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ChatGPT : produire du contenu régulièrement sans renoncer à la pertinence

Publier souvent ne suffit pas : encore faut-il trouver des angles utiles, des titres lisibles et des accroches qui donnent envie de poursuivre. ChatGPT peut accélérer ces étapes répétitives, à condition de lui fournir le bon contexte et de garder la main sur les choix éditoriaux, les faits et le ton.

Créatrice de contenu comparant des idées et des brouillons sur son ordinateur pour planifier ses publications.
Illustration : Actu.ai

La régularité est l’un des défis les plus concrets de la création de contenu. Une entreprise, un indépendant, une association ou un média peut avoir beaucoup à raconter, sans toujours parvenir à transformer cette matière en articles, publications sociales ou newsletters à un rythme tenable. Le manque d’idées n’est souvent qu’une partie du problème : il faut aussi choisir un angle, formuler une promesse claire, rédiger une première phrase et adapter le tout au public visé.

En juin 2024, ChatGPT peut servir d’assistant de préparation et de reformulation dans ce travail. Il ne remplace ni la connaissance d’un métier ni le jugement éditorial. En revanche, il peut produire rapidement plusieurs pistes à partir des informations qu’on lui donne. Bien utilisé, cet échange accélère la phase de brouillon, aide à sortir de ses habitudes et rend une cadence de publication plus réaliste.

Pourquoi la régularité reste difficile

La pression de publier peut facilement conduire à deux écueils opposés : attendre indéfiniment l’idée parfaite, ou diffuser des contenus trop proches les uns des autres. Dans les deux cas, la relation avec le lecteur s’affaiblit. Un calendrier éditorial utile ne consiste pas seulement à remplir des dates : il doit faire correspondre des sujets, des besoins concrets et un format adapté.

Le titre, par exemple, est une porte d’entrée décisive, sans être le seul facteur de réussite d’un contenu. Il doit annoncer un bénéfice ou une information compréhensible, sans promettre ce que le texte ne tient pas. L’accroche joue un rôle similaire : elle donne une raison de continuer, mais ne doit pas masquer un propos creux.

C’est dans ces étapes courtes, répétitives et parfois frustrantes qu’un modèle de langage peut aider. ChatGPT génère du texte à partir des consignes et du contexte saisis dans la conversation. Il peut donc proposer des variantes, rapprocher des idées ou reformuler une phrase. Il ne connaît toutefois pas spontanément les résultats de vos publications, l’identité de vos clients ou les subtilités de votre secteur.

Donner du contexte avant de demander des idées

Une consigne vague, telle que « donne-moi des idées de posts », appelle logiquement une réponse vague. Le meilleur levier n’est pas de chercher une formule magique, mais de préciser le terrain de jeu : audience, objectif, canal de diffusion, sujets déjà traités, contraintes de ton et exemples de contenus qui ont fonctionné ou non.

Avant toute demande, il est utile de rassembler quelques éléments simples. Ils ne doivent pas nécessairement être chiffrés ou exhaustifs, mais ils doivent être réels et compréhensibles. Une liste de commentaires reçus, les questions récurrentes de clients ou les thèmes d’articles déjà publiés constituent une matière bien plus utile qu’une description abstraite de l’audience.

Étape éditorialeInformations à fournir à ChatGPTCe que vous devez garder sous contrôle
Trouver un angleSujet, public, objectif du contenu, thèmes déjà abordésL’intérêt réel du sujet et son adéquation avec votre ligne éditoriale
Proposer des titresTitres antérieurs, résultats observés, promesse du nouvel articleLa clarté, l’exactitude et l’absence de promesse trompeuse
Préparer une accrocheTexte du post, réseau concerné, ton souhaité, limite de longueurLa cohérence avec le contenu qui suit
Imaginer des sujetsProblèmes, besoins et questions du publicLa connaissance du terrain et la faisabilité du traitement
Réécrire un brouillonTexte original, public, consigne de style préciseLes faits, les sources, la voix et la responsabilité de publication

Cette méthode a un autre avantage : elle évite de prendre la première réponse générée comme un texte prêt à publier. L’objectif est de disposer d’un éventail de pistes, puis de choisir et d’améliorer celles qui correspondent vraiment à son lectorat.

