Cybersécurité

Marine Lorphelin alerte sur des deepfakes vendant de faux produits de santé

Le 21 juillet 2025, Marine Lorphelin a dénoncé sur Instagram des vidéos créées par intelligence artificielle qui exploitent son image pour promouvoir des produits de santé. L’ancienne Miss France, devenue médecin généraliste, appelle à ne pas croire aux promesses miracles et à vérifier toute recommandation médicale ou commerciale.

Une médecin vérifie une vidéo suspecte sur un smartphone avant de conseiller un produit de santé.
Illustration : Actu.ai

Une vidéo montre une personnalité connue, son visage bouge, sa voix semble familière et le message paraît sans ambiguïté : elle vanterait un produit censé résoudre un problème de santé. C’est précisément le type de mise en scène que Marine Lorphelin a choisi de dénoncer. Le 21 juillet 2025, l’ancienne Miss France et médecin généraliste a alerté ses abonnés Instagram sur l’utilisation de son image par intelligence artificielle pour promouvoir des produits auxquels elle n’associe pas son nom.

Son message dépasse la question de sa seule réputation. Lorsqu’une personne identifiée comme professionnelle de santé semble recommander un complément alimentaire ou une prétendue solution miracle, le risque est double : tromper les consommateurs et fragiliser la confiance accordée à l’information médicale. À l’heure où les outils capables de fabriquer des images, des voix et des vidéos réalistes deviennent plus accessibles, le réflexe de vérification est devenu indispensable.

Marine Lorphelin dénonce une usurpation de confiance

Dans sa publication, Marine Lorphelin explique que des contenus manipulés circulent en ligne en utilisant son apparence et sa voix. Ces vidéos font la promotion de compléments alimentaires présentés comme des réponses spectaculaires à des problèmes de santé. Or la médecin est catégorique sur le fond : elle ne cautionne pas ces produits et ne recommanderait pas de solution dont l’efficacité n’aurait pas été vérifiée.

« On utilise mon image à mauvais escient, ça me porte préjudice », déclare-t-elle. Le préjudice évoqué est personnel, puisqu’un contenu fabriqué peut laisser croire à une prise de parole ou à un partenariat inexistant. Mais il concerne aussi les internautes susceptibles de dépenser de l’argent, de retarder une consultation ou de prendre un produit inadapté sur la foi d’une recommandation fictive.

Marine Lorphelin appelle donc à ne pas céder à la séduction des produits miracles. « Ne croyez pas aux produits miracles. La santé est un bien précieux », rappelle-t-elle. Sa position est particulièrement importante parce que l’apparence d’une recommandation médicale peut donner un vernis de sérieux à une publicité qui n’en a pas.

Qu’est-ce qu’un deepfake et pourquoi est-il si convaincant ?

Le mot deepfake désigne un contenu, le plus souvent une image, un enregistrement audio ou une vidéo, créé ou modifié par des systèmes d’intelligence artificielle. Ces outils peuvent imiter un visage, synchroniser les mouvements des lèvres avec un texte écrit à l’avance ou reproduire une voix à partir d’extraits disponibles publiquement.

Dans le cas dénoncé par Marine Lorphelin, le procédé vise à fabriquer l’illusion d’une prise de parole authentique. Le mécanisme est redoutable parce qu’il s’appuie sur un raccourci naturel : nous avons tendance à faire davantage confiance à ce que nous voyons et entendons, surtout lorsque la personne affichée est connue ou perçue comme compétente dans le domaine concerné.

Les deepfakes ne servent pas uniquement à tromper. Ils peuvent aussi être utilisés à des fins de création, de doublage ou de divertissement lorsqu’ils sont réalisés avec le consentement des personnes et clairement signalés. Le problème apparaît lorsque la technologie masque son caractère artificiel, usurpe une identité ou cherche à provoquer un achat par la tromperie.

Certains indices doivent éveiller l’attention, sans constituer à eux seuls une preuve. Les outils progressent rapidement et un contenu truqué peut désormais sembler très crédible sur un téléphone, dans un format court et compressé par les plateformes.

Signal à observerPourquoi il doit faire douterRéflexe utile
Une promesse de résultat rapide ou garantiLes arguments absolus sont fréquents dans les publicités trompeusesSe demander si la promesse est réaliste et chercher un avis indépendant
Un lien d’achat placé sous une vidéo sensationnelleLe but peut être de détourner immédiatement vers une boutique peu identifiableVérifier le site, son identité et ses coordonnées avant toute commande
Une vidéo publiée par un compte inconnuLa personnalité peut être imitée par une page sans lien avec elleConsulter le compte officiel de la personne concernée
Une voix étrange, un regard figé ou des lèvres imparfaitement synchroniséesCes défauts peuvent révéler une génération ou un montageRegarder avec attention, puis comparer avec des prises de parole authentiques
Une recommandation médicale sans nuanceLes conseils de santé sérieux tiennent compte des situations individuellesDemander conseil à un médecin ou à un pharmacien

Marine Lorphelin résume ce premier niveau de prudence en une formule simple : « Prenez le temps de bien regarder ». Mais regarder attentivement ne suffit pas toujours. Il faut aussi remonter à la source de la publication et interroger la promesse commerciale elle-même.

