Robotique et matériel

Google et Adani lancent un hub d’IA de 15 milliards de dollars en Inde

Google et le groupe de Gautam Adani annoncent un projet de centre de données consacré à l’intelligence artificielle en Andhra Pradesh. Chiffré à 15 milliards de dollars sur cinq ans, il doit associer capacité de calcul, connexions sous-marines et électricité renouvelable pour accompagner la croissance numérique de l’Inde.

Chantier d’un grand centre de données d’IA relié à des infrastructures énergétiques et sous-marines en Inde
Illustration : Actu.ai

Le développement de l’intelligence artificielle ne se joue pas seulement dans les modèles et les applications. Il repose aussi sur des bâtiments remplis de serveurs, des réseaux capables de transporter d’immenses volumes de données et une alimentation électrique fiable. C’est sur cette couche matérielle que Google et le groupe de Gautam Adani entendent investir en Inde, avec un projet de centre de données consacré à l’IA chiffré à 15 milliards de dollars.

Annoncé le 15 octobre 2025, le programme doit prendre place dans l’État d’Andhra Pradesh, au sud-est de l’Inde. Son ambition est d’installer une infrastructure de grande ampleur qui associe puissance de calcul, connectivité internationale et production d’énergie renouvelable. Google y voit un moyen de consolider les fondations techniques nécessaires au déploiement de l’IA auprès des entreprises, des chercheurs et des créateurs. Pour Adani, déjà présent dans les infrastructures, l’opération s’inscrit dans la montée en puissance du marché indien des données.

Un investissement de 15 milliards de dollars sur cinq ans

Le partenariat réunit Google et le groupe Adani autour d’un programme annoncé à 15 milliards de dollars, avec une réalisation envisagée sur les cinq prochaines années. À cette échelle, il ne s’agit pas d’un simple site informatique destiné à héberger quelques services en ligne. Le projet est présenté comme un hub d’infrastructure numérique conçu pour répondre aux besoins croissants liés aux charges de travail d’intelligence artificielle.

Le véhicule industriel au cœur du dispositif est AdaniConneX, une coentreprise qui combine les moyens du groupe Adani et l’expertise d’EdgeConneX, opérateur spécialisé dans les infrastructures de données. Les centres de données sont leur métier : ils accueillent des serveurs, des équipements réseau et les systèmes de refroidissement qui permettent aux services numériques de fonctionner en continu.

Dans le cas de l’IA, cette infrastructure devient particulièrement stratégique. Entraîner ou utiliser des modèles génératifs requiert de très grandes quantités de calcul. Les processeurs spécialisés, les serveurs, les réseaux internes et les systèmes de stockage doivent fonctionner de concert, sans interruption. Plus les modèles et le nombre d’utilisateurs augmentent, plus la demande en capacité de calcul progresse.

Le montant annoncé donne une idée de l’ampleur visée, mais il ne détaille pas la ventilation entre la construction, les équipements informatiques, la connectivité ou l’énergie. La puissance du site, le nombre de bâtiments prévus et les étapes précises de construction n’ont pas non plus été communiqués.

Ce que le futur hub doit réunir

Le projet annoncé ne se limite pas à l’hébergement de serveurs. Il prévoit plusieurs briques qui répondent chacune à un besoin concret : faire circuler les données, fournir l’électricité nécessaire et rendre l’ensemble compatible avec l’augmentation des usages de l’IA.

Volet du projetCe qui est annoncéUtilité pour un centre de données d’IA
Centres de donnéesUne infrastructure de grande ampleur en Andhra PradeshHéberger les serveurs, les équipements de stockage et les réseaux nécessaires aux usages numériques
ConnectivitéUn réseau de câbles sous-marinsAcheminer les données vers les réseaux internationaux et améliorer les capacités de connexion
ÉnergieDes installations d’énergie renouvelableAlimenter une infrastructure dont les besoins électriques sont élevés
Réseau électriqueStockage d’énergie et nouvelles lignes de transmissionRenforcer l’acheminement et la disponibilité de l’électricité pour le site
ÉcosystèmeUne collaboration envisagée avec Bharti AirtelArticuler l’infrastructure avec les réseaux de télécommunications et les usages numériques

Les câbles sous-marins constituent un point important. Contrairement à l’image d’un cloud totalement immatériel, une grande partie des échanges de données entre continents emprunte des câbles posés au fond des mers. Pour un hub tourné vers les services en ligne et l’IA, disposer d’une connectivité robuste compte autant que la présence des serveurs eux-mêmes. Cela contribue à réduire les goulets d’étranglement et à relier l’infrastructure aux réseaux mondiaux.

L’énergie est l’autre pilier du programme. Les installations envisagées doivent s’appuyer sur des sources renouvelables, complétées par des solutions de stockage et de nouvelles lignes de transmission. C’est un enjeu central pour les centres de données, dont la consommation augmente avec la multiplication des serveurs et la densité de calcul associée à l’IA.

