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Microsoft Copilot se renouvelle avec la voix et la vision, ce qui change vraiment

Microsoft fait évoluer son assistant Copilot avec une interface plus conversationnelle, un mode vocal et Copilot Vision, capable de commenter certaines pages web dans Edge. Annoncées le 1er octobre 2024, ces fonctions ne sont toutefois pas toutes disponibles pour tout le monde, ni interchangeables avec Microsoft 365 Copilot.

Une personne parle à son ordinateur tandis qu’un assistant analyse une page web affichée dans un navigateur.
Illustration : Actu.ai

Microsoft veut faire de Copilot un interlocuteur plus naturel qu’une simple fenêtre de questions-réponses. Le 1er octobre 2024, le groupe a présenté une nouvelle version de son assistant d’intelligence artificielle, avec une interface revue, des conversations vocales et une fonction baptisée Copilot Vision. L’objectif est clair : permettre à l’utilisateur de parler, de montrer une page web et d’obtenir de l’aide dans un même environnement.

Cette annonce mérite toutefois quelques précisions. Sous le nom « Copilot », Microsoft regroupe plusieurs services destinés à des publics différents : un assistant grand public accessible sur le web, mobile et Windows, un assistant pour les outils de travail Microsoft 365, un produit pour les développeurs chez GitHub, ainsi qu’une plateforme de création d’agents appelée Copilot Studio. Les nouveautés annoncées début octobre concernent d’abord le Copilot grand public. Elles ne donnent pas automatiquement accès à l’IA dans tous les logiciels de bureau ni à toutes les données professionnelles.

Une interface pensée pour démarrer une conversation

La première évolution est visuelle. Microsoft remplace l’ancienne présentation de Copilot par une interface plus épurée, conçue pour placer la conversation au centre. L’assistant doit davantage ressembler à un espace personnel dans lequel on peut poser une question, reprendre un échange et découvrir les fonctions disponibles, plutôt qu’à un moteur de recherche enrichi d’une zone de texte.

Cette nouvelle expérience commence à être distribuée sur le site de Copilot, dans les applications mobiles et dans Windows. Comme souvent avec les produits en ligne, un lancement annoncé ne signifie pas que chaque compte reçoit immédiatement les mêmes options. Microsoft procède par vagues, selon les appareils, les pays, les langues et les formules d’abonnement.

La refonte accompagne aussi de nouvelles capacités censées rendre les réponses moins impersonnelles. Microsoft évoque notamment une meilleure prise en compte du contexte de la discussion et la possibilité de poursuivre plus facilement une conversation. Cela ne transforme pas Copilot en assistant infaillible : comme tout outil d’IA générative, il peut produire une réponse erronée, imprécise ou insuffisamment sourcée. Une vérification reste indispensable, en particulier pour un document professionnel, administratif, financier ou médical.

Voix, vision, raisonnement : les fonctions annoncées en octobre 2024

Les annonces de Microsoft ne se limitent pas à la nouvelle présentation. Elles réunissent plusieurs modes d’interaction autour de Copilot. Tous n’ont pas le même niveau de disponibilité au 3 octobre 2024.

FonctionCe qu’elle permetSituation annoncée au 3 octobre 2024
Nouvelle interface CopilotDémarrer et poursuivre des échanges dans une présentation plus conversationnelleDéploiement progressif sur le web, mobile et Windows
Copilot VoiceParler à l’assistant et écouter ses réponses avec l’une des quatre voix proposéesIntégré à la nouvelle expérience, disponibilité progressive
Copilot VisionDemander à Copilot de commenter une page affichée dans le navigateur EdgeAperçu limité à certains abonnés Copilot Pro aux États-Unis
Think DeeperObtenir une réponse plus approfondie sur une question complexe, avec davantage de temps de traitementDéploiement initial destiné aux abonnés Copilot Pro
Copilot StudioCréer des assistants personnalisés pour une organisationOutil distinct, destiné aux besoins professionnels

Ce que la voix change dans l’usage quotidien

Avec Copilot Voice, Microsoft veut rendre le dialogue avec son assistant plus fluide. Au lieu de taper une succession de requêtes, l’utilisateur peut formuler sa demande oralement, entendre une réponse, puis préciser son besoin. Quatre voix sont proposées pour l’écoute des réponses.

