Lara Ozkan, du MIT au Royaume-Uni avec la bourse Marshall 2025
Étudiante au MIT, Lara Ozkan a été sélectionnée comme Marshall Scholar pour 2025. Cette bourse britannique lui permettra de poursuivre un parcours entre sciences biologiques et intelligence artificielle, avec une ambition claire : mettre les outils computationnels au service de la santé des femmes.

L’intelligence artificielle appliquée à la santé ne se résume pas à la performance d’un algorithme. Elle suppose aussi de comprendre les données biologiques, les besoins médicaux concrets, les limites des outils et les questions éthiques qu’ils soulèvent. C’est à la croisée de ces domaines que se situe le parcours de Lara Ozkan, étudiante de premier cycle au Massachusetts Institute of Technology, sélectionnée comme Marshall Scholar pour l’année 2025.
Originaire d’Oradell, dans le New Jersey, elle étudie à la fois l’informatique et la biologie moléculaire au MIT. Grâce à cette bourse financée par le gouvernement britannique, elle prévoit de poursuivre sa formation au Royaume-Uni, d’abord en sciences biologiques, puis en intelligence artificielle et apprentissage automatique. Son objectif professionnel est d’utiliser l’innovation technologique et les méthodes computationnelles afin de contribuer à l’amélioration de la santé des femmes.
La bourse Marshall, un passeport universitaire pour le Royaume-Uni
La bourse Marshall s’adresse à des étudiants américains affichant de solides résultats académiques et souhaitant effectuer des études supérieures au Royaume-Uni. Son principe est particulièrement ouvert : les lauréats peuvent choisir n’importe quel domaine d’études et intégrer n’importe quelle université britannique, sous réserve de l’admission dans le cursus visé.
Chaque année, le programme attribue jusqu’à 50 bourses. Au-delà du financement, le dispositif encourage les échanges académiques et culturels entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Pour ses bénéficiaires, il représente l’occasion d’approfondir une spécialité, de travailler dans de nouveaux environnements de recherche et de bâtir des collaborations internationales.
Dans le cas de Lara Ozkan, cette possibilité prolonge un cursus déjà placé à l’interface de plusieurs disciplines. Les grands sujets qu’elle aborde, génomique, biologie computationnelle, apprentissage automatique, détection du cancer et éthique, exigent précisément ce type de dialogue entre sciences du vivant et informatique.
Un projet d’études entre Cambridge et Londres
Lara Ozkan envisage de mettre à profit la bourse Marshall pour préparer un MPhil en sciences biologiques au Sanger Institute de l’Université de Cambridge. Elle prévoit ensuite de se spécialiser en intelligence artificielle et apprentissage automatique à l’Imperial College London.
Ce parcours n’oppose pas la biologie à l’informatique : il cherche au contraire à les faire travailler ensemble. Dans la recherche biomédicale, les systèmes d’IA peuvent aider à explorer des jeux de données complexes, à faire émerger des régularités ou à orienter de nouvelles pistes d’étude. Ils ne remplacent toutefois ni la validation expérimentale, ni le jugement des chercheurs et des professionnels de santé.
L’ambition affichée par l’étudiante concerne la santé des femmes. Ce champ couvre des problématiques médicales variées, dont la recherche, le dépistage, le diagnostic et la compréhension de mécanismes biologiques. Dans ce domaine comme dans l’ensemble de la santé, l’intérêt des méthodes computationnelles dépend autant de la qualité des données disponibles que de la façon dont les résultats sont évalués et utilisés.
| Étape du parcours | Domaine principal | Travail ou objectif associé |
|---|---|---|
| Avant le MIT | Biologie computationnelle | Recherche au Cold Spring Harbor Laboratory |
| Au MIT Media Lab | Technologies médicales | Travaux sur des technologies ultrasonores portables pour la détection du cancer du sein |
| Au MIT | IA et génomique | Recherche en biologie computationnelle et réflexion sur l’éthique de l’IA |
| Projet au Royaume-Uni | Sciences biologiques puis IA | MPhil au Sanger Institute, puis spécialisation à l’Imperial College London |
De la biologie computationnelle aux ultrasons portables
Avant son entrée au MIT, Lara Ozkan a mené des recherches en biologie computationnelle au Cold Spring Harbor Laboratory. Cette première expérience l’a inscrite dans un domaine où l’informatique sert à interpréter des phénomènes du vivant, notamment à partir de données complexes.
