Société et emploi

Génération Bêta : les enfants nés en 2025 grandiront-ils avec l’IA ?

Les enfants nés à partir du 1er janvier 2025 sont rattachés à la génération Bêta. Cette appellation, proposée par le démographe Mark McCrindle, esquisse une enfance marquée par l’intelligence artificielle, les technologies connectées et l’urgence climatique. Mais elle ne permet pas de prédire le destin d’une génération entière.

Un jeune enfant découvre un outil numérique auprès de ses parents dans un foyer connecté et végétalisé.
Illustration : Actu.ai

Le 1er janvier 2025 ne marque pas seulement le début d’une nouvelle année civile. Dans la périodisation proposée par le démographe Mark McCrindle, cette date ouvre aussi celle de la génération Bêta, un nom donné aux enfants qui naissent à partir de 2025. Ils arrivent dans un monde où l’intelligence artificielle sort des laboratoires et des écrans pour s’intégrer progressivement aux services, aux objets et aux décisions qui rythment la vie quotidienne.

Cette formule est séduisante car elle donne un nom à une époque. Elle doit toutefois être lue avec prudence. Une génération n’est ni un diagnostic médical, ni une identité imposée à des millions d’enfants. C’est avant tout un repère pour réfléchir aux grandes transformations auxquelles ils seront exposés : développement de l’IA, automatisation, outils de santé connectés, école numérique et conséquences du changement climatique.

La génération Bêta commence en 2025

La génération Bêta succède à la génération Alpha dans la classification de Mark McCrindle. Elle rassemble les personnes nées entre 2025 et 2039, soit une période de quinze années. Le choix de l’alphabet grec prolonge une nomenclature déjà utilisée pour la génération Alpha.

RepèreCe qu’il indique
Début de la génération Bêta1er janvier 2025
Années de naissance concernées2025 à 2039
Génération qui la précède dans cette périodisationGénération Alpha
Référence citée pour cette appellationLe démographe Mark McCrindle
Nature de cette catégorieUn repère démographique et culturel, pas une définition scientifique universelle

Les découpages générationnels ne font pas l’objet d’une règle officielle partagée dans tous les pays. Leurs bornes peuvent varier selon les chercheurs, les instituts ou les médias. Ils servent surtout à mettre en perspective les expériences collectives : une même période économique, l’apparition de nouveaux médias, une crise sanitaire ou des transformations environnementales.

Pour les bébés nés en 2025, le trait marquant envisagé est la banalisation croissante d’outils numériques capables d’analyser, de recommander, de converser ou d’automatiser certaines tâches. L’enjeu n’est donc pas de supposer qu’ils auront tous le même rapport à la technologie, mais de comprendre que l’IA devrait faire partie de leur décor dès l’enfance.

Génération Bêta : un repère utile, pas une prédiction

Ce que l’appellation permet de comprendre

  • Elle situe les enfants nés de 2025 à 2039 dans un même contexte historique.
  • Elle met en lumière la montée de l’IA, de l’automatisation et des objets connectés.
  • Elle aide à discuter des défis communs, notamment l’école, la santé et le climat.
  • Elle souligne le rôle des choix réalisés par les adultes dès aujourd’hui.

Ce qu’elle ne permet pas d’affirmer

  • Elle ne prédit pas la personnalité ou les convictions d’un enfant.
  • Elle ne garantit pas un accès égal aux technologies pour toutes les familles.
  • Elle ne prouve pas que chaque usage de l’IA sera bénéfique ou souhaité.
  • Elle ne remplace pas l’analyse des inégalités sociales, territoriales et culturelles.

Pourquoi l’intelligence artificielle pourrait définir leur environnement

Mark McCrindle décrit la génération Bêta comme l’« aube d’une nouvelle ère ». L’expression renvoie à une différence de contexte avec les générations précédentes : pour ces enfants, l’IA ne sera pas seulement une nouveauté à découvrir à l’âge adulte. Elle pourrait déjà être présente dans des objets, des plateformes et des services utilisés par leur famille, leur école ou leur ville.

L’intelligence artificielle ne désigne pas un seul outil. Elle recouvre notamment des systèmes qui reconnaissent une voix ou une image, proposent des contenus, traduisent un texte, aident à organiser une tâche ou produisent des réponses à partir d’une demande écrite. Lorsqu’elle est intégrée à un service, elle peut devenir presque invisible pour l’utilisateur : une suggestion de trajet, un réglage automatique, une assistance numérique ou une recommandation personnalisée.

