Claude ajoute un mode Incognito et une mémoire automatique pour les entreprises
Anthropic fait évoluer Claude avec deux réglages aux objectifs opposés mais complémentaires : un mode Incognito pour les échanges éphémères et une mémoire automatique pour les comptes professionnels. Les équipes peuvent ainsi choisir, selon la tâche, entre ne rien conserver et retrouver un contexte de travail personnalisé.

Le même assistant peut être appelé à préparer une présentation confidentielle le matin, puis à aider une équipe à faire avancer un projet au long cours l’après-midi. Ces deux usages n’appellent pas le même traitement des informations. Avec un mode Incognito et une mémoire automatique, Claude, l’assistant d’Anthropic, propose désormais deux cadres distincts pour répondre à cette tension entre confidentialité immédiate et continuité du travail.
L’annonce, disponible au 15 septembre 2025 pour les offres professionnelles Team et Enterprise, s’adresse d’abord aux organisations. Elle ne se limite pas à ajouter un réglage de confort : elle permet de décider, conversation par conversation ou projet par projet, si les informations partagées doivent disparaître à l’issue de l’échange ou servir à mieux contextualiser les requêtes suivantes.
Le mode Incognito de Claude, un espace de discussion éphémère
Le mode Incognito a été conçu pour les conversations qui ne doivent laisser aucune trace dans l’environnement de Claude. Une fois ce mode activé, l’assistant ne conserve ni l’historique de la discussion ni les données contextuelles associées. L’utilisateur peut donc mener un échange ponctuel sans que les éléments saisis soient réemployés pour personnaliser une conversation ultérieure.
Cette logique répond à des situations très différentes. Une équipe peut vouloir tester une formulation avant une réunion, explorer plusieurs pistes de réflexion sur un sujet sensible ou poser une question qui n’a aucun intérêt à être rattachée à un dossier durable. Dans ces cas, la valeur de l’outil tient à sa réponse immédiate, non à sa capacité à se souvenir.
Le terme « Incognito » renvoie ici à une absence de conservation dans l’expérience proposée par Claude : pas de fil de discussion à retrouver ensuite, pas de contexte gardé pour la suite. Cela change concrètement la manière de travailler avec un assistant conversationnel. Une session peut être utilisée comme un tableau blanc temporaire, puis être refermée sans créer d’archive de travail dans l’outil.
L’activation est annoncée comme simple : il faut cliquer sur l’icône de petit fantôme, placée en haut à droite de l’interface de Claude. Ce geste doit permettre aux utilisateurs de basculer rapidement vers un espace adapté aux échanges délicats ou aux essais ponctuels, sans devoir modifier durablement la configuration de leur compte.
Mémoire automatique : Claude conserve ce qui peut servir au travail
À l’opposé, la mémoire automatique vise les usages répétitifs et collaboratifs. Claude peut retenir en continu des informations pertinentes afin d’éviter à l’utilisateur de réexpliquer les mêmes éléments à chaque nouvelle conversation. Il peut s’agir de préférences de style, de particularités liées à un projet ou de rappels contextuels utiles pour accomplir les prochaines tâches.
La différence avec un simple historique est importante. Un historique met à disposition la liste des conversations passées. Une mémoire, elle, sert à faire ressortir des éléments sélectionnés comme utiles pour améliorer les interactions à venir. L’objectif n’est donc pas seulement de retrouver ce qui a été dit, mais de permettre à l’assistant d’adapter plus directement ses réponses au cadre de travail habituel.
Prenons le cas d’une équipe qui utilise régulièrement Claude pour rédiger des documents. Si certaines préférences de ton, de structure ou de vocabulaire sont retenues, l’assistant peut mieux les prendre en compte dès le début d’une nouvelle demande. De même, dans le suivi d’une mission, des rappels sur les objectifs ou les contraintes du projet peuvent éviter de reconstruire le contexte à chaque session.
La mémoire automatique fonctionne sans action répétée de l’utilisateur pour enregistrer chaque élément. Cette automatisation est précisément ce qui la rend utile dans un cadre professionnel : elle réduit la friction liée aux tâches récurrentes. Mais Anthropic prévoit aussi un mécanisme de contrôle. Un tableau de bord dédié permet de consulter, modifier ou effacer les informations mémorisées.