Dans la pratique, cette approche peut convenir à des demandes courtes ou à des échanges exploratoires : préparer des idées pour un voyage, résumer les points à vérifier avant une réunion, obtenir une explication plus simple sur un sujet, imaginer un plan de repas ou trouver une formulation. Elle peut aussi être utile lorsque taper au clavier est peu pratique.

Il faut néanmoins distinguer une conversation orale naturelle d’une compréhension humaine complète. L’assistant interprète des mots et le contexte disponible dans l’échange, mais il peut mal comprendre une expression, ignorer une nuance ou inventer une information lorsqu’il manque de données fiables. La voix rend l’accès plus direct, elle ne supprime pas les limites habituelles des modèles de langage.

L’usage vocal suppose également de réfléchir au cadre dans lequel on parle. Dans un lieu public ou partagé, dicter une information confidentielle à un service connecté n’est pas forcément approprié. Pour un sujet sensible, il est préférable de limiter les données personnelles, les identifiants, les informations de santé ou les éléments relevant du secret professionnel.

Copilot Vision : voir une page web, pas surveiller l’écran

Copilot Vision est sans doute la fonction la plus marquante de cette mise à jour, mais aussi celle qui demande le plus de prudence dans son interprétation. Elle permet à Copilot de prendre en compte le contenu d’une page web ouverte dans Microsoft Edge afin d’en discuter avec l’utilisateur. Par exemple, l’assistant peut aider à comparer les éléments présentés sur une page, expliquer une information ou suggérer une manière d’explorer le site.

Microsoft insiste sur le caractère volontaire de cette fonction : Vision doit être activé par l’utilisateur. L’assistant est présenté comme capable de voir le contenu de la page dans le navigateur, non comme un outil qui observe en permanence l’ensemble de l’ordinateur. Microsoft affirme également que le contenu vu par Copilot Vision n’est pas conservé ni utilisé pour entraîner ses modèles.

Au lancement, l’accès est volontairement restreint. La fonction est proposée en aperçu à une sélection d’abonnés Copilot Pro aux États-Unis, sur un nombre limité de sites. Microsoft indique aussi que Vision n’est pas conçu pour fonctionner sur les contenus protégés par un péage ou considérés comme sensibles. Cette phase limitée doit permettre au groupe d’évaluer l’usage et les garde-fous avant un éventuel élargissement.

Il serait donc excessif de présenter Vision comme une reconnaissance universelle de tout ce qui apparaît sur un écran, ou comme une fonction d’analyse de n’importe quel document professionnel. Copilot peut déjà, selon les versions et les interfaces, répondre à des requêtes accompagnées d’images. Mais Copilot Vision, tel qu’annoncé en octobre 2024, désigne spécifiquement l’analyse contextuelle de pages web dans Edge.

Copilot Voice et Copilot Vision : deux modes d’interaction distincts

Copilot Voice

  • Permet de poser des questions et de recevoir des réponses à l’oral.
  • Propose quatre voix pour écouter l’assistant.
  • S’appuie principalement sur le contenu de la conversation.
  • Peut être utile sans clavier, pour des requêtes simples ou un échange suivi.

Copilot Vision

  • Prend en compte une page web affichée dans Microsoft Edge.
  • Doit être activé par l’utilisateur pour apporter un contexte visuel.
  • Est lancé en aperçu limité pour certains abonnés Copilot Pro aux États-Unis.
  • Ne doit pas être confondu avec une analyse permanente de tout l’écran ou de tous les documents.

