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Midjourney V7 : ce que change le nouveau modèle d’images par IA

Après près d’un an sans nouveau modèle majeur, Midjourney met en ligne V7 en version alpha. Cette génération promet une meilleure compréhension des descriptions, des images plus cohérentes et un mode de brouillon bien plus rapide. Elle arrive aussi alors que les débats sur les droits des artistes restent particulièrement vifs.

Une créatrice compare plusieurs images générées par IA avant d’affiner le visuel retenu sur son écran.
Illustration : Actu.ai

Midjourney revient avec une mise à jour attendue par les créateurs d’images assistées par l’intelligence artificielle. Dans la nuit du 3 au 4 avril 2025, autour de minuit sur la côte Est des États-Unis, l’entreprise a lancé V7, une nouvelle génération de son modèle, encore proposée en version alpha. L’ambition affichée est claire : rendre l’outil plus fidèle aux descriptions écrites, plus cohérent dans ses détails et plus personnel dans ses résultats.

L’annonce intervient presque un an après la précédente évolution majeure de Midjourney. Elle survient aussi une semaine après le lancement, par OpenAI, d’un générateur d’images qui a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, notamment grâce à des créations évoquant l’esthétique des films du studio Ghibli. Face à une concurrence devenue intense, Midjourney mise moins sur la reproduction d’un style en particulier que sur une refonte de son modèle et de l’expérience de création.

V7, une nouvelle architecture pour mieux interpréter les demandes

Midjourney décrit V7 comme un modèle reposant sur une architecture entièrement renouvelée. Pour David Holz, le dirigeant de l’entreprise, cette version est « extrêmement intelligente ». Derrière cette formule, l’amélioration la plus concrète annoncée concerne la façon dont le système répond aux prompts, ces instructions textuelles qui guident la fabrication d’une image.

Un générateur d’images ne comprend pas une phrase comme un humain. Il traduit des mots et leurs relations en représentations mathématiques, puis produit une image censée correspondre à cette demande. Dans la pratique, les versions antérieures de ces outils peuvent oublier une partie des consignes, mélanger des objets, déformer une main ou rendre incohérents les éléments d’un même personnage. La promesse de V7 est de réduire ces écarts entre l’intention exprimée et le résultat visuel.

Selon Midjourney, les images de V7 offrent notamment :

  • une meilleure qualité visuelle globale ;
  • des textures jugées plus soignées ;
  • une cohérence accrue des objets et des corps ;
  • une attention particulière aux détails difficiles, comme les mains.

Ces progrès intéressent autant les utilisateurs qui explorent l’outil pour le loisir que les professionnels de l’illustration, de la communication, du jeu vidéo ou de la conception visuelle. Pour eux, une image plus cohérente dès la première génération peut réduire le nombre de variantes à produire avant d’atteindre une proposition exploitable.

La personnalisation devient le point d’entrée de Midjourney V7

La nouveauté la plus marquante de V7 ne tient pas seulement à la qualité de l’image. Elle concerne aussi la place donnée aux préférences de l’utilisateur. La personnalisation est activée par défaut avec ce modèle.

Pour en profiter, il faut d’abord constituer un profil personnel en évaluant environ 200 images. L’utilisateur indique ainsi les visuels qu’il préfère parmi différentes propositions. Midjourney peut ensuite orienter ses générations en fonction de ces choix esthétiques, afin de produire des résultats davantage alignés avec les goûts qui ont été exprimés.

Cette étape peut sembler longue, mais elle répond à une limite courante de la génération d’images par IA. Deux personnes utilisant exactement la même consigne peuvent attendre des résultats très différents : l’une cherchera un rendu épuré, l’autre une scène dense, une composition graphique ou une image réaliste. Un profil de personnalisation évite de devoir reformuler systématiquement ces préférences dans chaque prompt.

Il ne s’agit pas pour autant d’une baguette magique. Noter des images ne garantit pas qu’un résultat sera immédiatement parfait, ni que Midjourney respectera toutes les contraintes complexes d’une demande. Cette fonction sert surtout à donner au modèle une direction visuelle plus stable, avant même la rédaction détaillée des instructions.

L’utilisateur peut activer ou désactiver V7 depuis le site web de Midjourney comme depuis son chatbot sur Discord. Sur l’application web, la sélection passe par le menu déroulant situé à proximité de l’étiquette « version ».

