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Changement climatique : causes, impacts et ce que l’intelligence artificielle peut changer

Le changement climatique résulte principalement des activités humaines et transforme déjà les conditions de vie, les écosystèmes et les villes. Face aux événements extrêmes et à la montée des risques, l’intelligence artificielle peut améliorer les prévisions et la gestion des ressources, sans se substituer aux indispensables réductions d’émissions.

Des scientifiques analysent des données climatiques reliant ville, littoral, forêt et écosystèmes aquatiques.
Illustration : Actu.ai

Le changement climatique n’est pas un phénomène lointain ou abstrait : il modifie les températures, le cycle de l’eau, le niveau des mers et les conditions de vie de nombreuses populations. Comprendre ses mécanismes permet surtout de distinguer deux exigences complémentaires : limiter l’ampleur du réchauffement en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, puis adapter les territoires aux effets qui se manifestent déjà.

En février 2025, le diagnostic scientifique est clair. Le climat de la planète se réchauffe sous l’effet principal des activités humaines. Les sécheresses, vagues de chaleur, pluies intenses et inondations ne racontent pas toutes la même histoire, mais elles s’inscrivent dans une évolution qui accroît les risques. La France n’est pas à l’écart de cette dynamique, pas plus que les villes, les littoraux, l’agriculture ou les écosystèmes.

Le changement climatique, de quoi parle-t-on exactement ?

Il faut d’abord distinguer la météo du climat. La météo décrit l’état de l’atmosphère à court terme, par exemple une pluie intense ou une journée très chaude. Le climat correspond aux caractéristiques moyennes et à la variabilité observées sur une longue période, généralement plusieurs décennies. Un épisode isolé ne suffit donc pas à résumer le changement climatique. En revanche, l’évolution durable des températures, des précipitations et de la fréquence ou de l’intensité de certains extrêmes permet d’en mesurer la trajectoire.

Le mécanisme central est l’effet de serre. Naturellement, certains gaz de l’atmosphère retiennent une partie de la chaleur renvoyée par la Terre après avoir reçu l’énergie du Soleil. Sans cet effet naturel, la planète serait bien plus froide. Le problème survient lorsque les activités humaines augmentent rapidement la concentration de ces gaz, notamment le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. L’équilibre énergétique de la planète est alors perturbé.

La combustion du charbon, du pétrole et du gaz est au premier rang des causes. La déforestation aggrave le phénomène à double titre : elle peut libérer du carbone stocké dans les arbres et les sols, tout en réduisant la capacité des écosystèmes à absorber du dioxyde de carbone. Certaines pratiques agricoles et industrielles contribuent elles aussi aux émissions.

Activité ou phénomèneEffet sur le climatExemple de conséquence possible
Combustion des énergies fossilesAugmente les émissions de dioxyde de carboneHausse durable de la température moyenne mondiale
DéforestationLibère du carbone et réduit l’absorption de CO2Fragilisation des écosystèmes et du cycle de l’eau
Agriculture intensivePeut émettre du méthane et du protoxyde d’azotePression supplémentaire sur l’effet de serre
Artificialisation des sols en villeLimite l’infiltration de l’eau et renforce la chaleur localeInondations urbaines et îlots de chaleur

Pourquoi les émissions restent-elles le nœud du problème ?

Les travaux du GIEC établissent que l’influence humaine sur le réchauffement de l’atmosphère, des océans et des terres est sans équivoque. Or les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué à progresser malgré les engagements internationaux. La période 2000-2010 a notamment été marquée par une croissance rapide de ces émissions, ce qui a mis en évidence l’écart entre les objectifs annoncés et la transformation effective des systèmes énergétiques, industriels et agricoles.

Le dioxyde de carbone occupe une place particulière, car une part de ses effets persiste longtemps dans le système climatique. Réduire les émissions aujourd’hui ne fait donc pas disparaître instantanément les conséquences déjà engagées, mais cela évite d’ajouter davantage de gaz à effet de serre et limite les risques futurs. C’est le principe de l’atténuation climatique.

