Google I/O 2025 : cinq annonces à surveiller entre Gemini, Android 16 et XR
Les 20 et 21 mai 2025, Google doit préciser sa feuille de route dans l’intelligence artificielle, les mobiles et la réalité mixte. Des abonnements Gemini aux projets Astra et Mariner, en passant par Android 16 et Android XR, voici les cinq dossiers qui pourraient structurer la conférence.

Les conférences de développeurs sont souvent l’endroit où se dessine la technologie que le grand public utilisera quelques mois plus tard. Pour son édition 2025, programmée les 20 et 21 mai, Google devrait faire de l’intelligence artificielle le fil conducteur de ses annonces, sans délaisser son système mobile ni ses ambitions dans la réalité mixte. À une semaine de l’événement, plusieurs éléments sont déjà connus, d’autres proviennent d’indices techniques et devront donc être confirmés sur scène.
Le Google I/O ne se limite pas à présenter de nouveaux produits. L’événement sert aussi à expliquer aux développeurs comment les intégrer dans leurs applications. C’est un point important : une démonstration impressionnante d’assistant ou de lunettes connectées ne se transforme en usage quotidien que si les logiciels, les services et les appareils suivent. Cette édition pourrait ainsi préciser la manière dont Gemini, Android 16 et Android XR doivent s’articuler.
Cinq dossiers qui devraient dominer le Google I/O
Les attentes se concentrent sur cinq thèmes. Ils ne sont pas tous au même stade de maturité : Android 16 constitue la prochaine évolution d’un système déjà présent sur des milliards d’appareils, tandis que les projets d’agents IA et Android XR dessinent davantage des directions de produit et de recherche.
| Dossier | Ce qui est connu au 13 mai 2025 | Ce que le Google I/O pourrait préciser |
|---|---|---|
| Abonnements Gemini | Des références à Premium Plus et Premium Pro ont été repérées dans du code | Les noms définitifs, les tarifs, les fonctions incluses et les pays concernés |
| Project Astra et Mariner | Deux projets d’IA dédiés respectivement à l’assistance multimodale et au navigateur | Leurs démonstrations, leurs limites et leurs conditions d’accès |
| Android 16 | Une nouvelle version d’Android est en préparation | Le calendrier de la version stable et les fonctions retenues |
| Material 3 Expressive | Google a détaillé cette évolution de son langage visuel le 13 mai | Son déploiement dans Android et les applications Google |
| Android XR | Une plateforme de réalité mixte conçue avec Samsung | Les appareils compatibles, les applications et les usages concrets |
Cette distinction entre informations officielles, démonstrations attendues et fuites est essentielle. Dans l’univers logiciel, une ligne repérée dans une version de test peut signaler un projet réel, mais elle ne garantit ni sa présentation imminente ni sa disponibilité pour tous les utilisateurs.
Gemini : de nouveaux abonnements payants en préparation ?
La première inconnue concerne la monétisation de Gemini. Des fuites issues du code de l’agent IA font état de deux possibles offres payantes baptisées Premium Plus et Premium Pro. Elles pourraient donner accès à des fonctions renforcées, notamment autour de Gemini Pro et de Gemini Ultra, avec moins de restrictions que les formules existantes.
À ce stade, il convient de parler d’hypothèses. Google n’a pas officialisé ces dénominations, leur prix, ni les limites qui seraient associées à chaque niveau. Or, dans les services d’IA générative, le nom d’un abonnement ne renseigne pas à lui seul sur l’expérience réelle : le nombre de requêtes, la taille des documents analysables, l’accès aux fonctions multimodales ou la priorité lors des périodes d’affluence peuvent changer considérablement la valeur d’une offre.
Le sujet est stratégique pour Google. Les modèles les plus capables demandent d’importantes ressources de calcul, particulièrement lorsqu’ils analysent simultanément du texte, des images, de l’audio ou des fichiers. Des forfaits mieux différenciés permettraient de réserver certaines capacités intensives aux utilisateurs prêts à payer, tout en maintenant un accès plus large à Gemini.
Le Google I/O serait une tribune logique pour clarifier la gamme Gemini. Les développeurs attendent surtout de savoir quelles capacités ils pourront intégrer dans leurs produits, et à quelles conditions. Les utilisateurs, eux, chercheront une réponse plus simple : quelles fonctions utiles deviennent accessibles sans payer, et lesquelles restent réservées aux abonnements ?
Project Astra et Mariner : l’IA veut voir, écouter et agir
Google pourrait également mettre l’accent sur deux projets qui dépassent le cadre du chatbot classique. Project Astra, développé par Google DeepMind, est présenté comme un assistant multimodal capable de prendre en compte différents contenus en même temps, notamment du texte, de la voix et des images. L’ambition est de rendre les échanges plus continus et plus contextuels, aussi bien sur un smartphone qu’à terme via des lunettes connectées.
