Google : les clics chutent au sommet des résultats depuis les aperçus IA
Les premières places de Google ne garantissent plus le même volume de visites. Selon une étude de GrowthSRC portant sur 200 000 mots-clés, le taux de clics du premier résultat a reculé de 32,1 % en 2025. Les aperçus générés par l’IA redessinent les priorités des éditeurs et des entreprises.

La première place dans Google a longtemps été l’objectif ultime du référencement naturel. Elle reste très visible, mais elle ne garantit plus automatiquement le même afflux de visiteurs. Une analyse de GrowthSRC, publiée à partir de données couvrant 200 000 mots-clés en 2024 et 2025, observe un recul marqué des clics sur les premiers résultats organiques. Au premier rang, le taux de clics baisse de 32,1 %.
Ce mouvement intervient dans un contexte de profonde évolution de la page de résultats. Avec les AI Overviews, ou aperçus IA, Google peut proposer une synthèse directement dans l’interface de recherche. Pour certaines questions, l’internaute obtient ainsi une réponse exploitable avant même d’avoir consulté un site. Pour les éditeurs, les médias, les sites marchands et les entreprises, la conséquence est immédiate : être bien classé ne suffit plus, il faut aussi comprendre ce qui pousse réellement une personne à cliquer.
Une étude sur 200 000 mots-clés qui mesure la redistribution des clics
GrowthSRC a comparé l’évolution des taux de clics, souvent désignés par l’acronyme anglais CTR, sur un ensemble de 200 000 mots-clés observés en 2024 et en 2025. Le CTR correspond à la part des internautes qui cliquent sur un résultat après l’avoir vu dans une page de recherche. Ce n’est donc pas la même chose que le nombre brut de visites : un résultat peut recevoir beaucoup d’impressions, mais une faible proportion de clics.
Dans le calendrier retenu par l’étude, la dégradation des performances des premières positions s’accentue depuis le déploiement des AI Overviews en mars 2025. Les résultats ne montrent pas une baisse uniforme sur toute la page. Ils suggèrent plutôt un déplacement de l’attention : les toutes premières réponses organiques reculent, tandis que certaines positions plus basses gagnent du terrain.
| Position dans les résultats | Évolution du taux de clics relevée par GrowthSRC |
|---|---|
| Position n°1 | -32,1 % |
| Position n°2 | -39,5 % |
| Position n°3 | -15,1 % |
| Position n°4 | -7,1 % |
| Position n°5 | +4,35 % |
| Position n°6 | +12,6 % |
| Positions n°7 à n°10 | Hausse signalée, sans chiffre détaillé communiqué |
Le chiffre le plus spectaculaire concerne la position n°2, dont le CTR diminue de 39,5 %. La première position est également lourdement touchée. Ces deux emplacements ont historiquement concentré l’essentiel de l’attention parce qu’ils apparaissent immédiatement après la requête. Or, lorsqu’un résumé répond déjà à une question simple, le besoin de consulter le premier lien peut diminuer.
Pourquoi les aperçus IA modifient-ils le comportement de recherche ?
Les AI Overviews sont des synthèses générées par intelligence artificielle qui visent à réunir rapidement les éléments de réponse à une recherche. Leur intérêt pour l’utilisateur est évident dans les situations où une information courte, pratique ou factuelle suffit. L’internaute n’a alors pas forcément besoin d’ouvrir plusieurs pages pour obtenir une première explication.
C’est précisément ce gain de temps qui fragilise le modèle classique du référencement. Pendant des années, une requête formulée dans Google débouchait généralement sur un choix entre plusieurs liens. Désormais, certaines recherches comportent une étape supplémentaire : lecture d’une réponse produite dans la page de résultats, puis décision éventuelle de poursuivre vers une source externe.
Il faut cependant éviter une lecture trop mécanique de ces chiffres. L’étude constate une évolution concomitante entre la présence des aperçus IA et la baisse des clics sur les premières positions. Elle ne permet pas, à elle seule, d’affirmer que toutes les baisses de trafic de tous les sites proviennent d’un unique facteur. Le type de requête, l’intention de l’utilisateur, la présence d’autres modules dans Google et la qualité du résultat restent déterminants.
Les requêtes qui appellent une réponse brève sont logiquement les plus exposées à un comportement dit « sans clic ». À l’inverse, une recherche impliquant un achat, une comparaison approfondie, une expertise technique, une démarche locale ou une décision importante peut toujours conduire l’utilisateur à visiter un site pour vérifier, approfondir ou agir.
Les premières positions perdent leur monopole sur l’attention
La hiérarchie des résultats demeure importante, mais son interprétation change. Auparavant, passer de la cinquième à la première place promettait généralement un gain de trafic significatif. Les données de GrowthSRC montrent qu’en 2025, la valeur de chaque position dépend davantage de l’affichage complet de la page et de la capacité du résultat à apporter ce que le résumé IA n’a pas fourni.