Pourquoi l’énergie devient le nerf de la guerre de l’IA

Un centre de données doit être alimenté en permanence. Il doit aussi évacuer la chaleur produite par les équipements, préserver une alimentation stable et gérer les pics de demande. Les charges de travail d’intelligence artificielle peuvent être particulièrement intensives, car elles mobilisent un grand nombre de processeurs simultanément, notamment lors de l’entraînement des modèles.

L’annonce d’installations renouvelables ne signifie pas seulement une volonté de réduire l’empreinte environnementale du projet. Elle répond aussi à une contrainte opérationnelle : sécuriser l’accès à l’électricité dans un contexte où les besoins des infrastructures numériques deviennent considérables. Le stockage et les lignes de transmission prévus ont vocation à compléter ce dispositif.

La contribution environnementale réelle d’un centre de données dépend toutefois de plusieurs facteurs : la disponibilité de l’électricité renouvelable, l’équilibre du réseau électrique, l’efficacité des équipements, le refroidissement et la croissance effective des capacités installées. L’annonce fixe une direction, mais les données permettant d’évaluer concrètement la consommation, les émissions ou l’efficacité énergétique du site ne sont pas encore disponibles.

Le rôle de Google Cloud et d’AdaniConneX

Thomas Kurian, directeur général de Google Cloud, a présenté cette installation comme un moyen de renforcer les fondations nécessaires au développement et à l’extension de solutions intelligentes. L’objectif affiché est de donner aux entreprises, aux chercheurs et aux créateurs les ressources techniques pour bâtir ou déployer des services fondés sur l’IA.

Cette orientation reflète une évolution plus large du cloud. Longtemps, les entreprises ont surtout utilisé ces infrastructures pour stocker des données, héberger des sites ou exécuter des logiciels à distance. Avec l’IA générative, elles demandent désormais des capacités de calcul plus spécialisées, capables de traiter des volumes considérables de données et d’exécuter des modèles complexes avec une latence limitée.

AdaniConneX apporte, de son côté, la dimension d’infrastructure locale. Une telle combinaison entre un fournisseur technologique mondial, un opérateur de centres de données et un groupe présent dans les infrastructures et l’énergie cherche à répondre à toutes les dépendances physiques d’un projet de cette nature.

Bharti Airtel, groupe de télécommunications dirigé par Sunil Mittal, est également cité parmi les acteurs avec lesquels Google envisage de favoriser la collaboration. Les réseaux télécoms sont essentiels pour que les services hébergés dans les centres de données puissent atteindre les utilisateurs, les entreprises et les appareils connectés. L’annonce ne précise pas la forme exacte ni l’ampleur de cette coopération.

Projet annoncé : les acquis et les informations encore attendues

Ce qui est déjà annoncé

  • Un programme chiffré à 15 milliards de dollars sur cinq ans.
  • Une implantation dans l’État d’Andhra Pradesh, au sud-est de l’Inde.
  • Une infrastructure orientée vers les besoins de calcul de l’intelligence artificielle.
  • Des câbles sous-marins, des renouvelables, du stockage et des lignes de transmission.
  • L’implication de Google, d’AdaniConneX et une collaboration envisagée avec Bharti Airtel.

Ce qui reste à préciser

  • Le calendrier détaillé de construction et de mise en service.
  • La puissance informatique et la taille finale du complexe.
  • La répartition précise des 15 milliards de dollars entre les partenaires.
  • Les modalités opérationnelles de l’approvisionnement en énergie renouvelable.
  • Les services, tarifs et capacités qui seront effectivement accessibles aux utilisateurs.

L’Inde, un marché décisif pour les infrastructures numériques

L’Inde apparaît comme l’un des marchés les plus prometteurs pour les centres de données. La croissance des services en ligne, des réseaux mobiles, du cloud et des applications d’IA accroît les besoins de traitement et de stockage sur le territoire. Pour les grands groupes technologiques, développer des capacités locales peut améliorer la disponibilité des services et rapprocher les ressources informatiques des usages.

La concurrence ne se joue pas uniquement entre fournisseurs de logiciels ou créateurs de modèles. Elle concerne aussi l’accès aux terrains, à l’électricité, aux réseaux télécoms, aux câbles internationaux et aux équipements informatiques. Les centres de données deviennent ainsi des infrastructures stratégiques, au même titre que les réseaux de communication ou les capacités de production d’énergie.

Le groupe Adani n’est pas seul à s’intéresser à cette dynamique. La publication d’origine relève également les investissements de Reliance Jio, sous l’égide de Mukesh Ambani, dans l’IA et les infrastructures de données. Cette concurrence entre grands acteurs indiens et partenaires technologiques internationaux pourrait accélérer la constitution d’un écosystème local plus dense.

