iOS 18 : Apple préparerait une IA locale, mais quels iPhone pourraient en profiter ?
Apple doit présenter iOS 18 en juin 2024, avec une place attendue pour l’intelligence artificielle. Selon plusieurs informations de presse, une partie des fonctions pourrait être traitée directement sur l’iPhone, sans connexion. Une piste prometteuse pour la confidentialité, mais exigeante pour le matériel des appareils.

À moins de deux mois de sa conférence annuelle destinée aux développeurs, Apple entretient le flou sur la prochaine grande version du logiciel de l’iPhone. Une chose est certaine : iOS 18 sera présenté lors de la WWDC 2024, du 10 au 14 juin. Pour le reste, les informations disponibles dessinent surtout une direction, celle d’une intelligence artificielle plus présente dans l’usage quotidien du téléphone et, au moins pour certaines tâches, traitée directement sur l’appareil.
Cette dernière précision est essentielle. Depuis l’essor des assistants conversationnels et des outils de génération de texte ou d’images, l’intelligence artificielle est souvent associée à de vastes infrastructures informatiques distantes. Apple pourrait emprunter une voie différente, ou plus exactement complémentaire : faire accomplir à l’iPhone lui-même une partie des calculs. L’idée est séduisante, mais elle soulève une question très concrète : quels appareils auront réellement la puissance et la mémoire nécessaires ?
Ce qui est confirmé avant la WWDC 2024
À la date du 16 avril 2024, Apple n’a donné aucun aperçu détaillé des fonctions qui accompagneront iOS 18. L’entreprise a simplement annoncé son événement WWDC, traditionnel rendez-vous au cours duquel elle présente les nouvelles versions de ses systèmes d’exploitation. Le keynote d’ouverture, en présence attendue de Tim Cook, doit donc servir de point de départ aux annonces concernant l’iPhone.
L’intelligence artificielle est au centre des attentes. Google et Samsung ont déjà mis en avant, depuis plusieurs mois, des fonctions reposant sur l’IA dans leurs smartphones. Apple, longtemps plus discrète sur cette expression, est désormais attendue sur sa capacité à proposer une expérience claire, utile et cohérente avec son discours habituel sur la confidentialité.
Il faut cependant distinguer les éléments établis des informations rapportées par la presse spécialisée. La présentation d’iOS 18 en juin est officielle. En revanche, le fonctionnement précis de ses éventuelles fonctions d’IA, les iPhone compatibles et leur calendrier de déploiement restent, à ce stade, des sujets de rumeurs et d’analyses.
| Éléments connus ou rapportés au 16 avril 2024 | Ce qu’il faut en comprendre |
|---|---|
| La WWDC 2024 se tient du 10 au 14 juin | Apple doit y présenter iOS 18 et ses principales nouveautés logicielles. |
| Une IA exécutée en local est évoquée par Mark Gurman | Certaines opérations pourraient être réalisées sur l’iPhone sans connexion internet. |
| Apple disposerait de son propre modèle de langage | Son développement aurait pris du retard, selon les informations publiées par Bloomberg. |
| Des discussions avec Google autour de Gemini ont été rapportées en mars | Aucun accord ni aucune intégration à iOS n’étaient confirmés publiquement. |
| Les iPhone 15 et 15 Pro n’ont pas la même quantité de RAM | Cette différence pourrait peser sur l’accès à certaines fonctions gourmandes. |
Que signifie une IA gérée localement sur l’iPhone ?
Une IA dite « locale » ou « embarquée » réalise ses calculs directement dans l’appareil utilisé. Dans le cas d’un iPhone, les données nécessaires ne doivent donc pas systématiquement être envoyées à des serveurs distants pour obtenir une réponse. Le téléphone s’appuie pour cela sur ses processeurs, sa mémoire vive et ses composants spécialisés dans l’apprentissage automatique.
Le bénéfice le plus immédiat est l’usage hors ligne. Si une fonctionnalité fonctionne entièrement sur l’appareil, elle peut rester disponible dans un avion, dans une zone sans réseau ou lorsque la connexion est dégradée. La réponse peut aussi être plus rapide, car elle évite l’aller-retour entre le téléphone et un centre de données.
La confidentialité est l’autre argument majeur. Limiter les transferts de données vers le cloud réduit, dans certains cas, le volume d’informations personnelles qui quitte l’appareil. Cela ne signifie pas automatiquement qu’une fonction locale est sans risque, ni que toute donnée reste nécessairement sur le téléphone. Tout dépend de la conception exacte du service, de ses autorisations et de la part des traitements effectivement réalisés hors ligne. Mais une exécution locale peut réduire la dépendance aux serveurs pour les requêtes les plus courantes.
Cette stratégie impose toutefois de sévères contraintes techniques. Les modèles de langage, qui sont conçus pour produire ou comprendre du texte en prédisant des suites de mots, mobilisent beaucoup de mémoire et de capacité de calcul. Plus le modèle est grand, plus il est en principe capable de prendre en compte un contexte riche, mais plus il est difficile à installer et à faire tourner rapidement sur un téléphone.
