MIT-Portugal ouvre sa quatrième phase, l’IA et les puces au cœur de l’accord
Le MIT et la Fondation portugaise pour la science et la technologie ont signé, en mars 2025, un accord ouvrant la quatrième phase de MIT-Portugal. Jusqu’en 2030, ce partenariat de recherche misera notamment sur l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, l’énergie, l’espace et le climat, tout en renforçant les échanges universitaires.

Près de vingt ans après son lancement, le partenariat entre le Massachusetts Institute of Technology, le MIT, et le système scientifique portugais s’apprête à changer d’échelle. La quatrième phase du programme MIT-Portugal, ou MPP, doit prolonger jusqu’en 2030 une coopération qui a déjà fait émerger des projets de recherche, des formations et des entreprises innovantes. Son ambition est désormais de concentrer cette expérience sur plusieurs défis technologiques et environnementaux majeurs, parmi lesquels l’intelligence artificielle, l’énergie et le climat.
L’accord officiel, signé en mars 2025 entre le MIT et la Fundação para a Ciência e a Tecnologia, ou FCT, la Fondation portugaise pour la science et la technologie, ouvre ce nouveau cycle. Le principe reste celui d’une recherche menée en commun : rapprocher des équipes du MIT, des universités et institutions portugaises, ainsi que des étudiants et des acteurs économiques, pour transformer des travaux académiques en capacités scientifiques et technologiques durables.
Une coopération qui entre dans son quatrième cycle
MIT-Portugal n’est pas un simple programme d’échanges universitaires. Depuis près de deux décennies, il organise des collaborations de recherche, soutient des cursus de doctorat et favorise des liens avec l’innovation entrepreneuriale. Cette continuité compte particulièrement dans les projets scientifiques complexes : chercheurs, établissements et partenaires ont appris à travailler ensemble, à partager des compétences et à inscrire leurs travaux dans la durée.
Les professeurs Douglas Hart et John Hansman, co-directeurs du programme, soulignent cette familiarité construite au fil des années. Pour Fernando Alexandre, ministre portugais de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation, la relation repose également sur une confiance acquise au cours de ces deux décennies. Dans un partenariat international, cette confiance est loin d’être secondaire : elle facilite le montage de projets communs, la circulation des étudiants et l’installation de réseaux de recherche qui survivent à un seul financement ou à une seule promotion universitaire.
Le bilan communiqué à l’ouverture de cette nouvelle phase donne un aperçu concret de l’ampleur atteinte par le programme.
| Indicateur ou échéance | Ce que l’on sait en avril 2025 |
|---|---|
| Durée de la coopération | Près de 20 ans de collaboration entre le MIT et le Portugal |
| Nouvelle période | Quatrième phase prévue de 2025 à 2030 |
| Accord de lancement | Signé en mars 2025 par le MIT et la FCT |
| Projets de recherche communs | Plus de 220 projets financés |
| Entreprises issues de l’écosystème | 47 startups créées |
| Direction du programme | Douglas Hart et John Hansman, co-directeurs |
Ces chiffres ne disent pas à eux seuls la qualité ou le résultat à long terme de chaque initiative. Ils montrent toutefois que la coopération a dépassé le stade expérimental. Le défi de la phase 4 consiste à s’appuyer sur ce socle pour aborder de nouveaux sujets, sans abandonner les domaines dans lesquels MIT-Portugal a déjà développé une expertise.
Ce qui change et ce qui se poursuit jusqu’en 2030
La phase 4 ne constitue pas une rupture totale. Elle maintient plusieurs orientations historiques du programme, notamment les sciences du climat, l’étude des systèmes aquatiques et l’urbanisme durable. Mais elle ajoute ou renforce des champs devenus stratégiques, tels que les puces et la nanotechnologie, l’intelligence artificielle, l’énergie et l’exploration spatiale.
Cette évolution reflète la nature des enjeux traités. Les semi-conducteurs, par exemple, sont les composants électroniques à la base des processeurs et de nombreux équipements numériques. L’intelligence artificielle dépend de ces capacités de calcul, mais aussi de jeux de données, d’algorithmes et de méthodes permettant de les utiliser de façon fiable. L’énergie et le climat posent, eux, des questions interdépendantes : comment produire, stocker et consommer l’énergie tout en réduisant les effets du changement climatique et en améliorant la résilience des territoires.
Les priorités de MIT-Portugal : continuité et élargissement
Axes déjà ancrés
- Sciences du climat et étude du changement climatique
- Science des océans et systèmes aquatiques
- Villes et urbanisme durables
- Formation doctorale et collaborations de recherche
- Échanges entre institutions portugaises et MIT
Axes renforcés en phase 4
- Intelligence artificielle et nouvelles méthodes numériques
- Puces électroniques et nanotechnologie
- Énergie et technologies associées
- Exploration spatiale
- Ouverture accrue aux sciences humaines et sociales
Intelligence artificielle, puces et énergie : des priorités liées
L’arrivée de l’intelligence artificielle parmi les priorités explicites de cette phase est significative. L’IA désigne un ensemble de techniques qui permettent à des systèmes informatiques d’analyser des données, de reconnaître des motifs, de produire des contenus ou d’assister certaines décisions. Dans la recherche, ces outils peuvent contribuer à traiter de très grands volumes d’informations, à simuler des phénomènes ou à concevoir de nouvelles méthodes. Leur intérêt dépend toutefois de la pertinence des données, de la rigueur des modèles et de l’expertise humaine qui encadre leur emploi.
