Entreprises et marchés

Cynomi lève 37 millions de dollars pour industrialiser le vCISO assisté par IA

La société israélienne Cynomi boucle un financement de série B de 37 millions de dollars, mené par Insight Partners et Entrée Capital. Sa plateforme veut aider les prestataires de cybersécurité à déployer des services de conseil et de conformité plus facilement, grâce à l’automatisation de tâches habituellement manuelles.

Une équipe de cybersécurité analyse des risques sur des écrans dans le cadre d’un service de vCISO assisté par IA.
Illustration : Actu.ai

Pour de nombreuses petites et moyennes organisations, disposer d’un responsable de la sécurité des systèmes d’information à temps plein reste hors de portée. C’est sur ce besoin que se positionne Cynomi, une entreprise israélienne qui propose d’outiller les professionnels jouant ce rôle à distance pour plusieurs clients. Le 23 avril 2025, la société annonce avoir levé 37 millions de dollars dans un tour de table de série B afin d’accélérer son développement.

Cette opération intervient dans un secteur où les exigences de cybersécurité et de conformité se multiplient, alors que les équipes spécialisées restent souvent limitées. Cynomi entend permettre aux prestataires de services gérés d’organiser et de reproduire plus facilement leurs missions de conseil en sécurité. Sa promesse repose sur une plateforme centralisée, décrite comme un « CISO Copilot », qui guide les utilisateurs dans les principales étapes de leur travail.

Une série B de 37 millions de dollars pour changer d’échelle

Le financement de 37 millions de dollars a été mené par Insight Partners et Entrée Capital. Les investisseurs historiques Canaan, Flint Capital et S16VC ont également participé au tour de table.

Une série B intervient généralement lorsqu’une entreprise cherche à accélérer la commercialisation de son produit, à renforcer son organisation et à s’étendre sur de nouveaux marchés. Dans le cas de Cynomi, les fonds doivent servir à deux priorités annoncées : le développement de la plateforme et l’expansion internationale.

Éléments de l’opérationInformations annoncées par Cynomi
Montant levé37 millions de dollars
Type de financementSérie B
Investisseurs ayant mené le tourInsight Partners et Entrée Capital
Investisseurs déjà présentsCanaan, Flint Capital et S16VC
Usages prévus des fondsDéveloppement produit et expansion mondiale
Direction de l’entrepriseDavid Primor, PDG

L’enjeu est moins de remplacer tous les experts humains que de rendre leur expertise plus facilement déployable chez plusieurs entreprises clientes. Cynomi s’adresse ainsi avant tout aux structures qui vendent déjà des services informatiques ou de cybersécurité et qui souhaitent ajouter, étendre ou formaliser une offre de conseil en sécurité.

Qu’est-ce qu’un vCISO, le métier que Cynomi veut outiller ?

Le sigle CISO, pour Chief Information Security Officer, désigne le responsable de la sécurité des systèmes d’information. Cette fonction consiste notamment à identifier les risques numériques, définir des priorités, mettre en place des politiques de sécurité, suivre les incidents et dialoguer avec la direction de l’entreprise.

Dans les organisations françaises, on parle aussi souvent de RSSI, pour responsable de la sécurité des systèmes d’information. Or, toutes les entreprises n’ont ni le budget ni le volume d’activité nécessaires pour recruter une personne à plein temps à ce poste.

C’est là qu’intervient le vCISO, ou virtual CISO. Il s’agit d’un professionnel, ou d’un prestataire, qui assure cette fonction de manière externalisée. Il peut accompagner une entreprise quelques jours par mois, pour une mission précise, ou dans la durée. Son rôle peut couvrir un diagnostic de sécurité, la construction d’une feuille de route, l’aide à la conformité ou encore le suivi de mesures correctrices.

Cynomi cible deux types d’acteurs :

  • les MSP, ou fournisseurs de services gérés, qui administrent au quotidien les outils informatiques de leurs clients ;
  • les MSSP, ou fournisseurs de services de sécurité gérés, dont l’activité est plus spécifiquement centrée sur la protection des systèmes d’information.

Pour ces prestataires, proposer des services de vCISO suppose de répéter des opérations assez structurées auprès de nombreux clients : recenser les actifs, évaluer des risques, prioriser les corrections, documenter les décisions et produire des comptes rendus. La plateforme de Cynomi vise précisément à standardiser ce parcours.

Comment fonctionne la plateforme de Cynomi ?

