Entreprises et marchés

AMD et OpenAI propulsent le Nasdaq malgré la fermeture du gouvernement américain

AMD a bondi de près de 35 % après l’annonce d’un accord pluriannuel avec OpenAI. Cette poussée a porté le Nasdaq, tandis que Wall Street composait avec la fermeture du gouvernement fédéral, les attentes sur les taux et des signaux contrastés à l’international.

Des puces d’intelligence artificielle devant des écrans de marché financier en salle de trading
Illustration : Actu.ai

L’intelligence artificielle a de nouveau imposé son rythme à Wall Street, lundi 6 octobre 2025. L’annonce d’un accord pluriannuel entre AMD et OpenAI a fait bondir le fabricant de puces de près de 35 %, entraînant dans son sillage les valeurs technologiques et le Nasdaq. Cette poussée intervient pourtant dans un climat institutionnel inhabituel, marqué par la poursuite de la fermeture du gouvernement fédéral américain et le report de plusieurs indicateurs économiques officiels.

Cette séance illustre la place prise par les infrastructures de calcul dans la perception des investisseurs. Les modèles d’IA nécessitent d’importantes capacités informatiques, et les entreprises capables de fournir les puces destinées aux centres de données sont devenues des acteurs particulièrement scrutés. Pour AMD, le partenariat annoncé avec OpenAI constitue donc bien davantage qu’une nouvelle commande : il nourrit l’espoir d’une accélération durable de ses revenus liés à l’IA.

Le Nasdaq mène la hausse, porté par AMD

Les principaux indices américains progressent, avec une avance nette pour le Nasdaq Composite, plus exposé que les autres grands indices aux entreprises technologiques. Il gagne 0,5 % au cours de la séance. Le S&P 500 avance de 0,3 %, tandis que le Dow Jones Industrial Average prend 0,1 %.

Indice américainÉvolution indiquée le 6 octobre 2025Ce qui a retenu l’attention
Nasdaq Composite+0,5 %L’envolée d’AMD et l’optimisme autour de l’IA
S&P 500+0,3 %Une progression plus large, mais contenue
Dow Jones Industrial Average+0,1 %Une hausse modeste dans un contexte d’incertitude

La hausse spectaculaire d’AMD explique une grande part de l’intérêt de la journée. Lorsqu’une entreprise technologique majeure annonce un accord susceptible d’augmenter fortement ses ventes, l’effet dépasse souvent son seul cours de Bourse. Les investisseurs y voient aussi un signal sur la vigueur de la demande en équipements d’IA et sur les perspectives de l’ensemble de la chaîne technologique.

Le mouvement reste néanmoins concentré. Une hausse d’indice ne signifie pas que toutes les entreprises qui le composent progressent au même rythme. Elle traduit ici l’influence particulière des grands groupes technologiques et des fabricants de composants, dont les capitalisations et les perspectives pèsent lourd dans les marchés américains.

Ce que prévoit l’accord entre AMD et OpenAI

AMD a officialisé, lundi, un accord pluriannuel avec OpenAI portant sur la fourniture de puces destinées à l’intelligence artificielle. Selon les éléments communiqués, les retombées de ce partenariat pourraient représenter plusieurs milliards de dollars de revenus annuels pour AMD.

L’accord comprend également une option permettant à OpenAI d’acquérir jusqu’à 10 % d’AMD. Cette disposition donne une dimension financière supplémentaire à la coopération annoncée. Elle ne signifie pas qu’OpenAI détient immédiatement cette part du capital, mais qu’elle dispose d’une possibilité d’acquisition dans les conditions prévues par l’accord.

Pour comprendre l’importance de ce type de partenariat, il faut revenir au rôle des puces dans l’IA générative. L’entraînement et l’exploitation de grands modèles mobilisent un très grand nombre de calculs. Les centres de données utilisent donc des composants spécialisés pour effectuer ces opérations à grande vitesse et à grande échelle. Obtenir un débouché auprès d’un acteur aussi central qu’OpenAI peut consolider la position d’un fournisseur de matériel dans une industrie où les investissements sont particulièrement élevés.

AMD cherche ainsi à renforcer sa présence face à une concurrence intense sur le marché des puces d’IA, notamment avec Nvidia. L’enjeu n’est pas seulement de vendre davantage de composants : il s’agit aussi de démontrer que les clients les plus exigeants peuvent s’appuyer sur des solutions alternatives pour développer et faire fonctionner leurs infrastructures.

Accord AMD-OpenAI : ce qui est établi et ce qui reste à préciser

Ce qui est annoncé

  • Un accord pluriannuel de fourniture de puces d’IA.
  • Des retombées potentielles de plusieurs milliards de dollars par an pour AMD.
  • Une option permettant à OpenAI d’acquérir jusqu’à 10 % d’AMD.
  • Un bond de près de 35 % de l’action AMD après l’annonce.