Les travaux annoncés autour des chips et de la nanotechnologie renvoient à un autre niveau de la chaîne technologique. Les puces sont essentielles aux ordinateurs, aux réseaux, aux capteurs et aux équipements scientifiques. La nanotechnologie s’intéresse à la manipulation et à la conception de matériaux ou de dispositifs à des échelles extrêmement petites. Réunir ces sujets dans un même programme de coopération permet d’aborder à la fois les usages numériques et les fondations matérielles qui les rendent possibles.
L’axe consacré à l’énergie complète cette approche. La montée des besoins de calcul, les impératifs de décarbonation et la nécessité de systèmes énergétiques plus efficaces font de cette question un sujet transversal. Le programme inclut également l’exploration spatiale, un domaine où les défis scientifiques et d’ingénierie se croisent : observation, communication, systèmes autonomes ou conception de technologies robustes.
Il ne s’agit donc pas d’une juxtaposition de thèmes. L’IA peut servir à analyser des données environnementales ou à optimiser certains systèmes. Les capteurs et les puces permettent de recueillir ces données. L’énergie conditionne enfin le fonctionnement des infrastructures numériques comme celui de nombreux équipements de terrain. La quatrième phase entend explorer ces interdépendances à travers des recherches partagées.
Le climat, les océans et les villes restent au programme
Les nouveaux axes n’effacent pas les domaines établis. MIT-Portugal continue de faire des sciences du climat, de la science des océans et des villes durables des priorités. Cette continuité est particulièrement importante pour le Portugal, pays dont le territoire, les zones urbaines et les espaces maritimes offrent des environnements pertinents pour observer et étudier ces transformations.
Le programme mentionne notamment les systèmes aquatiques et leur suivi. Ce type de recherche consiste à mieux observer les milieux concernés, à collecter et interpréter des données, puis à développer des méthodes utiles à leur compréhension. Dans ce cadre, les compétences des chercheurs portugais sont appelées à jouer un rôle important, y compris dans des projets associant expérimentation de terrain et innovation technologique.
La Marine Robotics Summer School, organisée chaque année aux Açores, illustre cette dimension pratique et internationale. Elle rassemble de jeunes chercheurs issus de différents horizons autour d’expériences académiques et appliquées. La robotique marine, sans se limiter à un seul usage, peut être mobilisée pour observer les milieux aquatiques et tester des systèmes dans des conditions réelles.
Quel impact pour les universités et les startups portugaises ?
L’un des objectifs les plus visibles de MIT-Portugal est de renforcer l’écosystème portugais de recherche et développement. Selon John Hansman, le Portugal est devenu plus entrepreneurial au cours de la collaboration, avec une multiplication des startups issues des universités. Le chiffre de 47 startups attribué au programme témoigne de cet effet recherché : rapprocher les connaissances produites dans les laboratoires des projets susceptibles de devenir des activités économiques.
Cette dynamique ne signifie pas que toute recherche doit déboucher sur une entreprise. La recherche fondamentale, la formation et le développement de compétences collectives conservent leur valeur propre. Mais un écosystème capable de créer des startups est aussi un écosystème où étudiants et chercheurs peuvent plus facilement envisager des applications, trouver des partenaires et développer des savoir-faire utiles à l’innovation.
Le programme a également contribué à faire évoluer l’organisation de la recherche et développement au Portugal. Des programmes doctoraux pérennes ont été mis en place, renforçant les capacités de formation avancée du pays. Former des doctorants dans la durée est un levier structurant : ces chercheurs peuvent ensuite poursuivre leur carrière dans les universités, les instituts, les entreprises ou les administrations, et diffuser les méthodes acquises au sein de l’écosystème national.
Les plus de 220 projets communs financés montrent aussi que le partenariat s’est inscrit dans des réseaux de recherche concrets. Pour le Portugal, l’enjeu n’est pas seulement d’accéder à une institution prestigieuse, mais de consolider ses propres capacités scientifiques, ses établissements et ses collaborations internationales.
Des opportunités de mobilité et de formation
Les étudiants occupent une place centrale dans cette quatrième phase. Le programme prévoit de poursuivre et d’intensifier les échanges entre le MIT et les institutions partenaires au Portugal. Ces mobilités peuvent permettre à des étudiants portugais de participer à des travaux menés avec le MIT, tandis que des étudiants du MIT peuvent rejoindre des projets ou des stages au Portugal.
L’intérêt de tels échanges dépasse le déplacement géographique. Ils exposent les participants à d’autres pratiques de recherche, à des équipes pluridisciplinaires et à des problèmes étudiés dans des contextes différents. Les travaux portant sur l’océan, les villes ou l’énergie ne se posent pas de manière identique dans tous les territoires. Croiser les approches académiques et les situations de terrain peut donc aider à élaborer des solutions plus solides.
