Les 10 modèles d’IA qui comptent en septembre 2024, d’o1 à Grok-2
En septembre 2024, l’arrivée d’o1 d’OpenAI relance la compétition entre assistants d’IA, aux côtés de GPT-4o et Grok-2. Mais il n’existe pas un meilleur modèle dans l’absolu : raisonnement, dialogue, multimodalité, coût et confidentialité changent la réponse selon l’usage recherché.

En septembre 2024, la compétition entre grands modèles de langage ne se joue plus seulement sur la fluidité d’une conversation. Les assistants doivent désormais traiter des documents longs, comprendre des images, produire ou interpréter de l’audio, écrire du code et résoudre des problèmes de logique. L’arrivée d’o1, la nouvelle famille de modèles d’OpenAI, illustre ce changement : plutôt que de viser uniquement une réponse immédiate, elle cherche à consacrer davantage d’effort au raisonnement.
Cette évolution ne rend pas pour autant les autres modèles obsolètes. GPT-4o conserve de solides atouts pour les usages généralistes et multimodaux, tandis que Grok-2 apporte l’approche particulière de xAI, plus conversationnelle et volontiers humoristique. Derrière ces trois noms se dessine un marché bien plus large, où Google, Anthropic, Meta, Mistral AI, Alibaba Cloud et Cohere proposent des alternatives aux priorités très différentes.
Pourquoi un classement unique des IA est-il trompeur ?
Un « top 10 » est utile pour se repérer, à condition de ne pas le confondre avec une vérité universelle. Un modèle peut être excellent en mathématiques et moins convaincant pour rédiger un texte marketing. Un autre peut accepter un très long document, mais être moins pratique pour une conversation orale. Un troisième sera particulièrement adapté à une entreprise qui doit garder ses données dans son propre environnement informatique.
Chatbot Arena est l’un des repères les plus suivis pour comparer des assistants conversationnels. Son principe est simple : des utilisateurs confrontent anonymement deux réponses à une même demande et indiquent celle qu’ils préfèrent. Ces duels permettent d’établir un classement. En septembre 2024, o1 est placé en tête de ce palmarès, ce qui traduit de bonnes préférences humaines dans ce cadre précis.
Mais ce type de tableau ne mesure pas tout. Il ne dit pas, à lui seul, combien coûte un usage à grande échelle, quels types de fichiers sont acceptés, quelles données sont conservées, ni comment un modèle se comporte dans le logiciel métier d’une organisation. Les résultats peuvent aussi varier selon la version exacte du modèle et selon la formulation de la demande.
Dix modèles qui structurent le paysage en septembre 2024
Plutôt qu’un ordre artificiel de un à dix, ce panorama rassemble dix modèles ou familles de modèles particulièrement visibles à cette date. Ils ne remplissent pas tous la même fonction et ne sont pas tous distribués selon les mêmes modalités.
| Modèle ou famille | Organisation | Repère en septembre 2024 | Atout principal à examiner |
|---|---|---|---|
| o1 | OpenAI | Nouvelle famille lancée en septembre | Raisonnement sur des problèmes complexes |
| GPT-4o | OpenAI | Modèle multimodal généraliste | Texte, image et interactions vocales |
| Grok-2 | xAI | Nouvelle génération de l’assistant Grok | Dialogue direct et ton distinctif |
| Claude 3.5 Sonnet | Anthropic | Modèle lancé en juin 2024 | Rédaction, analyse et programmation |
| Gemini 1.5 Pro | Modèle à très long contexte | Lecture et synthèse de grands volumes de contenus | |
| Gemini 1.5 Flash | Variante pensée pour l’efficacité | Rapidité et coût pour des usages fréquents | |
| Llama 3.1 405B | Meta | Grand modèle à poids accessibles sous licence Meta | Déploiement et adaptation technique |
| Mistral Large 2 | Mistral AI | Modèle annoncé en juillet 2024 | Capacités généralistes et multilingues |
| Qwen2.5 | Alibaba Cloud | Famille de modèles rendue disponible en septembre | Diversité de tailles et d’usages techniques |
| Command R+ | Cohere | Modèle orienté entreprise | Recherche dans des documents et réponses ancrées dans des données |
Cette liste ne signifie pas que ces dix offres seraient interchangeables. Elle permet surtout de distinguer les grandes stratégies qui s’affrontent : modèles fermés accessibles par interface ou API, modèles à poids accessibles sous certaines licences, assistants intégrés à un écosystème logiciel et outils spécialisés pour les entreprises.
