Génération Bêta : les enfants nés dès 2025 grandiront avec l’IA au quotidien
Les enfants nés à partir du 1er janvier 2025 sont regroupés sous l’étiquette de génération Bêta. Appelés à grandir dans un environnement où l’intelligence artificielle, les objets connectés et les enjeux climatiques seront omniprésents, ils illustrent surtout les grandes questions qui façonneront l’enfance des prochaines décennies.

Le 1er janvier 2025 ne marque pas seulement le début d’une nouvelle année : dans le vocabulaire des études générationnelles, il ouvre aussi la période de la génération Bêta. Ce nom rassemble les enfants qui naissent à partir de cette date et qui, pour la première fois, ne connaîtront jamais un monde sans intelligence artificielle grand public. Assistants conversationnels, recommandations automatisées, appareils connectés et contenus créés par algorithmes font déjà partie du décor dans lequel ils arrivent.
L’idée ne consiste pas à prédire leur personnalité dès le berceau. Aucun enfant né en 2025 ne peut encore confirmer ou démentir les tendances qu’on lui prête. En revanche, cette nouvelle appellation invite à regarder les transformations qui pèseront sur leur quotidien : la place des outils numériques à la maison et à l’école, les conséquences du changement climatique, la façon dont leurs parents arbitreront entre innovation, protection et liens sociaux.
Qui appelle-t-on la génération Bêta ?
La génération Bêta est le nom proposé par le démographe Mark McCrindle pour les personnes nées entre 2025 et 2039. Elle succède à la génération Alpha, elle-même venue après la génération Z. Ses parents appartiendront principalement aux générations des Millennials et de la génération Z.
Les bornes de ces générations ne relèvent ni d’une règle scientifique universelle ni d’un statut administratif. Elles sont des conventions utiles pour observer des personnes ayant grandi dans des contextes proches. Les dates retenues peuvent donc varier selon les chercheurs, les instituts et les pays. Leur intérêt est moins de résumer une personne que de rendre visibles les grandes ruptures qui distinguent une enfance d’une autre.
Pour les enfants de la génération Bêta, cette rupture pourrait être celle d’une technologie devenue ordinaire. Le numérique n’est plus seulement un outil utilisé ponctuellement sur un ordinateur : il est intégré à des services, à des objets et à des décisions quotidiennes. L’intelligence artificielle peut déjà trier de l’information, transcrire une parole, traduire, recommander un contenu ou produire un texte et une image. Les bébés nés en 2025 grandiront au moment où ces usages s’installent dans davantage d’espaces.
| Repère | Ce qu’il indique pour la génération Bêta |
|---|---|
| Début de la cohorte | 1er janvier 2025 |
| Période retenue | De 2025 à 2039 |
| Générations parentales les plus citées | Millennials et génération Z |
| Part estimée de la population mondiale en 2035 | Environ 16 % |
| Environnement technologique attendu | IA du quotidien, santé connectée, mondes immersifs et possibles transports autonomes |
L’estimation de 16 % de la population mondiale en 2035 donne une idée du poids démographique que pourrait prendre cette cohorte. Mais elle ne dit rien, à elle seule, de l’expérience concrète des enfants. Naître dans une grande métropole très connectée, dans une zone rurale, dans un pays aux infrastructures numériques limitées ou dans un foyer sans équipements récents ne produit pas la même enfance.
Pourquoi l’IA sera-t-elle si présente dans leur quotidien ?
Les enfants de la génération Bêta arriveront dans des foyers où l’IA est déjà capable de répondre à des questions, de générer des contenus et d’automatiser certaines tâches. À mesure que ces systèmes seront intégrés dans les téléphones, les objets domestiques, les plateformes éducatives ou les services publics, ils pourront sembler aussi banals que le moteur de recherche ou la messagerie pour les générations précédentes.
Mark McCrindle évoque notamment un monde où le transport autonome, les outils de santé connectés et les environnements numériques immersifs feront partie des expériences familières de cette génération. Le conditionnel reste essentiel : le rythme d’adoption de ces technologies dépendra des progrès techniques, de leur coût, de la réglementation et de leur acceptation par les citoyens.
À l’école, l’IA pourrait contribuer à adapter certains exercices au niveau d’un élève, faciliter l’accès à des ressources ou aider les enseignants dans des tâches de préparation. À la maison, elle pourrait accompagner l’apprentissage des langues, la recherche d’informations ou l’organisation du quotidien. Dans le domaine de la santé, des dispositifs portables sont susceptibles de mesurer certains paramètres et de transmettre des données utiles au suivi médical.
Ces usages ont toutefois une contrepartie. Plus un service est personnalisé, plus il peut collecter des données sur les habitudes, les difficultés ou les centres d’intérêt de l’enfant. Les parents, les établissements scolaires, les concepteurs de services et les pouvoirs publics devront donc déterminer quelles données peuvent être recueillies, à quelles fins, pendant combien de temps et avec quelles protections.
