Robotique et matériel

BlackRock et GIP négocient un projet de data centers proche de 40 milliards

BlackRock, via GIP, est en discussions autour d’un accord de construction de data centers évalué à près de 40 milliards de dollars. Aucun partenaire, calendrier ni périmètre technique n’a été rendu public, mais le projet illustre l’attrait croissant des infrastructures numériques, portées notamment par l’intelligence artificielle.

Chantier de data center avec installations électriques et équipements de refroidissement pour le calcul d’IA
Illustration : Actu.ai

Un montant proche de 40 milliards de dollars suffit à placer des négociations dans une catégorie à part. BlackRock, par l’intermédiaire de GIP, discute d’un accord lié à la construction de data centers. Au 3 octobre 2025, le projet n’est toutefois pas finalisé et de nombreuses données décisives, des partenaires concernés aux sites envisagés, n’ont pas été communiquées.

Cette information éclaire surtout une transformation plus large : les centres de données, longtemps perçus comme des infrastructures techniques relativement discrètes, sont devenus des actifs convoités. Ils abritent les serveurs qui font fonctionner les services de cloud, les applications professionnelles, le stockage numérique et, de plus en plus, les systèmes d’intelligence artificielle. Leur développement mobilise désormais autant la finance que l’ingénierie informatique et énergétique.

Ce que BlackRock et GIP négocient exactement

Le gestionnaire d’actifs BlackRock est engagé, avec GIP, dans des discussions en vue d’un accord de construction de centres de données évalué à environ 40 milliards de dollars. L’objectif présenté est de répondre à l’augmentation des besoins en traitement de données et en hébergement numérique des entreprises.

GIP, pour Global Infrastructure Partners, est spécialisé dans les investissements d’infrastructure. Son rapprochement avec BlackRock renforce la présence du géant de la gestion d’actifs dans des secteurs reposant sur des équipements physiques de long terme : réseaux, énergie, transports et désormais infrastructures numériques. Dans cette logique, un data center ne se réduit pas à un bâtiment rempli de serveurs. C’est un ensemble industriel qui doit réunir foncier, raccordement électrique, équipements de refroidissement, réseaux de télécommunication et exploitation opérationnelle sur plusieurs années.

Les informations disponibles ne permettent pas de dire si les discussions aboutiront, ni de décrire la structure précise de l’opération. Aucun nom de partenaire spécifique n’a été rendu public. Il n’existe pas non plus, à ce stade, de calendrier annoncé pour une signature ou pour la mise en service d’éventuelles installations.

ÉlémentInformations disponibles au 3 octobre 2025
État du projetDiscussions en cours, sans accord final annoncé
Montant évoquéEnviron 40 milliards de dollars
ObjetAccord lié à la construction de data centers
Besoin viséTraitement des données et hébergement numérique pour les entreprises
Facteurs de demande citésNumérisation, intelligence artificielle et big data
Éléments non communiquésPartenaires, sites, calendrier, caractéristiques techniques et conditions contractuelles

Ce que les discussions indiquent, et ce qu’elles ne confirment pas encore

Ce qui est établi

  • Des discussions impliquent BlackRock et GIP.
  • Le projet porte sur la construction de data centers.
  • La valeur évoquée approche 40 milliards de dollars.
  • Les besoins en traitement et hébergement de données sont au cœur du projet.

Ce qui reste inconnu

  • L’accord n’est pas annoncé comme finalisé.
  • Les partenaires spécifiques n’ont pas été dévoilés.
  • Les emplacements et le calendrier ne sont pas publics.
  • Les choix techniques et engagements environnementaux ne sont pas détaillés.

Pourquoi les data centers attirent-ils autant de capitaux ?

La demande de capacité informatique progresse avec la migration des entreprises vers le cloud et la multiplication des services numériques. Une banque, une plateforme de commerce en ligne, un industriel ou un hôpital doivent conserver, transmettre et traiter de grandes quantités d’informations. Ils s’appuient directement ou indirectement sur des centres de données capables de fonctionner en continu.

L’intelligence artificielle ajoute une contrainte supplémentaire. L’entraînement de grands modèles et leur utilisation quotidienne exigent d’importantes ressources de calcul. Cela ne signifie pas que chaque nouveau data center sera exclusivement consacré à l’IA. En revanche, l’essor de ces usages pousse les opérateurs à proposer davantage de puissance disponible, des réseaux plus rapides et des installations capables d’accueillir des équipements informatiques plus denses.