L’adaptation répond à une autre question : comment protéger les populations, les infrastructures et les milieux naturels face aux changements désormais inévitables à court terme ? Elle peut passer par des logements mieux conçus pour les fortes chaleurs, une gestion plus sobre de l’eau, des systèmes d’alerte ou la restauration d’espaces naturels capables d’absorber les crues.

Ces deux démarches ne s’opposent pas. Une ville qui se prépare aux canicules sans réduire ses émissions traite un symptôme tout en laissant prospérer la cause. À l’inverse, une baisse des émissions sans préparation des territoires laisse les habitants exposés aux chocs climatiques déjà en cours.

Quels impacts sont déjà visibles sur les populations et les écosystèmes ?

Les conséquences se manifestent à l’échelle mondiale : recul des glaciers, élévation du niveau des mers, évolution des écosystèmes terrestres et aquatiques, ainsi que multiplication ou aggravation de plusieurs risques météorologiques. Les fortes chaleurs peuvent peser sur la santé, particulièrement pour les personnes âgées, les jeunes enfants, les travailleurs exposés ou les personnes vivant dans des logements mal isolés.

Les pluies torrentielles et les inondations illustrent un autre aspect de la crise. Une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d’eau, ce qui favorise des précipitations plus intenses dans certaines situations. Cela ne veut pas dire que chaque inondation a une cause unique. L’urbanisation, l’état des sols, l’entretien des cours d’eau et l’aménagement du territoire comptent également. Mais le changement climatique modifie le contexte dans lequel ces phénomènes surviennent.

La biodiversité est elle aussi concernée. Les espèces doivent faire face à des températures, des saisons et des habitats qui évoluent parfois plus vite que leur capacité de déplacement ou d’adaptation. Les changements de phénologie, c’est-à-dire du calendrier des floraisons, migrations ou reproductions, constituent un indicateur important. Dans les milieux aquatiques, le suivi de populations de poissons comme les saumons peut aider à repérer les effets combinés de la température de l’eau, des débits et de la qualité des habitats.

Selon les évaluations reprises par le GIEC, plus de trois milliards de personnes vivent dans des régions particulièrement vulnérables aux variations climatiques. Cette vulnérabilité ne dépend pas seulement de la géographie. Elle est aussi liée au niveau de revenus, à l’accès à l’eau, à la qualité des infrastructures, aux systèmes de santé et à la capacité des institutions à anticiper les crises.

Pourquoi les villes sont-elles particulièrement exposées ?

Les villes concentrent plus de la moitié de la population mondiale, des logements, des activités économiques, des réseaux de transport et des infrastructures essentielles. Cette concentration peut amplifier les dommages lorsqu’une canicule, une inondation ou une sécheresse frappe. Elle explique aussi pourquoi l’action urbaine est décisive.

Les sols imperméabilisés par le béton et l’asphalte absorbent peu les fortes pluies. L’eau ruisselle alors rapidement vers les réseaux, qui peuvent être saturés. Les matériaux et bâtiments accumulent par ailleurs la chaleur, surtout lorsque les arbres et espaces végétalisés sont rares : c’est le phénomène d’îlot de chaleur urbain. La température ressentie peut ainsi être très différente entre un quartier très dense et un espace plus végétalisé.

L’adaptation urbaine suppose d’intégrer le climat dans les décisions d’aménagement : désimperméabiliser certains sols, préserver des zones d’expansion des crues, développer l’ombre et la végétation, rénover les bâtiments, protéger les réseaux d’eau et d’électricité. Il ne s’agit pas de solutions identiques pour toutes les villes, mais d’une planification attentive aux réalités locales.

Ce que l’intelligence artificielle peut apporter à la compréhension du climat

L’intelligence artificielle ne résout pas, à elle seule, le problème climatique. Elle peut en revanche devenir un outil utile pour analyser une masse de données trop vaste ou trop complexe à examiner manuellement : mesures de température, observations satellites, données océanographiques, informations sur les sols, consommation électrique ou relevés de biodiversité.

