Simplon place l’IA au cœur de ses formations pour élargir l’accès au numérique
Sous l’impulsion de sa directrice générale Véronique Saubot, Simplon veut faire de l’intelligence artificielle une compétence accessible bien au-delà des spécialistes. Après des ateliers ayant réuni près de 30 000 participants avec Meta, l’organisme projette de former 20 000 personnes en trois ans aux fondamentaux du numérique, au code, à la cybersécurité et à l’IA.

L’intelligence artificielle ne concerne plus seulement les ingénieurs, les chercheurs ou les grandes entreprises technologiques. À mesure que les outils d’IA générative et d’automatisation s’installent dans les métiers, comprendre leurs possibilités, leurs limites et leurs usages devient une question de formation professionnelle. C’est sur ce terrain que Simplon veut accélérer. L’organisme, fondé en 2013, annonce placer l’IA au cœur de ses parcours, avec l’ambition de rendre ces compétences accessibles à des publics très variés.
Cette orientation est portée par Véronique Saubot, directrice générale de Simplon. L’enjeu ne consiste pas uniquement à proposer quelques cours consacrés à une technologie à la mode. Il s’agit d’intégrer l’intelligence artificielle dans un ensemble plus large de compétences numériques, du code à la cybersécurité, et de relier les apprentissages aux besoins d’un marché du travail en transformation.
Simplon veut démocratiser les compétences liées à l’IA
Simplon est un organisme de formation professionnelle spécialisé dans les métiers et les compétences du numérique. Son modèle s’inspire du format des bootcamps, ces formations intensives conçues pour acquérir rapidement des savoir-faire opérationnels. Mais l’organisation insiste aussi sur une vocation sociale : ouvrir les portes du numérique à des personnes qui n’empruntent pas nécessairement les parcours scolaires ou professionnels les plus classiques.
Dans ce cadre, l’IA devient un sujet transversal. L’objectif n’est pas de faire de chaque participant un spécialiste des modèles d’intelligence artificielle, mais de permettre au plus grand nombre de se repérer dans un environnement de travail où ces outils prennent davantage de place. Cela suppose de comprendre ce qu’un système d’IA peut produire, à quelles tâches il peut contribuer, mais aussi pourquoi ses réponses doivent être vérifiées.
L’annonce intervient alors que la formation au numérique reste un besoin important. Simplon cite le constat selon lequel un salarié sur trois se sent insuffisamment formé aux outils numériques. Derrière ce chiffre se trouve une réalité très concrète : de nombreux travailleurs utilisent déjà des logiciels collaboratifs, des plateformes métiers ou des services en ligne sans toujours disposer du temps ni de l’accompagnement nécessaires pour s’approprier leurs évolutions.
Près de 30 000 participants initiés avec Meta
L’un des marqueurs de cette stratégie est le partenariat noué avec Meta. Simplon a organisé, avec l’entreprise, une série d’ateliers à travers la France afin d’initier le public aux technologies d’intelligence artificielle. Selon les informations communiquées, ces ateliers ont touché près de 30 000 participants.
Ces formats courts répondent à un besoin d’acculturation. Pour une personne qui n’a jamais utilisé d’outil d’IA, une première séance peut aider à dépasser une vision abstraite ou anxiogène de la technologie. Elle peut également montrer que les usages ne se limitent pas à la génération de textes ou d’images : l’IA peut intervenir dans l’analyse de données, l’automatisation de certaines tâches, l’assistance à la rédaction de code ou encore la détection de problèmes de sécurité.
L’initiation n’équivaut toutefois pas à une qualification professionnelle complète. Un atelier peut faire découvrir des possibilités et donner des repères, tandis qu’un parcours de formation vise une maîtrise plus durable, fondée sur la pratique et l’acquisition de compétences identifiables par les employeurs. C’est précisément la complémentarité recherchée par Simplon, entre sensibilisation à grande échelle et parcours plus approfondis.
| Dispositif évoqué par Simplon | Public et finalité | Chiffre annoncé au 6 février 2025 |
|---|---|---|
| Ateliers menés avec Meta | Initiation aux technologies d’IA auprès d’un public large | Près de 30 000 participants |
| Formations sur trois ans | Montée en compétences en numérique, code, cybersécurité et IA | 20 000 personnes visées |
| Offre pédagogique de Simplon | Intégration de l’IA dans les parcours de formation | Déploiement dans l’ensemble de l’offre |
Un objectif de 20 000 personnes formées en trois ans
Simplon affiche une cible de 20 000 personnes formées en trois ans. Les domaines cités couvrent les compétences numériques fondamentales, le codage, la cybersécurité et l’intelligence artificielle. L’organisme présente ce volume comme équivalant à la moitié des apprenants qu’il avait formés auparavant, signe d’une volonté d’accélérer ses actions de formation et d’inclusion professionnelle.