Turbo, Relax et Draft Mode : quelle option choisir ?

V7 est accessible selon deux configurations principales, Turbo et Relax. Elles permettent d’adapter l’usage au compromis recherché entre rapidité et coût. Midjourney ajoute à cela un nouvel outil, Draft Mode, conçu pour accélérer la phase d’exploration visuelle.

Mode ou optionRôle annoncéAvantage principalCompromis à connaître
TurboConfiguration de génération rapideRéponse plus immédiateUtilisation plus coûteuse
RelaxConfiguration alternativeOption plus économique et moins énergivoreMoins adaptée à la recherche de rapidité
Draft ModeProduction de brouillons visuelsImages générées jusqu’à dix fois plus vite, à moitié prixQualité initiale inférieure

Le Draft Mode vise un moment bien précis du travail créatif : celui où l’on cherche une idée, une composition ou une direction, sans avoir encore besoin d’une image finalisée. Selon Midjourney, ce mode permet de produire des images dix fois plus vite tout en réduisant le coût de moitié par rapport au fonctionnement standard.

La contrepartie est assumée : les rendus sont moins qualitatifs. Mais lorsqu’une proposition paraît prometteuse, elle peut être améliorée et retravaillée en un clic. Ce principe rapproche le processus d’un carnet de croquis : on multiplie rapidement les essais, on identifie une piste, puis on consacre davantage de ressources à la version retenue.

Pour un utilisateur occasionnel, le choix dépendra principalement du temps disponible et de l’exigence de rendu. Pour un créatif qui prépare une série d’images, Draft Mode peut servir à tester des dizaines de formulations ou de cadrages avant de produire les visuels définitifs. Turbo et Relax correspondent davantage à la manière dont chacun souhaite répartir rapidité et dépenses d’utilisation.

Des fonctions encore absentes au lancement

V7 n’arrive pas avec toutes les possibilités habituellement associées à Midjourney. David Holz a indiqué que certaines fonctions standard ne sont pas encore disponibles avec le nouveau modèle, notamment le redimensionnement des images et le retexturage.

Le redimensionnement permet d’adapter l’image à un nouveau format ou de prolonger son cadre. Le retexturage consiste, lui, à modifier l’apparence de matériaux ou de surfaces, par exemple en transformant un tissu, un mur ou un objet sans reconstruire toute la scène. Ces outils comptent pour les utilisateurs qui souhaitent retoucher une création de manière ciblée plutôt que repartir d’une consigne entièrement nouvelle.

Midjourney prévoit de les ajouter au cours des prochains mois. Des mises à jour sont également attendues chaque semaine ou toutes les deux semaines pendant les deux mois suivant le lancement. Cette logique de déploiement progressif rappelle qu’une nouvelle famille de modèles ne se limite pas à un moteur de génération : elle doit aussi retrouver, puis améliorer, tous les outils de contrôle qui rendent son usage pratique au quotidien.

Pourquoi cette sortie compte pour Midjourney

Fondée en 2022 par David Holz, également cofondateur de Leap Motion, Midjourney occupe une place singulière parmi les grands noms de l’IA générative. L’entreprise, installée à San Francisco, s’est fait connaître auprès du grand public par son générateur d’images, longtemps utilisé principalement via Discord.

Elle se distingue aussi par son financement. Midjourney n’avait pas levé de fonds externes à ce stade. L’entreprise avait auparavant indiqué viser environ 200 millions de dollars de revenus d’ici la fin de 2023, un objectif qui illustrait la croissance rapide de ses abonnements et l’intérêt commercial pour ses outils de création.

La société ne limite pas ses ambitions aux seules images fixes. Elle développe aussi une équipe consacrée au matériel, pour des projets qui n’ont pas été précisés. Parallèlement, elle poursuit le travail sur des modèles annoncés précédemment pour la génération de vidéos et d’objets en trois dimensions.

V7 revêt donc un enjeu stratégique. Le marché de l’image générative évolue vite, avec des groupes technologiques capables d’intégrer leurs modèles à des assistants conversationnels, à des logiciels bureautiques ou à de vastes écosystèmes de création. Midjourney doit conserver ce qui a fait son identité : une communauté très active, des résultats visuels recherchés et une interface de création qui permet d’itérer rapidement.

