Régulation et éthique

Électricité, Livret A, tabac, péages : ce qui change au 1er février 2025

Le 1er février 2025 rebat les cartes de plusieurs dépenses courantes : baisse moyenne de 15 % de l’électricité réglementée, rendement de l’épargne réduit, tabac et autoroute plus coûteux. Le 2 février, l’Union européenne applique aussi les premières interdictions de son règlement sur l’intelligence artificielle.

Factures, livret d’épargne et smartphone illustrant les changements du 1er février 2025.
Illustration : Actu.ai

Le mois de février 2025 commence par une série de changements très concrets pour les ménages français. Certains allègent les dépenses contraintes, au premier rang desquels la baisse des tarifs réglementés de l’électricité. D’autres réduisent le rendement de l’épargne ou renchérissent des consommations courantes, comme le tabac et les trajets sur autoroute. Un autre basculement, moins visible dans le quotidien mais important, intervient le 2 février : l’Union européenne commence à appliquer les premières interdictions prévues par son règlement sur l’intelligence artificielle, l’AI Act.

Ces mesures ne concernent pas tous les foyers de la même manière. Leur effet dépend du contrat d’électricité, du montant détenu sur les livrets, de la fréquence des déplacements autoroutiers et des habitudes de consommation. Elles donnent néanmoins une photographie utile de ce qui évolue au début de février.

Les principaux changements en un coup d’œil

DomaineDate d’applicationCe qui évoluePersonnes principalement concernées
Électricité1er février 2025Baisse moyenne de 15 % des tarifs réglementés24 millions d’abonnés, notamment au tarif bleu d’EDF
Épargne réglementée1er février 2025Livret A à 2,4 %, LEP à 3,5 %Détenteurs de Livret A, LDDS et LEP
Tabac1er février 2025Hausses de 10 à 30 centimes sur certaines référencesFumeurs et consommateurs de tabac à rouler
Autoroutes1er février 2025Hausse moyenne de 0,92 %Automobilistes empruntant les réseaux concédés
Intelligence artificielle2 février 2025Interdiction de certains systèmes ou usages à risque inacceptableEntreprises, administrations et citoyens de l’Union européenne
Télévision TNTFin février et mois suivantsÉchéance des fréquences de C8 et NRJ 12, nouvelles chaînes attenduesTéléspectateurs de la TNT

Une baisse de 15 % sur l’électricité, mais pour quels abonnés ?

La mesure la plus immédiatement perceptible est la baisse des tarifs réglementés de vente de l’électricité. À partir du 1er février 2025, la facture diminue de 15 % en moyenne pour 24 millions d’abonnés. Sont principalement concernés les foyers titulaires du tarif bleu d’EDF, qui est le tarif réglementé.

Cette diminution est notable à deux titres. D’abord par son ampleur, puisqu’elle intervient après une période où l’énergie a lourdement pesé sur le budget des ménages. Ensuite parce qu’elle survient malgré la hausse de la taxe sur l’électricité, dans le contexte de la fin du bouclier tarifaire. La baisse des cours de l’électricité sur les marchés permet toutefois de compenser cette évolution et d’aboutir à une diminution moyenne sur la facture réglementée.

Le mot important est ici moyenne. La baisse effectivement constatée dépend de la puissance du compteur, de l’option tarifaire choisie, par exemple base ou heures pleines-heures creuses, et surtout de la consommation. Un logement chauffé à l’électricité ne ressentira pas nécessairement l’évolution de la même façon qu’un petit appartement peu consommateur.

Les clients ayant souscrit une offre de marché ne sont pas automatiquement concernés par cette baisse de 15 %. Ils doivent vérifier les conditions de prix prévues par leur contrat. Un prix fixe, un prix indexé ou une offre révisable ne suivent pas les mêmes mécanismes que le tarif réglementé.

