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Ray-Ban Meta dépasse le million de ventes, Meta vise cinq millions en 2025

Les lunettes connectées Ray-Ban Meta ont franchi le cap du million d’unités vendues en 2024, selon Mark Zuckerberg. Un résultat très supérieur à celui de la première génération Ray-Ban Stories. Meta vise désormais cinq millions de paires en 2025, un objectif qui dira si les lunettes intelligentes peuvent vraiment devenir un produit grand public.

Une personne porte des lunettes connectées et filme une scène urbaine, smartphone à la main.
Illustration : Actu.ai

Un million de paires vendues en une année : le chiffre marque un tournant pour les lunettes connectées de Meta. Longtemps perçues comme un accessoire de niche, parfois encombrant ou trop démonstratif, elles semblent trouver avec les Ray-Ban Meta une formule plus convaincante : une monture connue, des usages simples et une technologie qui ne transforme pas immédiatement son porteur en utilisateur de casque futuriste.

Lors d’une réunion interne, Mark Zuckerberg a annoncé que plus d’un million d’unités avaient été écoulées en 2024. Le dirigeant fixe désormais une ambition particulièrement élevée pour 2025 : atteindre cinq millions de paires vendues. Cette cible ne constitue pas un bilan, mais un objectif commercial. Elle illustre toutefois la confiance de Meta dans un produit devenu stratégique pour le groupe.

Un million de ventes, un cap inédit pour Meta

Les Ray-Ban Meta sont la deuxième tentative commune de Meta et de Ray-Ban, marque du groupe EssilorLuxottica, sur le terrain des lunettes intelligentes. Elles succèdent aux Ray-Ban Stories, lancées auparavant avec une promesse voisine : filmer, photographier et écouter du son depuis une monture de lunettes.

La comparaison est parlante. Les Ray-Ban Stories avaient atteint 300 000 ventes en seize mois. Les Ray-Ban Meta ont, elles, dépassé le million de paires sur la seule année 2024. Les deux produits ne sont pas strictement identiques, ni commercialisés dans des conditions parfaitement comparables, mais l’écart donne une mesure de l’accélération recherchée par Meta.

Produit ou objectifVolume annoncéPériode concernéeCe que cela indique
Ray-Ban Stories300 000 unités16 moisUne première génération restée limitée en volume
Ray-Ban MetaPlus de 1 million d’unitésAnnée 2024Une adoption nettement plus large
Ambition de Meta5 millions d’unitésAnnée 2025Un pari sur un changement d’échelle rapide

Le seuil du million est important, mais il ne dit pas tout. Il ne renseigne pas, par exemple, sur la fréquence d’utilisation des lunettes après l’achat, sur le profil des clients ou sur les usages les plus populaires. Dans l’univers des objets connectés, vendre un appareil est une première étape. Le transformer en objet que l’on porte chaque jour est le véritable défi.

Pourquoi les Ray-Ban Meta semblent mieux trouver leur public

Le principal atout de ces lunettes est leur discrétion relative. Elles conservent l’apparence de montures Ray-Ban classiques, plutôt que de revendiquer un design entièrement technologique. Cette continuité esthétique compte dans une catégorie où le confort social est aussi déterminant que les caractéristiques techniques : les lunettes sont visibles en permanence sur le visage de leur utilisateur.

Les fonctionnalités mises en avant répondent aussi à des gestes familiers. Les Ray-Ban Meta permettent notamment de :

  • capturer des photos et des vidéos depuis le point de vue du porteur ;
  • passer des appels sans tenir son téléphone devant soi ;
  • écouter de la musique grâce à leurs haut-parleurs intégrés ;
  • interagir vocalement avec les fonctions proposées par Meta, selon les pays et les langues disponibles.

L’intérêt ne réside donc pas dans une fonction unique spectaculaire, mais dans l’addition de petits usages. Une personne peut enregistrer brièvement une scène, répondre à un appel ou écouter un contenu audio sans sortir son smartphone. Cette promesse de fluidité explique en partie pourquoi les lunettes connectées peuvent séduire au-delà des seuls amateurs de gadgets.

Il convient cependant de préciser ce que le produit n’est pas. Les Ray-Ban Meta ne sont pas des lunettes de réalité augmentée au sens d’un dispositif affichant des informations, des images ou des applications directement dans les verres. Elles ne disposent pas d’un écran devant les yeux. Leur proposition repose sur la caméra, l’audio, les microphones et l’assistance vocale, tout en s’appuyant sur le smartphone pour une partie de leur fonctionnement.

Des lunettes connectées, pas encore un ordinateur sur le visage

Cette distinction est essentielle pour comprendre le succès actuel. Les lunettes à écran promettent, à terme, de superposer des indications numériques au monde réel : itinéraires, traductions, messages ou informations contextuelles. Mais elles soulèvent aussi des problèmes techniques et pratiques considérables, liés à l’autonomie, au poids, au champ de vision, au prix et à l’acceptation sociale.