Trouver des titres à partir de ce qui a déjà marché

Les titres permettent de transformer un même sujet en plusieurs propositions éditoriales. Ils peuvent mettre l’accent sur une question pratique, une difficulté précise, une méthode, une comparaison ou une idée contre-intuitive. Pour éviter de tourner en rond, ChatGPT peut comparer les caractéristiques de titres passés, à condition de recevoir des exemples suffisamment explicites.

Il ne faut pas lui demander de déduire une loi universelle à partir de quelques publications. Un contenu peut avoir mieux circulé pour des raisons qui ne dépendent pas du titre : son actualité, son format, son audience de départ ou le moment de diffusion. En revanche, l’exercice peut faire émerger des constantes utiles, par exemple des formulations trop techniques, des bénéfices trop flous ou des sujets particulièrement demandés.

Voici un prompt de travail inspiré de cette approche :

« Voici [nombre] titres qui ont bien fonctionné au cours des [durée] derniers mois : [liste des titres]. Voici des titres qui ont moins bien fonctionné : [liste des titres]. À partir de ces exemples, relève les différences de formulation possibles, propose 10 nouveaux titres adaptés à mon sujet [sujet], puis 10 réécritures des titres moins performants. Ne tire pas de conclusion certaine sans données suffisantes. »

La dernière phrase est importante. Elle invite l’outil à distinguer ses hypothèses des observations réellement fournies. Le créateur peut ensuite retenir quelques titres, vérifier qu’ils décrivent honnêtement le contenu, puis les confronter à son expérience et, lorsque c’est possible, à des retours réels.

Partir des problèmes et des attentes de l’audience

Un contenu pertinent ne commence pas nécessairement par ce que son auteur souhaite annoncer. Il commence souvent par une difficulté que le lecteur cherche à résoudre, une hésitation qu’il n’arrive pas à formuler ou un résultat qu’il souhaite obtenir. Cette approche ne signifie pas qu’il faut flatter chaque attente : elle aide surtout à rendre le sujet concret.

ChatGPT peut servir à organiser les problèmes déjà identifiés et à les convertir en pistes de contenus. Les réponses deviennent plus intéressantes lorsqu’on décrit précisément l’audience. « Les entrepreneurs » est une catégorie très large. « Des personnes qui lancent seules une activité de conseil et n’ont pas de méthode de publication » est une base bien plus exploitable.

Un prompt possible est le suivant :

« Mon public cible est [description précise]. Il rencontre notamment ces difficultés : [liste]. Suggère 5 sujets qu’il pourrait vouloir lire pour les résoudre dans le domaine de [domaine]. Inclus aussi des besoins moins évidents, mais indique clairement lesquels relèvent d’une hypothèse à vérifier. Pour chaque sujet, explique le problème traité et le format le plus approprié. »

Cette formulation évite de confondre une idée générée avec une étude de marché. L’outil peut proposer des angles inattendus, mais seul l’échange avec les lecteurs, les clients ou les équipes permet de confirmer qu’un problème est vraiment prioritaire.

Écrire des phrases qui parlent sans imiter une voix artificielle

Sur les réseaux sociaux, une publication est souvent lue très vite. Une phrase d’ouverture claire peut aider à situer le sujet et à donner envie de poursuivre. ChatGPT peut produire plusieurs formulations courtes à partir d’un désir, d’une frustration ou d’un résultat recherché par l’audience.

Le risque est de retenir des phrases génériques, interchangeables ou excessivement affirmatives. Une formule percutante n’est pas nécessairement une formule bruyante. Elle doit rester compatible avec ce que la marque, l’organisation ou la personne peut réellement défendre.

Pour explorer ce registre, on peut écrire :

« Mon public cible souhaite profondément [désir ou résultat recherché]. Rédige 10 phrases déclaratives simples que je pourrais adapter à des publications sur les réseaux sociaux. Elles ne doivent pas être des questions. Évite les promesses absolues, les clichés et les formulations qui pourraient convenir à n’importe quel secteur. »

Il est alors préférable de réécrire les propositions retenues avec ses propres mots. Cette étape est essentielle pour garder une voix reconnaissable. Une audience revient rarement pour une succession de formules correctes mais impersonnelles : elle revient pour une expertise, un point de vue et une manière de raconter.