o1 d’OpenAI, le pari du raisonnement avant la réponse
Avec o1, OpenAI met en avant une idée devenue centrale dans la course aux modèles de langage : certaines questions gagnent à être traitées plus lentement. Au lieu de produire la suite de mots la plus vraisemblable dès les premières secondes, le système est conçu pour consacrer davantage de calcul à l’examen d’un problème, notamment en sciences, en programmation et en mathématiques.
Cette différence est importante pour l’utilisateur. Un assistant généraliste peut souvent produire une réponse convaincante à première vue, tout en commettant une erreur de raisonnement au milieu de son explication. Les modèles de la famille o1 visent à réduire ce défaut sur les tâches qui demandent plusieurs étapes logiques. OpenAI indique notamment qu’o1 a obtenu 83 % à un examen qualificatif des Olympiades internationales de mathématiques de 2024, contre 13 % pour GPT-4o dans cette évaluation précise.
Il faut toutefois éviter une interprétation excessive de ce chiffre. Réussir un test de mathématiques ne garantit pas qu’un assistant comprenne parfaitement une consigne ambiguë, connaisse les règles propres à une entreprise ou fournisse systématiquement une information exacte. Un modèle peut aussi donner une réponse erronée avec assurance. La vérification humaine reste indispensable lorsqu’une décision a des conséquences juridiques, financières, médicales ou de sécurité.
La dénomination o1 recouvre par ailleurs plusieurs variantes, dont des versions d’aperçu et une version plus légère. Avant de comparer des résultats, il est donc essentiel d’identifier le modèle précis employé : les capacités, la vitesse de réponse, les limites d’utilisation et le prix peuvent changer d’une version à l’autre.
o1 et GPT-4o : deux priorités distinctes
o1
- Conçu pour consacrer davantage de calcul au raisonnement sur les problèmes difficiles.
- Particulièrement pertinent pour les mathématiques, les sciences et certaines tâches de programmation.
- Peut être préférable lorsqu’une réponse doit suivre plusieurs étapes logiques.
- Les variantes disponibles doivent être distinguées avant toute comparaison de performances.
GPT-4o
- Modèle généraliste conçu pour traiter texte, images et audio.
- Adapté à de nombreux usages quotidiens, créatifs et professionnels.
- Son intérêt tient à sa polyvalence et à la fluidité de l’interaction.
- Une réponse convaincante doit toujours être vérifiée avant un usage sensible.
GPT-4o et Grok-2, deux réponses à des usages différents
GPT-4o, présenté par OpenAI en mai 2024, reste l’un des modèles les plus polyvalents du moment. Le « o » renvoie à « omni » : le modèle a été conçu pour traiter le texte, l’image et l’audio. Cette orientation multimodale répond à des usages très concrets : interroger un document photographié, commenter une image, reformuler un texte ou interagir oralement avec un assistant.
Sa force réside dans sa capacité à faire de nombreuses choses correctement dans une même interface. Pour une personne qui prépare une présentation, résume des notes, rédige un message ou analyse un visuel, cette polyvalence est souvent plus utile qu’un gain de performance sur un exercice scientifique pointu. Elle ne dispense pas de relire les productions, en particulier lorsque le texte contient des noms, des dates, des chiffres ou des références.
