ChatGPT, Gemini, Claude : quelle IA répond le mieux aux questions d’actualité ?
Pour répondre à une question d’actualité, tous les chatbots ne se valent pas. Une comparaison de BDM met à l’épreuve ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity, Copilot, DeepSeek et Le Chat sur la recherche web, la qualité des sources et la vérification d’informations. Le résultat distingue plusieurs philosophies d’assistants.

L’accès au web a changé la promesse des assistants d’intelligence artificielle. Il ne s’agit plus seulement de rédiger un texte ou de résumer un document : ces outils prétendent désormais répondre à des questions dont la réponse évolue d’un jour à l’autre. Pour l’utilisateur, le vrai enjeu est donc moins de savoir quel chatbot formule la phrase la plus fluide que de déterminer lequel trouve l’information pertinente, l’attribue clairement et reconnaît ce qu’il ignore.
En octobre 2025, BDM a confronté ChatGPT, Gemini, Claude, Perplexity, Copilot, DeepSeek et Le Chat à des requêtes d’actualité volontairement précises. Le test ne vise pas à désigner un vainqueur universel, car chaque outil peut exceller dans un usage différent. Il met néanmoins en évidence des écarts concrets sur trois critères décisifs : la fraîcheur de l’information, la diversité des sources et la qualité de la vérification.
Trois requêtes pour évaluer la recherche web
Depuis 2023, les principaux assistants génératifs se sont progressivement dotés de fonctions de recherche sur le web. ChatGPT, Gemini, Claude et Le Chat peuvent ainsi aller chercher des pages récentes avant de produire une réponse. Perplexity a, de son côté, été conçu dès l’origine autour de cette logique hybride : une réponse conversationnelle appuyée sur des résultats de recherche.
Pour mesurer la manière dont ces systèmes s’en sortent, BDM a utilisé trois prompts portant sur des informations récentes ou incertaines. L’objectif n’était pas seulement d’obtenir une réponse exacte. Il fallait aussi observer le chemin suivi par l’outil : trouvait-il le bon sujet ? Citait-il des documents consultables ? Croisait-il plusieurs sources ? Expliquait-il ses limites ?
| Requête testée | Compétence principalement évaluée | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Une nouveauté lancée par Instagram en France en octobre 2025 | Identification d’une annonce récente | Capacité à retrouver l’information précise et à en indiquer l’origine |
| Le nombre d’utilisateurs actifs de WhatsApp en 2025 | Traitement de données chiffrées | Distinction entre données mondiales, régionales et estimations disponibles |
| Une rumeur sur l’assurance des Clio 5 | Vérification d’une affirmation douteuse | Diversité des contenus examinés et clarté du verdict |
Cette méthode a une limite importante : trois questions ne suffisent pas à résumer toutes les capacités d’un modèle. Elles n’évaluent pas, par exemple, la programmation, l’analyse de longs documents ou la créativité. En revanche, elles éclairent un usage devenu quotidien : demander à une IA de vérifier un fait, de retrouver une annonce ou de synthétiser une information fraîche.
Recherche web : une réponse actualisée, pas une garantie de vérité
Lorsqu’un assistant active la recherche web, il ne devient pas automatiquement infaillible. Le modèle commence généralement par formuler des requêtes, sélectionne des pages, extrait des passages, puis les assemble dans une réponse rédigée. À chacune de ces étapes, des erreurs restent possibles : mauvaise interprétation de la question, sélection d’un article approximatif, chiffre daté ou citation sortie de son contexte.
Les liens et références affichés sous une réponse jouent donc un rôle essentiel. Ils permettent à l’utilisateur de remonter au document d’origine, de vérifier la date de publication et de distinguer une communication officielle d’un commentaire secondaire. Une réponse très assurée, mais dépourvue de sources identifiables, doit inciter à la prudence, en particulier sur les sujets financiers, sanitaires, juridiques ou politiques.
La comparaison de BDM montre également qu’il faut tenir compte du mode de recherche. Certains assistants l’enclenchent spontanément lorsqu’ils détectent une question d’actualité. D’autres demandent à l’utilisateur d’activer une option. Si la recherche n’est pas lancée, le chatbot risque de s’appuyer uniquement sur les données intégrées à son modèle, qui peuvent ne pas couvrir les derniers événements.
ChatGPT convaincant sur les faits récents et la vérification
Dans ce test, ChatGPT tire son épingle du jeu grâce à sa fonction de recherche sur le web. Face à la question consacrée à la nouveauté d’Instagram lancée en France en octobre 2025, il identifie la Carte Instagram et s’appuie sur des sources jugées fiables, notamment la newsroom de Meta et des médias reconnus. Sa réponse est à la fois claire, documentée et directement centrée sur la demande.