Une technologie à apprendre autant qu’à utiliser
Grandir avec l’IA ne signifie pas savoir automatiquement s’en servir avec discernement. Un outil conversationnel peut fournir une réponse convaincante mais erronée, reproduire des biais présents dans ses données d’entraînement ou masquer la provenance d’une information. L’un des apprentissages décisifs sera donc de vérifier, de comparer les sources, de demander de l’aide et de comprendre qu’un résultat automatique n’est pas forcément une vérité.
Cette culture de l’esprit critique concerne aussi les images, les voix et les vidéos. Lorsque les contenus synthétiques deviennent plus réalistes, les enfants devront apprendre à distinguer une création, une publicité, un témoignage et une manipulation. L’enjeu n’est pas de les éloigner de toute technologie, mais de leur donner les repères nécessaires pour conserver une autonomie de jugement.
Le climat, un cadre de vie plus qu’un simple sujet scolaire
La génération Bêta héritera d’un monde déjà marqué par les effets du réchauffement climatique. Cette réalité ne sera pas seulement abordée dans les cours de sciences : elle touchera l’alimentation, les déplacements, l’aménagement des villes, l’accès à l’eau et la manière de produire ou de consommer de l’énergie.
L’article de McCrindle associe cette cohorte à une conscience renforcée des enjeux environnementaux. Il faut y voir une perspective, et non une certitude sur les comportements futurs. Une préoccupation largement partagée ne conduit pas automatiquement aux mêmes choix, car les possibilités d’agir dépendent des revenus, du lieu de vie, des politiques publiques et des alternatives réellement accessibles.
Le rôle des adultes sera ici déterminant. Parler de durabilité à un enfant a davantage de sens si cette idée s’accompagne d’expériences concrètes : comprendre l’origine d’un objet, limiter le gaspillage, réparer, partager, observer son environnement et discuter des effets de ses choix. L’éco-responsabilité ne peut pas reposer sur les seuls individus, encore moins sur les enfants. Elle suppose aussi des infrastructures, des services et des règles collectives cohérentes.
Une éducation entre personnalisation et lien collectif
Les parents de la génération Bêta, principalement Millennials et membres de la génération Z, pourront privilégier des méthodes d’apprentissage plus ouvertes à l’innovation. Les outils numériques offrent déjà une grande variété de formats : exercices interactifs, ressources audiovisuelles, traduction, accès à des bibliothèques de contenus et, de plus en plus, assistants fondés sur l’IA.
Le potentiel de personnalisation est réel. Un élève qui avance à son rythme peut recevoir des explications reformulées, s’entraîner sur une notion précise ou accéder à des contenus adaptés. Mais l’école ne se réduit pas à l’acquisition de connaissances. Elle est aussi le lieu où l’on apprend à coopérer, à écouter, à débattre, à respecter des règles communes et à travailler avec des personnes différentes de soi.
Les attentes associées à la génération Bêta mettent ainsi l’accent sur la collaboration, l’égalité et l’attention à l’environnement. Ces valeurs ne sont pas nouvelles, mais elles pourraient prendre une place plus visible dans les parcours éducatifs, à condition que les établissements disposent du temps, de la formation et des moyens nécessaires.
Le risque serait de confondre modernisation et multiplication des écrans. La qualité pédagogique dépendra moins de la nouveauté d’un outil que de son usage : une activité numérique peut encourager la curiosité comme elle peut distraire ou isoler. L’accompagnement par un adulte, le temps consacré à la lecture, au jeu, aux activités physiques et aux échanges directs resteront indispensables.
Génération Bêta : contexte réel et projections à distinguer
Ce que décrit l’étiquette
- Une cohorte d’enfants nés entre 2025 et 2039
- Un environnement marqué par l’IA et les services connectés
- Des enjeux climatiques appelés à structurer leur quotidien
- Des parents issus surtout des Millennials et de la génération Z
Ce qu’elle ne permet pas d’affirmer
- Le caractère ou les opinions d’un enfant
- Un accès identique aux technologies dans tous les pays
- Une adoption certaine du transport autonome ou des mondes immersifs
- Des comportements politiques futurs uniformes
- Une maîtrise spontanée des outils d’intelligence artificielle
Ce que l’étiquette générationnelle permet de voir, et ce qu’elle masque
La génération Bêta fournit un raccourci commode pour parler d’un avenir proche. Elle attire l’attention sur des tendances lourdes, à commencer par la généralisation de l’IA, la numérisation des services et l’urgence climatique. Elle peut aussi aider les institutions à anticiper des besoins : éducation au numérique, accompagnement des familles, protection des mineurs en ligne, accessibilité des outils et formation des professionnels.
Mais cette même étiquette peut devenir trompeuse si elle laisse croire que tous les enfants nés sur quinze années formeront un bloc homogène. La réalité sera très différente selon les pays, les langues, les familles, le niveau de vie et l’accès aux soins ou à l’éducation. L’IA ne sera pas présente avec la même intensité partout, et l’accès à un outil ne garantit ni son utilité ni sa maîtrise.