Dirigée par son PDG David Primor, Cynomi présente sa solution comme un hub central pour les prestations de cybersécurité et de conformité. Son objectif est d’aider les MSP et MSSP à faire évoluer leur offre sans devoir reconstruire, client après client, l’ensemble de leurs méthodes et documents de travail.

La plateforme s’appuie sur l’intelligence artificielle pour fournir des recommandations étape par étape. L’expression « CISO Copilot » résume ce positionnement : il ne s’agit pas, dans la présentation de l’entreprise, d’un responsable de sécurité autonome, mais d’un outil qui accompagne les professionnels dans leur démarche.

Les fonctions mises en avant par Cynomi couvrent quatre grands volets :

  1. L’évaluation et la gestion des risques, afin de structurer l’identification des points faibles et des priorités de sécurité.
  2. La préparation à la conformité, pour organiser les travaux nécessaires lorsqu’une entreprise doit démontrer le respect de certaines exigences.
  3. La planification de la remédiation, c’est-à-dire la définition des actions à mener pour réduire les risques relevés.
  4. Le reporting, utile pour présenter l’état de la sécurité, les progrès réalisés et les décisions attendues aux dirigeants ou aux clients.

Cette centralisation répond à un problème concret des services externalisés : sans cadre commun, la qualité et la profondeur de l’accompagnement peuvent dépendre fortement de chaque consultant, de ses fichiers de travail et du temps disponible. Un outil partagé peut faciliter la traçabilité et la réutilisation des bonnes pratiques, à condition que les informations recueillies soient exactes et que les recommandations soient adaptées au contexte réel de chaque client.

Le vCISO externalisé : structurer une mission de sécurité à grande échelle

Sans plateforme centralisée

  • Méthodes et documents souvent propres à chaque consultant.
  • Collecte des informations et préparation des rapports plus manuelles.
  • Suivi des priorités potentiellement dispersé entre plusieurs outils.
  • Difficulté accrue à homogénéiser l’offre pour de nombreux clients.

Approche proposée par Cynomi

  • Un hub unique pour les travaux de cybersécurité et de conformité.
  • Des recommandations guidées, étape par étape, par l’intelligence artificielle.
  • Des processus standardisés pour l’évaluation, la remédiation et le reporting.
  • Une promesse de réduction du travail manuel pouvant atteindre 70 %.

Jusqu’à 70 % de travail manuel en moins : ce que recouvre cette promesse

Cynomi affirme que sa plateforme peut réduire jusqu’à 70 % le travail manuel associé à la gestion des risques, à la préparation de la conformité, aux plans de remédiation et au reporting. Ce chiffre correspond à la promesse de productivité portée par l’entreprise.

Il faut lire cette estimation comme un gain potentiel sur les tâches les plus répétitives et les plus formalisables. Dans une mission de cybersécurité, de nombreuses étapes peuvent en effet être longues : rassembler des informations dispersées, préparer des questionnaires, mettre en forme une feuille de route ou produire un rapport à partir d’éléments déjà collectés.

En revanche, une plateforme ne peut pas, à elle seule, décider de l’acceptabilité d’un risque pour une entreprise. La réponse pertinente à une vulnérabilité dépend de facteurs très concrets : activité de l’organisation, données manipulées, outils utilisés, contraintes réglementaires, ressources financières et tolérance de la direction au risque.

L’intérêt d’un copilote de sécurité est donc de dégager du temps pour les tâches qui demandent le plus de jugement : comprendre le métier du client, arbitrer entre plusieurs investissements, expliquer les priorités à la direction et vérifier que les mesures décidées ont réellement été appliquées.

Pourquoi les MSP et MSSP constituent un marché stratégique

Les MSP et MSSP occupent une position particulière dans l’écosystème numérique. Ils interviennent auprès de plusieurs entreprises, parfois de petite taille, qui ne disposent pas d’équipe informatique ou de sécurité étoffée. Ils connaissent leurs environnements techniques et peuvent devenir des interlocuteurs naturels pour les sujets de protection numérique.

Mais fournir un véritable accompagnement en cybersécurité demande du temps, des compétences et des méthodes reproductibles. Le prestataire doit pouvoir démontrer ce qu’il a évalué, expliquer les risques, proposer un ordre de priorité et suivre l’avancement des corrections. Il doit aussi maintenir une qualité de service cohérente à mesure que son portefeuille de clients grandit.

Cynomi veut répondre à cette difficulté d’échelle. En fournissant un cadre de travail commun, la société cherche à permettre aux fournisseurs de services de transformer une expertise souvent artisanale en une offre plus structurée. Cette logique peut être particulièrement attractive pour les prestataires qui souhaitent proposer des services de vCISO sans multiplier à proportion égale les tâches administratives.