IA locale ou IA dans le cloud : deux approches complémentaires
Traitement sur l’iPhone
- Peut fonctionner sans connexion internet pour les tâches compatibles.
- Réduit potentiellement les transferts de données vers des serveurs distants.
- Offre une réponse rapide, sans aller-retour réseau.
- Dépend fortement de la puce et de la mémoire vive disponibles.
- Impose des modèles plus compacts et des usages bien délimités.
Traitement dans le cloud
- Mobilise des ressources informatiques beaucoup plus importantes.
- Peut prendre en charge des modèles de langage plus volumineux.
- Nécessite une connexion internet pour envoyer la requête et recevoir la réponse.
- Soulève davantage de questions sur le traitement des données à distance.
- Pourrait compléter les fonctions locales d’iOS 18 dans un second temps.
Pourquoi la mémoire des iPhone est-elle un point sensible ?
L’information la plus concrète concerne la mémoire vive, ou RAM. Elle sert d’espace de travail temporaire aux applications et au système. Lorsqu’un modèle d’IA s’exécute localement, une partie de ce modèle, ainsi que les données nécessaires au calcul, doit pouvoir tenir dans cette mémoire. Si elle est insuffisante, le téléphone peut ralentir, fermer des applications en arrière-plan ou ne pas pouvoir proposer la fonction dans de bonnes conditions.
Les iPhone 15 disposent de 6 Go de RAM, tandis que les iPhone 15 Pro disposent de 8 Go. Or, Google a expliqué que 8 Go ne suffisaient pas pour faire fonctionner correctement certaines fonctions d’intelligence artificielle et qu’il fallait plutôt compter sur 12 Go. Cette comparaison ne permet pas de prédire mécaniquement ce qu’Apple pourra faire, car tout dépend du modèle employé et de son niveau d’optimisation. Elle illustre en revanche l’ampleur du défi.
Apple peut agir sur plusieurs paramètres : réduire la taille d’un modèle, choisir des tâches très ciblées, exploiter plus efficacement ses puces ou limiter certaines fonctions aux appareils les plus récents. Les iPhone disposent déjà de composants destinés aux calculs d’apprentissage automatique, mais ces accélérateurs ne font pas disparaître les besoins en mémoire.
C’est pourquoi la piste d’une priorité donnée aux futurs iPhone, et notamment à leurs versions Pro, paraît plausible au regard des informations disponibles. Mark Gurman indique que l’IA locale pourrait s’appuyer dans un premier temps sur la nouvelle puce des prochains iPhone. Cela ne signifie pas qu’aucune nouveauté ne sera proposée sur les modèles déjà en circulation. En revanche, les capacités les plus ambitieuses pourraient être conditionnées par le matériel.
Apple pourrait-elle combiner IA locale et cloud ?
Le scénario le plus probable, au vu des éléments rapportés, est celui d’une approche hybride. Apple n’aurait pas l’intention de faire fonctionner toutes ses fonctions d’IA hors ligne. Certaines opérations pourraient être exécutées directement sur l’iPhone, tandis que d’autres, trop lourdes pour un appareil mobile, s’appuieraient sur des serveurs distants.
Cette organisation est pragmatique. Une demande simple, qui exige peu de contexte ou un résultat immédiat, se prête mieux à une exécution locale. À l’inverse, une tâche qui requiert un modèle très volumineux ou de nombreuses données peut bénéficier de la puissance d’un centre de données. Dans ce cas, la connexion internet redevient indispensable et les garanties de confidentialité dépendent des règles appliquées côté serveur.
Selon Mark Gurman, Apple pourrait étendre les capacités d’IA au cloud dans les mois suivant la sortie d’iOS 18, attendue en théorie en septembre 2024. Ce calendrier reste à confirmer, mais il suggère que la première version du système pourrait ne pas contenir, dès le premier jour, l’intégralité de la stratégie d’Apple en matière d’IA.
Le dossier Gemini révèle les difficultés d’Apple
Apple travaillerait sur son propre modèle de langage. Pourtant, Bloomberg rapportait en mars 2024 que l’entreprise s’était rapprochée de Google afin d’envisager l’intégration de Gemini à iOS. Cette information ne vaut pas confirmation d’un partenariat, encore moins d’une fonction précise. Elle montre néanmoins l’intensité de la compétition autour des modèles d’IA générative.
Développer un modèle de langage performant ne consiste pas uniquement à créer une technologie capable de générer du texte. Il faut aussi l’intégrer à un système d’exploitation, déterminer les situations où il peut intervenir, limiter les réponses erronées, protéger les données de l’utilisateur et assurer une exécution suffisamment rapide. Sur un smartphone, s’ajoute la nécessité de préserver l’autonomie de la batterie et de ne pas encombrer le stockage.
Un éventuel recours à Gemini offrirait à Apple une solution pour certaines tâches reposant sur le cloud, alors qu’un modèle interne plus compact pourrait être réservé aux traitements locaux. Là encore, il ne s’agit que d’une hypothèse cohérente avec les informations disponibles. Apple n’a annoncé ni partenariat avec Google ni détail sur le rôle que pourrait jouer Gemini dans iOS 18.
