Design 2025 : les quatre tendances d’Adobe, du fantastique à l’immersion
Pour 2025, Adobe identifie quatre grandes directions créatives : l’évasion fantastique, l’humour, le rétrofuturisme et les expériences immersives. Élaboré avec Havas Play, son rapport décrit un design où l’intelligence artificielle élargit les possibilités visuelles, sans effacer le besoin de récits et d’émotions.

À l’approche de 2025, le design ne se résume plus à choisir une palette, une typographie ou un format de publication. Les marques cherchent à construire des univers capables de surprendre, de divertir et de retenir l’attention dans des espaces numériques saturés. C’est dans ce contexte qu’Adobe présente ses tendances créatives pour l’année à venir, avec une idée centrale : l’évasion se joue désormais à la frontière du réel et du surréel.
Élaboré avec l’agence Havas Play, le rapport ne prétend pas imposer une formule esthétique unique. Il met plutôt en évidence des signaux jugés durables face aux effets de mode passagers. Quatre orientations s’en dégagent : « Rencontre avec le fantastique », « Rire et légèreté », « Distorsion temporelle » et « Immersion captivante ». Elles ont en commun de privilégier l’émotion, la narration et la participation du public.
Quelles sont les quatre tendances créatives relevées par Adobe ?
Les quatre tendances décrivent des manières différentes de capter l’imaginaire. Certaines transforment le quotidien par des images improbables mais crédibles. D’autres misent sur la nostalgie, le rire ou la possibilité d’entrer physiquement et numériquement dans un décor de marque.
| Tendance identifiée par Adobe | Idée directrice | Manifestations citées dans le rapport |
|---|---|---|
| Rencontre avec le fantastique | Faire basculer le réel vers l’imaginaire | Hyperréalisme, visions oniriques, expérimentation avec l’IA générative |
| Rire et légèreté | Employer l’humour pour créer du lien | Campagnes mémorables, ton plus humain et décontracté |
| Distorsion temporelle | Imaginer l’avenir à partir des visions passées | Rétrofuturisme inspiré de la science-fiction des années 1960 et 1970 |
| Immersion captivante | Transporter le public dans un univers cohérent | Réalité virtuelle, espaces thématiques et « world building » |
Cette grille de lecture est particulièrement utile pour comprendre le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les métiers créatifs. L’IA générative ne constitue pas une tendance esthétique à elle seule. Elle agit plutôt comme un outil qui peut accélérer l’exploration visuelle, aider à tester des pistes ou donner forme à des idées très difficiles à produire par les techniques habituelles.
« Rencontre avec le fantastique » : quand l’impossible paraît réel
Premier axe du rapport, « Rencontre avec le fantastique » s’appuie sur le brouillage volontaire des frontières entre le réel et l’imaginaire. Dans cette approche, un décor très ordinaire peut accueillir un élément absurde, gigantesque ou irréel. L’effet recherché repose sur le contraste : le visuel semble suffisamment crédible pour provoquer la surprise, tout en ouvrant une porte vers le rêve.
Adobe relie directement ce mouvement à l’essor de l’IA générative. Ces outils permettent aux designers d’explorer des territoires visuels qui étaient auparavant plus difficiles d’accès, notamment lorsqu’il fallait combiner une grande précision réaliste et une idée très éloignée du monde quotidien. À partir d’instructions textuelles, de références ou d’images, ils peuvent générer des propositions qui servent de base à une recherche créative.
L’enjeu n’est pas seulement de produire une image spectaculaire. Pour être convaincant, le fantastique doit conserver une logique visuelle. La lumière, les matières, les proportions ou la mise en scène doivent contribuer à rendre l’univers crédible. C’est cette tension entre l’hyperréalisme et la vision onirique qui donne sa force à la tendance.
L’IA élargit donc la phase d’expérimentation. Elle ne remplace pas pour autant les décisions qui donnent une cohérence à un projet : comprendre le public, choisir le bon registre, organiser une narration et déterminer ce que l’image doit faire ressentir. La technologie rend l’extraordinaire plus facile à visualiser, mais l’intention reste au cœur du travail créatif.
Pourquoi l’humour devient-il un outil de communication ?
La deuxième tendance, « Rire et légèreté », repose sur une idée simple : l’humour peut rendre une communication plus proche, plus mémorable et plus engageante. Dans un environnement où les messages promotionnels se succèdent, une situation décalée ou une formule inattendue peut créer une connivence immédiate avec le public.
