Régulation et éthique

Claude : comment garder le contrôle sur l’usage de vos conversations

Anthropic prévoit d’utiliser certaines nouvelles conversations et sessions de codage de Claude pour améliorer ses modèles à partir du 28 septembre 2025. Les utilisateurs des offres Free, Pro et Max peuvent s’y opposer dans leurs paramètres. Voici ce que ce choix implique concrètement pour vos données et votre confidentialité.

Une personne vérifie les paramètres de confidentialité d’un assistant IA sur son ordinateur portable.
Illustration : Actu.ai

Ce n’est pas une alerte au piratage de Claude, ni l’indication qu’un tiers aurait obtenu un accès frauduleux à votre compte. Le changement porte sur un autre sujet, tout aussi important pour la vie privée : l’utilisation de certains échanges avec l’assistant pour améliorer ses modèles d’intelligence artificielle. À compter du 28 septembre 2025, Anthropic prévoit en effet d’intégrer de nouvelles conversations et des sessions de codage de ses utilisateurs grand public à ce processus.

Pour les personnes qui utilisent Claude pour résumer des documents, réfléchir à un projet, écrire du code ou préparer des messages professionnels, le sujet mérite une vérification attentive. Les assistants conversationnels donnent souvent l’impression d’un dialogue privé. Pourtant, la manière dont les contenus sont conservés, analysés et éventuellement exploités pour entraîner les systèmes est définie par les paramètres du compte et les conditions du service.

Ce qui change le 28 septembre 2025

Anthropic annonce que, dès le 28 septembre 2025, les conversations et sessions de codage des utilisateurs concernés pourront servir à enrichir et améliorer ses modèles d’IA. La mesure vise les comptes grand public, c’est-à-dire les utilisateurs de l’offre gratuite ainsi que les abonnés aux formules Pro et Max.

Un point est essentiel : cette évolution ne s’applique qu’aux contenus générés après cette date. Les conversations et sessions de codage antérieures au 28 septembre 2025 ne sont pas intégrées à ce nouveau dispositif d’entraînement.

Cette distinction temporelle compte pour les utilisateurs qui ont déjà confié des informations à l’outil. Elle ne dispense toutefois pas de régler ses préférences avant l’entrée en vigueur du changement, car les futurs échanges, eux, relèvent du choix effectué dans les paramètres de confidentialité.

ÉlémentModalité annoncée
Date de mise en œuvre28 septembre 2025
Données potentiellement utiliséesNouvelles conversations et sessions de codage
Données antérieures à cette dateNon concernées par cette nouvelle utilisation
Comptes concernésFree, Pro et Max
Comptes exclusClaude for Work, Claude Gov et Claude for Education
Choix de l’utilisateurAutoriser ou refuser l’amélioration de Claude

Qui est concerné par cette évolution ?

La modification concerne les utilisateurs individuels de Claude et les abonnements grand public Free, Pro et Max. Les personnes qui ne répondraient pas à la demande de choix ou ne modifieraient pas leur réglage avant l’échéance verraient leurs nouvelles données utilisées dans le cadre annoncé par Anthropic.

À l’inverse, plusieurs offres destinées à des usages organisés ou institutionnels ne sont pas visées : Claude for Work, Claude Gov et Claude for Education. Il s’agit d’une différence importante pour les salariés, enseignants, étudiants ou agents qui accèdent à Claude dans un cadre fourni par leur organisation. Le périmètre du compte, et non le seul fait d’utiliser l’outil, détermine donc le régime applicable.

Cette séparation rappelle une règle utile pour tous les services d’IA : un même nom de produit peut couvrir des offres très différentes. Avant de saisir une donnée sensible, il faut identifier le type de compte utilisé, les paramètres actifs et les engagements associés à cette formule précise.

Quelles données Claude peut-il utiliser pour s’améliorer ?

Les données visées sont principalement les conversations avec Claude et les sessions de codage. Une conversation peut contenir une question, une instruction, du texte collé dans la fenêtre de dialogue et les éléments de contexte fournis pour obtenir une réponse. Une session de codage peut, elle, comporter du code, des demandes de correction, des messages d’erreur ou des descriptions de projet.

Ces contenus sont utiles aux concepteurs de modèles, car ils permettent d’observer les demandes réellement formulées, les difficultés rencontrées et la qualité des réponses produites. Dans l’IA générative, ce retour d’usage peut contribuer à améliorer la pertinence, la sûreté et les performances d’un assistant. Mais cette utilité technique ne fait pas disparaître l’enjeu de confidentialité : une requête peut contenir un nom, une adresse, des données de travail, des éléments financiers ou un extrait de document qui n’avait pas vocation à circuler plus largement.

