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Gemini permet désormais de retoucher ses photos et changer leur arrière-plan

Google ajoute à l’application Gemini une fonction de retouche d’images par IA. Les utilisateurs peuvent importer une photo ou partir d’une image générée, puis demander en langage naturel de changer une coiffure, remplacer un objet ou modifier l’arrière-plan. Le déploiement concerne plus de 45 langues.

Une personne retouche un portrait sur smartphone en changeant la coiffure et l’arrière-plan avec une IA.
Illustration : Actu.ai

Retoucher une photo, imaginer un nouveau décor ou essayer une autre coiffure demandait jusqu’ici de maîtriser un logiciel d’édition, de détourer précisément un sujet ou de multiplier les essais. Google veut rendre ces manipulations plus immédiates dans Gemini : il suffit désormais d’importer une image dans l’application et d’exprimer la transformation souhaitée avec ses propres mots.

Annoncée le 1er mai 2025, cette capacité élargit le rôle de Gemini au-delà de la conversation textuelle et de la création d’images. L’application peut travailler aussi bien à partir d’une image générée par intelligence artificielle que d’une photographie téléchargée depuis un smartphone. L’utilisateur conserve ensuite un dialogue avec l’outil pour ajuster progressivement le résultat : un fonctionnement qui rapproche la retouche photo d’une discussion plutôt que d’une succession de réglages techniques.

Google indique que le déploiement commence à l’échelle mondiale, dans plus de 45 langues. La disponibilité peut donc arriver progressivement selon les comptes, les pays et les appareils, comme c’est habituellement le cas pour le lancement de nouvelles fonctions au sein d’une application.

Une retouche photo pilotée par la conversation

Le principe est simple : au lieu de sélectionner un pinceau, de créer un masque ou de déplacer manuellement un élément, l’utilisateur écrit ce qu’il veut obtenir. Gemini interprète cette instruction et propose une version modifiée de l’image. Il devient par exemple possible de demander un nouvel arrière-plan, d’ajouter un élément à une scène ou de remplacer un objet déjà présent.

Cette approche ne se limite pas aux visuels créés dans Gemini. Une photo personnelle prise avec un téléphone peut elle aussi servir de point de départ. Google donne notamment l’exemple d’une personne qui importe son portrait et demande à voir une autre coiffure ou une couleur de cheveux différente. La fonction peut ainsi être utile pour se projeter dans un changement d’apparence, préparer une idée de mise en scène ou simplement créer une image plus ludique.

L’intérêt tient également aux retouches successives. Après une première demande, l’utilisateur peut en formuler une seconde pour corriger un détail, modifier encore le décor ou ajouter un nouvel élément. Il n’est donc pas obligé de décrire son résultat final avec une précision parfaite dès le premier message.

Besoin de retoucheExemple de demande à GeminiCe que permet l’échange conversationnel
Modifier l’apparence« Montre-moi avec une coiffure différente »Tester plusieurs idées à partir d’un même portrait
Changer le décor« Remplace l’arrière-plan par un paysage de montagne »Transformer le contexte visuel sans repartir d’une image vide
Ajouter un élément« Ajoute une plante sur la table »Enrichir une scène à partir d’une description simple
Remplacer un objet« Remplace cet objet par un autre »Adapter une image existante à un nouvel usage ou à une idée créative
Affiner un résultat« Garde le sujet, mais modifie seulement le fond »Corriger l’orientation d’une première proposition par étapes

Comment modifier une image dans l’application Gemini ?

L’usage repose sur une séquence accessible, pensée pour les utilisateurs qui ne connaissent pas les outils de retouche classiques. Google ne demande pas de vocabulaire technique particulier : une phrase rédigée naturellement sert de commande.

  1. Importer ou créer une image. L’utilisateur peut choisir une photo stockée sur son smartphone ou travailler avec une image déjà générée dans Gemini.
  2. Décrire la modification voulue. Il indique ce qu’il souhaite changer, ajouter ou remplacer. Une demande peut concerner une personne, un objet ou l’arrière-plan.
  3. Observer la proposition. Gemini génère une version modifiée de l’image en tenant compte du texte saisi.
  4. Préciser si nécessaire. Une instruction supplémentaire permet d’affiner la demande sans devoir recommencer la création depuis le début.
  5. Enregistrer le résultat. Une fois la version souhaitée obtenue, l’image peut être enregistrée depuis l’application pour être conservée ou partagée.

Dans la pratique, la qualité d’une demande reste importante. Une instruction comme « change le fond » laisse une grande liberté d’interprétation au modèle. À l’inverse, préciser le type de lieu ou l’ambiance recherchée aide Gemini à s’approcher davantage du résultat attendu. L’outil n’exige pas des mots-clés rigides, mais une demande suffisamment explicite limite les allers-retours.