La demande pour ce type d’accompagnement est alimentée par plusieurs réalités du terrain : les attaques informatiques touchent toutes les tailles d’organisation, les clients demandent davantage de garanties à leurs fournisseurs, et les obligations de documentation ou de conformité peuvent devenir lourdes à gérer sans spécialiste dédié.

Une expansion mondiale et une communauté autour du vCISO

Cynomi indique que sa plateforme est déjà utilisée par des fournisseurs de services dans différents pays. La levée de série B doit contribuer à élargir cette présence mondiale, tout en accélérant l’évolution du produit.

L’entreprise ne se limite pas à la commercialisation de son logiciel. Elle a aussi lancé la vCISO Academy et le vCISO Directory. Ces initiatives visent à fournir des ressources, de la formation et de la visibilité aux professionnels de la cybersécurité qui exercent ou souhaitent exercer dans ce rôle externalisé.

Cette dimension communautaire peut compter dans un domaine où l’outil ne suffit pas. Le vCISO est un métier d’interface, entre les contraintes techniques, les obligations de l’entreprise et les décisions de direction. Une plateforme gagne donc en intérêt si elle s’accompagne de méthodes, de repères et d’un réseau de professionnels capables de les mettre en pratique.

Ce qu’il faut surveiller après cette levée de fonds

La série B donne à Cynomi des moyens financiers importants pour une jeune entreprise spécialisée dans le logiciel de cybersécurité. Les prochains indicateurs à observer seront toutefois concrets : le rythme de développement de nouvelles fonctions, la capacité de l’entreprise à convaincre des MSP et MSSP dans de nouveaux marchés, et l’usage réel de sa plateforme par les équipes de terrain.

La crédibilité de la promesse reposera aussi sur l’équilibre entre automatisation et expertise. Dans ce secteur, les clients attendent des gains de temps, mais aussi des recommandations fiables, compréhensibles et adaptées. Un reporting plus rapide n’a de valeur que s’il aide effectivement à réduire les risques prioritaires.

Enfin, l’expansion mondiale exigera de prendre en compte des pratiques de conformité et des attentes de sécurité qui peuvent varier selon les pays et les secteurs. Cynomi dispose désormais de 37 millions de dollars pour mener cette phase de croissance. Son défi sera de transformer cette capacité de financement en une plateforme réellement indispensable aux prestataires de cybersécurité et à leurs clients.

Questions fréquentes

Combien Cynomi a-t-elle levé lors de sa série B ?

Cynomi a annoncé une levée de fonds de série B de 37 millions de dollars le 23 avril 2025. Le tour de table a été mené par Insight Partners et Entrée Capital. Canaan, Flint Capital et S16VC, déjà investisseurs de l’entreprise, ont également participé à l’opération.

Qu’est-ce qu’un vCISO en cybersécurité ?

Un vCISO, pour virtual Chief Information Security Officer, est un responsable de la sécurité externalisé. Il accompagne une ou plusieurs organisations qui ne disposent pas nécessairement d’un RSSI ou CISO à plein temps. Ses missions peuvent inclure l’évaluation des risques, les plans de sécurité, la conformité et le reporting auprès de la direction.

À qui s’adresse la plateforme Cynomi ?

Cynomi s’adresse principalement aux MSP et MSSP, des prestataires qui gèrent l’informatique ou la cybersécurité pour le compte d’entreprises clientes. La plateforme leur permet de structurer des prestations de vCISO et de conformité, avec des processus conçus pour être reproduits et suivis à grande échelle.

Quelles tâches Cynomi affirme-t-elle pouvoir automatiser ?

Cynomi met en avant l’automatisation ou l’accélération de tâches liées à l’évaluation des risques, à leur gestion, à la préparation de la conformité, à la planification de la remédiation et au reporting. L’entreprise affirme que sa solution peut réduire jusqu’à 70 % le travail manuel dans ces processus, selon les cas d’usage.

Comment Cynomi compte-t-elle utiliser les 37 millions de dollars levés ?

La société prévoit d’utiliser ce financement pour accélérer le développement de ses produits et étendre sa présence à l’international. L’objectif est de renforcer sa position auprès des fournisseurs de services gérés et des fournisseurs de services de sécurité gérés, qui cherchent à développer leurs offres de cybersécurité et de conformité.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Cynomi, site officiel de la plateforme de vCISOwww.cynomi.com
  2. Insight Partners, site officiel de l’investisseurwww.insightpartners.com
  3. Entrée Capital, site officiel de l’investisseurwww.entreecapital.com