Ce chiffre illustre l’ampleur du défi. Former à l’IA ne signifie pas proposer le même programme à tous. Une personne en reconversion vers le développement informatique, un salarié qui doit gagner en autonomie sur les outils numériques et un public découvrant le numérique n’ont ni les mêmes besoins ni le même point de départ.
Une approche cohérente peut donc combiner plusieurs niveaux : les bases du numérique pour prendre en main les outils, la compréhension des principes de l’IA pour utiliser ces services avec discernement, puis des compétences techniques plus spécialisées pour celles et ceux qui se destinent aux métiers de la tech. Le code et la cybersécurité, mentionnés dans l’objectif de Simplon, sont particulièrement importants dans cette logique. L’IA dépend de logiciels et de données, tandis que la cybersécurité rappelle que l’innovation numérique ne doit pas se faire au détriment de la protection des systèmes et des informations.
De l’initiation à la formation : deux niveaux complémentaires
Ateliers d’initiation à l’IA
- Ils font découvrir les technologies d’IA à un public large.
- Ils ont réuni près de 30 000 participants dans le cadre du partenariat avec Meta.
- Ils permettent de se familiariser avec des usages et des notions de base.
- Ils constituent une première étape, sans remplacer un parcours professionnel complet.
Parcours de formation Simplon
- Ils visent l’acquisition de compétences numériques plus structurées.
- Ils associent l’IA aux fondamentaux du numérique, au code et à la cybersécurité.
- Ils s’inscrivent dans un objectif de 20 000 personnes formées en trois ans.
- Ils cherchent à favoriser l’inclusion et l’accès à l’emploi de publics variés.
Pourquoi intégrer l’IA à l’ensemble des parcours ?
L’intelligence artificielle peut être enseignée comme une discipline à part entière. Mais elle peut aussi s’intégrer à des formations qui ne portent pas exclusivement sur cette technologie. C’est le choix stratégique annoncé par Simplon : introduire des modules spécifiques sur les bases de l’IA, tout en faisant de cette compétence un élément de son offre pédagogique globale.
Cette méthode a un intérêt pratique. Dans le monde professionnel, les outils d’IA ne sont pas utilisés dans un vide technique ou éthique. Une personne qui se forme au développement peut apprendre à s’en servir comme aide à la programmation, sans confondre une suggestion générée avec un code fiable et sécurisé. Une personne qui se forme à l’analyse de données peut apprendre à interroger des outils d’assistance, tout en gardant à l’esprit la qualité des données et la nécessité de contrôler les résultats. Dans la cybersécurité, la compréhension de l’IA peut aider à appréhender de nouveaux usages, mais aussi de nouveaux risques.
La pédagogie doit donc éviter deux écueils. Le premier serait de présenter l’IA comme une solution automatique, capable de remplacer toute expertise humaine. Le second serait de l’écarter au motif que ses résultats sont parfois imparfaits. Une formation utile apprend plutôt à situer l’outil : il peut accélérer certaines étapes, assister une recherche ou proposer une première version, mais il ne dispense ni du jugement professionnel ni de la vérification.
L’inclusion, un enjeu central des formations numériques
L’intégration de l’IA dans la formation pose immédiatement une question d’égalité d’accès. Si seuls les publics déjà très à l’aise avec le numérique bénéficient de ces nouveaux outils, les écarts de compétences risquent de se creuser. Simplon inscrit au contraire son action dans une démarche de diversité et d’inclusion, destinée notamment aux personnes aux parcours atypiques.
Cette ambition est particulièrement importante dans les métiers du numérique, souvent perçus comme difficiles d’accès ou réservés à des profils très diplômés. Les formations intensives peuvent offrir une voie vers des compétences recherchées par les entreprises, à condition que les contenus, le rythme et l’accompagnement soient adaptés aux publics accueillis.
L’IA ajoute une couche supplémentaire à cet enjeu. Certains apprenants ont besoin de découvrir les outils depuis leurs usages les plus simples, quand d’autres visent une spécialisation technique. L’accompagnement pédagogique doit alors rendre les notions accessibles sans les simplifier à l’excès. Il doit aussi faire une place aux questions de responsabilité : quelles données peut-on confier à un outil ? Comment repérer une réponse incertaine ? Quand faut-il demander l’avis d’un expert humain ?
Simplon indique travailler avec de grandes entreprises du numérique afin d’adapter ses formations aux demandes du marché. Ces partenariats peuvent contribuer à rapprocher la formation des réalités professionnelles, à condition que la technologie reste un moyen au service de l’apprentissage et de l’emploi, et non une fin en soi.