Microsoft 365 Copilot et Copilot Studio : ce qui concerne les entreprises

La proximité des noms entretient facilement la confusion. Microsoft 365 Copilot est l’offre destinée au travail dans l’écosystème Microsoft 365. Elle peut aider à rédiger dans Word, analyser des informations dans Excel, préparer des présentations dans PowerPoint ou synthétiser des échanges dans Teams, sous réserve de disposer des licences et configurations adéquates.

Son intérêt repose sur la connexion aux données auxquelles un salarié a déjà le droit d’accéder dans son organisation : courriels, documents, réunions ou calendriers, selon les paramètres mis en place. Cette intégration ne signifie pas que Copilot peut consulter indistinctement tous les fichiers d’une entreprise. Les droits existants restent déterminants. Une mauvaise gestion des autorisations peut cependant devenir plus visible lorsqu’un assistant facilite la recherche et la synthèse de documents.

Microsoft avait également présenté, en septembre 2024, de nouvelles fonctions pour Microsoft 365 Copilot, dont Copilot Pages et des agents. Ces annonces s’inscrivent dans une stratégie plus large : faire de l’IA une couche d’assistance présente dans les applications de bureau, les outils collaboratifs et les processus métiers.

C’est là qu’intervient Copilot Studio. Cette plateforme permet aux organisations de créer leurs propres copilotes, adaptés à un service client, à une procédure interne ou à une base documentaire. L’entreprise peut définir les sources de connaissances, les règles de réponse et, dans certains cas, les actions que l’agent est autorisé à déclencher. Personnaliser un assistant ne dispense pas de contrôler ses réponses : il faut définir les données accessibles, les responsabilités humaines et les situations où l’IA doit passer la main.

Windows 11 : une diffusion gratuite, mais progressive

Microsoft relie aussi cette évolution à Windows 11. Le groupe avait annoncé le 26 septembre 2024 l’arrivée de nouvelles expériences pour Windows 11 dans le cadre d’une mise à jour gratuite, avec un déploiement progressif. Copilot doit y être plus facilement accessible afin d’assister l’utilisateur dans ses recherches, ses tâches et son organisation quotidienne.

Le mot « gratuit » doit être compris correctement. La mise à jour de Windows ne nécessite pas nécessairement un paiement supplémentaire pour les fonctions incluses sur un PC éligible. En revanche, certaines capacités de Copilot peuvent relever d’un abonnement, comme Copilot Pro, ou arriver plus tard selon la région et la configuration. Les fonctionnalités les plus exigeantes peuvent aussi dépendre d’un matériel récent, en particulier dans l’écosystème des PC Copilot+.

Pour un utilisateur de Windows 11, la bonne démarche consiste donc à vérifier la version de son système, les options visibles dans son application Copilot et les conditions affichées par Microsoft. L’interface présente sur un ordinateur le jour du lancement n’est pas forcément celle qui sera disponible quelques semaines plus tard.

La promesse de productivité doit être mesurée selon l’outil

Microsoft présente cette convergence entre texte, voix, vision et données comme un moyen de gagner du temps. C’est plausible pour certaines tâches répétitives : produire un premier brouillon, reformuler un texte, dégager les idées principales d’un long contenu ou préparer une liste de questions. Mais il n’existe pas un chiffre unique de productivité applicable à tous les Copilot.

Une étude souvent citée à propos de GitHub Copilot, le produit de programmation de GitHub, indique que des développeurs ayant utilisé cet outil ont réalisé une tâche de codage 55 % plus vite dans le protocole testé. Ce résultat ne permet pas de conclure que Copilot augmente de 55 % la productivité de tous les salariés. GitHub Copilot, Microsoft 365 Copilot et le Copilot grand public répondent à des usages, des données et des contraintes différents.