Le bon réflexe consiste donc à distinguer ce qui est nécessaire pour obtenir une réponse de ce qui ne l’est pas. Demander à Claude de reformuler une note ne requiert pas forcément d’y laisser les coordonnées de ses auteurs. Faire analyser un extrait de code ne suppose pas nécessairement de copier des identifiants, des clés d’accès ou des configurations complètes.

Comment refuser l’utilisation de ses échanges ?

Anthropic prévoit d’afficher une fenêtre de choix lors de la reconnexion à Claude. L’utilisateur peut alors gérer sa préférence relative à l’amélioration du service. Pour refuser l’utilisation de ses échanges à cette fin, il faut désactiver l’option intitulée « You can help improve Claude ».

Le réglage reste disponible dans le compte et peut être modifié par la suite. La procédure indiquée est la suivante :

  1. Cliquer sur le nom ou l’icône de son profil dans Claude.
  2. Ouvrir l’onglet « Privacy ».
  3. Repérer l’option liée à l’amélioration de Claude.
  4. Décocher cette option pour s’opposer à l’utilisation des nouvelles conversations et sessions de codage pour l’entraînement.

Le fait que ce choix soit réversible apporte de la souplesse, mais il ne faut pas attendre pour contrôler le réglage. Une personne qui souhaite exclure ses futurs échanges du dispositif a intérêt à le faire avant de reprendre ses usages habituels après le 28 septembre 2025.

Les nouveaux inscrits sont également invités à définir leur préférence dès la création du compte. Là encore, ce choix initial n’est pas irréversible : il peut être ajusté ultérieurement dans les paramètres de confidentialité.

Participation à l’amélioration de Claude : deux choix, deux conséquences

Autoriser ou ne pas s’opposer

  • Les nouvelles conversations et sessions de codage peuvent être utilisées après le 28 septembre 2025.
  • Les contenus antérieurs au 28 septembre 2025 ne sont pas concernés par cette nouvelle utilisation.
  • La durée de conservation annoncée peut atteindre cinq ans.
  • Le réglage peut être modifié ultérieurement dans les paramètres du compte.

Refuser l’utilisation des données

  • Il faut décocher l’option « You can help improve Claude » dans l’onglet « Privacy ».
  • Les nouvelles conversations et sessions de codage ne participent pas à l’amélioration des modèles.
  • La durée de conservation demeure annoncée à 30 jours.
  • Le choix peut être effectué à la reconnexion ou ajusté plus tard.

Conservation des données : pourquoi la durée compte autant

La question ne se limite pas à l’entraînement des modèles. Elle concerne aussi la durée de conservation des informations. Selon les modalités annoncées, les données des utilisateurs qui acceptent ou ne s’opposent pas à l’utilisation destinée à améliorer Claude peuvent être conservées pendant cinq ans. Pour les personnes qui choisissent de ne pas participer, la durée de conservation demeure fixée à 30 jours.

L’écart est considérable. Cinq ans représentent un horizon long pour des conversations qui peuvent refléter une activité professionnelle, des centres d’intérêt ou des situations personnelles à un instant donné. Trente jours ne signifient pas que le contenu cesse immédiatement d’exister après l’envoi, mais cette durée réduit fortement la persistance annoncée par rapport au régime de participation.

Cette différence explique pourquoi un simple bouton de confidentialité peut avoir des effets très concrets. Dans les interfaces numériques, les décisions les plus importantes ne prennent pas toujours la forme d’un long contrat : elles se nichent parfois dans une case précochée, un écran de reconnexion ou une rubrique peu consultée des paramètres.

Protéger ses données au-delà du seul réglage Claude

Le contrôle proposé par Anthropic est utile, mais il ne constitue qu’un volet de l’hygiène numérique. Tous les utilisateurs de chatbots devraient adopter quelques principes simples, valables quel que soit le fournisseur :

  • Ne pas communiquer de mots de passe, de codes temporaires, de clés d’API ou de secrets professionnels.
  • Retirer les noms, coordonnées et références permettant d’identifier directement une personne avant de copier un document.
  • Remplacer les données réelles par des exemples fictifs lorsqu’une tâche peut être réalisée avec un contenu anonymisé.
  • Vérifier si un document est soumis à une obligation de confidentialité avant de le transmettre à un assistant.
  • Utiliser le compte et l’offre explicitement prévus par son employeur ou son établissement pour les contenus liés au travail ou aux études.

Ces gestes ne demandent pas de compétences techniques particulières. Ils reposent sur une question simple : que se passerait-il si le texte envoyé était lu, conservé ou réutilisé au-delà de l’échange immédiat ? Si la réponse est problématique, il vaut mieux le modifier, le résumer, l’anonymiser ou renoncer à l’envoyer.

La prudence est particulièrement nécessaire avec le code. Un extrait apparemment anodin peut révéler l’architecture d’un service, des adresses de serveurs, des noms internes, des identifiants oubliés dans un fichier de configuration ou des failles non corrigées. Avant de demander une aide technique, il est préférable de réduire le code à l’exemple minimal nécessaire pour comprendre le problème.

