Chromia active Asgard, son architecture modulaire pour la DeFi et l’IA
Officialisée le 3 décembre 2024, la mise à niveau Asgard ajoute des extensions modulaires à Chromia. L’Oracle Extension promet des prix actualisés chaque seconde pour la DeFi, tandis qu’une extension d’inférence IA est annoncée pour le premier trimestre 2025.

Le mot « upgrade » peut paraître abstrait. Dans l’univers des blockchains, il désigne pourtant une évolution du logiciel qui fait fonctionner le réseau et, avec lui, des possibilités offertes aux applications. Avec Asgard, Chromia veut faire de son infrastructure un socle plus modulable pour deux domaines particulièrement exigeants : la finance décentralisée, ou DeFi, et l’intelligence artificielle.
La mise à niveau a été officialisée le 3 décembre 2024 sur le réseau principal de Chromia, aussi appelé mainnet. L’enjeu n’est pas seulement d’ajouter une fonction isolée. Asgard introduit un système d’extensions spécialisées, conçu pour permettre aux développeurs d’ajouter des capacités au réseau sans modifier l’ensemble de l’infrastructure existante. Une première extension concerne les données de marché nécessaires à la DeFi. Une autre, annoncée pour 2025, doit viser l’inférence de modèles d’IA sur la chaîne.
Asgard, une mise à niveau du réseau principal de Chromia
Le réseau principal est la version opérationnelle d’une blockchain, celle sur laquelle les applications peuvent fonctionner dans des conditions réelles. L’activation d’Asgard sur ce réseau signifie donc que Chromia présente cette évolution comme une étape concrète de sa feuille de route, et non comme une simple expérimentation.
La promesse centrale de la mise à niveau tient dans la notion de modularité. Plutôt que de faire reposer tous les usages sur une même couche technique immuable, Chromia met en avant des Chromia Extensions. Ces modules spécialisés doivent donner aux créateurs d’applications décentralisées la possibilité d’intégrer de nouvelles fonctions tout en conservant le cadre du réseau.
Cette approche répond à un problème courant dans les écosystèmes blockchain. Les applications de finance, de jeux ou d’entreprise n’ont pas nécessairement les mêmes besoins : les premières réclament des données fiables et rapides, les secondes peuvent nécessiter de gérer de nombreux actifs numériques, tandis que les outils professionnels s’intéressent davantage à l’organisation de données structurées. Une architecture extensible entend éviter de traiter ces besoins très différents avec une solution identique pour tous.
Les extensions, une manière d’ajouter des briques techniques
Les Chromia Extensions sont présentées comme des composants additionnels. Pour les développeurs, le principe est de pouvoir exploiter une capacité spécifique, par exemple un flux de prix, sans avoir à reconstruire cette fonction à partir de zéro ni à bouleverser l’architecture de l’application déjà déployée.
Cette modularité ne garantit pas, à elle seule, qu’une application sera simple à utiliser ou économiquement viable. Elle peut toutefois raccourcir le travail nécessaire pour intégrer certains services techniques. Dans le cas de la DeFi, c’est particulièrement important : une plateforme de prêt ou d’échange automatisé doit pouvoir s’appuyer sur des informations de marché cohérentes pour calculer la valeur d’un actif, le niveau d’une garantie ou le prix d’une liquidation.
Chromia associe également Asgard à des ambitions au-delà de la finance décentralisée. Le réseau entend prendre en charge des applications dans les jeux vidéo, l’IA et les usages d’entreprise. À ce stade, la mise à niveau pose surtout un cadre technique destiné à recevoir ces fonctionnalités, plutôt qu’elle ne documente des applications précises déjà disponibles dans chacun de ces secteurs.
Oracle Extension : pourquoi les prix en temps réel sont décisifs pour la DeFi
La première extension mise en avant avec Asgard est l’Oracle Extension. Un oracle est un mécanisme qui apporte à une blockchain une donnée provenant de l’extérieur de son propre registre. Une blockchain peut enregistrer les transactions effectuées sur son réseau, mais elle ne connaît pas spontanément le cours d’une cryptomonnaie sur les marchés, le résultat d’un événement sportif ou la météo dans une ville. Un oracle sert précisément de passerelle vers ce type d’information.
Dans le cas de Chromia, l’Oracle Extension doit proposer des flux de prix actualisés une fois par seconde. Cette fréquence annoncée est adaptée aux usages financiers où les écarts de prix peuvent avoir des conséquences immédiates. Elle doit permettre aux développeurs de créer notamment :
- des échanges décentralisés ;
- des marchés à terme ;
- des protocoles de prêt.
Pour comprendre l’importance de cette fonction, prenons le cas d’un prêt garanti par des cryptoactifs. Lorsqu’un utilisateur dépose un actif en garantie pour emprunter un autre actif, le protocole doit savoir si la valeur de la garantie reste suffisante. Si le prix baisse fortement et que la donnée utilisée est trop ancienne ou erronée, le système peut prendre une mauvaise décision. Des prix régulièrement mis à jour sont donc une brique fondamentale de la mécanique DeFi.