Adobe souligne que faire rire favorise les connexions humaines. Pour les marques, l’intérêt est double : adopter un ton moins distant et susciter davantage de réactions autour d’un contenu. Cette légèreté ne se limite pas aux sujets superficiels. Le rapport cite une campagne de McDonald’s ayant transformé ses boîtes de Happy Meal afin de sensibiliser à la santé mentale. L’exemple illustre la possibilité d’utiliser des codes accessibles et familiers pour introduire une conversation plus sérieuse.
L’humour reste toutefois une matière délicate. Il fonctionne lorsqu’il correspond à l’identité de la marque et au contexte de diffusion. Une plaisanterie qui simplifie à l’excès un sujet sensible, ou qui ne repose sur aucune idée claire, peut produire l’effet inverse de celui recherché. Pour les créatifs, la tendance invite moins à multiplier les blagues qu’à travailler un ton identifiable, chaleureux et pertinent.
Cette recherche de légèreté répond aussi à un besoin de respiration. Après plusieurs années marquées par une forte accélération des contenus numériques, les publics peuvent être sensibles à des campagnes qui assument le jeu, l’imperfection ou l’autodérision. L’humour devient alors une façon de faire exister une marque comme interlocutrice, et non comme simple émettrice de messages.
Le rétrofuturisme, une nostalgie tournée vers l’avenir
Avec « Distorsion temporelle », Adobe met en avant le retour du rétrofuturisme. Cette esthétique consiste à imaginer le futur en reprenant les codes par lesquels les générations précédentes se le représentaient. Elle puise notamment dans les visions de la science-fiction des années 1960 et 1970 : objets futuristes, décors spatiaux, interfaces imaginaires et promesses technologiques d’un autre temps.
Le rétrofuturisme ne cherche pas nécessairement à reconstituer une époque avec exactitude. Il mélange plutôt des références anciennes et des sensibilités contemporaines. C’est un passé recontextualisé, qui permet de regarder l’avenir avec une certaine distance. Les objets ou décors semblent familiers, mais leur association crée une impression d’étrangeté.
Selon Adobe, ce mouvement séduit particulièrement la génération Z, malgré le fait qu’elle n’a pas connu directement ces périodes. Ce décalage est précisément l’un de ses ressorts : la nostalgie ne porte pas uniquement sur un souvenir personnel, elle peut aussi s’attacher à un imaginaire culturel transmis par les films, les jeux, la musique, les images d’archives ou les plateformes sociales.
L’intérêt du public est visible sur TikTok, où le hashtag #retrofuturism totalise plus de 35,5 millions de publications au moment de la publication du rapport. Ce volume ne signifie pas que toutes les créations utilisent les mêmes références, mais il confirme la présence forte de ce vocabulaire visuel sur la plateforme.
L’immersion, du message publicitaire à l’univers à explorer
Dernière direction, « Immersion captivante » s’intéresse aux expériences capables de faire entrer le public dans un monde fictif. Le terme anglais « world building », employé dans le rapport, désigne la construction d’un univers doté de ses propres décors, codes, personnages et parfois de ses propres règles. Il ne s’agit plus seulement de montrer une campagne, mais de proposer au public de la vivre.
Cette immersion peut passer par des outils numériques, comme la réalité virtuelle, mais aussi par des espaces physiques thématiques ou des événements. Le point commun est la continuité de l’expérience : chaque élément doit renforcer l’impression d’être transporté ailleurs. Une activation isolée peut attirer l’attention, mais un univers cohérent donne davantage de profondeur à la relation entre une marque et son audience.
Adobe cite le lancement du film Barbie comme illustration de cette approche. Face au succès mondial du long-métrage, Mattel a conçu des événements immersifs. L’exemple montre comment une œuvre culturelle peut dépasser son support d’origine et se prolonger dans des expériences partagées, où le public devient participant.
Pour les équipes de création et de communication, cette tendance implique de penser au-delà d’un visuel unique. Une même histoire peut prendre forme dans un lieu, un dispositif interactif, une expérience virtuelle ou une série de contenus. La cohérence devient essentielle : le public doit reconnaître le même univers, même lorsqu’il passe d’un format à l’autre.
Comment utiliser ces tendances sans suivre aveuglément la mode ?