Il faut également se méfier du déterminisme technologique. Les technologies ne façonnent pas seules une génération : elles sont conçues, encadrées, achetées, refusées ou détournées par des humains. Les choix faits dès aujourd’hui sur la sécurité des plateformes, la publicité ciblée, la protection de la vie privée et l’accessibilité auront un effet direct sur l’environnement numérique des enfants nés en 2025.
Les futurs citoyens d’un monde connecté
Les premiers membres de la génération Bêta ne voteront pas avant de nombreuses années. Il est donc impossible d’affirmer quelles politiques ils soutiendront. Néanmoins, les sujets qui structureront leur enfance, climat, inégalités, automatisation, identité numérique et accès à l’information, pourraient logiquement peser dans les débats publics lorsqu’ils atteindront l’âge adulte.
Ils grandiront aussi dans la continuité d’une génération Z qui a déjà porté certaines mobilisations sur le climat, la justice sociale ou les usages des plateformes. Cela ne signifie pas que la génération Bêta reprendra les mêmes priorités. Chaque génération réagit à son époque, mais aussi aux limites des réponses apportées par les générations précédentes.
Pour les décideurs, anticiper cette période revient moins à imaginer des enfants naturellement plus engagés qu’à construire les conditions d’une participation éclairée. Cela passe par une information fiable, une éducation civique et numérique solide, des espaces de discussion et des politiques capables de répondre à des problèmes concrets plutôt qu’à de simples slogans technologiques.
Ce qu’il faut surveiller pour les enfants nés en 2025
La génération Bêta vient tout juste de commencer. Les prédictions qui l’entourent seront mises à l’épreuve par les décisions prises au cours des prochaines années. Plusieurs évolutions méritent une attention particulière : la manière dont l’IA sera introduite à l’école, les règles protégeant les mineurs et leurs données, l’accès réel aux nouveaux outils, ainsi que les politiques d’adaptation au changement climatique.
Le défi sera d’éviter deux excès. Le premier consisterait à présenter toute innovation comme un progrès automatique. Le second serait de considérer la technologie comme une menace qu’il faudrait écarter de l’enfance. Entre ces positions, il existe un objectif plus exigeant : construire des usages utiles, compréhensibles et sûrs, qui renforcent les apprentissages et les liens sociaux au lieu de les fragiliser.
Les bébés nés depuis le 1er janvier 2025 ne définiront pas leur époque par le seul fait d’être appelés Bêta. En revanche, les choix collectifs faits dès maintenant contribueront à déterminer si l’IA et les technologies connectées deviennent pour eux des outils d’émancipation, d’inclusion et de coopération, ou de nouvelles sources de dépendance et d’inégalités.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la génération Bêta ?
La génération Bêta désigne, dans le découpage proposé par le démographe Mark McCrindle, les enfants nés entre 2025 et 2039. Elle succède à la génération Alpha. Cette appellation sert à décrire un contexte de naissance commun, notamment la diffusion de l’IA et des technologies connectées, sans définir chaque individu.
Quand commence et quand finit la génération Bêta ?
La génération Bêta commence le 1er janvier 2025 et couvre les naissances jusqu’en 2039 selon la définition citée. Ces limites ne constituent pas une norme officielle mondiale. Les découpages générationnels sont des conventions utilisées pour analyser des tendances sociales et démographiques, et leurs dates peuvent varier d’une étude à l’autre.
Pourquoi les enfants de la génération Bêta sont-ils liés à l’intelligence artificielle ?
Ils naissent à un moment où les assistants conversationnels, les recommandations automatisées, les outils éducatifs numériques et les objets connectés se développent rapidement. L’IA pourrait intervenir dans l’apprentissage, les loisirs, les services et la santé. Sa place réelle dépendra toutefois des règles, des choix des familles, des écoles et de l’accès aux équipements.
Quel sera l’impact de l’IA sur l’éducation de la génération Bêta ?
L’IA peut aider à adapter des exercices, reformuler une explication ou donner accès à de nombreuses ressources. Elle ne remplace cependant ni les enseignants ni les interactions entre élèves. Les principaux enjeux seront la fiabilité des réponses, la protection des données des mineurs, l’égalité d’accès aux outils et le développement de l’esprit critique.
La génération Bêta représentera-t-elle une part importante de la population mondiale ?
Selon l’estimation reprise par Mark McCrindle, la génération Bêta pourrait représenter environ 16 % de la population mondiale en 2035. Ce chiffre souligne son poids démographique potentiel. Il ne doit pas masquer la diversité des situations vécues par les enfants selon leur pays, leur milieu social et leur accès à l’éducation ou au numérique.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- McCrindle, analyses et définitions des générationsmccrindle.com.au
- Nations unies, Perspectives de la population mondialepopulation.un.org/wpp



