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Midjourney ouvre son générateur vidéo par IA aux créateurs et aux abonnés

Midjourney ajoute la vidéo à sa plateforme de création par intelligence artificielle. À partir d’une image générée ou importée, les abonnés peuvent désormais produire de courtes séquences animées, ajuster l’intensité des mouvements et prolonger le résultat. Une première étape vers une ambition bien plus vaste pour la startup.

Un créateur transforme une illustration fixe en courte séquence animée sur une interface de génération par IA.
Illustration : Actu.ai

Midjourney, l’un des outils les plus connus de génération d’images par intelligence artificielle, franchit une nouvelle étape avec l’arrivée de son générateur vidéo. Depuis sa plateforme web, il devient possible de transformer une image fixe en une courte séquence animée, sans maîtriser un logiciel de montage ni des techniques complexes d’animation. L’outil est proposé aux utilisateurs de la plateforme dans le cadre d’un abonnement payant.

Cette nouveauté intervient après la présentation de la version 7 du modèle d’images de Midjourney, au printemps 2025. Elle ne transforme pas encore le service en studio de production vidéo complet : son principe est celui de l’Image-to-video, soit l’animation d’un visuel existant. Mais cette approche suffit à ouvrir de nouveaux usages pour les artistes, illustrateurs, communicants et simples curieux qui souhaitent donner du mouvement à une création.

Midjourney passe de l’image fixe à la séquence animée

Le générateur vidéo de Midjourney part toujours d’une image. Celle-ci peut avoir été créée sur la plateforme ou provenir d’un fichier importé par l’utilisateur. L’intelligence artificielle produit alors les images intermédiaires nécessaires pour suggérer un mouvement : déplacement de caméra, animation d’un personnage, mouvement d’un décor ou évolution plus générale de la scène.

Ce choix technique a une conséquence importante. Contrairement aux outils qui visent à fabriquer une vidéo à partir d’une simple consigne textuelle, Midjourney ne propose pas ici de créer une séquence « à partir de rien ». L’image de départ donne au modèle sa composition, ses personnages, son décor et son atmosphère. Elle sert donc de cadre visuel à l’animation.

Cette méthode correspond aussi à l’un des points forts historiques de Midjourney : la génération d’images au rendu très travaillé. Lorsque la séquence provient d’un visuel déjà créé avec Midjourney, le résultat peut conserver plus facilement l’identité esthétique de l’image initiale. La startup met ainsi en avant des vidéos qui affichent souvent moins d’erreurs visuelles que certains générateurs concurrents.

Comment animer une image dans Midjourney ?

L’accès se fait depuis l’interface web de Midjourney. Dans l’onglet Create, l’utilisateur survole une image de sa galerie : un bouton Animate apparaît alors et permet de lancer une génération vidéo. Les séquences produites rejoignent ensuite les autres créations dans ce même espace.

Le parcours est volontairement simple. Il repose sur quelques décisions plutôt que sur une timeline, des images clés ou des réglages techniques détaillés. L’utilisateur peut laisser Midjourney interpréter seul l’image, ou fournir des instructions pour orienter l’animation souhaitée.

Les principales possibilités annoncées sont résumées ci-dessous.

FonctionCe qu’elle permet
Bouton AnimateLancer une vidéo depuis une image visible dans l’onglet Create
Mouvement faiblePrivilégier une animation discrète, adaptée aux scènes d’ambiance ou aux plans contemplatifs
Mouvement élevéDemander une animation plus dynamique, avec davantage de mouvement de caméra ou d’éléments animés
Starting FrameUtiliser une image importée comme image de départ de la vidéo
Instructions d’animationLaisser l’IA animer l’image ou guider plus précisément le mouvement attendu
ProlongationAjouter 4 à 5 secondes à la vidéo, jusqu’à quatre fois après sa création

Le réglage entre mouvement faible et mouvement élevé est particulièrement déterminant. Une demande de mouvement faible convient mieux à une scène dont l’intérêt repose sur une légère brise, un regard, un halo lumineux ou une caméra qui avance doucement. Une intensité élevée est davantage adaptée à un sujet qui se déplace, à une action ou à une scène qui doit paraître plus énergique.

Avec l’option Starting Frame, Midjourney ne se limite donc pas à son propre catalogue d’images. Un dessin, une photographie ou un visuel conçu dans un autre outil peut servir de point de départ. Il reste toutefois essentiel de disposer des droits nécessaires sur l’image importée, en particulier dans un cadre professionnel ou de diffusion publique.