Au MIT, elle a poursuivi cet axe de travail comme chercheuse de premier cycle au sein du groupe Conformable Decoders du MIT Media Lab. Ses travaux y ont porté sur des technologies ultrasonores portables pour la détection du cancer du sein. L’échographie repose sur l’utilisation d’ondes sonores pour produire des images de structures internes du corps. Le caractère portable de tels dispositifs ouvre des questions de miniaturisation, d’ergonomie et d’accès aux examens, tandis que l’interprétation des images peut faire appel à des méthodes informatiques.
Il importe de distinguer la recherche sur une technologie de son déploiement clinique. Concevoir un outil ou contribuer à son étude ne suffit pas à en établir l’efficacité médicale : des validations adaptées sont nécessaires avant qu’une technologie puisse être intégrée à la pratique de soin. Le parcours d’Ozkan illustre néanmoins l’intérêt grandissant pour des approches associant matériel médical, données et calcul.
Elle participe également à des recherches en biologie computationnelle dirigées par le professeur Manolis Kellis, au laboratoire d’intelligence artificielle et d’informatique du MIT. Ses contributions dans ce domaine lui ont valu le prix Susan Hockfield en sciences de la vie du MIT.
L’éthique de l’IA, une dimension intégrée au parcours
Lara Ozkan ne limite pas son activité aux aspects techniques ou scientifiques. Au sein du MIT Schwarzman College of Computing, elle a étudié les implications éthiques de projets en génomique et développé des programmes d’éthique de l’IA pour des cours d’informatique du MIT.
Cette dimension est centrale lorsqu’il s’agit de données de santé. Les informations génétiques et médicales sont sensibles. Leur analyse par des systèmes informatiques pose des questions de confidentialité, de consentement, de représentativité des données et de responsabilité en cas d’erreur ou de mauvaise interprétation. Les capacités d’un modèle ne dispensent donc jamais d’interroger son cadre d’emploi.
Ses stages chez Accenture Gen AI Risk et dans des sociétés pharmaceutiques lui ont apporté une expérience pratique de l’usage responsable de l’intelligence artificielle en santé. Le sujet recouvre autant la gestion des risques liés aux systèmes d’IA que leur intégration dans des contextes où les conséquences des décisions peuvent être importantes.
IA en santé : potentiel scientifique et exigences de responsabilité
Ce que les outils computationnels peuvent apporter
- Analyser des volumes importants de données biologiques et médicales.
- Faire émerger des régularités difficiles à observer manuellement.
- Soutenir l’étude d’images ou de données issues de la génomique.
- Accélérer certaines étapes de recherche et d’exploration scientifique.
Ce qu’ils ne remplacent pas
- La validation expérimentale et l’évaluation clinique des résultats.
- La qualité, la représentativité et la protection des données utilisées.
- Le jugement des chercheurs et des professionnels de santé.
- Un cadre éthique clair pour les usages touchant aux données sensibles.
Pourquoi l’IA en santé doit être pensée avec prudence
L’IA est souvent présentée comme une solution susceptible d’accélérer la recherche biomédicale. Cette promesse est réelle lorsqu’elle permet de traiter des informations nombreuses ou difficiles à examiner autrement. Mais elle ne doit pas occulter les conditions nécessaires à un usage fiable, particulièrement dans le champ médical.
D’abord, un système apprend à partir des données qui lui sont fournies. Si ces données sont incomplètes, biaisées ou insuffisamment représentatives, les résultats risquent de l’être également. Ensuite, une prédiction statistique n’est pas automatiquement une recommandation médicale. Enfin, les personnes qui utilisent ces outils doivent pouvoir en comprendre les limites et en conserver la maîtrise.
Les travaux et engagements d’Ozkan reflètent cette double exigence : développer des outils computationnels utiles, tout en s’intéressant à la manière de les enseigner, de les encadrer et de les appliquer avec responsabilité. Pour la santé des femmes, cet équilibre est d’autant plus important que les besoins de recherche, de prévention et de prise en charge ne se réduisent pas à un problème purement technique.
Une activité tournée aussi vers la communauté du MIT
En parallèle de ses études et de ses recherches, Lara Ozkan exerce plusieurs responsabilités au sein de la communauté universitaire. Elle est présidente et directrice exécutive de MIT Capital Partners, une organisation qui relie la communauté entrepreneuriale à des sociétés de capital-risque. Elle préside aussi le MIT Sloan Business Club.