Les Ray-Ban Meta choisissent une voie plus modeste. Elles cherchent moins à remplacer le téléphone qu’à le rendre ponctuellement moins présent. C’est une stratégie qui réduit la complexité du produit : pas d’interface visuelle à apprendre, pas de gestes dans le vide à maîtriser, pas de verres qui doivent servir d’écran au quotidien.

L’intelligence artificielle peut renforcer cette approche. Quand l’assistant vocal est disponible, l’utilisateur peut formuler une demande oralement et, dans certains cas, s’appuyer sur ce que voient les lunettes. L’enjeu pour Meta est de faire de cette interaction une aide concrète, et non une démonstration technique. Une réponse utile dans une situation courante vaut davantage qu’une fonction impressionnante utilisée une seule fois.

Ray-Ban Stories et Ray-Ban Meta : ce qui change

Ray-Ban Stories

  • 300 000 unités vendues au cours des seize premiers mois
  • Première génération de lunettes connectées issue du partenariat
  • Une adoption restée limitée à l’échelle du grand public
  • Le produit a servi de base aux évolutions suivantes

Ray-Ban Meta

  • Plus d’un million d’unités vendues en 2024
  • Montures Ray-Ban associées à la caméra, l’audio et aux appels
  • Des fonctions vocales liées à l’intelligence artificielle selon les marchés
  • Un objectif commercial de cinq millions de paires pour 2025

Le contraste avec les Ray-Ban Stories éclaire la stratégie de Meta

La différence de ventes avec les Ray-Ban Stories ne signifie pas que tous les obstacles ont disparu. Elle montre plutôt que Meta a progressé sur plusieurs éléments décisifs : l’intégration du produit dans une monture reconnue, la clarté des usages proposés et la capacité à présenter les lunettes comme un accessoire quotidien plutôt que comme un équipement expérimental.

Les objets portables ont souvent échoué lorsqu’ils demandaient à leurs utilisateurs de modifier fortement leurs habitudes ou leur apparence. À l’inverse, une paire de lunettes s’insère naturellement dans le quotidien de millions de personnes, à condition que le poids, le confort et l’apparence restent acceptables. Le partenariat avec Ray-Ban donne à Meta un avantage concret : il associe la technologie du groupe américain à une marque installée dans l’univers de l’optique et de la mode.

Cette dimension est particulièrement importante dans un marché où le produit se porte sur le visage. Une montre connectée peut être discrète au poignet. Des lunettes, elles, participent directement à l’identité visuelle de la personne qui les porte. Pour convaincre durablement, la technologie doit donc se faire oublier autant qu’elle doit être utile.

Vie privée : pourquoi la caméra reste le point sensible

L’adoption des lunettes connectées dépend aussi de la confiance qu’elles inspirent aux personnes qui ne les portent pas. Une caméra embarquée peut servir à immortaliser un moment de vie, à enregistrer une démonstration ou à partager une scène en direct. Mais elle peut également créer un doute dans les lieux publics, lors d’une conversation ou dans un espace privé : suis-je filmé, photographié, ou enregistré ?

Les lunettes disposent d’un signal lumineux destiné à indiquer la capture d’images. C’est une réponse technique utile, mais elle ne règle pas seule la question. Pour être efficace, ce signal doit être visible, compris par l’entourage et ne pas être ignoré. Les règles sociales comptent autant que les composants électroniques.

Les utilisateurs ont donc une responsabilité simple : demander l’accord lorsque le contexte s’y prête, respecter les règles des établissements et éviter d’enregistrer des personnes à leur insu. Les organisateurs d’événements, les écoles, les entreprises et les lieux de soin pourraient aussi être amenés à préciser leurs propres règles face à des appareils de plus en plus discrets.

L’accessibilité ne doit pas être un angle mort

Le développement des objets connectés pose également une question d’accessibilité. Certaines associations alertent sur le risque que les innovations technologiques excluent une partie de la population, notamment les personnes aveugles. Ce débat est d’autant plus important que les lunettes connectées et les assistants vocaux pourraient, en théorie, apporter des aides utiles à l’orientation, à la description d’un environnement ou à l’accès à l’information.

L’utilité réelle dépendra cependant de choix très concrets : commandes vocales fiables, compatibilité avec les outils d’assistance, informations audibles et compréhensibles, disponibilité dans plusieurs langues, prix et accompagnement des utilisateurs. Une technologie présentée comme intuitive peut devenir excluante si elle suppose une bonne vision, une excellente connexion ou une maîtrise avancée du smartphone.

Pour Meta comme pour ses concurrents, l’accessibilité ne devrait pas être ajoutée après coup. Elle doit participer à la conception du produit. C’est à cette condition que les promesses de l’intelligence artificielle embarquée pourront bénéficier à des publics variés, plutôt que de créer une nouvelle fracture d’usage.