Améliorer l’IA sans perdre de vue la confiance

Les données issues de l’usage réel sont précieuses pour les entreprises qui développent des modèles d’IA. Elles peuvent aider à identifier des réponses erronées, des incompréhensions ou des usages inattendus. Mais le recours à ces données soulève une question de gouvernance : l’utilisateur comprend-il clairement ce qui est collecté, pourquoi, pendant combien de temps et comment il peut s’y opposer ?

La confiance ne repose pas seulement sur la qualité des réponses de l’assistant. Elle dépend aussi de la clarté du consentement, de la simplicité des paramètres et de la possibilité réelle de revenir sur son choix. Une gouvernance insuffisante des données peut fragiliser la relation entre les utilisateurs et les services numériques, y compris lorsque l’objectif affiché est d’améliorer un produit.

Anthropic indique vouloir renforcer ses protections contre les usages malveillants lors de l’entraînement de ses systèmes. Pour l’utilisateur, le point opérationnel demeure toutefois le même : les paramètres de confidentialité sont la première ligne de contrôle disponible au sein de son compte. Les consulter régulièrement est préférable à une acceptation automatique des écrans affichés à la connexion.

Ce qu’il faut surveiller avant et après le 28 septembre

D’ici au 28 septembre 2025, les utilisateurs de Claude ont intérêt à se reconnecter à leur compte, à lire attentivement la fenêtre de choix proposée et à contrôler l’état du réglage dans l’onglet de confidentialité. Une capture d’écran ou une vérification périodique peut aussi aider à garder une trace de sa préférence, notamment lorsque les interfaces évoluent.

Après cette date, la vigilance devra porter sur trois points : l’offre Claude effectivement utilisée, le paramètre d’amélioration du modèle et la nature des contenus partagés. Les utilisateurs qui ont refusé la participation pourront toujours revenir sur leur décision s’ils le souhaitent. Ceux qui l’ont acceptée pourront aussi modifier leur réglage, mais l’essentiel est de prendre une décision informée avant de soumettre de nouveaux contenus.

Plus largement, l’épisode illustre une transformation durable des outils d’IA générative. Ces assistants deviennent des espaces de travail, de création et de dialogue quotidien. À mesure que leur utilité augmente, les choix relatifs à la confidentialité, à la conservation et à l’entraînement des modèles deviennent des paramètres aussi importants que la qualité des réponses elles-mêmes.

Questions fréquentes

Comment empêcher Claude d’utiliser mes conversations pour entraîner son IA ?

Dans Claude, ouvrez votre profil, puis l’onglet « Privacy ». Désactivez l’option « You can help improve Claude ». Cette préférence peut aussi être proposée dans une fenêtre lors de la reconnexion. Le réglage est modifiable ultérieurement, mais il est préférable de le vérifier avant d’envoyer de nouveaux contenus après le 28 septembre 2025.

Claude utilise-t-il mes anciennes conversations pour l’entraînement ?

Non, la nouvelle utilisation annoncée à partir du 28 septembre 2025 concerne les conversations et sessions de codage créées après cette date. Les échanges générés avant le 28 septembre 2025 ne sont pas concernés par ce changement. Cela ne dispense pas de consulter les paramètres de confidentialité pour encadrer ses futurs usages.

Quels comptes Claude sont concernés par l’utilisation des données ?

La mesure concerne les comptes grand public, à savoir les utilisateurs de l’offre gratuite et les abonnés aux formules Pro et Max. Claude for Work, Claude Gov et Claude for Education ne sont pas concernés par cette évolution. Il est donc important de vérifier le type de compte avec lequel vous êtes connecté avant d’évaluer les règles applicables.

Combien de temps Anthropic conserve-t-il les données de Claude ?

Selon les modalités annoncées, les données des utilisateurs qui participent à l’amélioration de Claude, ou ne s’y opposent pas, peuvent être conservées pendant cinq ans. Pour les utilisateurs qui refusent l’utilisation de leurs échanges à cette fin, la durée de conservation demeure fixée à 30 jours. Cette différence rend le choix de confidentialité particulièrement important.

Que faut-il éviter de partager avec Claude, même après avoir refusé l’entraînement ?

Il est prudent de ne jamais transmettre de mots de passe, de codes de connexion, de clés d’API, de données bancaires ou de documents confidentiels non anonymisés. Pour le code, retirez les identifiants, les adresses de serveurs et les informations internes. Refuser l’entraînement réduit un usage spécifique des données, mais ne remplace pas les règles élémentaires de sécurité numérique.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Anthropic, politique de confidentialitéwww.anthropic.com/legal/privacy
  2. Anthropic, conditions d’utilisation pour les consommateurswww.anthropic.com/legal/consumer-terms
  3. Anthropic, centre de confidentialitéprivacy.anthropic.com