Quelles fonctions faut-il attendre, et lesquelles restent inconnues ?
L’expression « IA dans l’iPhone » recouvre des usages très différents. Elle peut désigner une assistance à la rédaction, une meilleure compréhension du langage, le classement d’informations, la recherche dans des contenus personnels ou l’automatisation de certaines actions. La différence entre une démonstration impressionnante et une fonction vraiment utile tient souvent à l’intégration : l’outil doit intervenir au bon moment, comprendre la demande et rester compréhensible pour son utilisateur.
À ce stade, Apple n’a confirmé aucune liste de fonctionnalités pour iOS 18. Il serait donc prématuré d’affirmer que l’entreprise préparera telle ou telle commande, ou qu’un assistant particulier pourra accomplir telle action. La promesse d’un traitement local permet toutefois d’identifier les types de besoins qu’Apple pourrait privilégier : des opérations rapides, personnelles et suffisamment délimitées pour fonctionner sur le téléphone.
Pour le grand public, le critère décisif ne sera pas le vocabulaire technique employé pendant le keynote. Les utilisateurs chercheront surtout à savoir si ces nouveautés sont disponibles sur leur appareil, si elles sont accessibles en français, si elles nécessitent une connexion et ce qu’elles font de leurs données. Ces réponses pourraient varier selon les fonctions et selon les générations d’iPhone.
Ce qu’il faut surveiller jusqu’à septembre 2024
La WWDC de juin devra répondre à plusieurs interrogations concrètes. D’abord, Apple devra préciser la part réelle du traitement local dans iOS 18. Dire qu’une fonction s’appuie sur l’IA ne permet pas, à lui seul, de savoir où les données sont traitées ni dans quelles conditions elle fonctionne sans connexion.
La compatibilité constituera le deuxième point à suivre. L’écart de mémoire entre les iPhone 15 et les iPhone 15 Pro, ainsi que l’arrivée attendue de nouvelles puces dans la prochaine génération, rendent possible une segmentation des fonctions. Apple devra aussi clarifier si certaines nouveautés seront réservées aux modèles les plus récents ou si des versions allégées seront proposées sur les appareils antérieurs.
Enfin, il faudra observer la place éventuelle des partenaires. Les informations relatives à Gemini signalent qu’Apple pourrait ne pas bâtir seule toutes les briques de sa stratégie. Entre modèle interne, traitement local et services cloud, le véritable enjeu d’iOS 18 sera de proposer un ensemble cohérent, suffisamment puissant pour rivaliser avec les offres déjà mises en avant par Google et Samsung, sans renoncer aux exigences de simplicité et de confidentialité qui font partie du positionnement de l’iPhone.
Questions fréquentes
Quand Apple présentera-t-elle iOS 18 ?
Apple présentera iOS 18 à l’occasion de la WWDC 2024, organisée du 10 au 14 juin 2024. Le keynote d’ouverture, auquel Tim Cook doit participer, est le moment où l’entreprise dévoile habituellement les principales nouveautés de ses systèmes. Les détails sur les fonctions d’IA et leur compatibilité restent inconnus avant cette présentation.
Qu’est-ce qu’une IA locale sur un iPhone ?
Une IA locale traite certaines demandes directement sur l’iPhone, au lieu d’envoyer systématiquement les données vers des serveurs distants. Cela peut permettre un usage sans internet, une réponse plus rapide et une exposition réduite des données au cloud. La nature exacte des traitements locaux qu’Apple préparerait pour iOS 18 n’est pas encore confirmée.
Les iPhone 15 pourront-ils utiliser les fonctions d’IA d’iOS 18 ?
Apple n’a pas communiqué de liste de compatibilité. La question se pose car les iPhone 15 disposent de 6 Go de RAM, contre 8 Go pour les iPhone 15 Pro, et les fonctions d’IA locales sont gourmandes en mémoire. Les informations disponibles suggèrent que les prochains iPhone, notamment les modèles Pro, pourraient être mieux placés pour les fonctions les plus exigeantes.
Apple va-t-elle intégrer Gemini de Google dans iOS 18 ?
Rien n’était confirmé publiquement au 16 avril 2024. Bloomberg a rapporté en mars qu’Apple s’était rapprochée de Google afin d’envisager une intégration de Gemini à iOS, alors que son propre modèle de langage aurait pris du retard. Des discussions éventuelles ne constituent ni un accord officiel ni l’annonce d’une fonctionnalité précise.
Pourquoi l’IA sur l’iPhone demande-t-elle autant de mémoire ?
Les modèles d’IA, notamment les modèles de langage, doivent conserver en mémoire leurs paramètres et les informations nécessaires au traitement d’une demande. Une RAM insuffisante peut limiter leurs capacités ou ralentir le téléphone. Google a indiqué que 8 Go ne suffisaient pas pour certaines fonctions et évoqué un besoin de 12 Go, ce qui illustre la contrainte matérielle.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Apple, annonce officielle de la WWDC 2024www.apple.com
- Bloomberg, rubrique Technologiewww.bloomberg.com/technology
- Google, actualités et annonces sur Geminiblog.google/technology/ai