Un test grandeur nature pour le marché des objets portables

Le succès des Ray-Ban Meta intéresse nécessairement les autres acteurs de la technologie portable. Les lunettes sont un support très convoité : elles accompagnent les déplacements, se situent au plus près des yeux et des oreilles, et peuvent théoriquement accueillir des assistants vocaux, des caméras, des capteurs et, à plus long terme, des affichages.

Mais l’histoire des objets connectés rappelle qu’une nouveauté très médiatisée ne se transforme pas automatiquement en marché de masse. Les utilisateurs arbitrent entre plusieurs critères : utilité, prix, autonomie, confort, protection des données et acceptabilité sociale. La notoriété de Ray-Ban offre un solide point de départ, sans garantir pour autant que chacun voudra porter une caméra et des microphones au quotidien.

Pour Meta, ces lunettes ont aussi une portée stratégique. Le groupe cherche à développer des interfaces capables de rapprocher ses services numériques des usages réels. Après les réseaux sociaux, les messageries et les casques de réalité virtuelle, les lunettes connectées lui donnent accès à un objet plus léger et potentiellement plus facile à adopter qu’un casque.

Ce qu’il faut surveiller en 2025

La cible de cinq millions de Ray-Ban Meta en 2025 donnera un repère clair. Si Meta s’en approche, les lunettes connectées pourraient s’installer comme une catégorie plus durable du marché grand public. Si l’objectif reste loin, le million vendu en 2024 apparaîtra davantage comme un premier succès commercial que comme la preuve d’un basculement massif.

Trois éléments seront particulièrement à observer. D’abord, la capacité de Meta à proposer des fonctions d’intelligence artificielle réellement utiles, sans multiplier les promesses difficiles à comprendre. Ensuite, la manière dont l’entreprise répondra aux enjeux de confidentialité et de captation d’images. Enfin, la faculté du secteur à rendre ces appareils accessibles à des publics différents.

Le pari est donc double. Il s’agit de vendre davantage de lunettes, mais aussi de convaincre que la technologie peut s’intégrer avec tact dans un objet aussi personnel qu’une monture. Le million atteint en 2024 est un signal fort. Les cinq millions visés en 2025 seront le véritable test de maturité.

Questions fréquentes

Combien de Ray-Ban Meta ont été vendues ?

Selon l’annonce faite par Mark Zuckerberg lors d’une réunion interne, plus d’un million de paires de Ray-Ban Meta ont été vendues en 2024. Ce résultat dépasse nettement les 300 000 Ray-Ban Stories écoulées au cours de leurs seize premiers mois de commercialisation. Meta vise désormais cinq millions de paires sur l’année 2025.

Que peut-on faire avec les lunettes Ray-Ban Meta ?

Les Ray-Ban Meta permettent notamment de capturer des photos et des vidéos, d’écouter de la musique et de passer des appels depuis une monture de lunettes. Elles peuvent aussi proposer des interactions vocales avec les services de Meta lorsque ces fonctions sont disponibles. Elles restent liées à un smartphone pour une partie importante de leur fonctionnement.

Les Ray-Ban Meta sont-elles des lunettes de réalité augmentée ?

Non. Les Ray-Ban Meta ne projettent pas d’informations ni d’images dans les verres et ne disposent pas d’écran devant les yeux. Ce sont des lunettes connectées équipées notamment de caméras, de haut-parleurs et de microphones. Elles ne doivent pas être confondues avec des lunettes de réalité augmentée à affichage intégré.

Pourquoi les Ray-Ban Meta se vendent-elles mieux que les Ray-Ban Stories ?

L’écart de ventes suggère que la seconde génération a trouvé une proposition plus convaincante. Les Ray-Ban Meta conservent une esthétique de lunettes connue, tout en proposant des usages immédiatement compréhensibles comme filmer, appeler ou écouter de l’audio. Ce mélange entre accessoire de mode et technologie discrète facilite potentiellement leur adoption.

Les lunettes connectées posent-elles un problème de vie privée ?

Oui, la présence d’une caméra et de microphones sur un objet porté au visage soulève des questions légitimes. Un signal lumineux informe l’entourage lors d’une capture d’images, mais les utilisateurs doivent aussi respecter le consentement des personnes filmées, les règles des lieux qu’ils fréquentent et le cadre applicable à la confidentialité et au droit à l’image.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Meta, présentation officielle des lunettes connectées Metawww.meta.com/smart-glasses
  2. Ray-Ban, informations officielles sur les Ray-Ban Metawww.ray-ban.com/usa/discover-ray-ban-meta-ai-glasses/clp
  3. CNBC Technology, couverture du marché technologique et de Metawww.cnbc.com/technology
  4. EssilorLuxottica, actualités du groupe partenaire de Ray-Banwww.essilorluxottica.com/en/newsroom