes. Les besoins des centres de données, des entreprises industrielles et des infrastructures publiques convergent autour d’un même impératif : disposer de systèmes plus puissants, mais aussi plus résilients et plus efficaces.
Les promesses doivent toutefois être appréciées avec prudence. Investir dans des capacités supplémentaires ne garantit pas à lui seul une réduction de l’empreinte énergétique de l’IA. Celle-ci dépendra du rythme de construction des centres de données, de l’efficacité réelle des équipements, du mix électrique disponible et des usages qui seront développés. Les besoins de recrutement constituent aussi un défi, car les compétences dans l’électricité, l’automatisation et le logiciel industriel sont très recherchées.
D’ici à 2027, il faudra donc observer la concrétisation de ces engagements : rythme des investissements, emplois effectivement créés, développement des offres logicielles d’Aveva et capacité de Schneider Electric à transformer la demande née de l’IA en croissance rentable. Pour le groupe français, les États-Unis représentent un terrain stratégique où se rejoignent industrie, numérique et transition énergétique.
Questions fréquentes
Combien Schneider Electric investit-il aux États-Unis ?
Schneider Electric prévoit d’investir plus de 700 millions de dollars dans ses opérations aux États-Unis d’ici à 2027. Le programme concerne les activités du groupe liées à la gestion de l’énergie, à l’automatisation et aux technologies numériques, dans un contexte de hausse des besoins provoquée notamment par l’essor de l’intelligence artificielle.
Cet investissement de Schneider Electric finance-t-il un modèle d’intelligence artificielle ?
Non. L’annonce ne concerne pas le lancement d’un grand modèle d’IA comparable aux assistants conversationnels. Schneider Electric intervient surtout dans les infrastructures et les logiciels industriels : alimentation électrique, automatisation, pilotage des installations et outils numériques nécessaires aux entreprises et aux centres de données.
Pourquoi l’intelligence artificielle intéresse-t-elle Schneider Electric ?
L’IA accroît les besoins en puissance informatique et en centres de données, qui exigent une alimentation électrique fiable, des équipements de distribution, du refroidissement et des logiciels de supervision. Ces besoins correspondent aux métiers de Schneider Electric, spécialiste de la gestion de l’énergie et de l’automatisation.
Combien d’emplois Schneider Electric prévoit-il de créer aux États-Unis ?
Le groupe prévoit de créer plus de 1 000 nouveaux emplois aux États-Unis dans le cadre de son programme d’investissement. L’annonce ne détaille pas la répartition exacte de ces postes, mais les activités concernées mêlent industrie, énergie, automatisation, logiciels et services associés aux infrastructures.
Quel rôle Aveva joue-t-il dans la stratégie de Schneider Electric ?
Aveva est la filiale de logiciels industriels de Schneider Electric. Le groupe compte sur des solutions proposées sous forme de Software as a Service, ou SaaS, pour développer des revenus récurrents. Ces logiciels peuvent aider les organisations à concevoir, exploiter et analyser des systèmes industriels complexes.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Schneider Electric, salle de presse américainewww.se.com/us/en/about-us/newsroom
- Schneider Electric, informations financières et résultats du groupewww.se.com/ww/en/about-us/investor-relations
- Aveva, site officielwww.aveva.com