Le gain réel dépend surtout de la nature du travail. L’IA peut accélérer la production d’un premier résultat, mais elle ajoute aussi des étapes de relecture, de vérification, de correction et de validation. Pour une équipe, les bénéfices durables reposent moins sur l’effet de nouveauté que sur des usages ciblés, une formation claire et des règles sur le traitement des informations confidentielles.

Ce qu’il faut surveiller

La nouvelle expérience Copilot illustre l’ambition de Microsoft : faire de l’IA un interlocuteur polyvalent, disponible dans le navigateur, sur mobile, dans Windows et dans les outils de travail. La voix réduit la dépendance au clavier. Vision cherche à réduire la distance entre une page consultée et la question que l’on veut poser. Copilot Studio vise, lui, à faire entrer cette logique dans les processus spécifiques des entreprises.

Le point décisif sera la qualité de l’exécution. Microsoft devra étendre ces fonctions sans brouiller davantage les différences entre ses multiples offres Copilot, garantir une information claire sur les données utilisées et maintenir des contrôles simples pour les utilisateurs. Pour le public, la meilleure approche consiste à tester l’assistant sur des tâches à faible risque, à vérifier les résultats et à n’activer les fonctions de contexte visuel ou de données professionnelles qu’en comprenant précisément leur périmètre.

Questions fréquentes

Quelles sont les nouveautés de Microsoft Copilot en octobre 2024 ?

Microsoft annonce une interface plus conversationnelle, Copilot Voice pour discuter oralement avec l’assistant, Copilot Vision pour commenter certaines pages web dans Edge et Think Deeper pour des réponses plus approfondies. Ces fonctions sont distribuées progressivement et ne sont pas toutes proposées au même public dès le lancement.

Copilot Voice est-il gratuit et disponible pour tout le monde ?

Copilot Voice fait partie de la nouvelle expérience grand public de Copilot, mais Microsoft déploie ses services progressivement. L’accès peut donc varier selon le compte, le pays, la langue et l’appareil. Certaines fonctions avancées présentées en même temps, comme Think Deeper, sont d’abord associées à Copilot Pro.

Comment fonctionne Copilot Vision dans Microsoft Edge ?

Copilot Vision permet à l’assistant de prendre en compte le contenu d’une page web ouverte dans Edge lorsque l’utilisateur active la fonction. Il peut alors répondre à des questions liées à cette page. Au 3 octobre 2024, l’outil est proposé en aperçu limité à certains abonnés Copilot Pro situés aux États-Unis.

Copilot Vision peut-il voir tout ce qui s’affiche sur mon ordinateur ?

Non, la fonction annoncée par Microsoft est limitée au contexte de pages web consultées dans Edge et doit être activée par l’utilisateur. Elle n’est pas présentée comme une surveillance continue de l’écran. Microsoft indique que le contenu vu par Vision n’est ni conservé ni utilisé pour entraîner ses modèles.

Quelle est la différence entre Microsoft Copilot et Microsoft 365 Copilot ?

Microsoft Copilot désigne notamment l’assistant grand public disponible sur le web, mobile et Windows. Microsoft 365 Copilot est une offre professionnelle intégrée aux applications comme Word, Excel, PowerPoint et Teams. Son usage dépend de licences spécifiques et des données auxquelles chaque salarié est autorisé à accéder dans son organisation.

Sources

Références consultées pour la rédaction de cet article. Les adresses sont indiquées à titre informatif et ne sont pas des liens.

  1. Microsoft, présentation de la nouvelle expérience Copilot, 1er octobre 2024blogs.microsoft.com
  2. Microsoft 365 Blog, annonce de Microsoft 365 Copilot Wave 2, septembre 2024www.microsoft.com
  3. GitHub Blog, étude sur l’impact de GitHub Copilot sur la productivité des développeursgithub.blog/news-insights/research/research-quantifying-github-copilots-impact-on-developer-productivity-and-happiness
  4. Microsoft, informations sur Copilot Studiowww.microsoft.com/en-us/microsoft-copilot/microsoft-copilot-studio