Pour les entreprises indiennes, l’enjeu est de disposer de capacités suffisantes pour développer des applications destinées au marché national ou international. Pour les chercheurs et les créateurs, des infrastructures plus solides peuvent faciliter l’accès à des outils de calcul et de déploiement. Leur accessibilité effective, leurs tarifs et les services proposés dépendront toutefois des choix commerciaux qui seront faits ultérieurement.

Ce que ce projet peut changer, et ce qu’il ne garantit pas encore

Un investissement de cette taille peut avoir des effets au-delà du seul secteur technologique. La construction et l’exploitation de centres de données mobilisent des compétences dans le bâtiment, l’électricité, le refroidissement, les télécommunications, la maintenance et l’exploitation informatique. L’installation d’un hub peut aussi attirer des fournisseurs et des entreprises qui souhaitent se rapprocher de grandes capacités de calcul.

Le projet est également présenté comme un levier pour l’innovation. Une infrastructure plus développée peut soutenir l’émergence d’applications d’IA dans des secteurs variés, à condition que les organisations disposent des compétences, des données et des cas d’usage nécessaires. Un centre de données ne transforme donc pas automatiquement une économie : il crée des capacités, dont les effets dépendent des usages et des investissements qui les accompagnent.

Il faut aussi distinguer l’annonce de l’exécution. À la date du 15 octobre 2025, les partenaires ont communiqué une ambition financière, une implantation en Andhra Pradesh, une orientation vers l’IA et des composantes énergétiques et réseau. En revanche, le calendrier détaillé, la capacité finale, les modalités de construction et les indicateurs environnementaux restent à préciser.

Ce qu’il faut surveiller

La première information attendue sera le passage de l’annonce aux chantiers. La publication d’un calendrier, de la capacité de calcul ou des premières mises en service permettra de mesurer la vitesse de concrétisation du programme. Les détails sur l’intégration des câbles sous-marins, du stockage et des nouvelles lignes de transmission éclaireront aussi la cohérence de l’ensemble.

Le second point concerne l’énergie. L’engagement en faveur des renouvelables est structurant, mais son application devra être évaluée au regard de la consommation réelle des installations et de la manière dont l’électricité sera acheminée. Les centres de données dédiés à l’IA font de la disponibilité énergétique un sujet industriel autant qu’environnemental.

Enfin, il faudra suivre les usages qui émergeront autour de ce hub. Google Cloud vise les entreprises, les chercheurs et les créateurs, tandis que la présence d’acteurs des télécommunications peut renforcer la diffusion des services. Si les capacités annoncées se matérialisent, ce projet pourrait compter parmi les infrastructures qui redessinent la place de l’Inde dans la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle.

Questions fréquentes

Quel est le montant du projet entre Google et Adani en Inde ?

Le programme annoncé est chiffré à 15 milliards de dollars. Les partenaires indiquent un déploiement sur cinq ans. Ce montant concerne l’ensemble du projet de hub de données et d’IA en Andhra Pradesh, mais la répartition précise entre construction, équipements informatiques, énergie et connectivité n’a pas été communiquée.

Où sera construit le centre de données de Google et Adani ?

Le projet doit être implanté dans l’État d’Andhra Pradesh, situé au sud-est de l’Inde. L’annonce ne fournit pas de localisation plus précise du futur complexe. Le choix de cet État s’inscrit dans l’objectif de développer une infrastructure numérique connectée aux réseaux de données et aux capacités énergétiques nécessaires.

Qu’est-ce qu’AdaniConneX ?

AdaniConneX est la coentreprise associée au projet de centre de données. Elle combine les ressources du groupe Adani et l’expertise d’EdgeConneX, un opérateur spécialisé dans les infrastructures de données. Son rôle est d’apporter les capacités d’exploitation et de construction nécessaires à une infrastructure informatique de grande ampleur.

Comment le projet doit-il être alimenté en énergie ?

Le hub annoncé doit s’appuyer sur des installations d’énergie renouvelable. Le programme prévoit aussi des innovations dans le stockage d’énergie et de nouvelles lignes de transmission électrique. Ces éléments sont importants pour alimenter de façon fiable des serveurs dédiés à l’IA, dont les besoins de calcul peuvent être très élevés.

Quand le méga-centre de données sera-t-il opérationnel ?

Aucune date précise de début des travaux ou de mise en service n’a été annoncée. Les partenaires ont évoqué un engagement sur les cinq prochaines années, sans publier de calendrier par phase. Il faudra donc attendre des informations complémentaires pour connaître le rythme de construction et l’arrivée des premières capacités.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Google Blog, annonces de l’entrepriseblog.google
  2. Google Cloud, présentation des infrastructures cloud et IAcloud.google.com
  3. AdaniConneX, opérateur de centres de donnéeswww.adaniconnex.com
  4. Reuters, rubrique technologiewww.reuters.com/technology