Dans les prévisions météorologiques, les méthodes d’apprentissage automatique peuvent repérer des relations dans de grands jeux de données et accélérer certains calculs. Associées aux modèles physiques qui représentent les lois de l’atmosphère et des océans, elles peuvent contribuer à des prévisions plus rapides ou plus fines dans certains usages. Ces informations sont particulièrement précieuses pour anticiper une vague de chaleur, un épisode de fortes pluies ou un risque d’inondation.

L’IA peut aussi aider à gérer les ressources. Dans l’énergie, elle peut contribuer à anticiper la demande, à ajuster le fonctionnement de réseaux complexes et à mieux intégrer des productions variables comme le solaire ou l’éolien. Dans l’environnement, l’analyse automatisée d’images, de signaux ou de capteurs peut faciliter le suivi des forêts, des zones humides et des populations animales, notamment dans les écosystèmes aquatiques.

Son utilisation demande toutefois de la prudence. Un modèle d’IA dépend de la qualité des données qui l’alimentent. Il peut reproduire des biais, être difficile à interpréter ou se tromper lorsqu’il rencontre des situations inédites. L’entraînement et l’usage de certains systèmes numériques mobilisent également de l’électricité, des équipements et parfois de l’eau pour les infrastructures informatiques. La pertinence environnementale d’un projet doit donc être évaluée sur son utilité réelle, ses ressources consommées et ses résultats mesurables.

Prévoir le climat : ce que l’IA ajoute, ce qu’elle ne remplace pas

Les apports possibles de l’IA

  • Traiter rapidement de très grands volumes de données météorologiques et environnementales.
  • Repérer des tendances dans des images satellites, des capteurs ou des relevés de terrain.
  • Contribuer à des prévisions locales plus rapides pour certains phénomènes à risque.
  • Optimiser certains systèmes énergétiques et la gestion de ressources naturelles.

Les limites à ne pas oublier

  • La qualité des résultats dépend directement de la qualité et de la représentativité des données.
  • Les modèles physiques restent essentiels pour comprendre les mécanismes climatiques sur le long terme.
  • Une prévision ne remplace ni les politiques de réduction des émissions ni l’adaptation des territoires.
  • Les infrastructures numériques ont elles-mêmes une consommation d’énergie et de ressources à évaluer.

L’IA remplace-t-elle les modèles climatiques et les décisions publiques ?

Non. Les modèles climatiques reposent sur des connaissances physiques, des observations et des scénarios d’évolution des émissions. Ils servent à explorer des tendances sur des décennies et à comprendre les mécanismes en jeu. Les systèmes d’intelligence artificielle peuvent compléter ce travail, par exemple en accélérant certains traitements, en détectant des signaux dans les données ou en améliorant la résolution de simulations. Ils ne transforment pas une incertitude scientifique en certitude absolue.

Surtout, les outils techniques ne décident pas des priorités collectives. Réduire les émissions implique des choix sur les transports, les bâtiments, l’industrie, l’agriculture, l’énergie et la protection des forêts. Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant pour fixer des règles, financer les infrastructures et protéger les personnes les plus exposées. Aux États-Unis comme dans d’autres pays, les débats sur la décarbonation associent ainsi innovation technologique, coût des transformations et choix de société.

La coopération entre climatologues, écologues, ingénieurs, urbanistes, économistes, spécialistes de la santé et responsables publics est indispensable. Une bonne prévision n’a d’intérêt que si elle se traduit par une alerte compréhensible, un plan de protection et des moyens d’action adaptés.

L’éducation et l’engagement citoyen comptent aussi

Le changement climatique peut paraître si vaste qu’il décourage l’action individuelle. Pourtant, l’information et l’éducation restent des leviers essentiels. Comprendre la différence entre météo et climat, connaître les sources d’émissions ou savoir réagir face à une alerte de chaleur améliore la capacité collective à agir.