La position n°3 recule de 15,1 % et la position n°4 de 7,1 %. Le recul s’atténue donc à mesure que l’on descend dans les résultats, avant de laisser place à une progression à partir de la cinquième position. Cela peut traduire un changement de parcours : après avoir lu l’aperçu, certains internautes sautent les premiers liens, jugés trop généralistes ou redondants, et cherchent une ressource plus précise plus bas dans la page.
Ce que les aperçus IA changent dans la valeur d’un classement
Avant, le rang dominait
- La première position concentrait traditionnellement l’essentiel de l’attention.
- L’internaute choisissait souvent un lien pour obtenir la réponse recherchée.
- Le trafic organique était un indicateur central de la performance SEO.
- Une progression dans les résultats se traduisait plus directement par davantage de visites.
Avec les aperçus IA
- Une réponse peut être lue avant l’ouverture d’un site externe.
- La position n°1 recule de 32,1 % et la n°2 de 39,5 % dans l’étude.
- Les positions n°5 et n°6 progressent respectivement de 4,35 % et 12,6 %.
- Les conversions, l’engagement et la notoriété doivent compléter le suivi du trafic.
Cette redistribution ne signifie pas que les cinquième et sixième places sont devenues plus désirables que la première. Elle rappelle plutôt qu’un classement ne peut plus être évalué sans regarder le contexte de la page. Une position élevée dans une recherche dominée par un aperçu IA peut générer moins de visites qu’une position inférieure sur une requête où l’internaute doit consulter une source détaillée.
Pourquoi les résultats moins bien classés peuvent-ils progresser ?
GrowthSRC relève une hausse de 4,35 % du CTR pour la position n°5 et de 12,6 % pour la position n°6. Les positions n°7 à n°10 sont également décrites comme étant en progression. Cette évolution paraît contre-intuitive, mais elle correspond à un usage plausible des moteurs de recherche : le résumé IA répond à une première interrogation, puis l’utilisateur cherche une information plus spécialisée, un exemple concret, une preuve, un produit ou un point de vue différent.
Les sites situés plus bas peuvent aussi bénéficier d’un contenu qui répond mieux à une intention très précise. Une page claire sur un prix, une procédure, une disponibilité locale ou un cas d’usage n’a pas forcément besoin d’être classée première pour convaincre une personne déjà renseignée par l’aperçu.
Le trafic web doit être complété par d’autres indicateurs
Pour les responsables marketing, la baisse du CTR en tête des résultats impose de revoir les tableaux de bord. Mahendra Choudhary, partenaire chez GrowthSRC Media, invite à repenser la place du trafic web dans les indicateurs de performance. Un clic reste précieux, mais il ne constitue pas à lui seul une preuve d’efficacité économique ou éditoriale.
Un visiteur qui arrive sur un site sans trouver ce qu’il cherche peut gonfler les statistiques de trafic sans créer de valeur. À l’inverse, un volume plus faible de visiteurs peut être plus utile s’il correspond à des personnes prêtes à demander un devis, acheter, s’inscrire, contacter une équipe ou consulter plusieurs contenus. L’enjeu est donc de relier l’acquisition à ce qui se passe ensuite sur le site.
Les indicateurs à suivre gagnent à être mis en perspective :
- les conversions, qu’il s’agisse d’un achat, d’une prise de contact ou d’une inscription ;
- l’engagement réel, comme la consultation de pages utiles ou le retour d’un visiteur ;
- la part des requêtes pour lesquelles une marque reste visible malgré les aperçus IA ;
- la notoriété de la marque, y compris les recherches effectuées directement avec son nom.
Cette approche évite de confondre exposition, clic et résultat commercial. Elle est également utile aux médias et aux éditeurs : une baisse de visites en provenance d’une requête donnée ne dit pas tout de la relation avec le lecteur, mais elle impose de comprendre quelles informations sont désormais consommées directement dans Google.
Comment adapter une stratégie SEO à cette nouvelle réalité ?
La première réponse consiste à produire des contenus qui apportent davantage qu’une définition ou une réponse générique. Une expertise identifiable, une explication approfondie, des données utiles, un retour d’expérience, une comparaison claire ou un service concret ont plus de chances de justifier une visite. L’objectif n’est pas de contourner les aperçus IA, mais de donner une raison solide de poursuivre la recherche sur son propre site.
Les professionnels du référencement sont également encouragés à ne pas dépendre d’un seul canal. GrowthSRC cite notamment YouTube, LinkedIn, TikTok et Reddit comme des plateformes où une présence éditoriale peut renforcer la marque. Ces espaces ne remplacent pas Google, mais ils participent à la découverte d’une entreprise, d’un média ou d’un expert. Une personne qui connaît déjà une marque sera plus susceptible de la rechercher directement ou de choisir son résultat dans une page saturée de réponses.