Sur le nombre d’utilisateurs actifs de WhatsApp en 2025, ChatGPT fournit également des éléments précis en s’appuyant sur des informations officielles et des dépêches d’agences de presse. Le résultat révèle toutefois une réserve utile : l’assistant limite son analyse à l’Europe et aux États-Unis, faute de données exploitables pour d’autres régions. Cette prudence est préférable à l’invention d’un chiffre mondial artificiellement précis, mais elle rappelle que l’IA ne peut restituer que les statistiques publiquement disponibles.
Le test de désinformation sur les assurances des Clio 5 est particulièrement révélateur. ChatGPT consacre plus d’une minute à l’examen de plus d’une cinquantaine de contenus variés. Il livre ensuite une réponse concise, conçue pour déterminer si l’affirmation est fondée ou non. Ce comportement illustre un apport potentiel de la recherche assistée par IA : non pas remplacer l’enquête, mais accélérer le tri initial entre communications officielles, articles, forums et contenus incertains.
La qualité observée tient autant aux sources qu’à leur présentation. Pour un lecteur, pouvoir comprendre d’où vient une donnée, puis ouvrir le document pertinent, est souvent plus précieux qu’une réponse longue. Sur ce terrain, ChatGPT apparaît comme l’un des outils les plus solides du panel testé.
Gemini, Claude et Perplexity : trois approches distinctes
Gemini dispose d’un avantage théorique évident : son lien avec l’écosystème de recherche de Google. Pourtant, dans l’épreuve consacrée à Instagram, l’assistant ne parvient pas à identifier la Carte Instagram. BDM relève aussi un manque de transparence sur les sources mobilisées. Cela ne signifie pas que ses réponses sont systématiquement erronées : elles sont souvent structurées, précises et rapides. Mais une information difficile à retracer est plus compliquée à contrôler, ce qui limite sa crédibilité sur une question d’actualité sensible.
Claude se distingue par un comportement méthodique lorsqu’il atteint les limites de sa première recherche. Plutôt que de masquer l’absence de résultat, il peut reconnaître qu’il n’a pas trouvé l’information attendue puis poursuivre avec une recherche plus ciblée. Cette capacité à expliciter l’incertitude est précieuse. L’outil est aussi apprécié pour sa rapidité et la clarté de ses restitutions. Sa faiblesse, dans les cas observés, réside dans une dépendance occasionnelle à une source unique. Or, une source isolée, même sérieuse, ne permet pas toujours de confirmer un fait ambigu ou un chiffre contestable.
Perplexity adopte une logique plus proche d’un moteur de recherche conversationnel. Sa fonction Quick Search lui permet de répondre sans difficulté aux requêtes soumises. Il utilise des sources variées et pertinentes, tout en les citant de façon systématique. Autre particularité : l’outil propose des questions de suivi, ce qui aide l’utilisateur à prolonger sa recherche sans devoir reformuler entièrement sa demande.
Recherche d’actualité : les critères qui font la différence
Ce qui renforce la confiance
- Des sources variées, officielles ou reconnues, clairement identifiées.
- Une réponse qui précise le périmètre d’un chiffre et ses éventuelles lacunes.
- La capacité à poursuivre la recherche après un premier résultat insuffisant.
- Des questions de suivi qui aident à approfondir sans perdre le contexte.
Ce qui doit alerter
- Une réponse rapide mais fondée sur seulement quelques références.
- Des sources absentes, imprécises ou difficiles à consulter.
- Un chiffre global présenté sans distinction entre pays, régions ou périodes.
- Une recherche web désactivée pour une question portant sur une actualité récente.
Copilot, DeepSeek et Le Chat : la vitesse ne suffit pas toujours
Adossé à Bing, Microsoft Copilot se montre rapide pour traiter les requêtes. Cette réactivité peut être appréciable pour un premier aperçu. Dans la comparaison de BDM, ses réponses paraissent toutefois plus superficielles et reposent fréquemment sur un nombre restreint de sources. Le risque est alors de recevoir une synthèse correcte en apparence, mais trop peu étayée pour une décision ou une vérification sérieuse.
DeepSeek fonctionne selon une logique différente : sa recherche web doit être activée manuellement. Ce réglage donne à l’utilisateur un contrôle explicite sur le moment où l’assistant doit consulter l’information en ligne. Une fois cette fonction activée, DeepSeek produit des réponses bien articulées, avec un niveau de contexte satisfaisant. Mais l’étape manuelle peut être oubliée, notamment par un utilisateur qui suppose que l’IA consulte automatiquement le web dès qu’il pose une question récente.
Du côté de Mistral AI, Le Chat a amélioré l’activation de la recherche. Il se révèle très rapide sur les requêtes simples, un atout pour retrouver sans délai une information clairement formulée. Ses réponses restent cependant parfois succinctes et appuyées sur un nombre limité de sources. Pour une question complexe, controversée ou chiffrée, cette concision peut devenir une faiblesse : elle laisse moins de place aux nuances, aux divergences entre données et aux éléments permettant de contrôler la conclusion.
Comment choisir l’IA adaptée à une recherche d’information ?
