DS teste ChatGPT à bord de ses voitures pour enrichir l’assistant vocal
DS Automobiles expérimente l’intégration de ChatGPT à son système vocal DS IRIS SYSTEM auprès de 20 000 volontaires. Pendant six mois, les conducteurs de plusieurs modèles pourront formuler des demandes plus naturelles, de la recherche d’idées de sorties aux histoires pour enfants, sans que l’IA ne prenne le contrôle de la conduite.

Au 3 novembre 2023, ChatGPT s’apprête à faire son entrée dans certains véhicules DS Automobiles. L’initiative ne consiste pas à confier le volant à une intelligence artificielle, ni à transformer la voiture en véhicule autonome. Elle vise un usage plus concret : rendre l’assistant vocal embarqué capable de soutenir une conversation plus naturelle et de répondre à des questions auxquelles les systèmes automobiles traditionnels répondent mal.
DS Automobiles ouvre ainsi une phase de test de six mois, sans frais supplémentaires, auprès de 20 000 volontaires. ChatGPT doit compléter DS IRIS SYSTEM, l’interface vocale et connectée de la marque. L’ambition est de passer d’un assistant qui exécute principalement des ordres précis à un interlocuteur susceptible de formuler des réponses développées, de proposer des idées ou de créer du contenu à la demande.
L’annonce mérite toutefois d’être lue avec précision. ChatGPT est l’outil d’intelligence artificielle générative développé par OpenAI. L’expérimentation annoncée concerne bien DS Automobiles et son système DS IRIS SYSTEM. Elle ne signifie pas qu’un constructeur de voitures volantes aurait acquis ChatGPT, ni que l’assistant vocal de DS serait celui d’une autre marque automobile.
Ce que DS Automobiles teste réellement
Le dispositif prend la forme d’une expérimentation à grande échelle. Il est réservé aux clients volontaires dont le véhicule est déjà équipé de DS IRIS SYSTEM. Les modèles concernés sont les DS 3, DS 4, DS 7 et DS 9. Le test est proposé dans cinq pays : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie.
| Élément | Ce qui est annoncé en novembre 2023 |
|---|---|
| Nature du programme | Expérimentation de l’intégration de ChatGPT dans DS IRIS SYSTEM |
| Nombre de participants | 20 000 volontaires |
| Durée | Six mois |
| Coût pour les volontaires | Aucun supplément pendant la phase de test |
| Véhicules concernés | DS 3, DS 4, DS 7 et DS 9 équipées de DS IRIS SYSTEM |
| Pays concernés | France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie |
Cette approche par test permet à un constructeur d’observer les usages réels avant une éventuelle généralisation. Dans une voiture, un assistant ne doit pas seulement être capable de produire une réponse plausible. Il doit comprendre des demandes prononcées dans un environnement bruyant, répondre sans monopoliser l’attention et s’intégrer à une interface où la sécurité reste prioritaire.
L’enjeu est donc moins d’ajouter un écran ou une fonction spectaculaire que d’améliorer une interaction déjà familière. Les automobilistes utilisent volontiers la voix lorsqu’ils ont besoin de conserver les mains sur le volant et les yeux sur la route. Or, jusqu’ici, les assistants embarqués reposent largement sur des commandes fermées : régler la température, lancer un itinéraire, choisir une station de radio ou appeler un contact.
Comment ChatGPT change la conversation avec DS IRIS SYSTEM
Un assistant vocal automobile classique fonctionne surtout comme un système de reconnaissance d’intentions. Il doit associer une phrase à une action déterminée. Si le conducteur demande de baisser la climatisation ou d’ouvrir la navigation, l’interface exécute une commande prévue à l’avance.
ChatGPT relève d’une logique différente. C’est un modèle de langage génératif : il analyse une demande formulée en langage courant et produit une réponse mot après mot, en tenant compte du contexte de l’échange. Il peut donc traiter des questions plus ouvertes, reformuler une explication ou imaginer un contenu. C’est cette capacité de dialogue que DS cherche à ajouter à DS IRIS SYSTEM.
Concrètement, le conducteur n’a plus nécessairement besoin d’employer une formulation rigide. L’intérêt est de pouvoir poser une question telle qu’elle vient, puis de demander une précision. Une requête peut ainsi devenir une courte conversation, plutôt qu’une succession d’ordres isolés.
Cela ne veut pas dire que ChatGPT remplace toutes les briques techniques de la voiture. Les réglages du véhicule, la navigation ou le divertissement restent liés aux fonctions prévues par le constructeur et à l’interface DS IRIS SYSTEM. Le rôle de l’IA générative est d’enrichir la partie conversationnelle, pas de devenir le système qui pilote les équipements essentiels.