Ludvig Öberg, vice-président de l’unité Chromia Platform, estime que l’Oracle Extension doit façonner les futurs développements des activités financières décentralisées sur le réseau. L’ambition est aussi de mieux relier Chromia aux différentes composantes de l’écosystème crypto.
Il convient néanmoins de distinguer vitesse et fiabilité absolue. Une actualisation chaque seconde décrit la cadence de diffusion revendiquée par l’extension. La qualité effective d’un oracle dépend aussi de la provenance de ses données, de la manière dont elles sont agrégées et de la résistance du dispositif aux erreurs ou aux manipulations. Ce sont des paramètres déterminants pour les applications qui choisiront de s’appuyer sur ce service.
Ce qu’Asgard rend disponible, et ce qui reste annoncé
La feuille de route d’Asgard combine une capacité déjà lancée, l’oracle, et une fonctionnalité IA encore attendue. Cette distinction est essentielle pour éviter de confondre une mise à disposition effective et une promesse technique.
| Élément | Statut au 6 décembre 2024 | Fonction annoncée | Usages visés |
|---|---|---|---|
| Mise à niveau Asgard | Officialisée le 3 décembre 2024 | Ajout d’une architecture par extensions | Applications décentralisées plus modulaires |
| Oracle Extension | Lancée avec Asgard | Flux de prix actualisés une fois par seconde | Échanges, marchés à terme, prêts DeFi |
| AI Inference Extension | Prévue au premier trimestre 2025 | Exécution de modèles d’IA sur la blockchain | Traçabilité des entrées et transparence de l’IA |
Asgard : une extension disponible, une autre en préparation
Oracle Extension
- Disponible avec la mise à niveau Asgard officialisée le 3 décembre 2024.
- Fournit des flux de prix annoncés comme actualisés une fois par seconde.
- Vise les échanges décentralisés, les marchés à terme et les protocoles de prêt.
- Répond au besoin de données externes pour les applications DeFi.
AI Inference Extension
- Prévue au premier trimestre 2025, elle n’est pas encore disponible.
- Doit permettre l’exécution de modèles d’IA directement sur la blockchain.
- Vise davantage de transparence sur les entrées et les données d’entraînement.
- Ses performances, modèles compatibles et modalités concrètes restent à préciser.
Une extension d’inférence IA annoncée pour le premier trimestre 2025
L’autre volet d’Asgard concerne l’intelligence artificielle. Chromia prévoit une AI Inference Extension au premier trimestre 2025. Son objectif est de permettre l’exécution de modèles d’IA directement sur la blockchain, en tirant parti de la structure décentralisée du réseau.
Le terme « inférence » mérite une explication. Il ne désigne pas l’entraînement d’un modèle, phase pendant laquelle l’IA analyse d’immenses ensembles de données afin d’ajuster ses paramètres. L’inférence correspond à l’utilisation du modèle une fois entraîné : il reçoit une entrée, par exemple un texte ou des données structurées, puis produit une réponse, une classification ou une prédiction.
Dans sa présentation, Chromia relie cette extension à un objectif de transparence autour des modèles d’IA. Le projet entend améliorer la visibilité sur les données d’entraînement et sur les entrées employées par les modèles. Pour Yeou Jie, responsable du développement commercial, cette orientation doit apporter davantage de transparence au domaine de l’IA et donner à Chromia une place particulière dans l’exécution de modèles sur chaîne.
L’idée est attractive pour des usages où il est important de pouvoir reconstituer les conditions d’une décision automatisée. Une trace inscrite sur une blockchain peut, en principe, fournir un historique difficile à modifier une fois enregistré. Mais cette propriété ne règle pas automatiquement toutes les questions de transparence. Il faut encore savoir quelles informations sont enregistrées, si elles sont accessibles sans compromettre des données sensibles et si les données initiales sont elles-mêmes exactes.
Au 6 décembre 2024, l’extension n’est pas disponible. Il n’est donc pas encore possible d’évaluer son fonctionnement concret, les types de modèles pris en charge, ses performances ou les compromis qu’elle imposera entre coût, rapidité, confidentialité et vérifiabilité. Asgard fixe une direction, mais la réalisation technique de cette promesse reste à observer lors du lancement prévu.
Une blockchain relationnelle, qu’est-ce que cela change ?
Chromia se distingue par une architecture qu’elle décrit comme relationnelle. Yeou Jie souligne même la singularité du réseau comme « seule blockchain relationnelle au monde ». Cette formule exprime le positionnement de Chromia : organiser les données d’une manière plus proche des bases de données relationnelles utilisées par de nombreux logiciels classiques.
Dans une base relationnelle, les informations sont structurées en tables reliées entre elles. On peut, par exemple, associer un utilisateur à ses opérations, ses droits d’accès ou les objets numériques qu’il possède. Ce mode d’organisation peut être plus naturel pour concevoir des applications manipulant beaucoup de données liées les unes aux autres.
La plupart des utilisateurs n’interagissent pas directement avec ce choix d’architecture. Ils le ressentent plutôt à travers l’application finale : vitesse de réponse, clarté des interfaces, facilité à retrouver une information ou coût des opérations. Pour les développeurs, en revanche, le modèle de données peut influencer profondément la façon de concevoir un produit.