Pourquoi les faux produits de santé constituent un risque particulier

Les compléments alimentaires occupent une zone propice aux discours excessifs. Ils ne sont pas des médicaments et ne doivent pas être confondus avec des traitements destinés à prévenir ou soigner une maladie. Certains peuvent avoir un intérêt dans des contextes précis, mais leur présentation commerciale ne doit pas faire croire qu’ils remplacent un diagnostic, une prescription ou un suivi médical.

Une fausse publicité portée par l’image d’un médecin peut brouiller cette frontière. Elle peut encourager l’achat d’un produit inefficace, faire naître de faux espoirs ou pousser une personne à modifier ses habitudes de soin sans avis professionnel. Le risque dépend du produit, de sa composition, de la situation de santé de l’acheteur et d’éventuelles interactions avec d’autres traitements.

Il faut aussi distinguer deux sujets. D’une part, la qualité ou l’innocuité d’un produit vendu en ligne. D’autre part, la réalité de l’approbation qui lui est prêtée. Même un produit légalement commercialisé ne peut pas se prévaloir d’une recommandation inventée. L’usage frauduleux de l’image d’une personnalité est, en lui-même, un signal d’alerte sérieux.

Recommandation authentique ou publicité usurpée : les différences à repérer

Une recommandation authentique

  • Elle est publiée ou confirmée sur les canaux officiels de la personne concernée.
  • Elle identifie clairement le produit, le contexte et, le cas échéant, le partenariat commercial.
  • Elle évite les promesses de guérison, de résultat immédiat ou de garantie absolue.
  • Elle peut être confrontée à des informations médicales et commerciales vérifiables.

Une publicité potentiellement usurpée

  • Elle circule depuis un compte inconnu, une page anonyme ou une publicité isolée.
  • Elle utilise une vidéo réaliste pour donner l’impression d’un soutien personnel inexistant.
  • Elle promet un résultat exceptionnel et pousse à acheter sans délai.
  • Elle renvoie vers un vendeur opaque ou multiplie les témoignages impossibles à vérifier.

Comment vérifier une publicité santé suspecte ?

Face à une vidéo qui semble promouvoir un produit médical ou un complément alimentaire, la première règle est de ne pas agir dans l’urgence. Les arnaques jouent souvent sur la peur, l’espoir d’un résultat rapide ou l’idée d’une offre limitée. Ces procédés cherchent à court-circuiter le temps nécessaire à une décision éclairée.

Quelques vérifications simples permettent de réduire le risque :

  • Retrouver la publication d’origine. Si une célébrité ou une professionnelle est citée, il faut consulter ses canaux officiels. L’absence de cette recommandation sur ses propres comptes est un indice important.
  • Examiner l’identité du vendeur. Une boutique sérieuse doit pouvoir être identifiée, avec des informations de contact et des conditions de vente accessibles. Un site anonyme ou récemment créé mérite une prudence accrue.
  • Se méfier des témoignages invérifiables. Une succession d’avis enthousiastes, de photos avant-après ou de formules telles que « validé par les médecins » ne remplace pas des preuves fiables.
  • Ne pas transmettre ses données à la légère. Coordonnées bancaires, adresse, numéro de téléphone et informations de santé ont une valeur pour les fraudeurs.
  • Demander un avis compétent. Pour un produit lié à la santé, un pharmacien ou un médecin est mieux placé qu’une vidéo publicitaire pour évaluer l’intérêt et les précautions éventuelles.

En cas de doute, il est utile de conserver des captures d’écran de la publicité, du compte qui l’a publiée et du site marchand. Ces éléments peuvent aider lors d’un signalement à la plateforme concernée ou aux services compétents. Si un achat a déjà été effectué et qu’un problème se présente, il faut également contacter rapidement le moyen de paiement utilisé et demander conseil à un professionnel de santé avant de consommer le produit.

Le droit à l’image face aux contenus générés par IA

Être une personnalité publique ne signifie pas renoncer au contrôle de son image. En France, le droit à l’image et la protection de la vie privée permettent à une personne de s’opposer, selon les circonstances, à l’utilisation non autorisée de son apparence. Lorsqu’un montage ou une vidéo altérée fait croire qu’elle a tenu des propos ou soutenu une marque, les conséquences peuvent être civiles et, dans certains cas, pénales.

L’intelligence artificielle complique toutefois l’application concrète de ces protections. Un contenu peut être publié depuis l’étranger, recopié sur de nombreux comptes et modifié à plusieurs reprises. Son retrait ne fait pas forcément disparaître toutes les copies. Pour la victime, il faut identifier les comptes, documenter les publications et solliciter les plateformes, ce qui peut demander du temps alors que la diffusion est très rapide.