Livret A à 2,4 % : ce que la baisse change pour l’épargne

Le même jour, le rendement de l’épargne réglementée recule. Le taux du Livret A passe de 3 % à 2,4 %. Le Livret de développement durable et solidaire, ou LDDS, dont la rémunération est alignée sur celle du Livret A, est concerné par la même évolution.

Le taux du Livret d’épargne populaire, le LEP, est quant à lui abaissé à 3,5 %. Ce produit reste réservé, sous conditions de revenus, aux personnes aux revenus modestes. Sa rémunération demeure supérieure à celle du Livret A, mais la baisse réduit elle aussi les intérêts perçus par les épargnants éligibles.

Le gouvernement applique la formule réglementaire de calcul des taux, qui tient notamment compte de l’inflation et des taux interbancaires. Pour les épargnants, l’effet est simple : à encours identique, les intérêts annuels seront moins élevés après le 1er février.

À titre d’illustration, un solde maintenu à 10 000 euros pendant une année complète produirait théoriquement 240 euros d’intérêts à 2,4 %, contre 300 euros à 3 %. Dans la réalité, le calcul des intérêts des livrets réglementés s’effectue par quinzaine. Les versements et retraits réalisés au cours de l’année influencent donc le montant final.

La sécurité du capital, la disponibilité de l’argent et l’exonération d’impôt sur les intérêts restent les principales caractéristiques de ces livrets. La baisse du taux ne modifie ni leur plafond ni leurs règles générales de fonctionnement.

Février 2025 : ce qui allège et ce qui renchérit le budget

Des baisses ou protections

  • L’électricité réglementée recule de 15 % en moyenne pour 24 millions d’abonnés.
  • Le capital placé sur le Livret A et le LEP reste disponible et les intérêts demeurent exonérés d’impôt.
  • L’AI Act apporte une protection supplémentaire contre certains usages jugés dangereux de l’IA.

Des hausses ou rendements réduits

  • Le taux du Livret A baisse de 3 % à 2,4 %.
  • Le taux du LEP est ramené à 3,5 %.
  • Certaines cigarettes et certains tabacs à rouler augmentent de 10 à 30 centimes.
  • Les péages autoroutiers progressent de 0,92 % en moyenne.

Tabac et péages : des hausses ciblées à intégrer au budget

À l’inverse de l’électricité, le prix du tabac progresse sur certaines références dès le 1er février. Un arrêté publié au Journal officiel prévoit des hausses allant de 10 à 30 centimes pour différentes cigarettes et certains tabacs à rouler. Le prix de certains paquets peut atteindre 13,50 euros.

Cette annonce ne signifie pas que tous les produits du tabac augmentent du même montant. Les tarifs sont fixés référence par référence : marque, conditionnement et nature du produit peuvent faire varier le prix affiché chez les débitants. Pour les consommateurs réguliers, une hausse apparemment modeste à l’unité peut toutefois représenter une dépense supplémentaire sensible à l’échelle d’un mois ou d’une année.

Les automobilistes empruntant les autoroutes concédées voient également leurs tarifs progresser. La hausse moyenne annoncée est de 0,92 %, avec des écarts selon les réseaux. La Sanef applique une augmentation de 0,85 %, tandis que le réseau APRR affiche une hausse d’environ 1,08 %.

Là aussi, l’incidence dépend des usages. Pour un trajet occasionnel, la différence sera limitée. Pour les personnes qui utilisent fréquemment l’autoroute pour se rendre au travail, rejoindre leur famille ou transporter des marchandises, l’addition de plusieurs hausses mérite d’être anticipée.

AI Act : quelles pratiques d’intelligence artificielle sont interdites dès le 2 février ?

Le changement le plus structurant à long terme intervient le 2 février 2025. Cette date correspond à l’application des premières dispositions de l’AI Act, le règlement européen sur l’intelligence artificielle. Entré en vigueur en août 2024, ce texte prévoit une mise en œuvre progressive de ses différentes obligations.