Dans une situation concrète, un tel assistant pourrait s’appuyer sur la caméra d’un téléphone, les éléments visibles dans une pièce et les questions de l’utilisateur. La difficulté ne consiste pas seulement à reconnaître un objet sur une image. Il faut maintenir le contexte d’une conversation, distinguer ce qui est pertinent et répondre assez vite pour que l’échange paraisse naturel. Les démonstrations d’Astra seront donc à regarder avec attention, notamment sur la fiabilité des réponses et sur les garde-fous liés aux données captées par la caméra ou le microphone.
Project Mariner poursuit une autre idée : confier au navigateur une partie des actions effectuées habituellement à la main. L’agent est conçu pour interagir avec des pages web dans Chrome, analyser leur structure, remplir des formulaires et exécuter diverses étapes à la demande de l’utilisateur. Il ne s’agit plus seulement de trouver une information, mais potentiellement de la transformer en action.
Cette promesse soulève immédiatement des questions pratiques. Une page web peut changer, afficher des informations ambiguës ou demander des données sensibles. Un agent qui clique, compare ou renseigne un formulaire doit pouvoir expliquer ce qu’il fait, rester sous le contrôle de l’utilisateur et éviter les erreurs coûteuses. Google I/O devrait montrer si Mariner reste une démonstration technologique ou si Google envisage des usages plus concrets dans Chrome.
Android 16 : quelles nouveautés pour les téléphones et tablettes ?
Après une présentation consacrée à Android le 13 mai 2025, Google devrait revenir sur Android 16 lors de l’I/O. La version stable est attendue dans les prochains mois, et la conférence doit permettre de mieux comprendre le calendrier de déploiement ainsi que la place des nouveautés annoncées.
Parmi les éléments attendus figure Auracast, une fonction reposant sur la technologie Bluetooth LE Audio. Son principe est de diffuser un flux audio vers plusieurs appareils compatibles, par exemple plusieurs casques ou aides auditives dans un même espace. Les possibilités concrètes dépendent toutefois des équipements pris en charge : le système du téléphone ne suffit pas si les écouteurs ou les accessoires ne sont pas compatibles.
Google met aussi en avant des améliorations de sécurité et de confidentialité. Ces sujets sont moins spectaculaires qu’un nouvel assistant, mais ils sont déterminants pour un système qui concentre messages, photos, données bancaires, localisation et comptes personnels. Android 16 doit également alimenter la réflexion sur les usages sur grand écran et sur un éventuel mode bureau, afin de mieux adapter l’interface aux tablettes et aux appareils hybrides.
Pour les utilisateurs, la principale nuance reste inchangée d’une version d’Android à l’autre : l’arrivée effective des nouveautés dépend du constructeur du téléphone, de l’opérateur dans certains cas et de la durée de suivi de l’appareil. Les téléphones Pixel reçoivent généralement les évolutions directement de Google, tandis que les autres marques adaptent Android à leur propre interface et à leurs modèles.
Material 3 Expressive, une interface plus vivante sans changer les repères
Android 16 ne se résumera pas à des fonctions invisibles. Avec Material 3 Expressive, Google prépare une évolution de son langage de conception, détaillée lors de l’Android Show du 13 mai. L’objectif affiché est de rendre l’interface plus expressive, plus souple et plus intuitive, tout en conservant des repères familiers pour les utilisateurs.
Cette évolution passe notamment par des couleurs dynamiques, c’est-à-dire une palette qui peut s’accorder aux préférences de l’utilisateur et au fond d’écran, ainsi que par des composants plus flexibles. Les boutons, menus, animations et éléments de navigation sont concernés. Dans les faits, l’enjeu ne sera pas seulement esthétique : une interface réussie doit aider à identifier les actions importantes, améliorer la lisibilité et limiter les erreurs de manipulation.
L’accessibilité occupe donc une place centrale. Un design plus animé ou plus riche n’est utile que s’il reste clair pour tous, y compris sur de petits écrans ou pour les personnes ayant besoin de réglages d’affichage particuliers. Google devra aussi convaincre les développeurs d’adopter ces composants, car l’expérience Android dépend largement de la cohérence entre le système et les applications.
Android XR : Google se replace dans la course à la réalité mixte
Avec Android XR, Google veut proposer une plateforme spécifiquement pensée pour la réalité mixte, en collaboration avec Samsung. Cette catégorie regroupe les casques et, à terme, des lunettes capables de mêler l’environnement réel et des éléments numériques affichés dans le champ de vision. L’enjeu ne consiste pas uniquement à afficher des fenêtres en trois dimensions : il s’agit de concevoir une interface qui reste lisible, confortable et utile lorsque l’on regarde autour de soi.
Google prévoit d’y intégrer Gemini pour permettre des interactions plus naturelles. Au lieu de naviguer exclusivement avec des menus et des gestes, l’utilisateur pourrait poser des questions ou formuler des demandes à la voix. Les applications Android classiques doivent pouvoir coexister avec des applications conçues pour cet environnement spatial, tandis que des services natifs tels que YouTube, Google Maps et Chrome sont appelés à être adaptés.