Ce qui n’est pas détaillé

  • Le calendrier précis des livraisons de puces.
  • Le volume de matériel concerné par l’accord.
  • Les modalités complètes de l’option sur le capital d’AMD.
  • Le rythme auquel les revenus potentiels seront effectivement comptabilisés.

Un partenariat stratégique, mais des détails encore attendus

L’annonce a suscité l’enthousiasme des marchés parce qu’elle associe deux entreprises situées à des maillons complémentaires de l’écosystème de l’IA. OpenAI développe des systèmes d’intelligence artificielle et a besoin de capacités de calcul. AMD conçoit les puces susceptibles d’alimenter ces infrastructures. Le partenariat rend visible une demande qui, jusque-là, pouvait être anticipée par les investisseurs sans être précisément incarnée par cet accord.

Pour autant, plusieurs informations importantes ne sont pas détaillées dans les éléments disponibles le 6 octobre. Le calendrier précis des livraisons, le volume de puces concerné et les modalités exactes permettant à OpenAI d’exercer son option sur le capital d’AMD ne sont pas précisés dans la publication d’origine. Les investisseurs devront donc distinguer la portée stratégique de l’annonce des résultats financiers effectivement enregistrés au fil du temps.

OpenAI organise par ailleurs, ce même lundi, un événement destiné aux développeurs et aux créateurs. Les marchés surveillent cet événement, car de nouvelles annonces pourraient influer sur la perception des capacités, des produits ou des besoins d’infrastructure de l’entreprise. À ce stade, il serait toutefois prématuré d’en déduire le contenu ou les conséquences avant les communications officielles.

Pourquoi la fermeture du gouvernement américain n’a pas stoppé Wall Street

La hausse des indices intervient alors que la fermeture du gouvernement fédéral américain se poursuit. Cette situation peut perturber les marchés de plusieurs façons : elle retarde notamment la publication de certaines statistiques publiques utilisées par les investisseurs pour évaluer l’emploi, l’inflation ou l’activité économique.

L’absence temporaire de données officielles ne fait pas disparaître les interrogations économiques. Elle rend au contraire l’interprétation de la conjoncture plus difficile. Les investisseurs se reportent alors davantage sur les informations publiées par les entreprises, les études privées et les déclarations des responsables monétaires.

Dans ce contexte, les perspectives de baisse des taux d’intérêt restent au centre de l’attention. Des taux plus bas peuvent soutenir les valorisations des entreprises de croissance, dont une part importante de la valeur repose sur les bénéfices attendus dans les années futures. Ce mécanisme explique pourquoi les déclarations de la Réserve fédérale sont suivies de près par les marchés, particulièrement dans le secteur technologique.

Deux rendez-vous sont notamment attendus : une intervention de Stephen Miran, présenté comme le gouverneur proposé par Donald Trump, le mercredi 8 octobre, puis une prise de parole du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, le jeudi 9 octobre. Les investisseurs surveilleront également les données non gouvernementales, dont le rapport sur la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan prévu pour octobre.

Des marchés internationaux aux trajectoires opposées

La séance ne se limite pas aux États-Unis. En France, le CAC 40 recule fortement après la démission inattendue du Premier ministre, un événement qui replonge le pays dans une crise politique. L’incertitude pèse aussi sur l’euro, dont la baisse accentue les turbulences observées sur les marchés.

Au Japon, le mouvement est inverse. Le Nikkei 225 gagne près de 5 % et atteint un sommet record. Cette hausse est favorisée par la nomination attendue d’un dirigeant ultraconservateur à la tête du pays, selon les informations évoquées au cours de la séance.

Ces réactions contrastées rappellent que les marchés financiers ne répondent pas à une seule force. L’enthousiasme lié à l’IA peut soutenir les valeurs technologiques américaines, tandis que des événements politiques nationaux influencent fortement les actions, les monnaies et les anticipations économiques dans d’autres régions du monde.

Résultats d’entreprises et mouvements à surveiller

La semaine ouvre aussi la période des résultats du troisième trimestre pour plusieurs entreprises. PepsiCo, Delta Air Lines et Levi Strauss figurent parmi les groupes attendus. Leurs publications seront observées pour ce qu’elles diront de la consommation, du transport, des coûts et des perspectives des entreprises en dehors du seul secteur technologique.

D’autres titres attirent l’attention avant l’ouverture officielle de Wall Street. Palantir rebondit de plus de 2 %. Micron progresse de 3 % après une recommandation revue à la hausse par Morgan Stanley, un mouvement qui alimente lui aussi l’intérêt pour les sociétés exposées aux besoins en mémoire et en calcul liés à l’IA.

