Nvidia et l’IA propulsent Wall Street, le S&P 500 et le Dow Jones au record
Les résultats de Nvidia pour son deuxième trimestre fiscal 2026 ont rappelé l’ampleur des investissements mondiaux dans l’intelligence artificielle. Le 28 août 2025, le S&P 500 et le Dow Jones ont clôturé à des niveaux records. Mais l’euphorie autour des puces d’IA s’accompagne aussi de fortes attentes et de risques de volatilité.

À Wall Street, les publications de Nvidia sont devenues bien davantage que les résultats d’un fabricant de puces : elles servent de test grandeur nature pour l’essor économique de l’intelligence artificielle. Le 28 août 2025, au lendemain de comptes trimestriels très attendus, les marchés américains ont confirmé leur confiance dans cette dynamique. Le S&P 500 et le Dow Jones ont tous deux terminé la séance à des niveaux inédits.
Cette séquence mérite toutefois d’être lue avec précision. Nvidia a une nouvelle fois affiché une croissance spectaculaire, portée par les équipements destinés aux centres de données. Pourtant, le titre n’a pas bondi de près de 25 % lors de la séance du 28 août 2025 : il a au contraire fini en léger recul, d’environ 0,8 %. Les records des grands indices américains reflètent donc un optimisme plus large sur l’IA, et non une réaction uniforme ou mécanique à une seule action.
Des records boursiers après les résultats de Nvidia
À la clôture du 28 août, le S&P 500, indice qui rassemble 500 grandes entreprises cotées aux États-Unis, s’est établi à 6 501,86 points, en hausse de 0,32 %. Le Dow Jones Industrial Average a progressé de 0,16 %, à 45 636,90 points. Ces deux niveaux constituaient des records de clôture.
Le Nasdaq, très exposé aux valeurs technologiques, a lui aussi avancé de 0,53 %, à 21 705,16 points. Cette hausse traduit l’idée dominante sur le marché : les dépenses consacrées aux infrastructures d’intelligence artificielle restent massives et les fournisseurs de composants, de serveurs, de cloud et de logiciels devraient en profiter.
| Indicateur ou chiffre clé | Niveau au 28 août 2025 | Ce qu’il indique |
|---|---|---|
| S&P 500 | 6 501,86 points | Record de clôture, en hausse de 0,32 % |
| Dow Jones | 45 636,90 points | Record de clôture, en hausse de 0,16 % |
| Nasdaq Composite | 21 705,16 points | Hausse de 0,53 %, portée par les valeurs technologiques |
| Chiffre d’affaires trimestriel de Nvidia | 46,7 milliards de dollars | Hausse de 56 % sur un an |
| Revenus des centres de données Nvidia | 41,1 milliards de dollars | Principal moteur de l’activité liée à l’IA |
| Prévision de revenus Nvidia pour le trimestre suivant | 54 milliards de dollars | Projection communiquée pour le troisième trimestre fiscal 2026 |
Les records d’indice ne signifient pas que chaque entreprise technologique progresse au même rythme. Ils montrent plutôt que, dans leur ensemble, les investisseurs ont continué d’accorder une valeur élevée aux groupes susceptibles de bénéficier de l’IA, directement ou indirectement.
Des résultats qui confirment la demande pour les infrastructures d’IA
Nvidia a publié, le 27 août 2025, ses résultats pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal 2026, clos le 27 juillet. Cette précision de calendrier est utile : chez Nvidia, l’année fiscale ne coïncide pas exactement avec l’année civile.
Le groupe a annoncé un chiffre d’affaires de 46,7 milliards de dollars, soit une progression de 56 % sur un an et de 6 % par rapport au trimestre précédent. Son bénéfice net selon les normes comptables américaines a atteint 26,4 milliards de dollars. Ces chiffres se sont révélés supérieurs aux attentes du marché.
La donnée la plus scrutée concerne l’activité « Data Center », c’est-à-dire les produits et systèmes destinés aux centres de données. Cette division a généré 41,1 milliards de dollars de revenus, en hausse de 56 % sur un an. Elle concentre les processeurs graphiques et les systèmes de calcul employés pour entraîner et exploiter les grands modèles d’IA.
Nvidia a par ailleurs indiqué viser 54 milliards de dollars de revenus pour son troisième trimestre fiscal 2026, avec une marge d’incertitude de 2 %. Cette prévision n’intégrait pas de revenus liés au calcul destiné aux centres de données avec des produits H20 vendus en Chine. Ce point rappelle que les perspectives du groupe dépendent aussi de facteurs géopolitiques et réglementaires, pas seulement de la demande technologique.
Résultats Nvidia : ce qui est acquis et ce qui reste à prouver
Ce que confirment les chiffres
- La demande en capacité de calcul pour l’IA reste très soutenue.
- Nvidia a enregistré 46,7 milliards de dollars de revenus trimestriels.
- Les centres de données représentent 41,1 milliards de dollars de revenus.