Par exemple, plutôt que de demander vaguement un nouveau décor, un utilisateur peut détailler : « Remplace l’arrière-plan par une pièce lumineuse et conserve la personne au premier plan. » Le principe est le même pour un objet ou une coiffure : indiquer ce qui doit rester inchangé est aussi utile que décrire ce qui doit évoluer.

Retouche classique ou retouche conversationnelle

Éditeur photo traditionnel

  • Manipulations réalisées avec des outils et réglages dédiés.
  • Sélections et détourage souvent effectués manuellement.
  • Apprentissage nécessaire pour maîtriser les fonctions avancées.
  • Le résultat dépend directement des actions techniques de l’utilisateur.

Retouche avec Gemini

  • Modifications demandées en langage naturel dans une conversation.
  • Possibilité de partir d’une photo importée ou d’une image générée.
  • Ajustements successifs possibles à partir du premier résultat.
  • L’IA interprète la demande et propose une nouvelle version de l’image.

Ce que le langage naturel simplifie, et ce qu’il ne remplace pas

La retouche conversationnelle promet de supprimer une part de la technicité des logiciels d’image. Dans un éditeur traditionnel, remplacer un fond implique souvent de détourer le sujet, de gérer les contours, d’ajuster les ombres et de vérifier que l’ensemble reste cohérent. Gemini prend en charge cette interprétation visuelle à partir de la consigne formulée.

Cette simplicité ne signifie pas pour autant que l’intelligence artificielle reproduit automatiquement l’intention exacte de l’utilisateur. Une retouche générée reste une proposition : certains détails peuvent demander plusieurs essais, en particulier lorsqu’une photographie comprend beaucoup d’objets, des textures complexes ou une personne dont l’apparence doit être préservée avec précision.

Il faut aussi distinguer deux usages. Pour une image d’inspiration, un montage personnel ou une publication informelle, une approximation peut être acceptable. Pour une photographie destinée à documenter une situation réelle, à informer le public ou à servir de preuve, modifier un décor ou remplacer un objet change la nature même de l’image. La facilité d’édition rend donc d’autant plus nécessaire de préciser lorsqu’un visuel a été transformé.

SynthID : un filigrane invisible pour identifier les images générées

La multiplication des outils de création et de retouche rend plus difficile la distinction entre une photo prise dans le monde réel et une image générée ou modifiée. Google accompagne cette nouvelle fonction d’un dispositif de marquage numérique appelé SynthID.

Ce filigrane est invisible à l’œil nu. Il est intégré au contenu pour signaler l’intervention d’un outil d’intelligence artificielle et contribuer à la traçabilité des images concernées. Google indique que les images générées avec l’IA intègrent ce marquage SynthID. L’objectif est d’apporter un indice technique sur l’origine du visuel, sans modifier son apparence pour l’utilisateur.

L’entreprise prévoit également l’arrivée prochaine d’un filigrane visible sur les images générées par Gemini. Cette mention doit offrir un signal plus immédiat aux personnes qui voient l’image, sans leur demander de disposer d’un outil de détection particulier.

Le filigrane ne constitue toutefois pas une solution unique à tous les risques de manipulation. Un marquage invisible peut aider à identifier certains contenus issus d’une IA, mais il ne transforme pas automatiquement une image en information fiable. À l’inverse, l’absence d’un filigrane ne suffit pas à prouver qu’une photo est authentique. La vigilance reste nécessaire, notamment face aux visuels susceptibles de tromper sur l’identité d’une personne, un événement ou une situation.

Quels usages pour les photos importées ?

Pour le grand public, les possibilités les plus directes concernent la créativité quotidienne. Une personne peut vouloir visualiser une coupe de cheveux, préparer une illustration pour une invitation, modifier le décor d’un portrait ou ajouter un objet à une composition. La possibilité de passer d’une demande à l’autre facilite l’exploration : on peut commencer par changer le fond, puis demander une nouvelle variante, sans reconstruire toute la scène.

Ces usages appellent néanmoins quelques précautions élémentaires. Avant de télécharger une photo, il convient de se demander si l’on dispose des droits nécessaires pour la modifier et la diffuser, surtout si des personnes identifiables y figurent. Retoucher l’image d’autrui, puis la présenter comme une photographie fidèle, peut créer un malentendu ou porter atteinte à son image.