La bonne question n’est pas seulement « quelle est la meilleure IA ? », mais « quel outil correspond au niveau de confiance dont j’ai besoin ? ». Une demande de définition, de reformulation ou de préparation d’un brouillon n’appelle pas la même exigence qu’une recherche sur un produit, une mesure réglementaire ou une rumeur virale.
Quelques réflexes permettent de mieux utiliser ces assistants :
- vérifier que la fonction de recherche web est bien active pour toute question d’actualité ;
- regarder la date et la nature des références citées, en privilégiant les organismes concernés, les documents publics et les médias reconnus ;
- se méfier d’un chiffre très précis lorsqu’aucune méthodologie ni aucun périmètre géographique ne sont indiqués ;
- comparer les réponses de deux outils si l’enjeu est important ;
- formuler une demande explicite, par exemple : « cite les sources les plus récentes et indique ce qui reste incertain ».
La transparence est un critère aussi important que la qualité de la prose. Un bon assistant ne devrait pas simplement donner une réponse convaincante. Il devrait permettre à son utilisateur de comprendre ce qu’il sait, sur quelles informations il s’appuie et où commencent les zones d’incertitude.
Ce qu’il faut surveiller dans la course aux assistants IA
La comparaison de BDM illustre une évolution majeure du marché : les capacités de rédaction des grands chatbots tendent à se rapprocher, tandis que l’accès à l’information récente devient un facteur de différenciation décisif. La bataille se joue désormais sur la sélection des sources, la citation, la rapidité et la manière de gérer les demandes ambiguës.
Les utilisateurs auront intérêt à suivre trois évolutions. La première concerne la lisibilité des références : un assistant doit permettre de voir clairement ce qu’il a consulté. La deuxième touche à la diversité des sources, indispensable pour réduire le risque de dépendre d’une information isolée. La troisième porte sur la gestion de l’incertitude : reconnaître une donnée manquante ou contradictoire est souvent le signe d’un outil plus fiable qu’une réponse catégorique sans preuve.
En octobre 2025, aucun des assistants comparés ne dispense donc d’un regard critique. ChatGPT et Perplexity apparaissent particulièrement à l’aise lorsqu’il faut sourcer et contextualiser une information récente. Claude se distingue par sa capacité à chercher davantage et à exprimer ses limites. Les autres outils conservent des atouts réels, notamment la vitesse, mais demandent une vigilance accrue sur la profondeur des réponses et les références mobilisées.
Questions fréquentes
Quelle IA est la plus fiable pour rechercher une information récente ?
Dans les tests de BDM, ChatGPT se distingue par la diversité et la qualité des sources mobilisées, tandis que Perplexity se montre particulièrement rigoureux dans la citation des références. Aucun outil ne garantit toutefois une exactitude absolue. Pour une information importante, il faut contrôler les documents cités et, si possible, croiser plusieurs sources indépendantes.
ChatGPT peut-il vérifier une rumeur ou une fausse information ?
ChatGPT peut aider à examiner une rumeur lorsqu’il utilise sa fonction de recherche web. Dans le test portant sur les assurances des Clio 5, il a consulté plus d’une cinquantaine de contenus pendant plus d’une minute avant de formuler sa réponse. Ce travail accélère la vérification, mais il ne remplace pas la lecture des sources originales.
Pourquoi Gemini peut-il échouer malgré son accès à la recherche Google ?
L’accès à un moteur de recherche ne suffit pas à garantir que l’assistant sélectionnera le bon résultat, interprétera correctement une annonce récente ou affichera ses références avec clarté. Dans le test de BDM, Gemini n’a pas identifié la Carte Instagram. Ses réponses restent rapides et structurées, mais leur vérification est plus difficile lorsque les sources manquent de transparence.
Faut-il activer la recherche web dans DeepSeek ?
Oui. Dans l’usage évalué par BDM, la fonction de recherche de DeepSeek demande une activation manuelle. Une fois activée, elle permet à l’outil de produire des réponses articulées et contextualisées. Sans cette étape, l’assistant peut répondre à partir de ses connaissances internes, qui ne sont pas nécessairement à jour sur les événements récents.
Perplexity est-il un chatbot ou un moteur de recherche ?
Perplexity réunit les deux approches. Il répond sous une forme conversationnelle, comme un chatbot, tout en fondant sa réponse sur une recherche web et des citations de pages consultées. Dans la comparaison, sa fonction Quick Search a identifié les sujets soumis et proposé des pistes pour poursuivre la discussion, ce qui facilite l’exploration d’un dossier.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- BDM, analyses et actualités sur les outils d’intelligence artificiellewww.blogdumoderateur.com
- OpenAI, présentation de ChatGPTopenai.com
- Google Gemini, assistant d’intelligence artificiellegemini.google.com
- Anthropic, présentation de Claudewww.anthropic.com
- Perplexity, moteur de réponse assisté par IAwww.perplexity.ai