Le référencement local mérite aussi une attention renforcée. Pour une entreprise qui dépend d’une clientèle géographiquement proche, la qualité des informations pratiques, la cohérence de la présence en ligne et les mentions de marque peuvent peser autant que le simple rang obtenu sur une requête générale. Les recherches effectuées sur les plateformes sociales participent elles aussi à cette construction de notoriété.
Enfin, les équipes doivent segmenter leurs analyses. Il est préférable de suivre séparément les requêtes informationnelles, les recherches de marque, les demandes locales et les requêtes transactionnelles. Leur exposition aux aperçus IA, et surtout leur capacité à produire des conversions, ne sont pas les mêmes.
Ce que Google Search Console permet de suivre, et ses limites
Google a mis à jour sa documentation afin d’intégrer les clics, les impressions et les positions liés aux aperçus IA dans Google Search Console. Cet outil reste donc central pour observer l’évolution de la visibilité dans les résultats de recherche et repérer les requêtes qui changent le plus.
La lecture des données demande toutefois de la méthode. Une baisse de clics doit être comparée aux impressions, à la position moyenne, au type de recherche et aux performances réelles sur le site. Si les impressions progressent alors que les clics diminuent, cela peut révéler une exposition plus forte mais une concurrence accrue de l’interface elle-même. Si les conversions restent stables ou progressent, le recul du trafic brut n’a pas la même portée qu’une baisse simultanée des visites et des résultats obtenus.
La disponibilité des AI Overviews constitue une autre limite importante. Au 24 juillet 2025, ce format n’est pas accessible dans tous les pays. La publication d’origine cite notamment la France parmi les marchés où les aperçus IA ne sont pas disponibles. Les observations issues de marchés où ces fonctionnalités sont déployées ne peuvent donc pas être transposées automatiquement à toutes les audiences francophones.
Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois
La donnée la plus importante révélée par l’étude n’est pas seulement la baisse de 32,1 % observée à la première position. C’est la fin d’une équivalence simple entre rang élevé et trafic élevé. À mesure que Google enrichit sa page de résultats, les entreprises et les éditeurs devront suivre non seulement leur classement, mais aussi la forme exacte de la réponse proposée aux internautes.
Il faudra notamment observer si les progressions relevées aux positions n°5 à n°10 se confirment selon les secteurs et les intentions de recherche. Les contenus capables de fournir de la précision, de la confiance et une utilité immédiate pourraient mieux résister que les pages qui répètent une information déjà résumée dans Google.
Pour le SEO, la priorité devient plus large : construire une autorité de marque, publier des contenus réellement distinctifs, diversifier les points de contact et mesurer les conversions plutôt que célébrer un volume de clics isolé. Dans un moteur de recherche où la réponse arrive parfois avant le lien, la valeur d’une visite dépend plus que jamais de ce qu’elle permet d’accomplir.
Questions fréquentes
Pourquoi les clics sur le premier résultat Google baissent-ils ?
Selon l’étude de GrowthSRC, la baisse observée coïncide avec l’arrivée des AI Overviews, des synthèses générées directement dans Google. Lorsqu’un aperçu répond déjà à une question, l’internaute peut ne pas ouvrir le premier lien. La position n°1 perd ainsi 32,1 % de taux de clics dans l’échantillon étudié.
Quelle position Google perd le plus de clics en 2025 ?
Dans les données communiquées par GrowthSRC, la deuxième position est la plus affectée, avec une baisse de 39,5 % de son taux de clics. La première position recule de 32,1 %, la troisième de 15,1 % et la quatrième de 7,1 %. Les résultats varient donc fortement selon l’emplacement dans la page.
Pourquoi les positions 5 et 6 gagnent-elles des clics sur Google ?
GrowthSRC mesure une progression de 4,35 % pour la cinquième position et de 12,6 % pour la sixième. Une explication possible est que certains internautes, après avoir lu un résumé IA, cherchent une information plus détaillée ou plus spécifique. Ils peuvent alors consulter des résultats situés plus bas dans la page.
Les AI Overviews de Google sont-ils disponibles en France ?
Au 24 juillet 2025, les aperçus IA de Google ne sont pas proposés dans tous les pays. La publication d’origine signale notamment la France parmi les marchés où ils ne sont pas disponibles. Les professionnels français doivent donc suivre leur évolution, sans appliquer automatiquement les données observées sur d’autres marchés.
Comment mesurer l’impact des aperçus IA dans Google Search Console ?
Google a mis à jour sa documentation pour intégrer les clics, impressions et positions associés aux aperçus IA dans Search Console. Il faut comparer ces données avec la position moyenne, les requêtes concernées et les conversions enregistrées sur le site. Une diminution des clics n’a pas la même signification si les ventes, contacts ou inscriptions restent stables.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- GrowthSRC, études et analyses sur le référencementgrowthsrc.com
- Google Search Central, documentation sur les fonctionnalités IA dans la recherchedevelopers.google.com/search/docs/appearance/ai-features
- Google Search Console, aide sur le rapport de performancessupport.google.com/webmasters/answer/7576553