Ce point est central. Une mémoire n’est réellement acceptable dans une organisation que si les personnes concernées savent ce qui est retenu et disposent d’un moyen clair d’intervenir. La promesse de la fonctionnalité repose donc autant sur la personnalisation que sur la transparence offerte à l’utilisateur.
Comment activer et gérer la mémoire dans Claude ?
La mémoire automatique se règle depuis les paramètres de Claude. L’utilisateur doit ouvrir le menu Paramètres, se rendre dans la rubrique Mémoire, puis cocher l’option souhaitée. Cette procédure donne un point d’entrée unique pour décider si l’assistant peut conserver des éléments utiles aux interactions suivantes.
La mise à jour ajoute également une gestion de la mémoire par projet. Cette séparation est particulièrement pertinente pour les professionnels qui travaillent sur plusieurs missions, produits ou clients. Elle évite que des informations contextuelles liées à un projet se retrouvent mêlées à celles d’un autre.
| Fonctionnalité | Ce que Claude conserve | Usage le plus adapté | Contrôle annoncé |
|---|---|---|---|
| Mode Incognito | Ni historique de conversation ni données contextuelles | Échanges sensibles, tests ponctuels, réflexion temporaire | Activation via l’icône de petit fantôme |
| Mémoire automatique | Préférences, éléments de projet et rappels contextuels pertinents | Travail récurrent, suivi de mission, personnalisation des réponses | Consultation, modification ou suppression via un tableau de bord |
La distinction est simple, mais elle gagne à être réfléchie avant d’ouvrir une conversation. Le mode Incognito ne vise pas à enrichir Claude avec le contexte du travail. La mémoire automatique, elle, n’a de sens que lorsque le gain de continuité justifie de conserver certaines informations dans le cadre prévu par l’outil.
Deux réglages, deux objectifs de travail
Mode Incognito
- Conversations conçues pour rester éphémères.
- Aucun historique ni contexte de discussion conservé.
- Adapté aux échanges sensibles et aux essais ponctuels.
- Activation par l’icône de petit fantôme dans l’interface.
Mémoire automatique
- Retient les préférences et rappels utiles au travail.
- Apporte davantage de continuité aux conversations futures.
- Peut être organisée par projet pour séparer les contextes.
- Les informations peuvent être consultées, modifiées ou supprimées.
Quel réglage choisir selon son usage professionnel ?
Le bon choix dépend moins du niveau de sophistication de la demande que de sa durée de vie. Pour une question unique, un brouillon de réflexion ou une discussion qui ne doit pas être associée à d’autres travaux, le mode Incognito fournit un cadre cohérent. Il permet d’obtenir l’aide de l’assistant sans construire de continuité avec les sessions suivantes.
La mémoire automatique prend son intérêt quand une personne ou une équipe revient régulièrement sur les mêmes sujets. Un projet éditorial, une préparation commerciale, une documentation interne ou un processus de rédaction récurrent peuvent bénéficier de préférences conservées. Le temps économisé ne vient pas d’une réponse plus longue, mais de la diminution des rappels nécessaires pour poser correctement le contexte.
Quelques questions simples permettent d’orienter la décision :
- L’information doit-elle servir au-delà de cette conversation ?
- Est-elle rattachée à un projet clairement identifié ?
- La personne qui utilise l’outil souhaite-t-elle pouvoir la retrouver et la gérer dans le tableau de bord ?
- Le contenu est-il suffisamment sensible pour privilégier une session sans conservation ?
La possibilité de gérer la mémoire par projet apporte une réponse pratique à un risque fréquent des assistants conversationnels : la confusion des contextes. Un professionnel peut passer d’une mission à l’autre au cours d’une même journée. Séparer les informations mémorisées aide à préserver la pertinence des réponses et à éviter qu’un contexte de travail ne se prolonge dans un autre dossier.
Confidentialité et personnalisation, deux exigences à organiser
L’arrivée simultanée de ces fonctions illustre une évolution plus large des assistants d’IA en entreprise. À mesure qu’ils deviennent des outils de travail quotidiens, les utilisateurs demandent deux choses en apparence contradictoires : des réponses de plus en plus adaptées à leur contexte, mais une maîtrise plus nette des informations qui créent cette adaptation.