Des idées de visites aux histoires pour enfants
DS Automobiles met en avant des situations de trajet très concrètes. L’une consiste à demander des informations sur des lieux culturels à proximité. Une famille pourrait par exemple chercher des idées de visite durant un déplacement, ou demander une explication sur un monument aperçu en chemin.
L’autre grand terrain d’usage est le divertissement à bord. L’assistant peut proposer un quiz ou raconter une histoire sur un sujet particulier. Pour des parents qui voyagent avec des enfants, la promesse est simple : disposer d’un interlocuteur capable d’inventer une activité orale sans avoir à manipuler un téléphone.
Ces exemples illustrent une différence importante entre une recherche sur écran et un assistant vocal génératif. Dans le premier cas, l’utilisateur parcourt lui-même des résultats. Dans le second, il formule une intention et reçoit une réponse synthétique. Cette fluidité peut être utile dans l’habitacle, à condition de ne pas la confondre avec une garantie d’exactitude.
Un modèle de langage peut en effet produire une réponse convaincante tout en se trompant, notamment lorsqu’il évoque une information locale, des horaires, une disponibilité ou un fait précis. Pour un itinéraire, une réservation, des horaires d’ouverture ou toute décision importante, la vérification par les outils adaptés demeure indispensable.
Assistant vocal automobile : ce que change l’IA générative
Commandes vocales classiques
- Répondent surtout à des ordres prédéfinis et à des fonctions du véhicule.
- Demandent souvent une formulation proche de celle prévue par le système.
- Sont adaptées à la climatisation, la radio, les appels et la navigation.
- Produisent généralement des réponses courtes, liées à une action précise.
DS IRIS SYSTEM enrichi par ChatGPT
- Peut traiter des questions ouvertes formulées en langage courant.
- Permet de poursuivre une conversation et de demander des précisions.
- Peut proposer des idées de visites, des quiz ou des histoires à la demande.
- Reste susceptible de fournir une information imprécise, qui doit être vérifiée si elle est importante.
Une voiture plus conversationnelle, pas une voiture autonome
L’expression « intelligence artificielle dans la voiture » peut prêter à confusion. Ici, il n’est pas question d’un système de conduite autonome. ChatGPT n’observe pas la route, ne détecte pas les piétons, ne freine pas, ne tourne pas le volant et ne décide pas de la trajectoire du véhicule.
La conduite automatisée repose sur d’autres technologies : capteurs, caméras, radars, logiciels de perception de l’environnement et systèmes d’aide à la conduite. Ces dispositifs doivent fonctionner de manière fiable en temps réel, y compris dans des situations imprévues. Un assistant conversationnel, lui, traite principalement du langage et fournit des informations ou du contenu verbal.
La distinction est essentielle pour la sécurité. Un assistant plus bavard peut rendre un trajet plus agréable, mais il peut aussi attirer l’attention du conducteur. La meilleure interaction est donc celle qui reste brève, compréhensible et utile. Poser une question à voix haute peut éviter de regarder un écran, mais une réponse longue ou surprenante ne doit jamais détourner l’automobiliste de son environnement.
Les données vocales, un sujet à examiner avec attention
L’arrivée d’une IA générative dans l’habitacle pose immédiatement la question des données. Une demande vocale peut paraître anodine, mais elle peut contenir des éléments personnels : une destination, un centre d’intérêt, des habitudes de déplacement ou des informations sur les passagers. Dans une voiture connectée, la protection de la vie privée ne dépend donc pas seulement de la qualité de l’assistant, mais aussi des règles de collecte, de conservation et de traitement des échanges.
Les participants à l’expérimentation doivent notamment regarder les conditions associées au service, les informations affichées dans leur véhicule et les paramètres disponibles. Ils ont intérêt à éviter de dicter des données sensibles, telles que des mots de passe, des coordonnées bancaires, des informations médicales détaillées ou des éléments confidentiels liés à leur travail.
Deux confusions doivent aussi être écartées. La commande d’activation « Hey Mercedes » appartient à l’environnement Mercedes-Benz et ne décrit pas DS IRIS SYSTEM. De même, le Mercedes-Benz Intelligent Cloud relève de l’infrastructure de Mercedes-Benz. Ces éléments ne définissent pas, à eux seuls, le fonctionnement ni les modalités de traitement des données du test DS annoncé à l’automne 2023.
Plus largement, le terme « anonymisé » mérite toujours d’être interprété avec prudence. Retirer un nom ou un identifiant ne suffit pas nécessairement à effacer toute information personnelle d’une conversation. Les constructeurs et les fournisseurs de services ont donc un défi majeur : proposer des assistants utiles, tout en donnant aux utilisateurs des explications claires et des choix réels sur leurs données.