Selon les projections associées à cette génération, les enfants nés à partir de 2025 seront les premiers à côtoyer dès leur jeune âge plusieurs technologies en développement ou en diffusion : les transports autonomes, les dispositifs de santé portables et les environnements immersifs. Ces outils peuvent modifier les habitudes, mais aussi les interactions sociales et les attentes vis-à-vis des institutions.

La promesse d’un quotidien plus fluide ne supprime pas les questions importantes. Qui conçoit les systèmes utilisés par les familles et les écoles ? Quelles données recueillent-ils ? Les résultats produits sont-ils fiables, adaptés à l’âge de l’enfant et compréhensibles ? Pour la génération Bêta, l’éducation au numérique pourrait compter autant que l’accès aux outils eux-mêmes.

École, loisirs et travail : des transformations attendues

L’école est l’un des lieux où la présence de l’IA pourrait se faire sentir le plus tôt. Des outils numériques peuvent déjà assister certaines tâches, proposer des exercices ou faciliter l’accès à l’information. Pour les enfants de la génération Bêta, l’hypothèse est celle d’une intégration plus profonde de ces technologies dans les pratiques éducatives.

Cela ne revient pas à imaginer une école sans enseignants. L’enjeu sera plutôt de déterminer ce qui doit relever de l’accompagnement humain, de la discussion collective, de la créativité et de l’évaluation, et ce qui peut être confié à un outil. Une technologie qui adapte un exercice au niveau d’un élève peut paraître utile. Elle ne remplace pas pour autant l’attention d’un adulte, le lien avec les autres enfants ou la capacité à encourager.

Les loisirs pourraient eux aussi devenir plus immersifs et plus interactifs. Les environnements numériques, déjà présents dans le jeu, la vidéo et la communication, sont appelés à se mêler davantage au monde physique. Cette perspective pose une question simple : comment préserver des temps de jeu, de sociabilité et de découverte qui ne dépendent pas d’un écran ou d’un système automatisé ?

Le monde du travail que connaîtront les enfants nés en 2025 reste, par définition, lointain. Mais l’automatisation et l’IA devraient transformer de nombreux métiers et en faire apparaître de nouveaux. La préparation la plus solide ne consistera pas uniquement à apprendre à utiliser des logiciels. Elle reposera aussi sur des capacités durables : coopérer, raisonner, communiquer, vérifier une information et résoudre des problèmes concrets.

Santé connectée : des possibilités, mais aussi des précautions

Les dispositifs de santé portables font partie des innovations évoquées pour la génération Bêta. Ces appareils, portés sur soi ou intégrés à des objets du quotidien, peuvent recueillir certaines informations et accompagner le suivi de la santé. Leur développement laisse entrevoir des usages plus réguliers de la technologie dans la prévention et le bien-être.

Pour les enfants, cette évolution devra être encadrée avec une attention particulière. Les données liées à la santé sont parmi les plus sensibles. Le recours à des outils connectés soulève donc des questions de confidentialité, de sécurité et de compréhension : quelles informations sont collectées, pour quelle finalité et avec quel contrôle des parents ou des professionnels ?

Il faut également distinguer l’accompagnement technologique du soin. Un objet connecté peut fournir un indicateur ou signaler une tendance, mais il ne remplace pas un professionnel de santé. Cette nuance sera essentielle dans une société où les recommandations automatisées risquent de devenir de plus en plus familières.

Le climat, un défi qui pèsera sur leur avenir

La génération Bêta est aussi définie par le contexte environnemental dans lequel elle naît. Les enfants de 2025 vivront avec les conséquences du réchauffement climatique et avec les décisions prises pour y répondre. Dans l’article qui popularise ce repère, le chercheur Jason Dorsey estime que cette cohorte sera davantage consciente de ces défis et plus engagée face à eux.

Cette projection correspond à une idée centrale : l’innovation ne sera pas seulement associée au confort ou à la commodité. Elle pourrait être attendue sur des problèmes collectifs, qu’il s’agisse d’énergie, de mobilité, de ressources ou d’adaptation aux effets du changement climatique. Les technologies numériques et l’IA peuvent aider à analyser des données ou à optimiser certains systèmes, mais elles ne remplacent pas les choix politiques, industriels et citoyens nécessaires.

Les enfants de la génération Bêta ne voteront évidemment pas avant de nombreuses années. En revanche, les choix publics réalisés pendant leur enfance détermineront une part importante du monde qu’ils habiteront à l’âge adulte. L’éducation à l’environnement, comme l’apprentissage du numérique, ne peut donc se limiter à une sensibilisation abstraite : elle doit donner des repères pour comprendre les arbitrages collectifs.