Revoir l’accroche sans déformer le message

La première ligne d’un post social peut être testée en plusieurs versions. Le but n’est pas de cacher l’information, mais de rendre visible l’intérêt du propos. Une contrainte de longueur aide parfois à éviter les introductions trop lentes. Le prompt source propose notamment une ouverture de 5 à 7 mots, qui ne soit pas une question et qui éveille la curiosité.

Une consigne complète pourrait être :

« Voici le post que je prévois de publier : [texte]. Réécris uniquement sa première phrase pour attirer l’attention. L’ouverture ne doit pas être une question, doit compter environ 5 à 7 mots et rester fidèle à l’idée centrale. Propose 10 versions, sans exagérer les résultats ni créer de fausse urgence. »

La comparaison entre les variantes peut révéler ce qui gêne dans le texte initial : un sujet annoncé trop tard, une phrase trop abstraite ou une promesse peu lisible. Mais l’accroche choisie doit toujours être relue avec la suite du post. Si elle crée une attente que le contenu ne satisfait pas, elle peut accroître le clic à court terme tout en dégradant la confiance.

ChatGPT et jugement éditorial : deux rôles complémentaires

Ce que ChatGPT peut accélérer

  • Produire rapidement plusieurs pistes de titres ou d’accroches.
  • Reformuler un message selon des contraintes de longueur ou de ton.
  • Organiser des problèmes d’audience en idées de contenus.
  • Proposer des angles inhabituels à examiner comme des hypothèses.

Ce que l’humain doit décider

  • Vérifier les faits, chiffres, citations et promesses formulées.
  • Connaître réellement l’audience et ses priorités.
  • Choisir un angle cohérent avec une ligne éditoriale.
  • Préserver une voix singulière et assumer la publication.
  • Protéger les informations confidentielles et personnelles.

Chercher des idées plus originales, puis les tester

La régularité peut installer une routine éditoriale utile, mais aussi produire des contenus prévisibles. Lorsqu’on a identifié les principales questions de son audience et les formats qui fonctionnent, ChatGPT peut servir à imaginer quelques expériences plus audacieuses : un angle moins convenu, une objection traitée frontalement, un format inhabituel ou une comparaison qui simplifie un sujet complexe.

L’enjeu n’est pas d’être original à tout prix. Une bonne idée doit rester pertinente, réalisable et suffisamment documentée. Le modèle peut suggérer des combinaisons de thèmes qu’un auteur n’aurait pas envisagées, sans savoir pour autant si elles seront bien reçues. Il faut donc présenter ces propositions comme des hypothèses éditoriales.

Voici une consigne adaptée à cette phase :

« En tenant compte des principaux problèmes et désirs de mon audience, ainsi que des titres qui ont le mieux fonctionné, propose 5 titres d’articles plus audacieux à tester. Pour chacun, explique ce que l’article devrait inclure, le risque éditorial éventuel et la raison pour laquelle il pourrait intéresser ce public. »

La mention du risque éditorial est précieuse. Elle pousse à identifier ce qui pourrait rendre le sujet confus, trop ambitieux, répétitif ou déconnecté de l’expertise réelle de son auteur.

Mettre en place une routine de production réaliste

Utilisé ponctuellement, ChatGPT peut dépanner face à une page blanche. Utilisé dans une routine, il peut surtout réduire le temps consacré aux tâches de préparation. Une organisation simple suffit : recueillir les questions du public, choisir quelques thèmes, générer des angles, rédiger un plan, écrire un brouillon, puis relire et vérifier avant publication.

Une telle routine ne signifie pas confier toute la chaîne à l’outil. Les étapes qui demandent le plus de responsabilité restent humaines : vérifier les faits, apporter une expérience personnelle ou professionnelle, décider de ce qui mérite d’être publié et assumer les effets du contenu diffusé.

Pour éviter l’effet de répétition, il est utile de varier les demandes. Un même sujet peut devenir, selon le besoin :

  • un article explicatif qui répond à une question précise ;
  • une publication courte qui met en avant une idée pratique ;
  • une liste d’erreurs fréquentes à éviter ;
  • une étude de cas fondée sur des éléments que vous pouvez réellement documenter ;
  • une réponse aux objections ou aux questions reçues.

Cette diversité ne doit pas faire perdre le fil éditorial. Un calendrier cohérent repose sur quelques thèmes maîtrisés et sur la capacité à les traiter sous différents angles, plutôt que sur une course sans fin à la nouveauté.