La prudence est particulièrement importante dans les contextes sensibles : portrait d’un mineur, image professionnelle, document d’actualité, photographie de santé ou contenu susceptible d’être confondu avec une preuve. Dans ces cas, la simplicité technique de l’outil ne doit pas faire oublier les responsabilités liées à la publication d’une image transformée.

Une étape supplémentaire dans l’évolution de Gemini

Au cours de l’année écoulée, Google a enrichi l’application Gemini avec différentes capacités, dont des modes vocaux et des outils de génération d’images. L’arrivée de la retouche par instruction textuelle s’inscrit dans cette logique : réunir au même endroit la recherche d’idées, la conversation avec l’assistant, la création visuelle et désormais l’édition d’images existantes.

Ce choix répond à une évolution plus large des usages numériques. Les utilisateurs ne cherchent pas seulement à produire des textes ou des illustrations à partir de zéro. Ils veulent aussi adapter des contenus qu’ils possèdent déjà, rapidement, depuis un mobile et sans apprendre les bases d’un logiciel de création. Gemini se positionne ainsi comme une interface généraliste où le texte sert de commande pour agir sur différents formats.

L’enjeu pour Google est autant pratique que créatif. Une fonction de retouche intégrée à une application conversationnelle peut séduire les personnes qui trouvaient les éditeurs d’images trop complexes. Elle doit aussi convaincre par la cohérence des résultats, par le respect des demandes formulées et par des garanties compréhensibles sur l’origine des images produites.

Ce qu’il faut surveiller avec ce déploiement

La première question sera celle de la disponibilité effective. Google annonce un lancement dans plus de 45 langues, mais les nouveaux outils peuvent apparaître progressivement. Les utilisateurs devront donc vérifier si l’option est déjà proposée dans leur version de Gemini.

La deuxième concerne la qualité des modifications. Les démonstrations de changement de coiffure, d’objet ou de décor montrent le potentiel de l’édition conversationnelle, mais les résultats dépendront de la photographie initiale et de la précision de la demande. La possibilité de poursuivre la conversation constitue ici un avantage : elle permet de corriger une interprétation imparfaite plutôt que d’accepter le premier rendu.

Enfin, le déploiement de SynthID et l’annonce d’un marquage visible soulignent que la question de la confiance accompagnera nécessairement celle de la créativité. À mesure que changer l’arrière-plan d’une photo ou y ajouter un élément devient aussi simple qu’écrire une phrase, l’étiquetage des images générées et la transparence sur leurs modifications prendront une place grandissante dans les usages quotidiens.

Questions fréquentes

Comment retoucher une photo avec Gemini ?

Dans l’application Gemini, importez une image depuis votre smartphone ou partez d’un visuel généré par l’outil. Rédigez ensuite une demande décrivant la modification souhaitée, par exemple un changement d’arrière-plan, d’objet ou de coiffure. Vous pouvez poursuivre la conversation avec de nouvelles instructions pour affiner le résultat avant de l’enregistrer.

Peut-on changer l’arrière-plan d’une photo dans Gemini ?

Oui. Google permet de demander à Gemini de modifier l’arrière-plan d’une photo importée, directement par une instruction textuelle. Il est préférable d’indiquer clairement le décor souhaité et les éléments à conserver au premier plan. Si le premier résultat ne convient pas, une seconde demande peut servir à ajuster la proposition.

Gemini peut-il modifier une vraie photo ou seulement créer des images par IA ?

La fonction concerne les deux cas. Gemini peut modifier une image générée dans l’application, mais aussi une photo téléchargée depuis un smartphone. Google cite notamment l’exemple d’un portrait dont l’utilisateur souhaite changer la coiffure ou la couleur de cheveux, puis compléter la modification avec d’autres demandes textuelles.

Les images retouchées par Gemini sont-elles marquées comme générées par IA ?

Google utilise SynthID, un filigrane numérique invisible, pour les images générées par intelligence artificielle. Ce marquage vise à faciliter l’identification de contenus créés avec l’IA sans altérer visuellement le rendu. Google annonce aussi l’ajout prochain d’un filigrane visible sur les images générées dans Gemini.

Dans quelles langues la retouche d’images de Gemini est-elle disponible ?

Google annonce le début d’un déploiement mondial de cette capacité dans plus de 45 langues. Comme pour d’autres nouvelles fonctions d’application, l’accès peut être progressif selon le pays, l’appareil et le compte utilisé. Si l’option n’apparaît pas encore, il peut être nécessaire d’attendre sa disponibilité dans l’application.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Google Blog, annonce de la création et de l’édition d’images dans Geminiblog.google
  2. Google DeepMind, présentation de la technologie SynthIDdeepmind.google/technologies/synthid