La phase 4 veut aussi renforcer les liens entre chercheurs, étudiants et industries. Cette articulation est essentielle lorsque les projets portent sur des technologies complexes, qui exigent à la fois une base scientifique, des infrastructures, des compétences d’ingénierie et une compréhension des besoins concrets.
Un partenariat appelé à devenir plus interdisciplinaire
Au-delà des thèmes technologiques, les responsables de MIT-Portugal souhaitent élargir le réseau des participants et des disciplines. Douglas Hart envisage notamment une implication accrue des sciences humaines et sociales. Cette orientation peut sembler éloignée des puces ou de la robotique, mais elle répond à une réalité simple : les innovations technologiques ont toujours des effets sur les organisations, les usages, les métiers, les villes et les choix collectifs.
Associer davantage ces disciplines peut aider à poser de meilleures questions dès la conception d’un projet. Qui utilisera une technologie ? Dans quel cadre ? Quelles compétences faudra-t-il développer ? Quels effets peut-elle avoir sur les services publics, l’économie locale ou les pratiques professionnelles ? La recherche interdisciplinaire ne garantit pas automatiquement de meilleures réponses, mais elle réduit le risque de traiter des enjeux complexes sous un angle uniquement technique.
Pour les dirigeants du programme, la période allant jusqu’à 2030 doit ainsi consolider les acquis tout en ouvrant la coopération à de nouveaux spécialistes. Le but affiché est de faire de MIT-Portugal un acteur encore plus important de la recherche internationale, avec un impact scientifique, éducatif et économique accru.
Ce qu’il faudra surveiller d’ici à 2030
La réussite de cette quatrième phase se mesurera moins à l’addition de mots-clés technologiques qu’à sa capacité à créer des projets cohérents et durables. Il faudra observer comment les nouvelles priorités, notamment l’IA, les puces, l’énergie et l’espace, se traduiront en collaborations concrètes entre les équipes du MIT et du Portugal.
L’évolution des échanges étudiants, la pérennité des programmes doctoraux et la participation des entreprises constitueront également des indicateurs importants. Le partenariat revendique déjà une expérience substantielle, avec 47 startups et plus de 220 projets communs. La prochaine étape est de démontrer que cet héritage peut répondre aux défis de la fin de la décennie, tout en continuant à renforcer l’autonomie et l’ambition scientifique du Portugal.
Enfin, l’ouverture annoncée aux sciences humaines et sociales mérite une attention particulière. Si elle se concrétise, elle pourrait donner au programme une approche plus complète de l’innovation : non seulement inventer ou perfectionner des technologies, mais aussi comprendre les conditions dans lesquelles elles peuvent être utiles, adoptées et mises au service des sociétés.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la quatrième phase du programme MIT-Portugal ?
La quatrième phase est le nouveau cycle de coopération entre le MIT et la Fondation portugaise pour la science et la technologie. Ouverte par un accord signé en mars 2025, elle doit se dérouler jusqu’en 2030. Elle prolonge les collaborations de recherche, la formation et les échanges entre le MIT, les universités portugaises et d’autres partenaires.
Quels sujets seront étudiés par MIT-Portugal jusqu’en 2030 ?
La phase 4 cible notamment l’intelligence artificielle, les puces et la nanotechnologie, l’énergie et l’exploration spatiale. Elle maintient également des axes déjà importants : les sciences du climat, la science des océans, les systèmes aquatiques, la fabrication numérique et les villes durables. L’objectif est d’associer ces domaines dans des projets de recherche communs.
Quels résultats le programme MIT-Portugal a-t-il déjà obtenus ?
Au moment de l’ouverture de la quatrième phase, MIT-Portugal fait état de plus de 220 projets communs financés entre chercheurs du MIT et du Portugal, ainsi que de 47 startups créées. Le programme a aussi contribué à l’émergence de formations doctorales durables et au renforcement de l’écosystème portugais de recherche et développement.
Comment les étudiants peuvent-ils participer à MIT-Portugal ?
Les étudiants peuvent prendre part aux échanges et aux collaborations organisés entre le MIT et les institutions partenaires au Portugal. Le programme prévoit aussi des stages et des projets communs. La Marine Robotics Summer School, organisée chaque année aux Açores, constitue un exemple d’activité réunissant de jeunes chercheurs autour d’expériences académiques et pratiques.
Pourquoi les sciences humaines et sociales sont-elles évoquées dans cette phase ?
Les dirigeants du programme souhaitent élargir la collaboration à davantage de disciplines, dont les sciences humaines et sociales. Cette ouverture vise à mieux prendre en compte les dimensions humaines, économiques et organisationnelles des innovations. Elle peut compléter les recherches techniques sur l’IA, l’énergie, les puces ou les villes, sans remplacer les compétences scientifiques et d’ingénierie.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Programme MIT-Portugal, site officielwww.mitportugal.org
- Fundação para a Ciência e a Tecnologia, Portugalwww.fct.pt/en