Quelles valeurs les parents pourraient-ils transmettre ?

Les parents de la génération Bêta appartiendront principalement aux générations des milléniaux et de la génération Z. Le scénario avancé par Mark McCrindle leur associe la transmission de valeurs de solidarité, d’égalité et d’éco-conscience. Les enfants nés à partir de 2025 pourraient ainsi être encouragés à rechercher des réponses collaboratives à des problèmes mondiaux.

Il convient là encore d’éviter les raccourcis. Aucune génération de parents ne pense de manière uniforme, et les conditions de vie diffèrent fortement selon les familles, les territoires et les revenus. L’accès à une connexion de qualité, à des équipements récents, à l’accompagnement scolaire ou à des soins innovants reste inégal. La génération Bêta ne formera donc pas un bloc homogène d’enfants ultra-connectés.

Cette diversité rend d’autant plus importante la question de l’inclusion. Si l’IA devient une composante ordinaire de l’éducation, des services publics ou de la santé, son déploiement devra éviter de creuser les écarts entre ceux qui disposent des outils, du temps et des compétences pour les utiliser, et ceux qui en sont éloignés.

Ce qu’il faudra surveiller à mesure que la génération Bêta grandira

Le nom de génération Bêta offre une grille de lecture utile pour penser l’avenir, mais il ne doit pas devenir une prophétie. Les bébés nés en 2025 ne sont pas prédestinés à être plus technophiles, plus écologistes ou plus collaboratifs que leurs aînés. Leurs parcours dépendront de leur entourage, de l’école, des politiques publiques, de l’économie et des technologies réellement disponibles.

Les questions décisives concernent moins le label que les conditions dans lesquelles ces enfants grandiront. L’IA sera-t-elle conçue pour les assister sans les enfermer dans des recommandations opaques ? Les écoles auront-elles les moyens de former les élèves à un usage critique du numérique ? Les innovations de santé resteront-elles sous contrôle humain et protectrices des données ? Les réponses données au défi climatique seront-elles à la hauteur des enjeux ?

La génération Bêta n’en est qu’à ses premiers jours. Son histoire reste à écrire. Ce qui semble déjà certain, c’est que les adultes, les institutions et les entreprises qui construisent aujourd’hui les technologies et les règles de demain portent une responsabilité directe dans le monde que ces enfants découvriront.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la génération Bêta ?

La génération Bêta est une appellation proposée par le démographe Mark McCrindle pour désigner les enfants nés entre 2025 et 2039. Elle succède, dans cette périodisation, à la génération Alpha. Il s’agit d’un repère culturel et démographique utile pour observer une époque, et non d’une catégorie scientifique capable de définir chaque individu.

Quand commence et quand finit la génération Bêta ?

Selon cette classification, la génération Bêta commence le 1er janvier 2025 et concerne les enfants nés jusqu’en 2039. Les dates des générations peuvent toutefois différer selon les auteurs et les instituts. Elles ne correspondent pas à une norme officielle ni à une frontière précise dans la réalité des familles.

Pourquoi la génération Bêta est-elle associée à l’intelligence artificielle ?

Les enfants nés à partir de 2025 arrivent dans un contexte où l’intelligence artificielle, l’automatisation et les services numériques prennent une place croissante. L’IA pourrait influencer l’école, les loisirs, les services et la santé. Cette présence ne signifie pas que tous les enfants utiliseront les mêmes outils ni qu’ils y auront le même accès.

Quels défis climatiques attendent la génération Bêta ?

La génération Bêta grandira avec les conséquences du changement climatique et les politiques mises en place pour y répondre. Le climat pourrait donc peser sur son éducation, ses conditions de vie et ses futurs choix collectifs. Les technologies peuvent contribuer à certaines solutions, mais elles ne remplacent pas les décisions sociales, économiques et politiques.

Les enfants de la génération Bêta seront-ils tous ultra-connectés ?

Non. L’expression décrit une tendance de contexte, pas une réalité identique pour tous. L’équipement des familles, la qualité des réseaux, les pratiques parentales, l’école et les inégalités territoriales influencent fortement l’accès au numérique. Grandir en 2025 ne garantit ni un usage intensif de l’IA ni une maîtrise critique des outils.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. McCrindle, travaux et publications sur les générationsmccrindle.com.au
  2. The Center for Generational Kinetics, organisation fondée par Jason Dorseygenhq.com