Ces fonctions témoignent d’un intérêt pour les passerelles entre recherche, entrepreneuriat et financement. Dans les domaines de la santé et de l’IA, ces passerelles sont déterminantes : une idée scientifique doit souvent trouver des partenaires, des ressources et un cadre organisationnel avant d’espérer devenir un produit ou un service. Elles soulèvent également la question de la manière dont les priorités économiques peuvent s’accorder avec l’intérêt général et les exigences médicales.
Ozkan est par ailleurs ambassadrice de recherche pour les étudiants de premier cycle et membre du comité sur la diversité et l’inclusion. Elle consacre également du temps au bénévolat : elle enseigne l’informatique à des collégiens dans le cadre du programme MIT CodeIt et accompagne des enfants touchés par le cancer avec Camp Kesem.
Ces activités ne relèvent pas directement de la bourse Marshall, mais elles éclairent le profil de la lauréate : un parcours qui associe recherche, réflexion sur l’impact social de la technologie, vie associative et transmission des savoirs.
Ce qu’il faut surveiller
La sélection de Lara Ozkan comme Marshall Scholar pour 2025 marque une nouvelle étape dans un itinéraire déjà fortement interdisciplinaire. Ses études prévues au Royaume-Uni devraient lui permettre d’approfondir simultanément les sciences biologiques et l’intelligence artificielle, deux champs dont le rapprochement transforme les méthodes de recherche en santé.
Le point essentiel sera la traduction concrète de cette ambition dans des projets qui répondent aux besoins de la santé des femmes, sans séparer innovation et responsabilité. Les travaux sur la génomique, l’imagerie ou l’apprentissage automatique ouvrent des possibilités importantes, mais ils appellent aussi une attention soutenue à la qualité des données, aux biais, à la confidentialité et à l’évaluation médicale.
Dans cette perspective, le parcours de Lara Ozkan rappelle qu’une formation solide en IA appliquée à la santé repose moins sur une spécialité isolée que sur la capacité à relier informatique, biologie, éthique et réalités humaines. La bourse Marshall lui offre désormais un cadre international pour poursuivre cette démarche.
Questions fréquentes
Qui est Lara Ozkan, Marshall Scholar 2025 ?
Lara Ozkan est une étudiante de premier cycle au Massachusetts Institute of Technology, originaire d’Oradell, dans le New Jersey. Elle suit un double cursus en informatique et biologie moléculaire. Sélectionnée comme Marshall Scholar pour 2025, elle prévoit de poursuivre des études supérieures au Royaume-Uni autour des sciences biologiques, de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique.
Qu’est-ce que la bourse Marshall ?
La bourse Marshall est un programme financé par le gouvernement britannique pour permettre à des étudiants américains aux excellents résultats académiques de poursuivre des études supérieures au Royaume-Uni. Les lauréats peuvent étudier dans le domaine et l’université britanniques de leur choix, sous réserve d’admission. Jusqu’à 50 bourses sont attribuées chaque année.
Quelles études Lara Ozkan prévoit-elle de suivre au Royaume-Uni ?
Lara Ozkan envisage d’abord de préparer un MPhil en sciences biologiques au Sanger Institute de l’Université de Cambridge. Elle prévoit ensuite de se spécialiser en intelligence artificielle et en apprentissage automatique à l’Imperial College London. Ce parcours doit nourrir son projet de développer des approches technologiques utiles à la santé des femmes.
Sur quels sujets de recherche Lara Ozkan a-t-elle travaillé au MIT ?
Au MIT, Lara Ozkan a travaillé avec le groupe Conformable Decoders du MIT Media Lab sur des technologies ultrasonores portables destinées à la détection du cancer du sein. Elle participe aussi à des recherches en biologie computationnelle dirigées par le professeur Manolis Kellis, au laboratoire d’intelligence artificielle et d’informatique du MIT.
Pourquoi l’éthique est-elle importante dans l’IA appliquée à la santé ?
Les outils d’IA en santé peuvent traiter des données médicales ou génétiques particulièrement sensibles. Leur usage soulève donc des enjeux de confidentialité, de consentement, de biais dans les données et de responsabilité. Lara Ozkan a étudié ces questions au MIT et a développé des programmes d’éthique de l’IA pour des cours d’informatique.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- MIT News, actualités officielles du Massachusetts Institute of Technologynews.mit.edu
- Marshall Scholarships, programme officiel de bourses du gouvernement britanniquewww.marshallscholarship.org