L’engagement citoyen prend des formes diverses : participation à des projets locaux, soutien à la végétalisation, réflexion sur les usages de l’énergie, dialogue avec les élus ou contribution à des programmes d’observation de la nature. Les initiatives de mentorat et les programmes éducatifs peuvent aussi aider les étudiants à acquérir les connaissances nécessaires pour participer aux métiers et projets liés à l’adaptation et à la transition.

Il serait néanmoins trompeur de faire reposer l’ensemble de la réponse sur les seuls comportements individuels. Les choix personnels peuvent compter, mais les infrastructures disponibles, l’accès aux transports, la qualité des logements et les politiques publiques déterminent largement les possibilités d’action de chacun.

Ce qu’il faut surveiller

Les prochaines années se joueront à plusieurs niveaux. Le premier indicateur reste l’évolution des émissions mondiales de gaz à effet de serre : leur baisse effective conditionne l’ampleur du réchauffement à long terme. Le deuxième concerne la préparation des territoires, notamment des villes et des zones côtières, face aux vagues de chaleur, aux inondations et aux tensions sur l’eau.

Le troisième enjeu est technologique. Les progrès de l’intelligence artificielle pourront améliorer les systèmes d’alerte, la gestion énergétique ou le suivi de la biodiversité, à condition d’être conçus avec des données robustes, des objectifs transparents et une évaluation de leur propre empreinte. La technologie peut éclairer les décisions. Elle ne dispense ni de la rigueur scientifique ni du choix politique d’agir sur les causes du dérèglement climatique.

Questions fréquentes

Quelles sont les principales causes du changement climatique ?

La cause principale est l’augmentation des gaz à effet de serre liée aux activités humaines. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz émet notamment du dioxyde de carbone. La déforestation réduit la capacité d’absorption du CO2 et peut en libérer, tandis que l’agriculture et certaines activités industrielles émettent aussi d’autres gaz à effet de serre.

Quelle est la différence entre réchauffement climatique et changement climatique ?

Le réchauffement climatique désigne l’augmentation durable de la température moyenne mondiale. Le changement climatique est plus large : il inclut aussi les transformations des précipitations, des océans, des saisons, du niveau de la mer et de la fréquence ou de l’intensité de certains phénomènes extrêmes. Le réchauffement est l’un des principaux moteurs de ces changements.

Pourquoi les villes sont-elles plus vulnérables au changement climatique ?

Les villes regroupent une population dense, des bâtiments, des réseaux et des sols souvent imperméabilisés. Lors de fortes pluies, l’eau s’infiltre moins et les réseaux peuvent saturer. Pendant les canicules, les matériaux urbains emmagasinent la chaleur et le manque de végétation peut créer des îlots de chaleur, particulièrement difficiles à supporter pour les habitants fragiles.

Comment l’intelligence artificielle aide-t-elle face au changement climatique ?

L’intelligence artificielle peut analyser rapidement des données issues de satellites, de capteurs ou de réseaux énergétiques. Elle peut contribuer à améliorer certaines prévisions, à détecter des évolutions dans les écosystèmes ou à optimiser la consommation d’énergie. Elle doit toutefois compléter les modèles scientifiques et les décisions publiques, non les remplacer, car elle dépend des données et consomme aussi des ressources.

Peut-on attribuer chaque canicule ou inondation au changement climatique ?

Non. Un événement isolé dépend toujours de multiples facteurs météorologiques et locaux. Les scientifiques étudient cependant comment le changement climatique modifie la probabilité ou l’intensité de certains événements. Une atmosphère plus chaude peut, par exemple, favoriser des pluies intenses dans certaines situations. L’aménagement des sols et la vulnérabilité locale restent également déterminants.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. GIEC, rapport de synthèse du sixième cycle d’évaluationwww.ipcc.ch/report/ar6/syr
  2. GIEC, rapport sur l’atténuation du changement climatiquewww.ipcc.ch/report/ar6/wg3
  3. Organisation météorologique mondiale, état du climat mondial en 2023wmo.int/publication-series/state-of-global-climate-2023
  4. NASA, causes du changement climatiquescience.nasa.gov/climate-change/causes