Les précautions à garder avec un assistant génératif

ChatGPT peut formuler des réponses plausibles mais inexactes. Il peut aussi mal interpréter une consigne trop brève, reprendre des stéréotypes présents dans les formulations fournies ou produire un texte trop similaire à de nombreuses réponses génériques. Il ne faut donc pas lui attribuer une compréhension autonome de l’audience ou une capacité à valider un fait.

Avant de publier, plusieurs vérifications sont indispensables : contrôler les noms, les dates, les chiffres et les citations ; s’assurer que le ton correspond bien à l’auteur ; retirer les promesses impossibles à justifier ; et vérifier que les exemples sont exacts. Si l’outil a proposé des données ou des affirmations nouvelles, elles doivent être confirmées auprès de sources fiables avant intégration.

La prudence concerne également les informations transmises dans la conversation. Il vaut mieux ne pas copier de données personnelles, de noms de clients, de documents confidentiels ou d’informations non publiques sans autorisation. Lorsque le contenu provient d’une organisation, ses règles internes et les paramètres applicables au service utilisé doivent être vérifiés.

Enfin, l’outil ne dispense pas d’écouter son audience. Les commentaires, les réponses à une newsletter, les échanges commerciaux et les recherches faites par les lecteurs restent des indicateurs plus solides qu’une liste d’idées générée automatiquement.

Ce qu’il faut surveiller

À la date de publication de cet article, le 8 juin 2024, l’intérêt de ChatGPT pour la création de contenu tient moins à une automatisation totale qu’à sa capacité à accélérer les premières itérations. Titres, accroches, plans et idées peuvent être produits rapidement, ce qui libère du temps pour l’enquête, l’expertise, la relecture et l’échange avec le public.

La qualité durable dépendra toutefois de ce que l’auteur apporte au-delà du texte généré : une information vérifiée, un angle propre, une connaissance réelle du sujet et une attention aux besoins du lecteur. La régularité la plus utile n’est pas celle qui publie le plus, mais celle qui permet de tenir une promesse éditoriale claire, contenu après contenu.

Questions fréquentes

Comment utiliser ChatGPT pour éviter le syndrome de la page blanche ?

Commencez par lui donner un sujet, votre public, le format souhaité et les difficultés concrètes que vous voulez traiter. Demandez plusieurs angles, plans ou titres plutôt qu’un article final immédiatement. Les propositions servent de point de départ : sélectionnez celles qui correspondent à votre expertise, puis complétez-les avec des informations vérifiées et des exemples réels.

ChatGPT peut-il analyser les performances de mes anciens titres ?

Oui, mais uniquement à partir des données que vous lui transmettez. Vous pouvez lui fournir une liste de titres, leurs résultats observés et le contexte de publication. Il pourra relever des différences de formulation et suggérer des variantes. Ses conclusions restent des hypothèses : les performances dépendent aussi du sujet, du canal, du moment et de l’audience atteinte.

Peut-on publier directement un texte écrit par ChatGPT ?

Il est préférable de ne pas le faire sans relecture approfondie. Le texte peut comporter des approximations, des erreurs factuelles, un ton générique ou des affirmations excessives. Vérifiez chaque élément vérifiable, adaptez la formulation à votre voix et assurez-vous que le contenu répond réellement à la promesse du titre et aux attentes de vos lecteurs.

Quel prompt utiliser pour trouver des idées de contenu avec ChatGPT ?

Décrivez précisément votre audience, ses problèmes, ses objectifs, votre domaine et les sujets déjà traités. Demandez ensuite cinq idées, avec pour chacune le problème résolu, l’angle, le format et les éventuelles limites. Cette structure produit des réponses plus exploitables qu’une demande générale et facilite ensuite la sélection des sujets réellement pertinents.

Faut-il donner des données clients à ChatGPT pour obtenir de bonnes idées ?

Non. Des informations agrégées et anonymisées suffisent souvent : questions fréquentes, objections, thèmes de recherche ou retours généraux. Évitez de transmettre des données personnelles, des informations confidentielles ou des documents non publics sans autorisation. La qualité du contexte compte, mais elle ne justifie pas de négliger les obligations de confidentialité.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. OpenAI, présentation officielle de ChatGPTopenai.com/chatgpt
  2. OpenAI, politique de confidentialitéopenai.com/policies/privacy-policy