Des performances visuelles qui n’effacent pas le débat sur les artistes

La sortie de V7 intervient dans un contexte juridique et éthique toujours tendu. Midjourney fait face à plusieurs procédures judiciaires l’accusant d’avoir enfreint les droits de millions d’artistes en utilisant, pour entraîner ses outils, des images récupérées sur le web sans leur consentement.

Ces accusations ne préjugent pas de l’issue des affaires, mais elles soulèvent une question centrale pour toute l’industrie : dans quelles conditions des œuvres accessibles en ligne peuvent-elles servir à entraîner une intelligence artificielle ? Pour les créateurs, l’enjeu est à la fois économique et moral. Il concerne la rémunération, le contrôle des usages, l’attribution des œuvres et la possibilité de voir un modèle produire des images proches de pratiques artistiques existantes.

Les utilisateurs de générateurs d’images sont eux aussi concernés. Une création réussie techniquement peut poser des questions selon la manière dont elle est diffusée, commercialisée ou présentée au public. Employer une IA ne dispense pas de vérifier les règles applicables à son contexte professionnel, aux marques, aux personnes représentées ou aux contenus reproduits.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

Le premier test de V7 sera celui de l’usage réel. Les promesses de meilleure compréhension des prompts et de cohérence des détails devront se confirmer sur des demandes variées, des scènes complexes aux objets précis en passant par les personnages. La période alpha permettra aussi de mesurer la fiabilité de la personnalisation fondée sur l’évaluation d’environ 200 images.

Il faudra ensuite suivre le retour des fonctions absentes au lancement, notamment le redimensionnement et le retexturage. Leur disponibilité pèsera sur la capacité de V7 à devenir un outil complet pour les créateurs qui ne veulent pas seulement générer une belle image, mais la contrôler et la décliner.

Enfin, Midjourney avance dans un secteur où les progrès techniques et les débats sur les droits d’auteur progressent en parallèle. V7 peut renouveler l’expérience de création, mais la question de l’origine des données d’entraînement et de la place des artistes restera tout aussi déterminante pour l’avenir de l’IA générative.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Midjourney V7 ?

Midjourney V7 est la nouvelle génération du modèle de création d’images par intelligence artificielle de Midjourney. Lancée en version alpha dans la nuit du 3 au 4 avril 2025, elle promet une meilleure interprétation des instructions textuelles, des images plus cohérentes et une personnalisation basée sur les préférences visuelles de l’utilisateur.

Comment activer Midjourney V7 ?

V7 peut être sélectionné depuis le site web de Midjourney ou par l’intermédiaire de son chatbot Discord. Dans l’application web, le choix se fait dans le menu déroulant proche de l’étiquette « version ». Pour utiliser pleinement la personnalisation, l’utilisateur doit auparavant évaluer environ 200 images afin de créer son profil.

À quoi sert le Draft Mode de Midjourney V7 ?

Le Draft Mode sert à produire rapidement des brouillons visuels pour explorer des idées, des cadrages ou des formulations de prompt. Midjourney annonce une génération jusqu’à dix fois plus rapide et deux fois moins coûteuse. Les images sont moins détaillées au départ, mais une proposition intéressante peut ensuite être améliorée et retravaillée en un clic.

Quelle est la différence entre les modes Turbo et Relax de Midjourney ?

Turbo est l’option destinée aux utilisateurs qui privilégient la rapidité, mais son utilisation coûte davantage. Relax constitue une alternative plus économique et moins énergivore. Le choix dépend donc du besoin : obtenir des résultats rapidement ou réduire le coût de génération lorsque le délai est moins important.

Midjourney V7 résout-il les questions de droits d’auteur ?

Non. Les améliorations techniques de V7 ne règlent pas les questions juridiques liées à l’entraînement des modèles. Midjourney fait toujours face à plusieurs procédures l’accusant d’avoir utilisé des images d’artistes collectées sur le web sans consentement. Ces affaires concernent plus largement les règles applicables à l’IA générative.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Midjourney, site officiel et accès à l’outilwww.midjourney.com
  2. Documentation officielle de Midjourneydocs.midjourney.com
  3. TechCrunch, rubrique intelligence artificielletechcrunch.com/category/artificial-intelligence