Pour les investisseurs, les infrastructures numériques présentent un profil particulier. Elles exigent des dépenses initiales considérables, mais peuvent s’inscrire dans des contrats d’exploitation et de location sur une longue durée. Cette perspective de revenus réguliers explique l’intérêt des fonds spécialisés dans les infrastructures. Elle s’accompagne cependant de risques importants : un site mal situé, insuffisamment alimenté en électricité ou dépassé par l’évolution technologique peut perdre une partie de son avantage.

La valeur d’un data center dépend donc moins de la seule surface construite que de sa capacité à fournir, durablement, une puissance informatique fiable. La disponibilité de l’électricité, la qualité des connexions réseau, la proximité des clients et les autorisations locales peuvent compter autant que les serveurs eux-mêmes.

Un centre de données pour l’IA ne ressemble pas tout à fait aux précédents

Les centres de données traditionnels hébergent déjà des milliers de machines et assurent le fonctionnement de services essentiels. Mais les charges de travail liées à l’IA générative peuvent modifier leur conception. Les serveurs équipés de processeurs graphiques, souvent appelés GPU, concentrent davantage de puissance de calcul dans un même espace. Ils peuvent aussi dégager plus de chaleur qu’une infrastructure pensée pour des usages plus classiques.

Cette évolution oblige à traiter plusieurs sujets dès la phase de conception :

  • la capacité de raccordement au réseau électrique ;
  • la distribution de l’électricité à l’intérieur du bâtiment ;
  • le refroidissement des équipements ;
  • la redondance, afin de maintenir le service en cas de panne ;
  • les connexions à très haut débit entre les serveurs et vers l’extérieur.

Le refroidissement est un enjeu particulièrement important. L’air conditionné reste une composante majeure de nombreux sites, mais certains équipements très denses peuvent nécessiter des solutions plus spécialisées, y compris un refroidissement au liquide. Les choix techniques influencent le coût de construction, la consommation d’énergie, les besoins en eau selon les systèmes utilisés et la vitesse à laquelle un site peut être déployé.

Aucune précision n’a été apportée sur les technologies qui seraient retenues dans le cadre des négociations de BlackRock et GIP. Il serait donc prématuré d’attribuer à ce projet une architecture précise ou des engagements environnementaux particuliers.

L’énergie, la contrainte qui peut décider du projet

Construire un data center ne consiste pas seulement à disposer d’un terrain et de capitaux. Il faut surtout s’assurer qu’une puissance électrique suffisante sera disponible, de manière fiable et dans un délai compatible avec le calendrier du projet. Dans les zones où les réseaux sont déjà fortement sollicités, l’attente pour un raccordement peut devenir un frein majeur.

C’est pourquoi les projets de centres de données sont étroitement liés aux politiques énergétiques locales. Les opérateurs doivent composer avec les capacités de production existantes, les réseaux de transport et de distribution, les procédures d’autorisation, ainsi qu’avec les attentes des collectivités. Les habitants et les élus peuvent aussi interroger l’impact d’installations énergivores sur le réseau, le foncier et les ressources en eau.

La publication d’origine évoque la possibilité d’intégrer des solutions écologiques à la conception de nouveaux centres de données. Cette ambition est devenue un sujet central pour le secteur, mais aucun engagement précis n’a été annoncé dans le cadre du projet discuté par BlackRock et GIP. Dans les faits, l’évaluation environnementale d’un site repose notamment sur son approvisionnement électrique, son efficacité énergétique, sa méthode de refroidissement et la durée de vie de ses équipements.

Un indicateur souvent utilisé est le PUE, pour Power Usage Effectiveness. Il compare l’énergie consommée par l’ensemble du site à celle effectivement utilisée par les équipements informatiques. Il est utile pour mesurer l’efficacité d’une installation, mais ne suffit pas à résumer son empreinte globale. L’origine de l’électricité consommée, la consommation d’eau et la construction du bâtiment comptent également.

Quel effet sur le marché des infrastructures numériques ?