Le rapport d’Adobe peut servir de repère, mais une tendance n’est utile que si elle répond à un objectif précis. Une entreprise ou un créatif n’a pas besoin de cocher les quatre cases. Un univers surréaliste ne convient pas à tous les projets, de la même manière qu’une expérience immersive n’est pas toujours nécessaire pour raconter une histoire simplement.
Avant d’adopter l’un de ces axes, plusieurs questions permettent de vérifier sa pertinence :
- Le public visé reconnaîtra-t-il les références employées ?
- L’humour ou le fantastique servent-ils le message, ou détournent-ils l’attention ?
- L’univers imaginé peut-il être décliné de manière cohérente sur différents formats ?
- Les outils d’IA générative apportent-ils une vraie possibilité créative, plutôt qu’un effet visuel sans lien avec le projet ?
L’intérêt de ces tendances tient aussi à leur combinaison. Le rétrofuturisme peut nourrir un monde immersif. L’humour peut rendre un imaginaire fantastique plus accessible. L’IA générative peut aider à visualiser les premières versions d’un décor ou d’un personnage. Mais l’accumulation d’effets n’est pas une stratégie en soi : la clarté du récit demeure le fil conducteur.
Ce qu’il faut surveiller en 2025
Les tendances relevées par Adobe dessinent un design plus expérientiel, où l’image est appelée à devenir une porte d’entrée vers un récit. En 2025, il faudra notamment observer la manière dont les créatifs utilisent l’IA générative pour dépasser l’effet de nouveauté et produire des univers véritablement singuliers.
La place de l’humour sera également à suivre. Les campagnes les plus efficaces ne seront pas forcément les plus bruyantes, mais celles qui trouveront un ton juste, compatible avec leur sujet et avec les attentes de leur public. Enfin, l’essor des expériences immersives posera une question concrète : jusqu’où les marques peuvent-elles étendre leurs univers sans perdre en lisibilité ?
Le rapport d’Adobe apporte une réponse prudente : dans un paysage visuel toujours plus dense, l’évasion reste un puissant moteur créatif. Qu’elle emprunte la voie du rêve, du rire, de la nostalgie ou de l’immersion, elle doit surtout donner au public une raison de s’arrêter, de ressentir et de participer.
Questions fréquentes
Quelles sont les tendances créatives Adobe pour 2025 ?
Adobe identifie quatre grandes tendances : « Rencontre avec le fantastique », centrée sur l’évasion visuelle et l’IA générative, « Rire et légèreté », « Distorsion temporelle », associée au rétrofuturisme, et « Immersion captivante », fondée sur la création d’univers à explorer. Le rapport a été élaboré avec l’agence Havas Play.
Comment l’IA générative influence-t-elle le design selon Adobe ?
Selon Adobe, l’IA générative aide les designers à explorer des territoires visuels auparavant difficiles à atteindre. Elle facilite la création de scénarios mêlant hyperréalisme et visions oniriques, ainsi que l’expérimentation de nombreuses pistes. Elle reste un outil de création : l’intention, le récit et les choix visuels du designer demeurent déterminants.
Qu’est-ce que le rétrofuturisme dans le design ?
Le rétrofuturisme revisite les visions du futur imaginées dans le passé, notamment dans la science-fiction des années 1960 et 1970. Il associe des références anciennes à des usages contemporains pour produire une esthétique à la fois nostalgique et tournée vers l’avenir. Adobe souligne son succès sur TikTok, où #retrofuturism dépasse 35,5 millions de publications.
Pourquoi les marques utilisent-elles l’humour dans leurs campagnes ?
L’humour peut rendre une marque plus humaine, créer un sentiment de proximité et favoriser l’engagement autour d’un message. Adobe le présente comme un levier de communication mémorable, y compris pour aborder des sujets sérieux. Son efficacité dépend toutefois du contexte, du public et de la cohérence entre le ton employé et l’identité de la marque.
Que signifie « world building » dans le marketing ?
Le « world building » consiste à construire un univers cohérent autour d’une marque, d’un produit ou d’une œuvre. Cet univers peut se déployer dans des contenus numériques, des expériences de réalité virtuelle ou des lieux physiques. L’objectif est de faire participer le public à une histoire, plutôt que de lui exposer uniquement un message publicitaire.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Adobe Blog France, « Nouvelles tendances créatives 2025 selon Adobe »blog.adobe.com/fr/publish/2024/12/03/nouvelles-tendances-creatives-2025-selon-adobe-un-desir-devasion-entre-realite-et-surrealisme