Face à lui, Grok-2, développé par xAI, se fait remarquer par son positionnement conversationnel. L’assistant Grok revendique une tonalité moins formelle, avec une place accordée à l’humour. Cela peut rendre l’interaction plus naturelle pour certains utilisateurs, mais le ton ne doit jamais être le premier critère de choix dans un cadre professionnel.
Pour une équipe, les questions concrètes sont plus simples : l’outil est-il disponible dans l’environnement de travail ? Peut-il exploiter les documents autorisés ? Les administrateurs peuvent-ils gérer les accès ? Les données sont-elles utilisées pour améliorer le service ? Et surtout, les réponses aident-elles réellement les salariés à accomplir leur mission ? La meilleure IA est souvent celle qui s’intègre sans friction dans un processus clair.
Quels critères utiliser pour choisir un modèle d’IA ?
Avant de souscrire à un outil ou d’intégrer une API, une organisation peut établir une grille de comparaison. Elle évite de choisir un modèle uniquement parce qu’il occupe une bonne place dans un classement ou parce qu’il vient d’être annoncé.
Les critères les plus importants sont généralement les suivants :
- La nature de la tâche : conversation, synthèse, code, extraction d’informations, traduction, création de contenus ou raisonnement technique.
- Les formats traités : texte seulement, images, fichiers, audio ou vidéo selon les fonctionnalités réellement disponibles.
- La fiabilité attendue : possibilité de demander des références, de confronter les résultats à des documents fournis et de garder une validation humaine.
- La confidentialité : règles de conservation des données, gestion des comptes, localisation éventuelle des traitements et contrôle des accès.
- Le coût et la vitesse : un modèle très puissant peut s’avérer inutilement cher ou lent pour des milliers de demandes simples.
- La capacité d’intégration : compatibilité avec les outils existants, qualité de l’API et possibilités de personnalisation.
Modèles, applications et outils spécialisés : ne pas tout confondre
La liste des modèles ne doit pas être confondue avec celle des applications d’IA utilisées au quotidien. Un modèle est le moteur qui génère ou analyse du contenu. Une application lui ajoute une interface, des connecteurs, des modèles de documents, des règles de sécurité et parfois des fonctions spécialisées.
C’est le cas d’outils tels que Jasper, orienté vers la production de contenus, Murf, consacré à la voix de synthèse, ou Synthesia, utilisé pour créer des vidéos avec des avatars. Ces services peuvent être pertinents sans prétendre être eux-mêmes les modèles les mieux classés en conversation générale. Leur intérêt dépend de leur capacité à résoudre une tâche précise de manière plus simple que l’utilisation directe d’un grand modèle de langage.
Cette distinction est particulièrement importante pour les petites entreprises. Elles n’ont pas forcément besoin de construire un assistant sur mesure. Un logiciel spécialisé, bien paramétré et encadré, peut apporter un bénéfice plus rapide qu’un projet technique ambitieux.
L’ouverture des modèles change les règles du jeu
La compétition ne se limite pas aux laboratoires américains qui proposent leurs modèles dans le cloud. En 2024, les modèles à poids accessibles prennent une place croissante. Meta avec Llama, Mistral AI avec ses différentes familles de modèles et Alibaba Cloud avec Qwen montrent qu’il est possible d’adapter ou de déployer certaines IA plus directement dans un environnement choisi.
Alibaba Cloud a notamment dévoilé plus de 100 modèles d’IA open-source, signe de l’accélération de cette tendance. Pour les entreprises, l’enjeu est double. D’un côté, des modèles accessibles peuvent offrir davantage de contrôle, de personnalisation et de souplesse. De l’autre, leur installation exige des compétences, une infrastructure informatique et une vigilance particulière sur les licences.
Le terme « open-source » mérite d’ailleurs d’être vérifié au cas par cas. Un modèle peut mettre ses poids à disposition sans que l’ensemble de son code, de ses données d’entraînement ou de ses droits d’usage soit totalement ouvert. Lire les conditions de licence est une étape aussi importante que comparer les performances.