Si les négociations se concrétisent, un engagement de près de 40 milliards de dollars signalerait l’ampleur des capitaux prêts à être mobilisés autour des data centers. Le marché est déjà animé par les opérateurs spécialisés, les fournisseurs de cloud, les entreprises de télécommunications et les investisseurs d’infrastructure. L’arrivée ou le renforcement de grands fonds peut accélérer les projets, mais aussi intensifier la compétition pour les terrains, l’électricité et les talents techniques.

La concurrence ne se joue pas uniquement entre bâtiments. Elle porte aussi sur la capacité à sécuriser des clients de long terme, à construire vite, à maintenir un niveau élevé de disponibilité et à proposer une énergie compétitive. Dans ce contexte, les fournisseurs d’électricité, les équipementiers de réseau, les constructeurs et les spécialistes du refroidissement peuvent tous bénéficier d’une hausse des investissements.

Il faut néanmoins distinguer l’intérêt financier pour le secteur d’une promesse de rentabilité automatique. Les data centers sont coûteux à bâtir et à exploiter. La demande liée à l’IA est forte, mais elle peut varier selon les usages, les progrès techniques et les stratégies des grands clients. La concentration de la demande entre les mains d’un nombre limité d’entreprises technologiques constitue également un point de vigilance pour les investisseurs.

Ce qu’il faut surveiller avant de parler de méga-accord

La première question est la plus simple : les discussions aboutiront-elles à un accord signé ? À ce stade, aucune date de finalisation n’a été communiquée. Le montant annoncé doit être lu comme l’ordre de grandeur d’un projet en négociation, non comme un investissement définitivement acté.

Les prochaines informations importantes concerneraient ensuite le périmètre de l’opération. Les observateurs chercheront à connaître les éventuels partenaires, les pays ou régions d’implantation, le nombre de sites, les clients visés et les modalités de financement. Ces éléments détermineront la portée concrète du projet bien davantage que son seul montant affiché.

Enfin, les conditions d’accès à l’énergie seront déterminantes. La croissance de l’IA place les data centers au centre d’un arbitrage durable : augmenter la puissance informatique disponible tout en maîtrisant les contraintes de réseau, les coûts d’électricité et l’impact environnemental. Le projet discuté par BlackRock et GIP illustre cette nouvelle réalité. À l’ère de l’IA, la capacité de calcul est aussi une affaire de béton, de câbles et d’énergie.

Questions fréquentes

BlackRock a-t-il déjà signé son accord de data centers à 40 milliards de dollars ?

Non. Au 3 octobre 2025, BlackRock et GIP sont en discussions autour d’un accord évalué à environ 40 milliards de dollars. Aucune annonce ne confirme la signature définitive de l’opération. Les négociations peuvent encore aboutir, être modifiées ou ne pas se conclure.

Que signifie GIP dans le projet de data centers de BlackRock ?

GIP signifie Global Infrastructure Partners. Il s’agit d’un spécialiste des investissements dans les infrastructures, désormais rattaché à BlackRock. Ce type d’acteur finance et accompagne des actifs physiques de long terme, comme des réseaux, des équipements énergétiques, des transports ou des infrastructures numériques.

Pourquoi l’intelligence artificielle augmente-t-elle les besoins en data centers ?

Les systèmes d’intelligence artificielle ont besoin de serveurs puissants pour être entraînés et utilisés. Ces équipements requièrent du calcul, du stockage, des connexions rapides et du refroidissement. La croissance de ces usages incite donc les entreprises à rechercher davantage de capacité informatique dans les centres de données.

Quels partenaires participent au projet de BlackRock et GIP ?

Les partenaires spécifiques n’ont pas été communiqués publiquement dans les informations disponibles. Il est donc impossible, au 3 octobre 2025, d’identifier les entreprises technologiques, les constructeurs, les opérateurs ou les clients qui pourraient être associés à l’éventuel accord.

Quels sont les principaux défis de la construction d’un data center ?

Les principaux défis concernent l’accès à une électricité fiable, le raccordement au réseau, le refroidissement des serveurs, les connexions télécoms et les autorisations locales. La disponibilité des terrains et les exigences environnementales comptent aussi. Un budget élevé ne suffit pas si ces contraintes ne sont pas résolues.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Reuters, couverture de l’actualité technologique et des marchéswww.reuters.com/technology
  2. BlackRock, salle de presse institutionnellewww.blackrock.com/corporate/newsroom
  3. Agence internationale de l’énergie, rapport Energy and AIwww.iea.org/reports/energy-and-ai