- La prévision de 54 milliards de dollars maintient un cap de croissance élevé.
Ce que le marché attend encore
- La rentabilité durable des investissements en IA chez les clients de Nvidia.
- La poursuite des dépenses en centres de données à un rythme élevé.
- L’effet des restrictions commerciales sur l’accès à certains marchés.
- La capacité des entreprises technologiques à justifier leurs valorisations élevées.
Pourquoi Nvidia influence-t-elle autant les marchés ?
L’importance de Nvidia s’explique d’abord par son rôle dans la chaîne matérielle de l’intelligence artificielle. Les grands modèles d’IA exigent de traiter des quantités considérables de données et d’effectuer un très grand nombre de calculs en parallèle. Les processeurs graphiques, ou GPU, sont adaptés à ce type de charge de travail.
Les clients de Nvidia comprennent notamment des opérateurs de cloud, de grands groupes technologiques, des entreprises qui construisent leurs propres infrastructures de calcul et des acteurs spécialisés dans l’IA. Lorsqu’ils commandent davantage de puces, de serveurs ou de systèmes complets, le marché y voit le signe que les budgets consacrés à l’IA ne ralentissent pas.
L’effet sur les indices varie cependant selon leur méthode de calcul :
- Le S&P 500 est pondéré en fonction de la capitalisation boursière disponible sur le marché. Les plus grandes entreprises y ont donc une influence proportionnellement plus forte.
- Le Dow Jones est pondéré par le prix des actions, et non par la valeur totale des entreprises. Nvidia y est entrée en novembre 2024, en remplacement d’Intel, mais son effet direct n’est pas identique à celui qu’elle exerce sur le S&P 500.
- Le Nasdaq Composite contient une forte proportion de valeurs technologiques. Il est particulièrement sensible aux anticipations concernant le cloud, les semi-conducteurs et les logiciels d’IA.
Une publication Nvidia peut aussi entraîner des mouvements chez ses partenaires, ses concurrents et ses clients. Une demande soutenue en accélérateurs de calcul peut profiter aux fabricants de mémoires, aux concepteurs de réseaux, aux fournisseurs de serveurs, aux exploitants de centres de données et aux entreprises de semi-conducteurs qui participent à la fabrication.
Une action en baisse malgré des comptes solides : comment l’expliquer ?
La baisse d’environ 0,8 % de l’action Nvidia le 28 août montre que la Bourse ne réagit pas seulement à la qualité absolue des résultats. Les investisseurs évaluent surtout l’écart entre ce qui était anticipé et ce qui est finalement annoncé.
Dans le cas de Nvidia, les attentes sont exceptionnellement élevées. La croissance du groupe est déjà spectaculaire, ses perspectives sont largement commentées et son poids en Bourse est considérable. Pour que le cours progresse fortement après une publication, il ne suffit donc pas de dépasser les prévisions : il faut souvent dépasser des prévisions qui ont elles-mêmes été relevées à plusieurs reprises.
Cette mécanique peut produire des réactions contre-intuitives. Une entreprise peut publier d’excellents résultats, confirmer un marché en forte croissance, puis voir son action reculer parce que certains investisseurs prennent leurs bénéfices ou parce qu’ils espéraient des prévisions encore plus ambitieuses.
L’IA, un investissement massif qui doit encore démontrer sa rentabilité
Les résultats de Nvidia apportent une réponse claire à une première question : les entreprises achètent bel et bien des capacités de calcul pour l’IA. Ils ne répondent pas encore entièrement à une seconde question, plus déterminante à long terme : ces investissements produiront-ils des revenus et des gains de productivité à la hauteur des dépenses engagées ?
Les groupes technologiques financent des centres de données, des serveurs, des réseaux, de l’énergie et des logiciels spécialisés. Pour Nvidia, cette phase d’équipement est favorable puisqu’elle soutient les ventes de matériel. Mais ses clients devront ensuite transformer cette puissance de calcul en produits et services utiles : assistants, outils professionnels, recherche, cybersécurité, recommandations, automatisation de certaines tâches ou création de contenus.
L’enjeu dépasse donc le seul secteur des puces. Toute la chaîne industrielle est concernée, depuis les fonderies asiatiques qui fabriquent les semi-conducteurs jusqu’aux entreprises qui conçoivent des applications. Taïwan occupe, dans cette organisation mondiale, une place importante dans la production des composants avancés. Les tensions commerciales, les restrictions à l’exportation et la concentration géographique de la fabrication sont ainsi des paramètres surveillés par les investisseurs.
L’IA pose aussi des questions sociales. Les outils d’automatisation peuvent transformer certaines tâches administratives, créatives, analytiques ou informatiques. Il serait toutefois imprudent d’en déduire que tous les métiers seraient touchés de la même manière ou au même rythme. L’impact dépendra de l’adoption effective des outils, de leur fiabilité, des règles applicables et de la capacité des organisations à former leurs équipes.