Dans le secteur bancaire, Fifth Third Bancorp annonce son intention d’acquérir Comerica pour 10,9 milliards de dollars, dans le cadre d’une opération en actions. Les titres de Comerica réagissent fortement à cette perspective. Ces évolutions rappellent que, même lors d’une séance dominée par l’IA, les investisseurs suivent aussi les opérations de consolidation, les résultats trimestriels et la santé des secteurs traditionnels.

Les cours observés avant l’ouverture doivent toutefois être lus avec prudence. Les échanges de pré-marché sont généralement moins fournis que pendant la séance normale et peuvent amplifier les mouvements de prix. Ils donnent une première indication du sentiment des investisseurs, sans préjuger nécessairement de la clôture.

Ce qu’il faut surveiller après l’envolée d’AMD

La réaction boursière d’AMD traduit une forte confiance dans la croissance des investissements consacrés à l’IA. Mais cette confiance s’accompagne d’exigences élevées. Les marchés suivront désormais la capacité d’AMD à transformer l’accord annoncé avec OpenAI en revenus récurrents, ainsi que la manière dont la concurrence dans les puces d’IA évoluera.

Les prochaines déclarations de la Réserve fédérale constitueront un autre point de vigilance. Dans une période où certaines données gouvernementales sont retardées par la fermeture fédérale, une phrase de Jerome Powell ou un indicateur privé sur le moral des ménages peut avoir un poids accru dans les anticipations de taux.

Enfin, la saison des résultats apportera un test plus large pour le marché. Si les entreprises confirment des perspectives solides, l’optimisme qui entoure les valeurs technologiques pourrait se maintenir. À l’inverse, des résultats décevants, une aggravation des tensions politiques ou un changement de ton sur les taux pourraient rappeler que l’IA ne protège pas les marchés contre les incertitudes économiques et institutionnelles.

Questions fréquentes

Pourquoi l’action AMD a-t-elle bondi de près de 35 % le 6 octobre 2025 ?

Le titre AMD a fortement progressé après l’officialisation d’un accord pluriannuel avec OpenAI. AMD doit fournir des puces destinées à l’intelligence artificielle, et les retombées de cet accord pourraient atteindre plusieurs milliards de dollars de revenus annuels. Les investisseurs ont interprété cette annonce comme un signal très favorable pour les perspectives d’AMD dans l’IA.

Que prévoit l’accord entre AMD et OpenAI ?

L’accord annoncé le 6 octobre 2025 prévoit qu’AMD fournisse des puces d’IA à OpenAI dans le cadre d’une coopération pluriannuelle. Il inclut aussi une option permettant à OpenAI d’acquérir jusqu’à 10 % d’AMD. Les détails relatifs aux volumes livrés, au calendrier et aux modalités complètes de cette option ne sont pas précisés dans les informations disponibles.

Pourquoi le Nasdaq progresse-t-il plus que le Dow Jones ?

Le Nasdaq est davantage exposé aux entreprises technologiques et aux valeurs de croissance que le Dow Jones. L’envolée d’AMD, portée par l’accord avec OpenAI, a donc particulièrement soutenu cet indice, en hausse de 0,5 %. Le S&P 500 a gagné 0,3 %, tandis que le Dow Jones, plus diversifié et moins centré sur la technologie, a progressé de 0,1 %.

La fermeture du gouvernement américain peut-elle affecter la Bourse ?

Oui. Une fermeture du gouvernement fédéral peut retarder la publication de statistiques officielles importantes pour les investisseurs, notamment sur l’économie et l’emploi. Le marché peut alors s’appuyer davantage sur les données privées, les résultats d’entreprises et les déclarations de la Réserve fédérale. Le 6 octobre 2025, cette incertitude n’a pas empêché les principaux indices américains de progresser.

Pourquoi les taux d’intérêt de la Réserve fédérale comptent-ils pour les actions d’IA ?

Les anticipations de taux influencent la valorisation des entreprises, surtout celles dont les bénéfices attendus se situent loin dans le temps, comme de nombreuses sociétés technologiques. Des perspectives de baisse des taux peuvent soutenir ces valorisations. Les prises de parole de Stephen Miran et de Jerome Powell sont donc surveillées, dans un contexte où certaines données publiques sont reportées par la fermeture gouvernementale.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. AMD, espace relations investisseurs et communiqués de presseir.amd.com/news-events/press-releases
  2. OpenAI, actualités et annonces officiellesopenai.com/news
  3. Réserve fédérale américaine, discours et événementswww.federalreserve.gov
  4. Université du Michigan, données de l’enquête sur les consommateursdata.sca.isr.umich.edu