GenIAles et le rôle des partenariats éducatifs
Simplon mentionne également GenIAles, une initiative menée en partenariat avec Microsoft, pour renforcer la place de l’intelligence artificielle dans l’éducation en France. L’objectif affiché est de contribuer à faire de l’IA un outil identifié au sein des communautés éducatives.
Ces collaborations illustrent une évolution plus générale. Les entreprises technologiques disposent des outils, d’une expertise technique et parfois de ressources pédagogiques. Les organismes de formation, de leur côté, connaissent les besoins des apprenants et les réalités de l’accompagnement vers l’emploi. Leur coopération peut permettre de diffuser plus vite des compétences nouvelles, notamment lorsque les technologies évoluent rapidement.
Elle soulève aussi une exigence de pédagogie indépendante. Former à un outil ne doit pas uniquement apprendre à l’utiliser : il faut aussi comprendre ses limites, ses conditions d’usage et les alternatives possibles. Pour les apprenants, la compétence la plus durable n’est pas de maîtriser une interface précise, qui peut changer rapidement, mais de savoir analyser un besoin, sélectionner un outil et évaluer la qualité de son résultat.
Le développement international envisagé par Simplon ne fait pas disparaître sa priorité française. L’organisme affirme vouloir répondre aux besoins des entreprises en France tout en poursuivant une ambition d’inclusion. Cette articulation entre réponse aux besoins économiques et ouverture à des publics divers constitue le cœur de son projet.
Ce qu’il faut surveiller
L’objectif de 20 000 personnes formées en trois ans donne désormais un indicateur concret pour juger la stratégie de Simplon. Au-delà du volume, plusieurs questions compteront : la diversité des personnes accompagnées, l’adéquation des formations avec les emplois visés, la place réelle donnée à l’IA dans les parcours et la capacité à maintenir les contenus à jour.
La vitesse d’évolution des outils impose en effet une actualisation régulière des compétences. Les usages de l’IA, les attentes des entreprises et les préoccupations liées à la sécurité ou à la fiabilité des résultats évoluent rapidement. Une formation pertinente devra donc apprendre des pratiques immédiatement utiles, tout en donnant aux participants les méthodes nécessaires pour continuer à se former.
Pour Véronique Saubot et Simplon, l’enjeu est clair : faire de l’IA non pas un facteur supplémentaire d’exclusion, mais une occasion d’élargir l’accès aux compétences numériques. Les ateliers déjà organisés et l’objectif de formation annoncé montrent une volonté de passer de la découverte de l’outil à une montée en compétences plus structurée, au service des parcours professionnels.
Questions fréquentes
Simplon va-t-il former 20 000 personnes à l’intelligence artificielle ?
Simplon vise à former 20 000 personnes en trois ans à un ensemble de compétences comprenant les fondamentaux du numérique, le codage, la cybersécurité et l’intelligence artificielle. L’objectif ne concerne donc pas uniquement une spécialisation technique en IA, mais l’intégration de cette technologie dans des parcours numériques plus larges.
Combien de personnes ont participé aux ateliers IA de Simplon avec Meta ?
Près de 30 000 participants ont pris part aux ateliers d’initiation aux technologies d’intelligence artificielle organisés par Simplon avec Meta à travers la France. Ces ateliers ont pour vocation de démocratiser la découverte de l’IA auprès d’un large public et de favoriser une première appropriation de ces outils.
Quelles compétences peut-on apprendre dans les formations Simplon liées à l’IA ?
Les formations évoquées par Simplon couvrent les compétences numériques fondamentales, le codage, la cybersécurité et les bases de l’intelligence artificielle. L’approche annoncée consiste à intégrer l’IA dans l’offre pédagogique globale, afin de relier cette technologie à des usages professionnels concrets plutôt que de l’isoler dans un seul module.
Les formations Simplon sur l’IA sont-elles réservées aux profils techniques ?
Non. Simplon présente l’inclusion et la diversité des parcours comme des axes centraux de son modèle. L’organisme entend notamment accueillir des personnes aux parcours atypiques. Les besoins et le niveau de technicité peuvent varier, de l’acculturation au numérique jusqu’aux compétences plus avancées liées aux métiers de la tech.
Pourquoi apprendre l’IA avec une formation professionnelle ?
Une formation professionnelle peut aider à dépasser le simple usage d’un outil. Elle permet de comprendre dans quels cas l’IA peut être utile, comment vérifier ses résultats et comment l’articuler avec des compétences comme le code, l’analyse de données ou la cybersécurité. Ces repères sont importants dans un environnement de travail qui évolue rapidement.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Simplon, site officiel de l’organisme de formationsimplon.co
- Meta, site officielabout.meta.com
- Microsoft France, site officielwww.microsoft.com/fr-fr