L’Union européenne a par ailleurs adopté un cadre réglementaire sur l’intelligence artificielle. Le règlement européen sur l’IA prévoit notamment des exigences de transparence pour certains contenus générés ou manipulés par IA, dont les deepfakes. Ces obligations doivent devenir pleinement applicables selon le calendrier prévu par le texte. Elles ne dispensent toutefois pas les internautes de vérifier les contenus : un marquage peut être absent, insuffisant ou ignoré par des acteurs malveillants.

Une responsabilité partagée entre plateformes, vendeurs et internautes

Le cas signalé par Marine Lorphelin illustre un enjeu plus large que les célébrités. Les mêmes méthodes peuvent viser des médecins, des journalistes, des proches ou de parfaits inconnus. Une voix copiée peut servir à obtenir de l’argent, un visage peut être inséré dans une publicité mensongère et un faux témoignage peut être fabriqué à très faible coût.

Les plateformes ont un rôle déterminant. Elles hébergent et recommandent les contenus, mais elles doivent également permettre de les signaler, traiter les usurpations d’identité et limiter la visibilité des publicités frauduleuses. Les vendeurs, de leur côté, doivent pouvoir justifier leurs allégations et ne pas recourir à des endorsements fictifs pour convaincre.

Pour le grand public, l’enjeu n’est pas de devenir expert en intelligence artificielle. Il consiste à adopter une méthode : ralentir face à une promesse spectaculaire, chercher la source, vérifier l’identité de l’émetteur et demander un avis humain lorsque la santé est en jeu. C’est cette vigilance que défend Marine Lorphelin dans son message.

Ce qu’il faut surveiller

Les contenus synthétiques vont continuer à gagner en qualité. Les anomalies techniques visibles aujourd’hui, comme une bouche mal synchronisée ou une intonation artificielle, risquent de devenir moins fréquentes. La lutte contre les faux contenus ne pourra donc pas reposer seulement sur l’œil du spectateur.

Il faudra suivre l’effectivité des règles de transparence, la réactivité des réseaux sociaux face aux signalements et la capacité des autorités à faire retirer des publicités trompeuses. La sensibilisation du public comptera tout autant : dans le domaine de la santé, aucune vidéo virale, aussi convaincante soit-elle, ne devrait remplacer une information médicale vérifiée.

L’alerte lancée le 21 juillet 2025 par Marine Lorphelin rappelle enfin une règle essentielle : l’innovation ne doit pas permettre de fabriquer de toutes pièces la confiance que ni une personne, ni un professionnel de santé, n’a réellement accordée.

Questions fréquentes

Pourquoi Marine Lorphelin dénonce-t-elle des vidéos créées par IA ?

Marine Lorphelin a dénoncé, le 21 juillet 2025, l’utilisation de son visage et de sa voix dans des vidéos destinées à promouvoir des compléments alimentaires. Elle affirme ne pas soutenir ces produits et s’inquiète des conséquences pour son image comme pour les personnes qui pourraient croire à une recommandation médicale authentique.

Comment savoir si une vidéo de célébrité est un deepfake ?

Il faut rechercher l’origine de la vidéo, vérifier le compte qui la diffuse et consulter les canaux officiels de la personnalité concernée. Des défauts de voix, de lèvres ou de regard peuvent alerter, mais ils ne sont pas systématiques. Une promesse de santé spectaculaire ou un lien d’achat insistant sont aussi des signaux importants.

Les compléments alimentaires recommandés sur les réseaux sociaux sont-ils fiables ?

Une recommandation sur les réseaux sociaux ne suffit pas à établir l’efficacité ou l’adéquation d’un complément alimentaire. Ces produits ne sont pas des médicaments et ne remplacent pas un avis médical. En cas de doute, surtout si vous suivez un traitement ou avez une maladie, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.

Que faire si une fausse publicité utilise l’image d’une personnalité ?

Ne cliquez pas précipitamment sur le lien commercial et ne communiquez pas vos informations bancaires. Conservez des captures d’écran, signalez la publication à la plateforme et vérifiez si la personne visée a démenti le contenu sur ses comptes officiels. Si vous avez acheté le produit, contactez votre moyen de paiement et un professionnel de santé si nécessaire.

L’utilisation d’une image par intelligence artificielle est-elle légale en France ?

Tout dépend du contexte, du consentement et de l’usage fait du contenu. Le droit français protège notamment l’image des personnes et peut permettre d’agir contre une utilisation non autorisée ou trompeuse. La création de contenus par IA ajoute des enjeux de transparence, en particulier lorsqu’ils imitent une personne ou influencent une décision d’achat.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Publication Instagram de Marine Lorphelin, 21 juillet 2025www.instagram.com/marinelorphelin
  2. Service-Public.fr, droit à l’imagewww.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32103
  3. Commission européenne, cadre réglementaire sur l’intelligence artificielledigital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai
  4. DGCCRF, informations et contrôles relatifs aux produits de consommationwww.economie.gouv.fr/dgccrf