La première étape vise les usages considérés comme présentant un risque inacceptable pour les droits fondamentaux et les valeurs de l’Union européenne. L’idée n’est pas d’interdire l’intelligence artificielle en général, ni les assistants conversationnels ou les logiciels d’aide à la rédaction. Le règlement cible des pratiques précises, lorsque la technologie peut manipuler, discriminer ou surveiller de manière excessive.

Parmi les usages interdits figurent notamment :

  • les systèmes utilisant des techniques subliminales, manipulatrices ou trompeuses susceptibles de causer un préjudice important ;
  • l’exploitation des vulnérabilités liées à l’âge, au handicap ou à la situation sociale ou économique d’une personne ;
  • la notation sociale, lorsqu’elle conduit à des traitements défavorables injustifiés ou disproportionnés ;
  • certaines évaluations visant à prédire le risque qu’une personne commette une infraction sur le seul fondement de son profil ou de caractéristiques personnelles ;
  • la constitution de bases de données de reconnaissance faciale à partir de collectes non ciblées d’images sur internet ou issues de caméras de surveillance ;
  • certains dispositifs de reconnaissance des émotions à l’école ou au travail, hors exceptions liées à la santé ou à la sécurité ;
  • certaines catégorisations biométriques permettant de déduire des données sensibles.

Le texte encadre aussi très fortement l’identification biométrique à distance et en temps réel dans les espaces accessibles au public à des fins de maintien de l’ordre. Des exceptions très limitées peuvent exister, mais elles sont soumises à des conditions strictes.

Pour les entreprises et les administrations, cette échéance impose d’identifier les outils utilisés, leurs finalités et les données qu’ils exploitent. Pour le grand public, elle fournit un repère : un système qui prétend classer les citoyens selon leur comportement ou déduire des traits sensibles à partir de leur visage relève de pratiques que l’Union européenne entend proscrire.

TNT : C8 et NRJ 12 ne s’arrêtent pas le 1er février

La télévision numérique terrestre connaît elle aussi une transition, mais il importe de distinguer les dates. Les autorisations de diffusion de C8 et de NRJ 12 arrivent à échéance le 28 février 2025. Leur absence de renouvellement par l’Arcom conduit donc à leur retrait de la TNT à la fin du mois, et non le 1er février.

Le paysage de la TNT doit ensuite évoluer avec l’arrivée de nouvelles fréquences. T18 et Ouest-France TV sont appelées à rejoindre le bouquet, avec un déploiement prévu dans les mois suivants. Cette séquence entraîne aussi une réorganisation des canaux et des habitudes de réception pour les téléspectateurs concernés.

Pour recevoir la TNT, il sera utile de suivre les informations diffusées par les opérateurs et par l’Arcom au moment de la réorganisation. Selon les équipements, une recherche des chaînes pourra être nécessaire une fois la nouvelle numérotation ou les nouvelles fréquences mises en place.

Comment évaluer l’effet réel sur son foyer ?

Ces annonces ne doivent pas être lues comme un bilan uniforme du pouvoir d’achat. Elles mélangent une baisse liée à un tarif réglementé, des hausses de prix ciblées et une diminution de taux d’épargne. Deux foyers peuvent donc en ressentir des effets très différents.

Une méthode simple consiste à regarder les montants réellement payés ou épargnés au cours des derniers mois :

  • vérifier sur la facture d’électricité si le contrat est bien au tarif réglementé ;
  • relever le solde moyen du Livret A ou du LEP pour mesurer l’effet de la baisse de taux ;
  • prendre en compte le nombre habituel de paquets achetés et de trajets autoroutiers effectués ;
  • ne pas confondre une évolution tarifaire avec le montant final du budget, qui dépend d’abord des volumes consommés.