Android 16 et Android XR : deux expériences, un même écosystème
Android 16
- S’adresse d’abord aux smartphones, tablettes et appareils Android existants.
- Met l’accent sur la sécurité, la confidentialité, la connectivité et l’interface.
- Son déploiement dépend des constructeurs et de la compatibilité de chaque appareil.
- Material 3 Expressive doit moderniser les interactions quotidiennes sur écran tactile.
Android XR
- Vise les casques et futurs lunettes de réalité mixte conçus avec des partenaires.
- Ajoute une interface spatiale, pensée pour afficher des contenus dans l’environnement.
- Doit faire cohabiter applications Android traditionnelles et logiciels immersifs.
- S’appuie sur Gemini pour développer des interactions vocales et contextuelles.
Cette compatibilité potentielle avec l’écosystème Android est l’un des atouts les plus importants du projet. Une nouvelle plateforme a besoin d’applications, de contenus et d’outils de développement dès ses débuts pour éviter de rester un démonstrateur. Mais la réalité mixte impose aussi des contraintes matérielles : autonomie, poids, confort, qualité de l’affichage, précision du suivi des gestes et prix des appareils.
Ce qu’il faudra surveiller les 20 et 21 mai
Au-delà des annonces elles-mêmes, trois critères permettront d’évaluer la portée de ce Google I/O. Le premier sera la disponibilité : Google précisera-t-il des dates de lancement, des appareils compatibles et des pays concernés, ou restera-t-il sur des démonstrations ? Le deuxième sera la fiabilité : pour Astra et Mariner, des exemples convaincants devront s’accompagner d’explications sur les erreurs possibles, le contrôle laissé à l’utilisateur et le traitement des données.
Le troisième critère sera la cohérence de l’ensemble. Google possède déjà Android, Chrome, Maps, YouTube et une infrastructure d’IA considérable. La question est désormais de savoir si Gemini peut devenir une aide véritablement intégrée à ces services, plutôt qu’une fonction ajoutée à côté. Android 16 peut fournir le socle sur les appareils mobiles, Material 3 Expressive renouveler l’interface et Android XR ouvrir une nouvelle catégorie d’écrans.
Les annonces attendues dessinent ainsi une même direction : faire passer l’IA de la réponse textuelle à une assistance capable de comprendre un contexte, d’utiliser plusieurs types de données et, avec prudence, d’accomplir certaines actions. Le Google I/O 2025 devra montrer si cette ambition s’accompagne de produits accessibles, compréhensibles et suffisamment solides pour sortir du stade de la démonstration.
Questions fréquentes
Quand aura lieu le Google I/O 2025 ?
Le Google I/O 2025 est programmé les 20 et 21 mai 2025. Cette conférence annuelle permet à Google de présenter ses orientations logicielles et ses outils pour développeurs. L’intelligence artificielle, Android et la réalité mixte devraient y occuper une place importante, mais toutes les annonces attendues ne sont pas encore officielles au 13 mai.
Quels abonnements Gemini pourraient être annoncés au Google I/O 2025 ?
Des références dans du code ont fait apparaître les noms Premium Plus et Premium Pro. Ces formules pourraient offrir des capacités Gemini améliorées, avec moins de restrictions et un accès à des fonctions liées à Gemini Pro ou Gemini Ultra. Google n’a toutefois pas confirmé les noms, les prix, les fonctionnalités exactes ni leur disponibilité selon les pays.
Qu’est-ce que Project Astra de Google DeepMind ?
Project Astra est un projet d’assistant multimodal de Google DeepMind. Il est conçu pour analyser plusieurs types d’informations, notamment la voix, le texte et les images, afin de répondre dans un contexte plus riche qu’un chatbot traditionnel. Google envisage des usages sur smartphone et avec des lunettes connectées, mais les démonstrations devront éclairer sa fiabilité en conditions réelles.
À quoi sert Project Mariner dans Chrome ?
Project Mariner est un agent IA conçu pour interagir avec les pages web dans le navigateur Chrome. Il pourrait analyser la structure d’un site, remplir des formulaires ou réaliser certaines étapes pour l’utilisateur. Son intérêt dépendra de sa capacité à rester fiable sur des sites changeants, à protéger les données sensibles et à laisser l’utilisateur contrôler chaque action importante.
Quelle différence entre Android 16 et Android XR ?
Android 16 est la prochaine version du système destiné aux téléphones, tablettes et autres appareils Android. Android XR est une plateforme distincte pour la réalité mixte, conçue avec Samsung, destinée aux casques et potentiellement aux lunettes. Les deux doivent partager des services et des applications, mais leurs interfaces répondent à des usages et à des matériels très différents.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- Google I/O 2025, site officiel de la conférenceio.google/2025
- Android Developers, présentation et suivi d’Android 16developer.android.com/about/versions/16
- Google Blog, actualités officielles sur Android et Material 3 Expressiveblog.google/products/android
- Google DeepMind, informations sur les projets et modèles d’intelligence artificielledeepmind.google