La personnalisation est utile parce qu’elle rend un assistant moins générique. Une IA qui connaît les préférences de rédaction ou les spécificités d’un projet peut réduire les allers-retours. Mais cette efficacité dépend nécessairement d’informations conservées. C’est pourquoi l’existence d’un tableau de bord de mémoire, avec des options de modification et de suppression, est aussi importante que la capacité de retenir des éléments.
De son côté, le mode Incognito reconnaît qu’un utilisateur ne souhaite pas toujours construire cette personnalisation. Il existe des interactions sans lendemain, des essais, des sujets qu’il convient d’isoler et des moments où la meilleure mémoire est l’absence de mémoire. En proposant ces deux modes d’usage, Claude laisse davantage de latitude aux organisations pour définir leurs pratiques.
Cette latitude ne dispense pas les entreprises d’établir leurs propres règles. Elles doivent déterminer quels types d’informations peuvent être soumis à un assistant, quels collaborateurs ont accès aux espaces de projet et dans quels cas la conservation d’un contexte est pertinente. Les outils peuvent donner le contrôle, mais une politique d’utilisation claire reste nécessaire pour l’exercer de façon cohérente.
Ce qu’il faut surveiller
Pour les utilisateurs de Claude Team et Enterprise, l’enjeu sera d’abord l’adoption concrète de ces réglages. Une mémoire automatique n’apporte de valeur que si les informations conservées restent pertinentes, compréhensibles et correctement séparées entre les projets. À l’inverse, le mode Incognito sera d’autant plus utile que les équipes sauront l’identifier comme le bon réflexe pour les échanges à caractère temporaire ou délicat.
La question de la lisibilité sera également déterminante. Les professionnels doivent pouvoir savoir facilement dans quel mode ils travaillent, comprendre ce qui est mémorisé et intervenir lorsque le contexte retenu ne correspond plus à la réalité d’un projet. Anthropic met en avant un tableau de bord de gestion pour répondre à ce besoin de transparence.
Enfin, cette mise à jour rappelle qu’il n’existe pas une seule bonne manière d’utiliser un assistant d’IA. La continuité est précieuse pour gagner du temps. L’éphémère l’est tout autant lorsqu’il s’agit de limiter les traces et de compartimenter les discussions. En donnant accès aux deux approches dans ses offres professionnelles, Claude fait du choix de la mémoire un paramètre de travail à part entière.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le mode Incognito de Claude ?
Le mode Incognito de Claude ouvre une conversation éphémère. Lorsqu’il est activé, Claude ne conserve ni l’historique de la discussion ni les données contextuelles liées à cet échange. Il est destiné aux situations où l’utilisateur veut obtenir une réponse sans que le contenu partagé serve à personnaliser les conversations suivantes.
Comment activer le mode Incognito dans Claude ?
Selon les informations annoncées le 15 septembre 2025, le mode Incognito s’active en cliquant sur la petite icône de fantôme située en haut à droite de l’interface de Claude. Ce réglage permet de démarrer un échange sans conservation de l’historique ni du contexte de la session.
Comment activer la mémoire automatique de Claude ?
La mémoire automatique se règle dans les Paramètres de Claude, puis dans le menu Mémoire. Il faut cocher l’option correspondante pour permettre à l’assistant de retenir des éléments pertinents, comme des préférences de style, des spécificités de projet ou des rappels contextuels utiles aux prochaines conversations.
La mémoire de Claude est-elle disponible pour tous les utilisateurs ?
Non. Au 15 septembre 2025, Anthropic indique que le mode Incognito et la mémoire automatique sont disponibles pour les utilisateurs des offres professionnelles Team et Enterprise. La mémoire vise particulièrement les usages d’équipe et les tâches répétitives, pour lesquelles conserver un contexte peut améliorer la pertinence des réponses.
Peut-on supprimer ce que Claude a mémorisé ?
Oui. Anthropic prévoit un tableau de bord dédié permettant de consulter les données retenues par la mémoire automatique, puis de les modifier ou de les effacer. Cette gestion donne aux utilisateurs un moyen de corriger un contexte devenu obsolète ou de retirer des informations qu’ils ne souhaitent plus conserver.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Anthropic, site officielwww.anthropic.com
- Claude, assistant d’Anthropicclaude.ai