La baisse sur l’électricité peut alléger une charge récurrente importante pour les foyers concernés. Mais elle ne compense pas mécaniquement toutes les dépenses supplémentaires : une personne ne fumant pas et n’utilisant pas l’autoroute n’aura pas le même bilan qu’un automobiliste fumeur, même avec un contrat d’électricité identique.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains mois

Le 1er février 2025 illustre la coexistence de deux tendances. D’un côté, les factures d’énergie peuvent respirer grâce à l’évolution des prix de marché. De l’autre, les épargnants doivent s’habituer à des rendements moins élevés et certaines dépenses de consommation continuent d’augmenter.

L’application progressive de l’AI Act mérite une attention particulière. Les interdictions du 2 février ne constituent que le premier volet d’un calendrier plus large. D’autres obligations, notamment pour les systèmes d’IA classés à haut risque et pour les modèles d’IA à usage général, doivent se déployer selon des échéances distinctes. La question centrale sera de vérifier que les règles européennes se traduisent concrètement dans les outils proposés aux citoyens, aux salariés et aux administrations.

Pour les ménages, le bon réflexe reste de suivre les communications de leur fournisseur d’électricité, de leur banque et des concessionnaires autoroutiers, plutôt que de raisonner à partir d’une hausse ou d’une baisse moyenne. Les chiffres annoncés donnent une direction, mais c’est la situation de chaque contrat et de chaque usage qui déterminera l’effet sur le budget.

Questions fréquentes

Qui bénéficie de la baisse de 15 % de l’électricité au 1er février 2025 ?

La baisse moyenne de 15 % concerne principalement les 24 millions d’abonnés au tarif réglementé de vente de l’électricité, notamment au tarif bleu d’EDF. Les clients ayant une offre de marché ne sont pas automatiquement concernés : ils doivent consulter les modalités de prix prévues dans leur contrat avec leur fournisseur.

Combien rapporte le Livret A à partir du 1er février 2025 ?

À compter du 1er février 2025, le taux annuel du Livret A est fixé à 2,4 %, contre 3 % auparavant. Le LDDS suit ce même taux. Les intérêts restent exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, mais leur calcul est effectué par quinzaine, selon les sommes réellement présentes sur le livret.

Le LEP baisse-t-il aussi en février 2025 ?

Oui. Le taux du Livret d’épargne populaire passe à 3,5 % le 1er février 2025. Il reste plus rémunérateur que le Livret A et demeure destiné aux personnes respectant les conditions de revenus. Cette baisse réduit néanmoins le montant des intérêts pour les titulaires qui conservent une épargne sur ce produit.

Qu’est-ce que l’AI Act interdit à partir du 2 février 2025 ?

L’AI Act interdit plusieurs usages considérés comme inacceptables, dont certaines formes de manipulation, l’exploitation de vulnérabilités, la notation sociale et des pratiques de surveillance biométrique particulièrement intrusives. Il ne prohibe pas tous les outils d’intelligence artificielle : il cible des usages précis susceptibles de porter gravement atteinte aux droits fondamentaux.

C8 et NRJ 12 disparaissent-elles de la TNT le 1er février 2025 ?

Non. Leurs autorisations de diffusion sur la TNT arrivent à échéance le 28 février 2025. Le changement ne se produit donc pas le 1er février. De nouvelles chaînes, dont T18 et Ouest-France TV, doivent rejoindre progressivement le bouquet TNT au cours des mois suivants, avec une réorganisation à suivre pour les téléspectateurs.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Commission européenne, cadre réglementaire européen sur l’intelligence artificielledigital-strategy.ec.europa.eu/en/policies/regulatory-framework-ai
  2. Commission de régulation de l’énergie, informations sur les tarifs réglementés de l’électricitéwww.cre.fr
  3. Ministère de l’Économie, informations sur l’épargne réglementéewww.economie.gouv.fr
  4. Service-Public.fr, actualités et changements applicables aux particulierswww.service-public.fr/particuliers/actualites
  5. Arcom, informations sur la télévision numérique terrestrewww.arcom.fr