Chromia présente donc Asgard comme un moyen de mettre cette architecture au service de fonctionnalités spécialisées. L’oracle pour la DeFi et l’inférence pour l’IA sont deux exemples de cette stratégie : le réseau ne cherche pas seulement à héberger des transactions, mais à proposer des briques prêtes à être intégrées dans des applications plus complexes.
Ce que cette mise à niveau peut changer pour les développeurs et les utilisateurs
Pour les développeurs, l’intérêt d’Asgard réside dans la possibilité d’assembler des composants. Au lieu de concevoir chaque fonction critique séparément, une équipe pourrait utiliser une extension du réseau pour accéder à des prix de marché et, à terme, envisager des mécanismes d’IA exécutés sur chaîne. Cela peut simplifier certains projets, à condition que les extensions répondent effectivement aux contraintes de sécurité, de documentation et de performance des applications.
Pour les utilisateurs, les effets seront plus indirects. Ils ne choisiront pas nécessairement un oracle ou une architecture relationnelle. Ils verront surtout apparaître, ou non, des applications plus fonctionnelles : un service de prêt donnant des informations cohérentes sur ses garanties, un échange décentralisé affichant des prix régulièrement mis à jour, ou un outil IA capable de mieux expliquer la provenance de certaines données.
La promesse d’une meilleure expérience dépendra de l’adoption par les créateurs d’applications. Une mise à niveau de réseau n’entraîne pas automatiquement l’arrivée de nouveaux utilisateurs. Elle crée des conditions techniques susceptibles d’attirer des projets, mais l’écosystème devra encore démontrer que ces projets apportent une utilité claire, une sécurité suffisante et une interface accessible au grand public.
Ce qu’il faut surveiller en 2025
Le premier point à suivre sera le lancement effectif de l’AI Inference Extension au premier trimestre 2025. Il faudra alors examiner ce que signifie concrètement l’exécution d’un modèle d’IA sur Chromia : quels modèles peuvent être utilisés, quelles données sont inscrites sur la chaîne et quelles garanties de transparence sont réellement proposées.
Le deuxième enjeu concerne l’Oracle Extension. La fréquence annoncée d’une mise à jour par seconde est une caractéristique importante, mais les applications DeFi devront aussi pouvoir s’appuyer sur la robustesse des données fournies. L’intégration de l’oracle par des échanges, des marchés à terme ou des protocoles de prêt sera un indicateur plus parlant que la seule annonce technique.
Enfin, Asgard devra faire ses preuves comme plateforme modulaire. Chromia vise une convergence entre blockchain, finance décentralisée et intelligence artificielle, tout en conservant des ambitions dans les jeux et les logiciels d’entreprise. Le lancement du 3 décembre 2024 constitue le point de départ de cette stratégie. Son impact dépendra désormais de la capacité du réseau à transformer ses extensions en applications utiles et compréhensibles pour leurs utilisateurs.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la mise à niveau Asgard de Chromia ?
Asgard est une mise à niveau du réseau principal de Chromia, officialisée le 3 décembre 2024. Elle introduit une architecture d’extensions spécialisées, appelées Chromia Extensions. L’objectif est de permettre aux développeurs d’ajouter des fonctions dédiées, notamment pour la finance décentralisée et, à terme, l’intelligence artificielle.
À quoi sert l’Oracle Extension de Chromia ?
L’Oracle Extension apporte à Chromia des flux de prix provenant de l’extérieur de la blockchain, annoncés comme actualisés une fois par seconde. Ces données sont nécessaires à de nombreuses applications DeFi, notamment les échanges décentralisés, les marchés à terme et les protocoles de prêt, qui doivent connaître la valeur des actifs utilisés.
Quand l’extension IA de Chromia sera-t-elle lancée ?
Chromia prévoit de lancer son AI Inference Extension au premier trimestre 2025. Au 6 décembre 2024, cette extension est donc annoncée mais pas encore disponible. Elle doit permettre l’exécution de modèles d’intelligence artificielle sur la blockchain et viser une meilleure transparence concernant les données et les entrées des modèles.
Quelle différence entre entraîner une IA et faire de l’inférence ?
L’entraînement consiste à apprendre à un modèle d’IA à partir de grandes quantités de données. L’inférence intervient après cette phase : le modèle déjà entraîné reçoit une nouvelle entrée et produit une réponse, une analyse ou une prédiction. L’extension annoncée par Chromia porte sur l’inférence, c’est-à-dire l’utilisation du modèle.
Asgard va-t-il réduire les frais pour les utilisateurs de Chromia ?
Le texte de présentation évoque une réduction potentielle des frais grâce à une structure économique sans gaz. Cela ne signifie pas que les opérations seraient gratuites : le coût peut être géré différemment, par exemple au niveau de l’application. Chromia ne fournit pas, à ce stade, de chiffrage ni de garantie sur les économies réalisables.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Chromia, site officiel du réseau blockchainchromia.com
- Chromia Docs, documentation technique destinée aux développeursdocs.chromia.com