Les risques derrière l’enthousiasme boursier
La progression des indices peut donner l’impression d’une trajectoire évidente. Pourtant, plusieurs risques accompagnent la hausse des valeurs liées à l’IA.
Le premier est le risque de valorisation. Plus une entreprise est valorisée en Bourse, plus les investisseurs exigent qu’elle confirme rapidement une croissance élevée. Une prévision moins forte qu’attendu, un retard technique ou un ralentissement des dépenses d’infrastructure peut alors entraîner une correction rapide.
Le deuxième risque est celui de la concentration. Lorsque quelques très grandes entreprises représentent une part importante de la progression d’un indice, la performance globale peut devenir plus dépendante de leurs résultats. Un S&P 500 à un niveau record ne signifie pas que tous les secteurs américains bénéficient avec la même intensité du cycle de l’IA.
Enfin, le contexte réglementaire peut affecter les trajectoires de croissance. Les règles sur les exportations de puces avancées, la protection des données, la responsabilité des systèmes d’IA ou les droits d’auteur sont susceptibles d’influer sur les produits commercialisés, les marchés accessibles et les coûts de conformité.
Ce qu’il faut surveiller après ces records
Les prochains résultats de Nvidia constitueront un indicateur majeur, mais ils ne suffiront pas à résumer l’état de l’économie de l’IA. Les marchés observeront d’abord si les grands acheteurs de puces poursuivent leurs dépenses en centres de données au même rythme. Ils chercheront aussi des preuves que les logiciels et services d’IA trouvent des usages rentables au-delà de la phase d’expérimentation.
La prévision de 54 milliards de dollars avancée par Nvidia pour le trimestre suivant fixe un cap élevé. Sa réalisation dépendra de la production, de la disponibilité des composants, de l’évolution de la demande et du cadre commercial international. Les restrictions concernant la Chine resteront particulièrement importantes, compte tenu du poids potentiel de ce marché pour les fournisseurs de matériel informatique.
Pour les particuliers, la leçon est moins de tenter de deviner le mouvement quotidien d’une action que de comprendre le mécanisme en cours : l’IA est devenue un thème structurant de la Bourse, car elle mobilise des investissements concrets et considérables. Mais l’enthousiasme actuel implique aussi des exigences élevées. Entre promesse technologique, revenus des fabricants de puces et bénéfices réels pour les utilisateurs, la chaîne de valeur devra continuer à faire ses preuves.
Questions fréquentes
Pourquoi les résultats de Nvidia font-ils bouger le S&P 500 ?
Nvidia est l’une des plus grandes entreprises cotées américaines et un fournisseur central des infrastructures d’IA. Ses résultats renseignent donc les investisseurs sur les dépenses en centres de données de nombreux groupes technologiques. Dans un indice pondéré par la capitalisation comme le S&P 500, l’évolution des très grandes valeurs peut aussi avoir un effet direct important.
L’action Nvidia a-t-elle bondi de 25 % après ses résultats du 27 août 2025 ?
Non. Cette hausse ne correspond pas à la réaction de l’action lors de la séance du 28 août 2025. Malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, Nvidia a terminé cette séance en baisse d’environ 0,8 %. Cela illustre l’écart possible entre la qualité des comptes publiés et des attentes boursières déjà très élevées.
Quelle est la différence entre le S&P 500 et le Dow Jones ?
Le S&P 500 réunit 500 grandes entreprises américaines et est principalement pondéré selon leur capitalisation boursière. Le Dow Jones compte 30 grandes sociétés et est pondéré selon le prix de leurs actions. Les deux indices donnent donc des signaux différents, même lorsqu’ils atteignent simultanément de nouveaux records.
Pourquoi les centres de données sont-ils essentiels à l’intelligence artificielle ?
Les modèles d’IA nécessitent de très nombreux calculs pour être entraînés puis utilisés par des millions de personnes. Les centres de données regroupent les serveurs, les puces, les réseaux et l’alimentation électrique qui rendent ces calculs possibles. Les revenus de Nvidia dans ce domaine reflètent l’ampleur des investissements des entreprises dans cette infrastructure.
Les records de Wall Street prouvent-ils que l’IA sera durablement rentable ?
Non. Ils montrent que les investisseurs anticipent une forte croissance et accordent beaucoup de valeur aux entreprises exposées à l’IA. La rentabilité durable dépendra toutefois de la capacité des clients à transformer leurs dépenses en matériel et en cloud en produits utiles, revenus récurrents et gains de productivité mesurables.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Nvidia, résultats du deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2026investor.nvidia.com/news/press-release-details/2025/NVIDIA-Announces-Financial-Results-for-Second-Quarter-Fiscal-2026/default.aspx
- S&P Dow Jones Indices, présentation du S&P 500www.spglobal.com/spdji/en/indices/equity/sp-500
- S&P Dow Jones Indices, présentation du Dow Jones Industrial Averagewww.spglobal.com/spdji/en/indices/equity/dow-jones-industrial-average
- Reuters, rubrique marchés américainswww.reuters.com/markets/us