Midjourney vidéo : capacités et limites du lancement

Ce que l’outil permet

  • Animer une image créée dans Midjourney ou importée par l’utilisateur
  • Choisir une intensité de mouvement faible ou élevée
  • Guider l’animation avec des instructions spécifiques
  • Prolonger une séquence jusqu’à quatre fois, par ajouts de 4 à 5 secondes

Ce qu’il ne fait pas encore

  • Créer une vidéo sans image de départ, uniquement à partir d’une idée initiale
  • Offrir un contrôle d’animation comparable à un logiciel de montage ou de 3D
  • Garantir l’absence d’incohérences visuelles dans chaque séquence
  • Assurer une fluidité optimale dans tous les rendus en slow motion

Ce que l’outil permet, et ce qu’il ne remplace pas

L’arrivée de la vidéo ne signifie pas que Midjourney devient un logiciel de cinéma ou de postproduction. Le produit vise avant tout un usage rapide : faire émerger une courte animation à partir d’une idée visuelle déjà formée. Cette simplicité est l’un de ses attraits, mais elle fixe aussi ses limites.

La vidéo générative reste en effet un exercice délicat pour les modèles d’IA. Une image fixe ne contient qu’un seul instant. Pour la prolonger dans le temps, le système doit anticiper le comportement des objets, des personnes et de la caméra. Il peut en résulter des incohérences, par exemple lorsqu’un détail change d’apparence au fil de la séquence ou que le mouvement paraît improbable.

Midjourney affiche un bon potentiel visuel, notamment avec les images issues de son propre générateur. Néanmoins, le résultat n’est pas exempt d’imperfections. Certaines incohérences peuvent apparaître, et les rendus en slow motion peuvent sembler moins fluides que ceux d’autres générateurs. Les créations demandent donc à être visionnées attentivement avant une publication ou une utilisation commerciale.

Un prix d’entrée de 10 $ par mois, mais une consommation plus coûteuse

Midjourney annonce un accès à son générateur vidéo à partir de 10 $ par mois, un montant présenté comme équivalant à environ 12 € pour les utilisateurs en France. Ce niveau de prix place la fonctionnalité dans une logique d’accessibilité par rapport à des outils vidéo qui peuvent réclamer des budgets plus élevés.

Il faut toutefois distinguer le prix de l’abonnement du coût de calcul réel d’une génération. Selon Midjourney, produire une vidéo représente en moyenne un coût environ huit fois supérieur à celui d’une image. Cette différence s’explique simplement : une vidéo exige de générer et de maintenir une suite d’images cohérentes, alors qu’une création fixe ne correspond qu’à un seul visuel.

La startup prévient d’ailleurs que ce modèle tarifaire n’est pas nécessairement définitif. Les coûts d’accès pourraient évoluer dans les semaines suivantes, selon l’utilisation du service et la capacité de ses serveurs. Cette prudence témoigne d’un enjeu central pour tous les acteurs de la vidéo générative : proposer un outil abordable tout en absorbant des besoins de calcul bien plus lourds que ceux de l’image.

Pourquoi l’Image-to-video change les usages créatifs

Pour un public non spécialiste, la valeur du service tient moins à la production d’un film complet qu’à la possibilité de tester très vite une idée. Un illustrateur peut donner vie à une affiche, un créateur de contenus peut fabriquer un plan d’ambiance à partir d’un visuel, et une équipe de communication peut explorer plusieurs intentions de mouvement avant de mobiliser des moyens de production plus importants.

L’outil peut également servir à réfléchir à la mise en scène. À partir d’une image, il devient possible d’observer comment une caméra virtuelle pourrait se déplacer, comment une silhouette pourrait s’animer ou comment un décor peut gagner en profondeur. Cela ne remplace pas le travail d’animateurs, de cadreurs ou de monteurs, mais peut accélérer la phase d’exploration créative.

Le format présente aussi une contrainte productive : puisque l’image initiale compte beaucoup, le travail de composition intervient avant l’animation. Il faut choisir un visuel lisible, avec un sujet identifiable et une intention de mouvement relativement claire. Une image très encombrée ou comportant de nombreux personnages peut rendre la tâche plus difficile pour le modèle.