Pourquoi l’automobile s’intéresse aux IA génératives
L’habitacle est l’un des lieux où la voix peut trouver une utilité immédiate. À la différence d’un ordinateur ou d’un smartphone, l’usage de l’écran y est limité par la nécessité de conduire. L’interaction vocale semble donc naturellement adaptée, mais elle a longtemps frustré les utilisateurs en raison de son vocabulaire limité et de son manque de souplesse.
Les modèles génératifs promettent de réduire cette rigidité. Ils peuvent comprendre des formulations variées, poursuivre un échange et générer des contenus qui n’ont pas été programmés ligne par ligne par le constructeur. Pour les marques automobiles, cela ouvre la voie à des assistants capables d’accompagner les loisirs, le tourisme, les questions générales et, à terme, certains services connectés.
Cette promesse a aussi ses limites. L’automobile est un produit qui se conserve souvent bien plus longtemps qu’un smartphone. Intégrer un service reposant sur le cloud implique de penser à la disponibilité de la connexion, aux mises à jour, aux langues prises en charge, aux coûts futurs et à la pérennité du fournisseur. Un assistant impressionnant lors d’une démonstration doit aussi rester compréhensible et fiable plusieurs années après l’achat du véhicule.
Pour DS, l’expérimentation de 2023 constitue donc un test d’usage autant qu’un test technologique. Elle permettra de déterminer quelles questions les conducteurs posent réellement, à quel moment ils sollicitent l’assistant et dans quelles situations l’IA apporte une valeur plus nette qu’une commande vocale traditionnelle.
Ce qu’il faut surveiller après l’expérimentation
La phase de six mois devra d’abord montrer si les 20 000 volontaires adoptent durablement cette fonction. Les usages annoncés, comme les idées de sorties, les quiz et les histoires, sont accessibles et faciles à comprendre. Mais l’intérêt à long terme dépendra de la pertinence des réponses, de la rapidité de l’échange et de la simplicité de l’activation au quotidien.
Il faudra aussi observer les conditions d’un éventuel déploiement élargi : les modèles compatibles, les pays concernés, les langues proposées et le prix du service après la période gratuite. Ces éléments détermineront si ChatGPT reste une expérimentation appréciée ou devient une fonction installée de l’expérience DS.
Enfin, cette initiative rappelle que l’innovation automobile ne se joue plus seulement sous le capot ou dans les systèmes d’aide à la conduite. Elle se joue aussi dans le dialogue entre le conducteur et sa voiture. Le défi des constructeurs sera de faire de cette conversation un vrai service, sans transformer l’habitacle en source supplémentaire de distraction ni sacrifier la confidentialité des passagers.
Questions fréquentes
Quelles voitures DS peuvent tester ChatGPT ?
L’expérimentation concerne les DS 3, DS 4, DS 7 et DS 9 équipées de DS IRIS SYSTEM. Elle est proposée à 20 000 clients volontaires en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie. Tous les propriétaires de ces modèles ne sont donc pas automatiquement inclus dans le test.
ChatGPT peut-il conduire une voiture DS à la place du conducteur ?
Non. Dans cette expérimentation, ChatGPT enrichit l’assistant vocal DS IRIS SYSTEM. Il sert à répondre à des questions, suggérer des activités ou créer du contenu oral, comme des histoires et des quiz. Il ne contrôle ni le volant, ni les freins, ni l’accélérateur et ne rend pas le véhicule autonome.
À quoi sert ChatGPT dans une voiture DS ?
L’objectif est de rendre les échanges vocaux plus naturels. Le conducteur peut notamment demander des idées de lieux culturels à proximité, obtenir des explications sur un sujet ou divertir des enfants avec un quiz ou une histoire. Les fonctions habituelles de la voiture restent assurées par DS IRIS SYSTEM.
Le test ChatGPT de DS est-il gratuit ?
Oui, la phase d’expérimentation annoncée par DS Automobiles est sans frais supplémentaires pour les 20 000 volontaires retenus. Elle doit durer six mois. Les éventuelles modalités d’un déploiement plus large, y compris le prix après cette période, ne font pas partie de l’annonce initiale.
Mes conversations avec ChatGPT dans une DS sont-elles privées ?
Les échanges vocaux dans une voiture connectée peuvent contenir des informations personnelles, comme une destination ou des habitudes de déplacement. Il est conseillé de consulter les conditions du service et d’éviter de dicter des données sensibles. Les utilisateurs ne doivent pas supposer que les règles applicables chez un autre constructeur s’appliquent au test de DS.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- DS Automobiles, espace presse officielwww.media.stellantis.com/fr-fr/ds
- OpenAI, présentation officielle de ChatGPTopenai.com/chatgpt
- CNIL, informations sur la protection des données personnelleswww.cnil.fr