Ce qu’il faut surveiller après septembre 2024
La principale tendance est le déplacement de la compétition vers la qualité du raisonnement, la multimodalité et l’efficacité. Les prochains progrès ne se mesureront pas seulement par la taille des modèles. Ils dépendront aussi de leur capacité à répondre vite, à consommer moins de ressources et à s’intégrer dans des tâches vérifiables.
Pour le grand public comme pour les entreprises, l’enjeu central reste la confiance. Les modèles deviennent plus convaincants, mais ils peuvent toujours inventer une information, mal interpréter un document ou reproduire des biais présents dans leurs données. Leur déploiement doit donc s’accompagner de règles simples : ne pas transmettre de données sensibles sans garantie adaptée, contrôler les résultats importants et conserver un responsable humain pour les décisions qui comptent.
En septembre 2024, o1, GPT-4o et Grok-2 incarnent trois manières d’aborder l’assistant IA : mieux raisonner, tout faire dans une même interaction, ou privilégier une expérience conversationnelle distinctive. La variété des modèles disponibles est une opportunité. Elle impose aussi de choisir avec méthode, plutôt que de chercher un vainqueur définitif.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur modèle d’IA en septembre 2024 ?
Il n’existe pas un meilleur modèle pour tous les usages. En septembre 2024, o1 d’OpenAI est placé en tête de Chatbot Arena, un classement fondé sur des préférences d’utilisateurs lors de duels anonymisés. Mais GPT-4o peut être plus adapté à la multimodalité, et d’autres modèles à l’analyse de longs documents, au code ou au déploiement interne.
Quelle est la différence entre o1 et GPT-4o ?
o1 est conçu pour accorder davantage d’effort au raisonnement, notamment face à des problèmes de mathématiques, de sciences ou de programmation comportant plusieurs étapes. GPT-4o est un modèle généraliste multimodal, pensé pour les échanges courants avec du texte, des images et de l’audio. Le premier privilégie les tâches complexes, le second la polyvalence.
Grok-2 est-il une alternative crédible à ChatGPT ?
Grok-2 est un assistant de xAI qui se distingue par une expérience conversationnelle plus directe et une place assumée pour l’humour. Il constitue une alternative à examiner, mais son adéquation dépend du besoin réel. Pour un usage professionnel, il faut comparer les résultats, les fonctions d’administration, les règles de confidentialité et les possibilités d’intégration avant de choisir.
Chatbot Arena est-il fiable pour comparer les modèles d’IA ?
Chatbot Arena apporte un indicateur utile parce qu’il repose sur des comparaisons anonymisées de réponses choisies par des utilisateurs. Il ne mesure toutefois pas tous les critères importants : coût, rapidité, confidentialité, traitement des fichiers, disponibilité des fonctions ou qualité sur un métier spécifique. Il est préférable de le compléter par des tests sur ses propres cas d’usage.
Les modèles open-source sont-ils toujours plus adaptés aux entreprises ?
Pas nécessairement. Des modèles à poids accessibles peuvent offrir plus de contrôle et faciliter certains déploiements privés ou personnalisés. En contrepartie, ils demandent souvent des compétences techniques, des ressources de calcul et une vérification attentive des licences. Une entreprise sans équipe spécialisée peut trouver plus simple d’utiliser un service hébergé disposant de fonctions de sécurité et d’administration adaptées.
Sources
Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.
- LMArena, classement et évaluations comparatives d’assistants conversationnelslmarena.ai
- OpenAI, présentation de la famille de modèles o1 et de ses capacités de raisonnementopenai.com/index/learning-to-reason-with-llms
- OpenAI, annonce de GPT-4oopenai.com/index/hello-gpt-4o
- xAI, présentation de Grok-2x.ai/news/grok-2
- Qwen, présentation de la famille Qwen2.5 d’Alibaba Cloudqwenlm.github.io/blog/qwen2.5