Une brique vers des environnements interactifs en temps réel

Pour Midjourney, la vidéo n’est pas une finalité isolée. La startup inscrit ce lancement dans une ambition plus large : développer un système capable de générer des images en temps réel. À terme, cette vision pourrait passer par des simulations interactives en trois dimensions, dans lesquelles les utilisateurs évolueraient au milieu de personnages animés et d’environnements dynamiques.

Cette perspective reste un objectif et non une fonctionnalité annoncée comme disponible. Elle éclaire néanmoins la logique du produit : avant de produire des mondes interactifs, il faut savoir créer des images convaincantes, leur donner du mouvement et assurer une interaction fluide entre les éléments d’une scène. Le générateur vidéo constitue une étape dans l’acquisition de ces briques techniques.

L’enjeu dépasse donc la seule création de clips courts. Les outils de génération d’images, de vidéo et, potentiellement, de simulations 3D tendent à se rapprocher. Pour les utilisateurs, cela pourrait progressivement faire évoluer la création numérique, d’une commande ponctuelle produisant un visuel vers un espace où l’on explore et modifie des scènes en mouvement.

Ce qu’il faut surveiller après ce lancement

La première question sera celle de la stabilité des tarifs. Avec une vidéo environ huit fois plus coûteuse à générer qu’une image, Midjourney devra arbitrer entre un prix accessible et la capacité technique nécessaire pour répondre à la demande. Les éventuels ajustements annoncés par l’entreprise seront donc un indicateur important de la viabilité du service à grande échelle.

Il faudra aussi observer la qualité sur la durée. Les vidéos courtes permettent déjà de juger la cohérence des mouvements, la conservation des détails et la fluidité générale, en particulier dans les ralentis. La possibilité de prolonger une séquence jusqu’à quatre fois sera, elle aussi, un test concret : plus une vidéo s’allonge, plus le modèle doit préserver ce qu’il a créé auparavant.

Enfin, l’orientation future de Midjourney mérite l’attention. Si la startup parvient à relier génération d’images, animation et interactions en temps réel, elle pourrait faire évoluer son outil bien au-delà de la création de visuels statiques. Au 25 juin 2025, son générateur vidéo marque surtout une promesse très concrète : rendre l’animation d’images accessible depuis l’interface que ses utilisateurs connaissent déjà.

Questions fréquentes

Comment utiliser le générateur de vidéo IA de Midjourney ?

Connectez-vous à l’interface web de Midjourney et ouvrez l’onglet Create. En survolant une image de votre galerie, le bouton Animate apparaît. Il permet de lancer l’animation de ce visuel. Vous pouvez ensuite choisir l’intensité des mouvements ou donner des instructions afin d’orienter le résultat.

Midjourney peut-il créer une vidéo à partir d’un simple texte ?

Au 25 juin 2025, le générateur vidéo de Midjourney repose sur le principe d’Image-to-video. Il nécessite donc une image de référence, générée dans Midjourney ou importée par l’utilisateur. L’outil anime ce point de départ plutôt que de produire une vidéo entièrement sans visuel initial.

Combien coûte le générateur vidéo de Midjourney ?

L’accès est annoncé à 10 $ par mois, soit environ 12 € pour les utilisateurs en France. Midjourney précise que générer une vidéo coûte en moyenne environ huit fois plus cher que générer une image. La startup indique que ses tarifs pourraient évoluer selon l’usage du service et la capacité de ses serveurs.

Peut-on importer sa propre image dans Midjourney pour la transformer en vidéo ?

Oui. L’option Starting Frame permet d’utiliser une image importée comme point de départ de l’animation. Elle élargit les usages au-delà des seuls visuels générés sur la plateforme. Avant d’importer une image, il convient naturellement de s’assurer que son utilisation est autorisée, notamment si elle appartient à un tiers.

Quelle durée peut atteindre une vidéo générée par Midjourney ?

Après la création initiale, Midjourney permet de prolonger une vidéo jusqu’à quatre fois. Chaque extension ajoute environ 4 à 5 secondes. Cette possibilité aide à construire une séquence plus longue, mais elle demande aussi de vérifier la cohérence du mouvement et des détails au fil des prolongations.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Midjourney, plateforme officielle de création d’images et de vidéos par IAwww.midjourney.com
  2. Midjourney, documentation officielledocs.midjourney.com